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#1 11-08-2011 16:26:29

Jugurtha911
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11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

«11 septembre. Le jour du chaos», de Nicole Bacharan et Dominique Simonnet, Perrin, 335p., 21€. En librairie le 18 août.

Les bonnes feuilles publiées dans le Figaro:

Dans un livre aux allures de thriller ultraréaliste, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet reconstituent minute par minute la journée qui fit trembler l'Amérique, il y a dix ans. Des sous-sols protégés de la Maison-Blanche aux passagers des avions suicide, ils racontent de manière inédite l'événement qui ouvrit tragiquement le XXIe siècle. Un récit exceptionnel dont voici des extraits en exclusivité.

New York, 11 septembre 2001, 8 h 46...

Dernière modification par Jugurtha911 (11-08-2011 16:28:59)

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#2 11-08-2011 17:56:53

Supedro
Invité

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

lol

Purée, c'est écrit directement par Georges, dick et donald ce truc là.
C'est une ode aux telephones portables.

roll

 

#3 11-08-2011 19:17:05

Jugurtha911
Nouveau membre du forum
Date d'inscription: 27-10-2010
Messages: 96

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

J'ai lu les extraits et je ne vois pas ce qu'il y a à se marrer comme une baleine. Les extraits retracent la journée du 9/11 et ça reste assez factuel pour ce qui est cité. Attendons de lire le livre entier et d'avoir un avis tranché dessus avant même sa publication. roll

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#4 11-08-2011 20:03:15

Supedro
Invité

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

Salut Jugurtha je reitere, mais ok je baisse d'un cran, pas de rire de baleine, mais juste de hyène big_smile
Moi aussi j'ai la VO sur ma table de chevet

Cela fait maintenant 25 minutes que Betty Ong est au téléphone et continue à donner en permanence des informations sur ce qui se passe à bord du vol American Airlines 11.
.../...
Des millions de personnes viennent d'assister, en direct sur les chaînes de télévision, au choc du deuxième avion sur le World Trade Center. Le monde entier réalise que New York est la cible d'une attaque sans précédent. Le président des États-Unis, lui, l'ignore.
.../...
S'il se lève brusquement et quitte la salle, il risque d'inquiéter les enfants et le pays, de donner une impression d'affolement. Il est le Président. Il doit montrer la voie : rester calme, faire preuve de sang-froid, surtout pas un signe d'effroi. Il décide de ne pas se lever. Pour George Bush, rester calme, c'est ne pas bouger, montrer un visage impassible, faire comme si rien ne se passait en somme. (...) Le président des Etats-Unis peut-il ainsi perdre des minutes aussi précieuses à écouter une leçon de lecture alors que son pays est attaqué? (...) Des minutes perdues, c'est peut-être un ordre décisif qui n'est pas donné, une interception d'avion qui n'est pas faite, des milliers de morts en plus... (...) Mais pour l'instant, il y a des enfants devant lui, des enfants innocents. Il faut les protéger... C'est du moins ainsi qu'il raisonne.
.../...
Le pirate aux commandes, c'est Ziad Jarrah. Il a programmé les appareils de navigation pour mettre le cap sur Washington,

Faut pas déconner, mais ok attendons le bouquin wink

 

#5 11-08-2011 21:28:31

charmord
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Messages: 8290

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

Mon Dieu, pardonne-leur. Ils savent très bien ce qu'ils font...


La manière la plus sûre de corrompre une jeunesse est de l'instruire a tenir en plus haute estime ceux qui pensent de même que ceux qui pensent différemment."

Friedrich Nietzsche

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#6 11-08-2011 21:39:53

Supedro
Invité

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

big_smile

 

#7 12-08-2011 00:43:01

Buzz l'éclair
Invité

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

Extrait du livre paru sur le Figaro :

http://www.lefigaro.fr/international/20 … 8-h-46.php

8h14

- American11, montez et maintenez au niveau 3-5-0.

Scrutant son écran d'ordinateur dans la grande salle du centre aérien de Boston, Peter Zalewski, l'un des contrôleurs, s'étonne. Il vient de demander à l'appareil d'American Airlines 11, qui a décollé à 8 heures précises avec 81 passagers et se trouve maintenant à 8000 mètres, presque son altitude de croisière, de monter jusqu'à 10.000 mètres. Mais l'avion ne répond pas.

Aujourd'hui, au-dessus de la côte Est, le ciel est «severe clear» en jargon aéronautique: parfaitement clair. Quelque 5000 avions sont en l'air au-dessus du territoire américain. Environ 50.000 voleront dans la journée. 22 centres régionaux se partagent la gestion du trafic au-dessus des États-Unis. Les 260 contrôleurs du centre de Boston s'occupent, eux, du secteur nord-est, c'est-à-dire qu'ils prennent en charge les avions après leur décollage des aéroports de la région, dont ceux, très fréquentés, de Boston et de New York, et donnent les instructions aux pilotes pour mettre chacun sur sa route et garder les appareils à bonne distance les uns des autres. Le travail est éprouvant, et le stress, permanent.

- American11. Vous m'entendez?

Peter répète son message. Silence. Peut-être sont-ils restés sur la fréquence du secteur précédent? Il tente de les appeler. Pas de réponse. Il passe alors sur la fréquence d'urgence 121.5. Pas de réponse.

Quelque chose ne va pas avec cet avion. Apparemment, le transpondeur, cet émetteur qui permet d'identifier l'appareil, est coupé. Tous les avions au-dessus de 3000 mètres doivent émettre ce signal qui inscrit, sur la carte de l'écran des contrôleurs, la trace de l'appareil accompagnée des chiffres indiquant sa vitesse et son altitude. Les pilotes ne coupent jamais leur transpondeur volontairement. Une panne? Peu probable. Car la radio de l'avion ne répond plus non plus. Inquiet, le contrôleur alerte son superviseur:

- On a un sérieux problème avec l'AA11.

- Une prise d'otages?demande le superviseur.

- Non, répond instinctivement Peter Zalewski.

Cela fait des années qu'il n'y a pas eu de prise d'otages. Les aéroports sont sécurisés maintenant, les contrôles sont stricts, la prise d'otages appartient au passé.

C'est un cas de «Nordo» («no radio contact»). Comme le prévoit la procédure, le contrôleur appelle alors d'autres avions d'American Airlines pour leur demander de tenter d'établir un contact sur les fréquences de la compagnie... Sans succès.

- American11, si vous m'entendez... insiste Peter Zalewski.

Le contrôleur demande à l'avion de tenter la procédure «ident», c'est-à-dire de presser un bouton d'urgence sur le transpondeur qui allumerait ses données sur l'écran à Boston, et indiquerait qu'au moins, le pilote entend les instructions.

Rien. Sur son écran, Peter Zalewski n'a plus d'information. Tout au plus peut-il voir l'écho radar classique de l'appareil, et estimer sa vitesse au sol. L'avion vient de changer brutalement de direction et se dirige plein sud. Peter s'apprête à réagir pour dégager le ciel sur la nouvelle trajectoire quand, soudain, des bribes de conversation en provenance de l'appareil lui parviennent dans le casque:

- Nous avons des avions. Restez calmes, et tout ira bien. Nous retournons à l'aéroport.

Puis, quelques secondes plus tard:

- Personne ne bouge. Tout va aller bien. Si vous tentez le moindre mouvement, vous vous mettez en danger, vous et l'avion. Restez tranquilles.

Apparemment, quelqu'un s'adresse aux passagers depuis le micro du poste de pilotage... Quelqu'un qui ne sait pas bien se servir du système de communication de bord, et ne réalise pas qu'il est branché sur la fréquence d'émission extérieure. La conversation est brouillonne, peu audible... Mais le contrôleur en a entendu assez pour se faire une idée: c'est bien une prise d'otages.

(... )

8h34
Pendant ce temps, en Caroline du Nord, l'employée d'American Airlines, Nydia Gonzalez, continue de relayer les informations que lui donne l'hôtesse Betty Ong depuis l'avion détourné. Entre les deux femmes qui ne se connaissent pas et que seules les ondes relient, il s'établit une étrange communion. Une solidarité intense passe entre les mots. Toutes deux s'efforcent de rester posées, de s'exprimer le plus efficacement possible. On sent l'angoisse dans la voix de Betty, mais la jeune femme ne cède pas à la panique, elle s'évertue à tout prix à rester calme, tendue vers un seul but : donner le maximum d'indications pour que l'on puisse agir, faire quelque chose face à ce drame incompréhensible qu'elle est en train de vivre. En arrière-fond, dans son écouteur, Nydia peut entendre le bruit sourd et continu des réacteurs de l'avion qui file à toute vitesse vers une destination inconnue.

- Betty, avez-vous des renseignements sur ces types? Ceux qui sont dans le cockpit? Venaient-ils de première classe?

Nydia écoute les réponses de Betty, puis transmet à ses supérieurs d'American Airlines: ils étaient assis aux sièges 2A et 2B... Ils sont dans le poste de pilotage avec les pilotes...

- Betty, y a-t-il un médecin à bord? demande encore Nydia.

Les passagers de première classe ont été rassemblés en classe économique. La première classe est vide maintenant.

- Qu'est-ce qui se passe maintenant, honey? continue Nydia, de plus en plus émue.

- L'avion tangue, indique Betty.

En même temps, Nydia se renseigne auprès du central d'American Airlines sur une autre ligne:

- Le contrôle aérien déplace tout le trafic sur la trajectoire de l'avion... lui communique l'agent d'American. Il a coupé son transpondeur, nous n'avons pas d'altitude définie... Il semble qu'ils l'ont sur un radar primaire.

- Nous commençons à descendre,indique soudain Betty.

- Ils vont se poser à New York! crie Marquis, le superviseur du Centre d'opérations. Appelez Newark et JFK. Qu'ils se préparent à une prise d'otages!

Au même moment, l'hôtesse Madeline Sweeney, assise non loin de Betty Ong, indique à son correspondant de Boston:

- Quelque chose ne va pas. Nous volons très bas... Très, très, bas. Oh! mon Dieu, nous sommes trop bas...

Cela fait maintenant 25 minutes que Betty Ong est au téléphone et continue à donner en permanence des informations sur ce qui se passe à bord du vol American Airlines 11. Mais soudain, Nydia ne l'entend plus.

- Que se passe-t-il, Betty? insiste Nydia. Betty, parlez-moi! Betty, est-ce que vous êtes là?

Puis elle s'adresse à ses supérieurs:

- Je crois que nous l'avons perdue...

(...)

8h49
Dans la tour sud, celle qui n'a pas été touchée, les gens hésitent. Que doivent-ils faire? Rester dans leur bureau? Evacuer? Certaines entreprises demandent à leurs employés de quitter les lieux, telle la banque Morgan Stanley, qui occupe plus de 20 étages dans cet immeuble. Mais une annonce, soudain, grésille dans les haut-parleurs et vient semer la perturbation:

- Ne quittez pas les étages, cette tour-ci n'est pas concernée, regagnez vos bureaux!

«Je ne sais si les gens tombent ou sautent, mais j'ai vu des gens tomber vers la mort»
Beaucoup d'employés, dociles, obéissent à la consigne et remontent dans leurs bureaux. Un groupe de personnes, qui étaient descendues jusqu'au rez-de-chaussée, reprend calmement l'ascenseur sur les conseils des agents de sécurité. La Bourse débute à 9 heures, chacun retrouve son bureau. C'est le cas de Stephen Mulderry, un employé d'une petite société financière qui se trouve au 88e étage de la tour sud. Il appelle rapidement son frère Peter :

- J'étais juste à la fenêtre, lui raconte-t-il, mais, mon Dieu, je ne sais pas si les gens tombent ou sautent, mais j'ai vu des gens tomber vers la mort.

- Oh, my God!

- Ce sont des êtres humains... poursuit Stephen, choqué, presque incrédule.

Il voit les téléphones clignoter, signe qu'on l'appelle. Il tente de reprendre pied :

- Il faut que j'y aille. Les lumières clignotent, le marché va ouvrir.

Stephen se remet au travail. Comme des centaines de ses collègues.

(...)

9h03
Des millions de personnes viennent d'assister, en direct sur les chaînes de télévision, au choc du deuxième avion sur le World Trade Center. Le monde entier réalise que New York est la cible d'une attaque sans précédent. Le président des États-Unis, lui, l'ignore.

À l'instant même du crash, il est en train de s'installer dans la salle de classe de CE1 de l'Emma E. Booker où l'accueillent la maîtresse, Sandra Kay Daniels, une jeune femme noire à lunettes, et seize élèves en uniforme, chemisettes blanches, shorts ou jupes grises. Pour la petite école, l'événement est immense. Elle a été choisie par la Maison-Blanche, c'est une consécration. L'idée du staff présidentiel est de faire assister le Président à une leçon dans une école modeste, une image symbolique pour montrer l'importance de la lecture dans le système éducatif.

(...)

9h07
En Floride, la classe avec le Président a commencé il y a cinq minutes, toujours ponctuée par le flot rapide et précis des «Get ready» de Miss Daniels qui égrène les mots à faire lire aux enfants. Le Président ne sait toujours rien. Il n'a pas encore été averti de ce qui se passe à New York. La maîtresse entame la seconde partie de la démonstration.

- Maintenant, vous prenez votre livre sous votre siège et vous l'ouvrez à la leçon 60, page 153.

Les enfants se penchent pour saisir leur manuel... C'est alors qu'Andy Card, profitant de cette petite interruption, se dirige vers le Président. Le conseiller n'a pas l'habitude d'entrer ainsi dans le champ des photographes. George Bush le comprend: quelque chose ne va pas... Card se penche à l'oreille du Président et lui glisse deux phrases:

- Un deuxième avion vient de percuter la deuxième tour du World Trade Center. L'Amérique est attaquée!

George Bush ne bouge pas. Son corps s'est raidi, son visage s'est fermé. Andy Card s'est retiré, le laissant seul devant la classe et les photographes qui n'ont rien perdu de la scène, mais n'en connaissent pas la teneur. Miss Daniels a déjà entamé la deuxième partie de l'exercice, la lecture collective d'un conte.

- Votre doigt sur le titre de l'histoire. Soyez prêts à lire rapidement. Get ready.

- The Pet Goat, lisent les enfants d'une seule voix. La chèvre apprivoisée.

(...)

Assis, les jambes croisées, George W. Bush a pris un exemplaire du livre et le fixe sans le voir. Ses yeux partent dans le vide, son visage est fermé, il jette de temps en temps un regard éteint vers les élèves.

A girl got a pet goat, scandent les élèves (« Une fille a une chèvre apprivoisée »). (...) L'Amérique est attaquée... George Bush n'écoute plus cette histoire de chèvre, si dérisoire maintenant. Au fond de la classe, les journalistes, de plus en plus agités, ne perdent pas un seul de ses gestes. Il n'y a pas de retransmission en direct, mais des caméras tournent, des appareils photo crépitent. Il le sait, sa réaction est filmée, elle sera diffusée ensuite dans le monde entier. Que faire ? S'il se lève brusquement et quitte la salle, il risque d'inquiéter les enfants et le pays, de donner une impression d'affolement. Il est le Président. Il doit montrer la voie : rester calme, faire preuve de sang-froid, surtout pas un signe d'effroi. Il décide de ne pas se lever. Pour George Bush, rester calme, c'est ne pas bouger, montrer un visage impassible, faire comme si rien ne se passait en somme. (...) Le président des Etats-Unis peut-il ainsi perdre des minutes aussi précieuses à écouter une leçon de lecture alors que son pays est attaqué? (...) Des minutes perdues, c'est peut-être un ordre décisif qui n'est pas donné, une interception d'avion qui n'est pas faite, des milliers de morts en plus... (...) Mais pour l'instant, il y a des enfants devant lui, des enfants innocents. Il faut les protéger... C'est du moins ainsi qu'il raisonne. Pour lui, à ce moment-là, il doit d'abord montrer l'image d'un Président calme. L'Amérique est sous le choc. Mais le Président ne doit pas l'être. Il va donc rester et attendre la fin de la leçon.

(...)

9h36

À la Maison-Blanche, la tension est encore montée d'un cran. La tour de contrôle de l'aéroport Reagan vient d'appeler:

- Un avion se dirige vers vous et ne communique pas avec nous.

La Maison-Blanche est menacée! Les agents du Secret Service s'impatientaient depuis un moment. Cette fois, ils n'hésitent plus. Il faut mettre d'urgence le vice-président en sécurité.

Dick Cheney est dans son bureau, devant CNN, quand Jimmy Scott, son agent de sécurité, se rue sur lui:

- Monsieur, nous devons partir maintenant, dit l'agent avec fermeté.

Sans avoir le temps de répondre, Cheney se voit tiré de son fauteuil, attrapé par la ceinture, soulevé et conduit vers la sortie. Les pieds touchant à peine le sol, il attrape au passage un exemplaire du magazine The Economist sur la table («Why Brand Are Good for You» peut-on lire sur la couverture) - «Je prends toujours de la lecture avec moi au cas où», explique-t-il. L'agent le propulse dans le hall, puis vers les escaliers. Brian Stafford, le directeur du Secret Service, a ordonné l'extraction d'urgence du vice-président et de la First Family. L'heure n'est plus au bavardage ni aux civilités.

C'est la procédure. Tout vice-président qu'il est, Dick Cheney est obligé de s'y plier. Quasiment porté, il est conduit vers un escalier qui descend au sous-sol, franchit des portes blindées, et se retrouve dans un tunnel austère qui mène à un bunker, sous la Maison-Blanche. C'est l'entrée du PEOC (Presidential Emergency Operations Center), un abri anti-atomique conçu pour se réfugier en temps de guerre.

Dick Cheney veut parler au Président. Dans le tunnel, il fait une pause dans un petit espace équipé d'un banc, d'une télévision et d'un téléphone mural sécurisé.

- Passez-moi le Président, exige Cheney.

On lui demande d'attendre. Le Président n'est pas joignable.

(... )

9h49
- Mesdames, enlevez vos chaussures à talons, et courez!

Les agents de sécurité de la Maison-Blanche ne plaisantent pas. L'évacuation a commencé doucement il y a quelques minutes -«Gardez votre calme», conseillaient les agents- mais cette fois, après l'attaque sur le Pentagone, le personnel est pressé de sortir très vite sur Pennsylvania Avenue. Tout le monde est poussé dehors avec fermeté, personnalité ou non. Le staff présidentiel de l'aile ouest, qui regardait la télévision dans la cafétéria, se voit, lui aussi, intimer l'ordre de partir en courant.

La pelouse sud est parsemée de tables de réception: on y dressait déjà les nappes pour préparer le pique-nique annuel du Congrès. Tous les membres de la Chambre des représentants et du Sénat étaient invités, avec leur famille, pour l'après-midi. Laura Bush avait prévu une ambiance cow-boy, avec chariots texans, musique country, de bons vieux square-dance comme autrefois, et l'orchestre de Ray Benson,Asleep at the Wheel. On n'ose penser à ce qui arriverait si un avion visait la Maison-Blanche dans un tel moment...

Pour l'heure, c'est la débandade. Tout le monde fonce vers les barrières que les gardes maintiennent exceptionnellement grandes ouvertes pour laisser sortir le personnel. On demande même aux membres du staff de la Maison-Blanche d'enlever le badge autour de leur cou pour qu'ils ne soient pas les cibles privilégiées d'éventuels snippers.

Mais où aller? Il n'y a pas de consignes. À l'exception de ceux qui ont été dirigés vers le bunker souterrain et des membres de la cellule de crise menée par Robert Clarke, des centaines de personnes appartenant à l'administration de la Maison-Blanche se dispersent et s'évanouissent dans la nature. Certains, désorientés, choqués, errent dans les rues sans savoir que faire.

(... )

10h00
Dans l'avion United Airlines 93, il y a quelques minutes, Todd Beamer, 32 ans, père de deux petits garçons et bientôt d'un troisième, a composé le zéro sur un téléphone de bord pour obtenir une opératrice. C'est Lisa Jefferson, superviseur de la compagnie GTE-Airfone, qui lui a répondu. Todd lui a dressé un état précis de la situation à bord : il y a apparemment trois pirates, armés de couteaux... Il est, lui, avec neuf autres passagers et cinq membres d'équipage, forcé de rester assis sur le sol à l'arrière. Le pilote, un copilote et un passager ont apparemment été blessés. Deux des pirates se sont enfermés dans le poste de pilotage... Todd est resté en ligne.

Lisa lui demande s'il veut entrer en communication avec sa femme, mais il refuse : elle est enceinte, il ne veut pas lui donner un tel choc, explique-t-il.

Lisa entend des cris. Todd annonce qu'ils vont intervenir et tenter de neutraliser les pirates. Mais avant, il lui demande une faveur: peut-elle prier avec lui? Au téléphone, les deux interlocuteurs, qui ne se connaissent pas, récitent ensemble le Notre Père, puis le psaume XXIII: «Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car Tu es avec moi...»

La voix de Todd se fait plus tendue:

- Nous descendons! Oh! God, Lisa...

Lisa est aussi le prénom de sa femme.

- Promettez-moi d'appeler ma femme et mes deux enfants, David et Andrew, et de leur dire que je les aime, demande-t-il encore avant de lâcher le combiné sans couper la communication.

C'est alors que Lisa Jefferson l'entend dire aux autres passagers:

- Are you ready, guys?? Let's roll! («Êtes-vous prêts? On y va!»)

Un passager crie:

- Dans le cockpit! Si nous n'entrons pas, nous mourrons.

Les passagers passent à la riposte.

- Tout le monde se rue en première classe. Je dois y aller. Bye!» a dit au même moment Sandy Bradshaw à son mari Philip.

Le pirate aux commandes, c'est Ziad Jarrah. Il a programmé les appareils de navigation pour mettre le cap sur Washington, et il fait tanguer l'avion pour déstabiliser les assaillants. Maintenant, il le fait vaciller de bas en haut.

- Qu'est-ce qu'on fait, demande Jarrah. Est-ce qu'on en finit?

- Non, pas encore,répond un autre terroriste. (...)

L'assaut se poursuit. Les pirates semblent avoir des difficultés à garder le contrôle.

- Allah est grand! Allah est grand! hurle Jarrah.

Il crie à l'un de ses complices:

- Et maintenant? Est-ce qu'on se crashe?

- Oui,répond l'autre. Fais-le! Détruis-le!

- Plonge! Plonge!

L'avion est en piqué et se retourne.

- Allah est grand! Allah est grand! hurlent encore les terroristes.

(...)

10h03
Le pilote de l'avion cargo de la Garde nationale, celui qui avait déjà observé le crash sur le Pentagone et continué ensuite sa route vers le Minnesota, aperçoit soudain une épaisse colonne de fumée noire, à 24 km au sud de Johnstown. Le vol United Airlines 93 vient de s'écraser dans un champ, près de Shankville en Pennsylvanie, à plus de 900 km/h.

(...)

11h45
«C'est une scène de film», se dit George Bush, regardant par les hublots alors qu'Air Force One se pose sur la piste de la base de Barksdale en Louisiane. Une nuée de véhicules militaires équipés de mitrailleuses et des soldats en tenue de combat, armés de M-16, entourent l'appareil. Des bombardiers forteresses B52 sont alignés sur la piste, des F-16 vrombissent dans le ciel... Barksdale, «BAD» en nom de code, est une base aérienne stratégique, construite dans les années 1930, qui héberge une unité de bombardiers, la 2e Bomb Wing, et le quartier général de la 8e Air Force. Un poids lourd de l'armée de l'air.

Trois heures après l'attaque des tours, George W. Bush quitte enfin Air Force One, qui s'est posé sur une base militaire en Louisiane.
Des agents de la sécurité attendent le Président, lui font descendre la passerelle à toute allure, puis le poussent dans un van Dodge Caravan qui fonce vers les bâtiments en prenant des virages vertigineux, à tel point que George Bush demande au conducteur zélé de ralentir. «Il n'y a pas de terroristes sur la base, quand même!» Il ne manquerait plus que de se tuer en voiture...

Des soldats en armes entourent le Centre de conférence Dougherty, un bâtiment de deux étages où s'engouffre le Président. Dans le bureau du général Tom Keck, le commandant de la base, George Bush donne une série de coups de fil. Enfin, il peut avoir des communications correctes !

L'armée américaine est passée à Defcon 3, l'informe Donald Rumsfeld. Bush approuve. Sortons d'abord de cette crise, et ensuite il faut organiser une riposte militaire puissante, lui dit-il.

(...)

16 h 55
Sur l'écran d'une télévision qui diffuse un reportage sur les victimes, George Bush voit la photo de Barbara Olson, la célèbre commentatrice républicaine, épouse de Ted Olson, conseiller auprès du ministre de la Justice qu'il a lui-même nommé. George Bush doit d'ailleurs sa présidence à Ted: c'est lui qui a plaidé devant la Cour suprême pour qu'on arrête de recompter les bulletins de la Floride au moment favorable. Barbara se trouvait à bord de l'avion qui s'est jeté sur le Pentagone. Le Président appelle immédiatement Ted Olson pour lui présenter ses condoléances.

- Nous trouverons les responsables de sa mort, lui promet-il.

Il faut aussi penser à papa et maman. Bush père et Barbara étaient encore la veille à la Maison-Blanche, mais ils l'ont quittée tôt le matin. C'est à bord d'un avion qu'ils ont appris la nouvelle des attentats.

- Où êtes-vous? demande le Président à sa mère dès que les officiers de communication à l'étage supérieur ont établi la liaison.

- Dans un motel à Brookfield, dans le Wisconsin.

- Mais qu'est-ce que vous fichez là?

- Mon fils, répond Barbara Bush, tu as obligé notre avion à se poser.

Comme les 4000 autres appareils en vol dans la matinée, celui des Bush a été contraint d'atterrir.

(...)

«11 septembre. Le jour du chaos», de Nicole Bacharan et Dominique Simonnet, Perrin, 335p., 21€. En librairie le 18 août.

 

#8 06-09-2011 02:32:53

Bobby
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Messages: 99

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

http://www.droledeplanete.com/

Dans l'extrait disponible sur son site, Dick Cheney n'est conduit dans le bunker qu'à partir de 9h36, Minetta parle de 9h20 au moins...

9h36

À la Maison-Blanche, la tension est encore montée d'un cran. La tour de contrôle de l'aéroport Reagan vient d'appeler:

- Un avion se dirige vers vous et ne communique pas avec nous.

La Maison-Blanche est menacée! Les agents du Secret Service s'impatientaient depuis un moment. Cette fois, ils n'hésitent plus. Il faut mettre d'urgence le vice-président en sécurité.

Dick Cheney est dans son bureau, devant CNN, quand Jimmy Scott, son agent de sécurité, se rue sur lui:

- Monsieur, nous devons partir maintenant, dit l'agent avec fermeté.

Sans avoir le temps de répondre, Cheney se voit tiré de son fauteuil, attrapé par la ceinture, soulevé et conduit vers la sortie. Les pieds touchant à peine le sol, il attrape au passage un exemplaire du magazine The Economist sur la table («Why Brand Are Good for You» peut-on lire sur la couverture) - «Je prends toujours de la lecture avec moi au cas où», explique-t-il. L'agent le propulse dans le hall, puis vers les escaliers. Brian Stafford, le directeur du Secret Service, a ordonné l'extraction d'urgence du vice-président et de la First Family. L'heure n'est plus au bavardage ni aux civilités.

C'est la procédure. Tout vice-président qu'il est, Dick Cheney est obligé de s'y plier. Quasiment porté, il est conduit vers un escalier qui descend au sous-sol, franchit des portes blindées, et se retrouve dans un tunnel austère qui mène à un bunker, sous la Maison-Blanche. C'est l'entrée du PEOC (Presidential Emergency Operations Center), un abri anti-atomique conçu pour se réfugier en temps de guerre.

Dick Cheney veut parler au Président. Dans le tunnel, il fait une pause dans un petit espace équipé d'un banc, d'une télévision et d'un téléphone mural sécurisé.

- Passez-moi le Président, exige Cheney.

On lui demande d'attendre. Le Président n'est pas joignable. (...)

Le livre de Nicole Bacharan est encensé par la presse, alors que c'est une bouse. Cette femme me déconcerte... Est-elle totalement idiote ou le fait-elle exprès ?

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#9 19-11-2011 17:43:30

Zorg
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Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

Conspiracy Watch - 19 11 2011 :

Nicole Bacharan et Dominique Simonnet reconstituent la journée des attentats

A lire : cette excellente interview publiée il y a quelques jours sur nonfiction.fr. L'historienne Nicole Bacharan et le journaliste Dominique Simonnet y évoquent leur livre 11 septembre : Le jour du chaos (Librairie Académique Perrin, 2011), qui décrit, minute par minute, la journée du 11 septembre 2001 dans les coulisses du pouvoir. Morceaux choisis :

http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3423027-4924223.jpg?v=1320946272

Un travail de fourmi

Nicole Bacharan rappelle qu’« on dispose aujourd’hui d’une quantité énorme de documents sur le 11-Septembre, on peut même analyser en détail les appels des passagers des avions, ceux des occupants des tours, qui ont été enregistrés par une multitude de personnes notamment les services de secours, les compagnies aériennes, les familles sur leurs répondeurs, des téléphones portables... On dispose aussi des notes prises par les différents conseillers lors des réunions dans le bunker de la Maison Blanche, au Pentagone, à bord d’Air Force One, et des témoignages directs des différents protagonistes. Il manque aujourd’hui très peu de choses : des notes sur une réunion avec Dick Cheney et une partie de l’enregistrement du cockpit du vol 93. Notre travail a pris beaucoup de temps car toutes ces données sont abondantes, très longues à manipuler, à classer, à hiérarchiser, à vérifier, à croiser. C’est un peu un travail de fourmi. Notre perception globale des évènements n’a pas été profondément changée, à part, peut-être ce qui concerne le chaos qui a régné pendant toute la journée et dont nous ne soupçonnons pas l’ampleur ».

Manque de coordination et erreurs d’appréciation : un cocktail explosif

L’historienne évoque l’« impression de chaos, de désorganisation générale» qui se dégage du récit de cette journée. « Pourquoi les Etats-Unis étaient si mal préparés ? Qu’auraient-ils pu faire de mieux ? La réponse, qui peut expliquer ce “chaos”, est liée au fait que l’Amérique se trouve ce jour-là face à quelque chose que personne n’avait jusqu’alors imaginé. C’est un événement inédit, impensable (...), et donc face auquel l’Amérique était démunie. »

Et Dominique Simonnet d’insister sur « le manque de coordination : les militaires ne communiquent pas avec les civils, les pompiers ne communiquent pas avec les policiers, les hélicoptères au-dessus des tours ne communiquent pas avec les secours au sol, les chasseurs n’ont pas d’instructions claires... C’est comme s’il y avait d’une part un ciel civil et d’autre part un ciel militaire, bref une autorité gouvernementale déconnectée, et un grand désarroi face à ce flot d’informations éparses ». De surcroît, « les agences de renseignement disposaient d’un certain nombre d’informations sur la menace d’une attaque imminente, mais elles ont mal communiqué entre elles, et des erreurs d’appréciation ont été commises ».

Le vrai mystère du 11-Septembre

Quel rôle les néoconservateurs ont-ils joué ? Les auteurs montrent que «dès l’après-midi même du 11-Septembre, ils cherchent déjà un moyen d’établir un lien entre l’Irak et les attentats ». Ils sont alors cohérents avec ce qui est leur obsession : « en découdre avec Saddam Hussein et remodeler le Moyen-Orient ». Nicole Bacharan et Dominique Simonnet mettent ici le doigt sur l’une des principales apories logiques du discours conspirationniste : dans l'hypothèse où ils auraient fomenté secrètement les attentats, pour quelle raison les néoconservateurs auraient-ils fait porter le chapeau à un groupe de djihadistes principalement saoudiens plutôt qu'au dictateur irakien ?

Et si la part d'ombre essentielle du 11-Septembre résidait moins dans les débris du World Trade Center que dans ce qu'il y a de plus intime au fond de nous ? « Qu’est ce qui pousse des êtres humains à accomplir un tel acte aussi décivilisé, à assassiner des milliers d’inconnus, d’hommes, de femmes, d‘enfants ? », s'interroge Dominique Simonnet. « A préparer pendant des mois, de manière si méthodique, un tel meurtre de masse, de sang froid avec le désir absolu, réfléchi, de mener cet assassinat jusqu’à son terme ? Si la description de l’événement n’est pas une réponse, elle s’en approche au plus près, sachant que ce mystère-là demeure. S’il y a un mystère du 11 septembre, il ne porte pas sur les faits, aujourd’hui incontestables, mais sur cette barbarie humaine, froide et méthodique ».

http://www.conspiracywatch.info/Nicole- … _a743.html

roll


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#10 19-11-2011 19:32:48

Zorg
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Messages: 4903

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

Arturo Saw6 a écrit:

Les responsables de ce fiasco, que sont-ils devenus ?

Aucun n'a démissionné.
Aucun n'a été viré.
Aucun n'a été jugé.
Certains ont été promus.


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#11 19-11-2011 19:46:19

Redford
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Messages: 5701

Re: 11 septembre. Le jour du chaos, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

Tenet a été viré, mais je crois effectivement que c'est tout.


"Croire l’histoire officielle consiste à croire des meurtriers sur parole"  Simone Weil

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