ReOpen911.info : Site d'information sur les attentats du 11 septembre 2001

Annonce

Les propos tenus sur ce forum n'engagent que leurs auteurs et n'impliquent en aucun cas leur approbation par l'ensemble du mouvement (plus d'infos). L'association ReOpen911 est une initiative citoyenne et bénévole indépendante de tout mouvement politique, philosophique et religieux.

Merci de soigner vos messages, restez courtois et constructifs. Un message ne respecte pas le règlement ? Signalez-le en utilisant la fonction "signaler" en bas de chaque message. Toute discussion sur la modération ne doit se faire QUE par MP, et non sur le forum...

Vous pouvez contacter l'équipe de modération à l'adresse : moderation [ at ] reopen911.info

Vous n'êtes pas identifié.

#41 07-04-2007 08:37:31

Thibaut
Membre Actif Asso
Lieu: bruxelles
Date d'inscription: 30-04-2006
Messages: 4633
Site web

Re: Le PETROLE

@ ragondin
tu ne t'es pas trompé de fil pour le dernier message ?


MEDIAS-MENSONGES-DESINFORMATION


in girum imus nocte et consumimur igni

Hors ligne

 

#42 07-04-2007 08:40:00

ragondin
Membre de Soutien
Date d'inscription: 29-03-2007
Messages: 7349

Re: Le PETROLE

Non c'était pour remuer un peu la réflection sur l'actualité qui a presque 6 ans
Aidez moi dans cette recherche car je la pense très importante
désolé de mettre la pagaille


« La stratégie militaire doit désormais être pensée en fonction de la couverture télévisuelle [car] si l’opinion publique est avec vous, rien ne peut vous résister ; sans elle, le pouvoir est impuissant. »
M. Michael K. Deaver

Hors ligne

 

#43 07-04-2007 08:44:04

ragondin
Membre de Soutien
Date d'inscription: 29-03-2007
Messages: 7349

Re: Le PETROLE

Le sujet est le 11 9 en général
J'estime que nos investigations ont besoin de fraicheur et l'échéance de la présidentielle de 2008 aux USA est capitale.
C'est homme jouit d'une aura et ça m'emm...
C'est un pilier de Bush au service de ce nouvel ordre mondial


« La stratégie militaire doit désormais être pensée en fonction de la couverture télévisuelle [car] si l’opinion publique est avec vous, rien ne peut vous résister ; sans elle, le pouvoir est impuissant. »
M. Michael K. Deaver

Hors ligne

 

#44 07-04-2007 08:55:38

Thibaut
Membre Actif Asso
Lieu: bruxelles
Date d'inscription: 30-04-2006
Messages: 4633
Site web

Re: Le PETROLE

ragondin a écrit:

Le sujet est le 11 9 en général
J'estime que nos investigations ont besoin de fraicheur et l'échéance de la présidentielle de 2008 aux USA est capitale.
C'est homme jouit d'une aura et ça m'emm...
C'est un pilier de Bush au service de ce nouvel ordre mondial

oui, d'accord, mais pourquoi dans le fil consacré au Pétrole ?


MEDIAS-MENSONGES-DESINFORMATION


in girum imus nocte et consumimur igni

Hors ligne

 

#45 07-04-2007 09:47:37

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Oui, pourquoi ? sad

Sinon, il y a ce post qui me parait plus en rapport :
http://www.reopen911.info/forums/p47019 … tml#p47019

Mais Giuliani a beaucoup perdu de sa popularité, a cause de son attitude par rapport aux pompiers et certaines affaires douteuses dans lesquelles il est impliqué.

Dernière modification par vigilant (07-04-2007 09:53:40)


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#46 07-04-2007 10:00:54

ragondin
Membre de Soutien
Date d'inscription: 29-03-2007
Messages: 7349

Re: Le PETROLE

désole je recommence plus snif


« La stratégie militaire doit désormais être pensée en fonction de la couverture télévisuelle [car] si l’opinion publique est avec vous, rien ne peut vous résister ; sans elle, le pouvoir est impuissant. »
M. Michael K. Deaver

Hors ligne

 

#47 07-04-2007 13:05:55

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Un passage du livre de Michaël Ruppert :

J’ai suivi deux conférences internationales au sujet du pic maximal de pétrole et de ses implications pour notre civilisation : une à Paris en 2003 et l’autre à Berlin, cette année. Depuis, la grande presse anglo-saxonne n’a cessé de publier des articles sur la fin de l’ère du pétrole ("La fin du pétrole économique" - National Geographic juin 2004, "Que faire quand le pétrole ne sera plus là ?" - BBC 22 avril 2004, "Adios pétrole économique" - Interpress News Agency 27 avril 2004, "G7, le prix du pétrole menace l’économie mondiale" - Moscow Times 26/04/04, "La crise mondiale du pétrole surgit" - Jane 21/04/04, "USA, obtenir le pétrole mondial" - Focus de la Politique étrangère, janvier 2004, "Manquons-nous de pétrole ?" - ABC News du 11/02/04, "Sang, Argent et pétrole" - US News du 18/08/03, Wall Street Journal US du 22/03/04, "Contrôle du pétrole" - Washington Post du 14/11/03, "La fin de l’ère du pétrole" - Économist du 23/10/03, etc).

De grands gisements de pétrole sont sur le déclin depuis 1962. Une étude publiée dans la Petroleum Review suggère que la production ne pourra pas suivre la demande d’ici 2007. L’étude est un aperçu des méga projets visant à produire plus de 100.000 barils de pétrole par jour. La planète consomme un milliard de barils de pétrole tous les onze jours et demi ; or les découvertes de grands champs pétrolifères sont en nette diminution. En 2000, il y eu 16 découvertes ; en 2001, 8 découvertes, en 2002, seulement 3, en 2003 aucune. Environ le tiers de la production de pétrole dans le monde provient de champs en baisse, avec un taux de déclin global d’environ 4%. En conséquence, la capacité globale de production se contracte d’un peu plus de 1 million de barils par jour chaque année. Les nouvelles productions sont la seule chose compensant ce déclin. A partir de 2007 ce déclin sera compensé par de nouveaux projets de production mais à consommation égale ; or la consommation augmente et la demande commencera alors à être supérieure à l’offre.

En prenant le pétrole de l’Irak et en contrôlant l’Afghanistan le gouvernement US pense pouvoir retarder les effets du pic du pétrole pour les États-Unis et assurer ainsi son hégémonie sur le reste du monde qui manquera alors de pétrole. Tel est le mobile du crime du 11 Septembre 2001.

http://reopen911.info/forums/p1595-12-0 … html#p1595


Ca se passe de commentaires.

Dernière modification par vigilant (07-04-2007 13:06:38)


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#48 07-04-2007 13:55:15

jp34
Membre du forum
Lieu: Montpellier
Date d'inscription: 12-12-2006
Messages: 3237

Re: Le PETROLE

vigilant a écrit:

Un passage du livre de Michaël Ruppert :

En prenant le pétrole de l’Irak et en contrôlant l’Afghanistan le gouvernement US pense pouvoir retarder les effets du pic du pétrole pour les États-Unis et assurer ainsi son hégémonie sur le reste du monde qui manquera alors de pétrole. Tel est le mobile du crime du 11 Septembre 2001.

http://reopen911.info/forums/p1595-12-0 … html#p1595


Ca se passe de commentaires.

CQFD...!


"ne profanez pas le mot Vérité en acceptant le sens qu'en donnent les hommes et les institutions"
"évitez de confondre les mots avec les idées (qu'ils transportent)"

et tenez pour suspecte toute "vérité révélée"...

Hors ligne

 

#49 08-04-2007 15:42:52

Thibaut
Membre Actif Asso
Lieu: bruxelles
Date d'inscription: 30-04-2006
Messages: 4633
Site web

Re: Le PETROLE

8 avril 2007
http://www.legrandsoir.info/article.php … ticle=4915

La guerre, le néolibéralisme et l’Empire au XXIème siècle, Sameer Dossani interviewe Noam Chomsky.

Counterpunch, 14 mars 2007.  (je sais, je sais CounterPunch... mais pas Cockburn T)

http://www.legrandsoir.info/IMG/jpg/Bush_FMI.jpg

Sameer Dossani : A propos de la toute récente loi irakienne sur le pétrole, on sait bien que la loi a été concoctée aux Etats-Unis avant d’être soumise à la consultation de quelques Irakiens, tous des fidèles du premier ministre Noori Al Maliki, puis envoyée au Parlement irakien. Cette loi ouvre la voie à la fragmentation et à la privatisation du pétrole irakien. Quels sont les projets économiques des Etats-Unis en Irak ? Vue la tournure désastreuse prise par l’occupation, pourront-ils mener à bien ces projets ?

Noam Chomsky : Tout cela n’est pas très clair. Ce que vous venez de dire est exact. La loi n’a même pas été vue par le Parlement irakien avant d’être complètement achevée, c’est donc un travail de l’intérieur. Jusqu’où cela ira ?, on ne peut trop dire encore. Cette loi permet des PSA (Production Sharing Agreements, Accords de partage de la production), façon traditionnelle de rouler le pays producteur et de garantir la prise contrôle et les grands profits aux entreprises étrangères. C’est assez différent des autres dispositions contractuelles qui existent dans la région - c’est bien ce qui existait auparavant, mais par la suite les productions de pétrole ont été nationalisées et les pays demandaient des conditions plus favorables à leurs intérêts dans les négociations avec les entreprises impliquées. La loi est vague sur ce point-là, tout est donc possible.

En ce qui concerne les intérêts économiques des Etats-Unis je pense qu’il y a une distinction à faire. Le premier intérêt -et c’est vrai partout au Moyen Orient, y compris en Arabie saoudite, le plus grand producteur- ça a toujours été le contrôle, et non pas l’accès, et non pas le profit. Le profit est un intérêt secondaire et l’accès est un intérêt de troisième ordre.

Ainsi pendant les années où les Etats-Unis n’utilisaient pas du tout le pétrole du Moyen Orient, quand ils étaient le plus grand producteur et le plus grand exportateur, ils avaient la même politique, ils voulaient contrôler les sources de pétrole et les raisons en sont tout à fait connues. Au milieu des années 1940, le département d’Etat a clairement signalé que les ressources pétrolières dans la région, alors principalement l’Arabie saoudite, étaient une stupéfiante source de pouvoir stratégique - ce qui transformait le Moyen Orient en région la plus importante du monde en termes stratégiques. Ils ajoutaient qu’il s’agissait de l’une des plus grandes richesses matérielles de l’histoire. Mais le point clef c’est qu’il s’agissait d’un pouvoir stratégique, ce qui signifie que si vous contrôlez les ressources énergétiques, alors vous pouvez contrôler le monde parce que le monde a besoin des ressources énergétiques.

Tout cela a été dit tout à fait clairement par George Kennan lorsqu’il était l’un des architectes de la politique états-unienne pour le Moyen Orient. Il avait déclaré que le contrôle du pétrole du Moyen Orient nous donnerait un pouvoir de veto sur nos rivaux. Il pensait spécialement au Japon, au cas où le Japon s’industrialiserait -ce pays était encore ravagé à la suite de la guerre-, nous aurons le pouvoir de veto tant que nous contrôlerons le pétrole. Et cela a toujours été très clair pendant toutes ces années. Ainsi pendant la première étape de la guerre d’Irak (l’ex conseiller à la sécurité nationale) Zbigniew Brzezinskki, l’un des plus avisés des planificateurs -il n’était pas très enthousiaste pour cette guerre- a déclaré que si les Etats-Unis remportent la guerre, c’est-à-dire s’ils parviennent à imposer un régime vassal en Irak, alors les Etats-Unis disposeront d’un appréciable niveau d’influence sur leurs rivaux européens et asiatiques parce qu’ils auront la main sur le robinet.

Et cela est parfaitement bien connu dans les plus hauts niveaux gouvernementaux. Il y a quelques mois, Dick Cheney a déclaré que le contrôle des pipelines peut être « un moyen d’intimider et de faire du chantage ». Il parlait du contrôle des pipelines par d’autres. Ainsi si ce sont nos ennemis qui l’ont, c’est un instrument d’intimidation et de contrainte. Evidemment la même chose est vraie s’il se trouve en nos mains. On n’est pas censé penser ainsi parce que nous sommes supposés nobles, mais le reste du monde le comprend certainement très bien de cette façon. En effet, c’est un outil d’intimidation et de contrainte, que ce soit sur la question de l’orientation des pipelines ou que ce soit sur la question du contrôle de la production ou des régimes en question, et le contrôle peut se réaliser de différentes façons. Voilà donc l’objectif principal - le contrôle.

Le deuxième objectif ce sont certainement les profits des entreprises états-uniennes et britanniques, accompagnées de quelques autres bien entendu. Et en effet dans le cas de la loi irakienne sur le pétrole ces considérations sont à prendre en compte. Les PSA et les contrats à long terme avec des taux ridicules, tout cela signifie d’immenses profits comme c’était le cas dans le passé. Ainsi il y a quelques semaines Exxon-Mobil a fait connaître ses profits pour l’année 2006, ce sont les profits les plus élevés de l’histoire des Etats-Unis pour une entreprise donnée. Ils ont rompu le record de l’année antérieure, qui était également revenu à Exxon-Mobil. Les autres entreprises pétrolières se portent merveilleusement bien - l’argent leur sort par les oreilles. Et les entreprises qui leur sont liées connaissent la même réussite, telles Haliburton, Bechtel, etc.

L’industrie pétrolière a des conséquences matérielles au-delà de la question énergétique. Il y a beaucoup d’autres conséquences. Prenez l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU). Ils ont d’immenses projets de construction payés par les pétrodollars, lesquels sont ainsi recyclés vers Bechtel et les autres grandes entreprises de construction. Une bonne partie revient directement vers l’industrie militaire états-unienne. Il y a d’immenses marchés pour les exportations militaires états-uniennes et l’industrie militaire aux Etats-Unis est très liée à l’économie des technologies de pointe de façon générale. Bref, il s’agit d’une sorte de système circulaire - hauts prix pour le pétrole, les pétrodollars reviennent aux Etats-Unis pour les grands projets de construction et pour l’industrie des technologies de pointe, pour le développement, pour l’achat de bons du trésor ce qui contribue à soutenir l’économie - c’est une part majeure de l’économie. Et bien entendu cela ne concerne pas que les Etats-Unis. La Grande-Bretagne, la France et d’autres font de grands efforts pour obtenir les mêmes marchés et parfois ils y parviennent. Récemment Il y a eu un grand scandale de corruption en Grande-Bretagne ; ils avaient voulu graisser la patte à des fonctionnaires saoudiens pour une vente d’avions. Donc l’idée de base du système énergétique c’est qu’il devrait se trouver sous le contrôle de clients loyaux vis-à-vis des Etats-Unis ; et il leur est permis de s’enrichir, et y compris de devenir superriches, mais les pétrodollars doivent principalement revenir vers l’Occident, à commencer par les Etats-Unis, sous diverses formes. Voilà donc le deuxième objectif.

Un troisième objectif c’est l’accessibilité. Cela est beaucoup moins important, notamment parce que le système de distribution est de toute façon presque complètement aux mains des grandes entreprises pétrolières et une fois que le pétrole se trouve en haute mer, il peut aller partout. Donc l’accessibilité n’est pas un problème majeur. Les chercheurs des sciences politiques, pour se moquer de l’explication selon laquelle les Etats-Unis ont envahi l’Irak pour acquérir son pétrole, soulignent que les Etats-Unis pourraient obtenir le pétrole du Moyen Orient ailleurs ; ce ne peut donc pas être la raison de l’invasion. C’est vrai, mais c’est sans intérêt parce que les vrais raisons sont, et ont toujours été, d’abord le contrôle et deuxièmement le profit ; et en fait les projections de l’intelligence des Etats-Unis pour les années à venir ont indiqué que tandis que les Etats-Unis doivent contrôler l’énergie du Moyen Orient pour les raisons traditionnelles, ils doivent d’abord compter sur les ressources du Bassin atlantique, c’est-à-dire l’Afrique de l’ouest et le continent américain. Ils sont supposément plus sûrs et nous pouvons donc les utiliser, mais nous devons contrôler le pétrole du Moyen Orient parce qu’il s’agit d’un fabuleux moyen de contrôle stratégique.


Sameer Dossani : Les difficultés de l’occupation de l’Irak ont éloigné l’attention des autres parties du monde, dont l’Amérique latine. Récemment le président vénézuélien Hugo Chávez et d’autres, comme le président équatorien Rafael Correa, Evo Morales en Bolivie, ont commencé à parler d’accords d’échange régionaux, comme l’ALBA (Alliance bolivarienne des Amériques, acronyme qui signifie « aube » en espagnol). Et dans le cas du Venezuela, des enveloppes d’aides censées bénéficier les populations locales en opposition aux pratiques des entreprises multinationales. Les critiques affirment que ces politiques sont a) insoutenables, parce qu’elles dépendent de la richesse pétrolière vénézuélienne, et b) qu’elles servent les intérêts du gouvernement Chávez. Que dites-vous de ces critiques ?

Noam Chomsky : Tout d’abord ce sont des critiques assez étranges. Est-ce que les programmes des Etats-Unis sont soutenables ? Non, pas s’il y a une dépression ou même une récession. De plus, l’aide états-unienne est justement l’une des plus basses de toutes les sociétés avancées au prorata de la richesse ; on peut donc commencer par dire que la question n’existe pas vraiment, et cette aide peut de plus être retirée à tout moment, comme cela se produit d’ailleurs sans cesse.

Quant à la question de savoir s’il s’agit d’une aide intéressée, pourquoi croyez-vous que les autres pays offrent des aides ? Ils sont tout à fait sincères sur ce point. Parfois, des actions de pur altruisme peuvent être réalisées, peut-être par la Norvège ; mais de façon générale, l’aide est présentée comme favorable « à nos intérêts », non pas seulement de la part des Etats-Unis, mais également de la part de la Grande-Bretagne, de la part de la France, et d’autres. Cela relève de politiques stratégiques globales visant à étendre le contrôle autant que possible partout dans le monde. Donc, si c’est vrai que le Venezuela agit ainsi pour cette raison, cela revient à dire : « Eh bien, ils font comme nous ». Enfin, quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’une critique.

Quelles sont les raisons ? C’est complexe. Tout d’abord, il y a tout un arrière-plan. Pour la première fois depuis 500 ans, depuis la conquête espagnole de l’Amérique latine -tout particulièrement en Amérique du sud- la région s’oriente vers une sorte d’intégration. C’est une intégration duale. C’est dans une certaine mesure une intégration internationale c’est-à-dire que les pays sont de plus en plus intégrés les uns les autres. La structure traditionnelle en Amérique latine était que chaque pays était prioritairement tourné vers les centres de pouvoir occidentaux. Donc d’abord ce fut l’Espagne, et plus récemment les Etats-Unis, et les pays n’avaient pas de relations les uns avec les autres. C’est également vrai du réseau de transport. Ils sont conçus pour l’exportation des marchandises et pour l’importation de produits de luxe.

La différence avec la situation de l’Asie orientale est frappante. L’Asie orientale n’a guère de ressources ; l’Amérique latine dispose de beaucoup de ressources. On s’attendrait à ce qu’il y ait un développement rapide en Amérique latine, et non en Asie orientale, mais il n’en est pas ainsi. L’une des raisons c’est que l’Amérique latine a adhéré de façon très rigoureuse aux politiques néolibérales ces 25 dernières années, les politiques du FMI et de la Banque mondiale, lesquels sont globalement des instruments du département du Trésor des Etats-Unis. Ils se sont pliés aux règles et ils ont énormément souffert - la plupart de la population, veux-je dire. Les secteurs aisés s’en sont bien sortis. L’Asie orientale a tout simplement ignoré les règles et suivi les mêmes politiques que se sont appliqués les pays riches, y compris les Etats-Unis, pour parvenir à la richesse et à la puissance. En conséquence l’Asie orientale a rencontré la croissance, mais en plus de cela, si vous regardez par exemple les imports-exports, l’Amérique latine exporte des matériaux bruts, ce qui rapporte peu, et à importé des produits de luxe pour les riches. L’Asie orientale a importé des biens de capital et a avancé vers le progrès industriel et a fini par exporter des produits de haute technologie.


Sameer Dossani : Qu’entendez-vous par biens de capital [capital goods] ?

Noam Chomsky : Des machines outils, des choses que vous pouvez utiliser pour produire des biens, de l’électronique, des biotechnologies, etc. Je veux dire qu’il s’agit là des exportations qui rapportent beaucoup, à la différence du riz. Je veux dire, pour les Etats-Unis, le riz est tellement peut intéressant à exporter que l’agrobusiness doit obtenir près de 40% de ses profits à travers des subventions du gouvernement états-unien, versées depuis l’époque du gouvernement Reagan, dans le cadre de la politique qui visait à affaiblir les principes du marché - ils adorent la rhétorique sur le marché, mais ils détestent que le principe leur soit appliqué. Et les termes de l’échange tendent à favoriser les produits manufacturés, vous savez, il y a des variations, mais ils tendent à baisser pour les produits primaires par rapport aux biens à haute valeur ajoutée comme les exportations industrielles. Les économistes adorent parler de cette notion appelée « avantage comparatif » : vous devriez produire ce que vous êtes bons à produire - mais en fait les pays se développent en rejetant ce principe et en œuvrant à la modification de l’avantage comparatif.

Prenez le cas des Etats-Unis. Il y a 200 ans l’avantage comparatif des Etats-Unis c’était d’exporter du poisson et des fourrures, et peut-être du coton, grâce à l’esclavage. Si les Etats-Unis avaient suivi les principes qui sont aujourd’hui imposés aux pays pauvres, nous serions un pauvre pays à peine peuplé, qui exporterait des matières premières. Cependant les Etats-Unis ont violé toutes ces lois - les lois des économistes et les principes néolibéraux. Les Etats-Unis ont imposé des tarifs douaniers très élevés sur les produits importés de Grande-Bretagne, les textiles pour commencer, plus tard sur l’acier et d’autres produits ; c’était les tarifs douaniers les plus élevés du monde, le plus fort protectionnisme du monde du XIXème siècle. En conséquence les Etats-Unis ont pu modifier leur avantage comparatif, le faisant passer des matières premières aux produits manufacturés, puis finalement aux produits de haute technologie ; et cette logique est à l’œuvre jusqu’à nos jours. Seuls les pays pauvres sont censés suivre les principes dictés par les économistes. Aux Etats-Unis il y a un secteur d’économie d’Etat, et c’est le principal mécanisme qui a permis les avancées dans la production de haute technologie. C’est de là que proviennent les ordinateurs, Internet, les lasers, les containers pour le commerce ; l’aviation civile est en gros une extension de l’industrie militaire. Actuellement ils avancent vers l’ingénierie génétique, les biotechnologies, les pharmaceutiques, etc. La recherche et le développement -c’est-à-dire les risques, et les principaux coûts dans le développement- ces coûts sont portés par les citoyens parce que ce sont les financements du secteur d’Etat et ils se développent dans le secteur d’Etat. Lorsque vient le moment de réaliser des profits on donne le relais aux entreprises privées ; voilà le schéma de base du fonctionnement de l’économie des pays avancés.

C’est l’une des raisons qui font que les Etats-Unis ne peuvent pas intégrer un Accord de libre-échange - tout simplement ils n’acceptent pas les systèmes du marché à l’intérieur. Pour en revenir à l’Asie orientale et à l’Amérique latine. L’Amérique latine a suivi les règles et s’est appauvrie ; l’Asie orientale a ignoré les règles et a pu avoir croissance et développement un peu sur le modèle des pays riches. Donc l’une des formes de l’intégration en Amérique latine est l’intégration des sociétés les unes avec les autres, bien que l’alternative soit porteuse d’objectifs plus ambitieux, mais il y en a d’autres. Et le deuxième volet de l’intégration c’est l’intégration interne. L’Amérique latine enfin commence à faire quelque chose, modestement, sur la question de la fracture sociale, laquelle est extrême. Chacune de ces sociétés est caractérisée par une petite élite très riche et une énorme masse de personnes pauvres. Il y a de plus une corrélation assez forte avec la race. Les élites riches tendent à être blanches, la partie européanisée de la société ; la masse des personnes pauvres sont plutôt des métisses, des Indiens et des noirs. Ce n’est pas une corrélation absolue, mais cela est très perceptible. Et on s’occupe enfin de cela, dans une grande mesure comme conséquence de la pression des mouvements populaires qui sont très puissants en Amérique latine actuellement, beaucoup plus que partout ailleurs.

C’est dans ce contexte qu’apparaît le phénomène vénézuélien. Le Venezuela utilise actuellement, avec Chávez, son pétrole pour renforcer ce processus - aussi bien l’intégration internationale que l’intégration interne. Il a aidé certains pays à se libérer de l’emprise des Etats-Unis, emprise qui s’exerçait sous la menace de la violence -laquelle a été réduite- et en partie par le contrôle économique. Voilà pourquoi les pays, les uns après les autres, éjectent le FMI, restructurent leur dette, voire refusent de la payer, parfois avec le soutien ouvert du Venezuela. En Argentine particulièrement le Venezuela a acheté un tiers de la dette et cela a permis à l’Argentine de « se libérer du FMI », comme l’a dit le président Nestor Kirchner. L’intégration internationale progresse également avec d’autres pays que le Venezuela. On ne parle pas de cela ici, parce que c’est en quelque sorte la nouvelle qui ne convient pas, mais il se passe énormément de choses. Ainsi début décembre 2006 par exemple, il y a eu une rencontre de tous les dirigeants de l’Amérique du sud à Cochabamba, en Bolivie -au cœur du territoire de Morales, territoire indien-, et ils ont émis des propositions, ils avaient des idées concrètes et des suggestions qui pourraient mener à une sorte de structure comparable à l’Union européenne.

La version la plus extrême, la version la plus avancée c’est l’ALBA, dont vous parlez, l’initiative vénézuélienne, mais il y en a d’autres. Le MERCOSUR, qui est une alliance commerciale régionale, encore tâtonnante, mais qui au moins existe. Il y a de grandes entraves à l’intégration, ce n’est pas simple de démanteler 500 ans d’histoire, internationalement ou régionalement, mais on fait des pas dans cette direction, et le Venezuela joue un rôle significatif. Aux Etats-Unis sur ces questions il y a comme une nouvelle ligne de parti, qui est la suivante : d’accord, nous admettons que le continent vire à gauche, mais il y a une bonne gauche et une mauvaise gauche, et nous devons faire la distinction entre les deux. La mauvaise gauche c’est Chávez, of course, Morales et probablement Correa, mais ce n’est pas encore tout à fait sûr, et Kirchner aussi appartient aux mauvais. La bonne gauche c’est Lula au Brésil, García au Pérou. Pour le cas Bachelet au Chili ils ne savent pas trop, etc.

De façon à maintenir cette ligne de propagande, il faut éliminer un nombre important de faits, par exemple la Conférence de Cochabamba, dont je vous parlais, ou bien le fait que lorsque Lula a été réélu, en octobre 2006, son premier geste a été de se rendre à Caracas pour soutenir Chávez dans sa campagne électorale, pour lancer un projet brésilo-vénézuélien de construction d’un pont sur l’Orénoque et pour discuter d’autres projets. Eh bien, tout cela ne cadre pas trop avec le schéma qu’on veut nous présenter, et donc, autant que je puisse m’en souvenir, la presse états-unienne n’en a pas du tout parlé -je n’ai pas tout vérifié, mais je n’ai pas pu le trouver dans la presse états-unienne-, et il y a beaucoup d’autres choses comme ça. Je veux dire, toute propagande comporte toujours quelque part de vérité, mais les choses sont beaucoup plus complexes. Il existe une véritable volonté d’intégration et une véritable pression populaire pour l’intégration interne, ce qui est très important. Souvenons-nous qu’il s’agit de corriger une structure vieille de 500 ans, et parmi d’autres choses cela affaiblit les dispositifs dont disposait Washington pour contrôler l’Amérique du sud. Donc les gouvernements que les Etats-Unis soutiennent aujourd’hui, y compris Lula, ce sont les gouvernements qu’ils auraient renversés il y a quelques années.



Sameer Dossani : En Amérique latine, le Venezuela ne représente qu’une partie du mécontentement général qui éloigne les gouvernements du FMI. Mais ailleurs dans le monde, notamment en Afrique, le FMI et ses diktats néolibéraux sont toujours aussi forts, et le résultat prévisible c’est que la grande pauvreté règne encore. D’autres pays -l’Inde par exemple- échappent à cette pression mais poursuivent encore des politiques économiques néolibérales. Quels espoirs voyez-vous pour les citoyens et les mouvements dans ces pays ? Y a-t-il des leçons que l’on puisse tirer du cas de l’Amérique latine ? Comment pouvons-nous aux Etats-Unis soutenir ces luttes pour la justice économique en ces pays ?

Noam Chomsky : Beaucoup dépend de ce que nous faisons. Après tout les Etats-Unis sont le pays le plus puissant de la planète et le pays le plus riche du monde et c’est un pays qui a une influence énorme. Ce n’est pas un hasard si ces politiques, dont vous parlez, sont appelées le Consensus de Washington, c’est l’endroit d’où elles émanent.

L’Afrique sub-saharienne et l’Amérique latine sont les deux régions du monde qui ont suivi le plus rigoureusement les principes néolibéraux, les principes orthodoxes du Consensus de Washington, et ce sont les deux endroits du monde où la souffrance a été la plus forte. Et vous avez raison, en Afrique sub-saharienne ça continue. Ils n’ont tout simplement pas les ressources, les capacités ; les pays sont détruits en conséquence de l’histoire de conquêtes et de dévastations impériales. Et ils ne sont pas encore parvenus à s’unir. Leurs espoirs de renaissance après la fin du colonialisme formel ont été anéantis par l’interventionnisme occidental. Ainsi par exemple, l’assassinat de Patrice Lumumba au Congo -le plus riche et potentiellement le plus puissant pays de la région- et l’installation au pouvoir du meurtrier Mobutu [Sese Seko] peu après, je veux parler de ces successions de catastrophes qui dévastent encore la région ; et il n’y a de signes de résolution.

Les Français dans leurs régions d’Afrique ont fait la même chose. Gangsters après gangsters, les Français ont soutenu le terrorisme d’Etat et ils ont fait toutes sortes de choses. La même chose pour les Britanniques, dans leurs régions. Donc beaucoup de pays africains ont un terrible héritage à dépasser, et c’est très difficile, et ils n’obtiennent guère de soutien de l’extérieur. Mais nous devons faire ce que nous pouvons pour soutenir les luttes de libération nationale dans ces pays.

Il est trop complexe ici de rentrer dans les détails de l’histoire, mais souvenons-nous de tout ce qui s’est passé. Par exemple lorsque l’empire portugais s’est effondré, au milieu des années 1970, les anciennes colonies portugaises avaient une opportunité ; l’Angola, le Mozambique, et d’autres anciennes colonies portugaises, auraient pu s’orienter vers le développement indépendant. Mais l’Afrique du sud, avec le soutien des Etats-Unis, ne l’a pas permis - c’était l’Afrique du sud de l’apartheid. Ainsi en Angola, des troupes sud-africaines soutenues par les Etats-Unis ont tout simplement envahi le pays pour essayer de renverser le gouvernement élu, toujours avec le soutien des Etats-Unis, ont soutenu des mouvements terroristes, le mouvement de Savimbi, pour essayer d’affaiblir le gouvernement, et ils y seraient parvenus sans le soutien des forces envoyées par Cuba pour soutenir le gouvernement.

Cela a déclenché un mouvement d’hystérie aux Etats-Unis. L’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU Daniel Moynihan disait : « les Russes essaient de couper notre ligne de survie, nos sources de substitution au pétrole du Moyen Orient ». Henry Kissinger partait à l’assaut, etc. Et tout cela était perçu, ou pour le moins présenté, comme une opération soviétique. En fait nous savons maintenant, grâce à un excellent travail universitaire, qu’il s’agissait d’une initiative cubaine ; c’est notamment Piero Gleijeses à la Johns Hopkins qui a consulté les archives et produit un travail universitaire de qualité. Ce qui s’est passé c’est que Cuba est entré en scène de sa propre initiative et de façon complètement désintéressée ; ils n’ont jamais reçu la moindre reconnaissance pour ce qu’ils ont fait, tout cela est encore très peu connu, mais le fait est que les Cubains ont repoussé l’offensive sud-africaine.
Et ils n’ont pas seulement évité la reconquête de l’Angola ; il y avait aussi une dimension symbolique extraordinaire. Ces troupes cubaines étaient noires, et cela a d’une certaine façon brisé la mythologie de la conquête blanche ; c’était la première fois que des soldats noirs l’emportaient sur des armées blanches, les Sud-Africains soutenus par les Etats-Unis. Et cela a eu une grande importance, cela a eu beaucoup de conséquences dans toute l’Afrique. Pour les blancs sud-africains c’était le signe que leur conquête n’allait pas être éternelle. Et aux noirs d’Afrique du sud et des autres pays de la région, cela a montré qu’il n’y a aucune raison de se soumettre au pouvoir blanc.

Cette cassure des bases de la mythologie de la puissance blanche est très importante, et pas seulement dans ce cas-là. La même chose est vraie dans de nombreux autres cas, l’esclavage, le mouvement des femmes, toutes sortes de choses. Rien que briser l’idée selon laquelle vous devez vous soumettre à un pouvoir surpuissant... lorsque cette idée est brisée, beaucoup de choses sont rompues en même temps. Cela a donc représenté un pas important vers la libération de l’Afrique et Cuba mérite une grande reconnaissance pour cela. Eux-mêmes n’ont jamais cherché à en obtenir de reconnaissances parce qu’ils souhaitaient que les reconnaissances soient créditées aux pays africains eux-mêmes. Ce n’est que maintenant que l’on commence à prendre connaissance de cela, et c’est encore limité à certains cercles universitaires, parce que vous n’avez pas de reportage de première page dans le New York Times sur des thèmes de ce genre. Ensuite l’Angola est tombé dans une sorte de catastrophe, principalement en raison des déprédations commises par les terroristes soutenus par les Etats-Unis, des choses horribles, et maintenant c’est une histoire d’horreur. Des choses similaires se produisaient ailleurs. La Commission des Nations Unies sur l’Afrique estimait que rien que dans les anciennes colonies portugaises -le Mozambique et l’Angola- à peu près un million et demi de personnes ont été tuées en raison de l’agression commise par l’Afrique du sud soutenue par les Etats-Unis pendant les années Reagan. C’est tout de même une catastrophe assez sérieuse. Ils ont aussi estimé les dommages à 60 milliards de dollars. Et les Français en Algérie et dans leurs régions avaient fait à peu près la même chose. C’est une histoire horrible, terrible, et l’Afrique sub-saharienne doit parcourir encore un long chemin pour s’arracher à ces siècles de destructions qui continuent encore.

L’Inde c’est une histoire plus complexe. Elle est indépendante depuis 1947. Avant la conquête britannique du XVIIIème siècle, l’Inde et la Chine étaient les centres commerciaux et industriels du monde. La conquête britannique a transformé l’Inde en une société paysanne pauvre. Les Britanniques ont bien construit des routes et des infrastructures, mais tout cela était principalement à l’avantage des envahisseurs, pour l’exportation des marchandises, etc. Il y a eu de terribles famines - Mike Davis a écrit un très beau livre sur les famines de l’ère victorienne, de terribles famines qui auraient pu être évitées, à partir de l’arrivée des Britanniques jusqu’à la fin des années 1940. Depuis l’indépendance de l’Inde, ils ont renoué avec la croissance et il n’y a plus eu de famine. C’est devenu une société à peu près gouvernable qui a commencé à se développer. Durant les années 1980, il y a eu une augmentation significative du taux de croissance. Durant les années 1990, ils ont appliqué les soi-disant réformes néolibérales de leur propre initiative, je veux dire que cela ne s’est pas fait sous le contrôle du FMI, comme vous le disiez, et depuis lors il y a eu des changements.

En Occident on leur adresse beaucoup d’éloges -vous savez les louanges sur la nouvelle Inde dans le genre Thomas Friedman- et en effet la croissance a augmenté, et un secteur de la société a notablement amélioré sa situation, est sorti de la pauvreté. Mais souvenons-nous qu’il s’agit d’un secteur de la société ; la grande majorité de la société est fortement appauvrie, peut-être même affecté par les politiques néolibérales, les mêmes politiques qui sont à l’origine des merveilleux laboratoires de Hyderabad et Bangalore -et qui sont effectivement merveilleux, je les ai vus, ils sont identiques au MIT. Il y a bien une augmentation de la richesse dans ce secteur de la société, mais ces mêmes politiques affaiblissent la grande majorité de la population paysanne. Parallèlement le gouvernement a retiré tout soutien à l’agriculture, le crédit à taux faible, l’irrigation, l’aide rurale, les programmes d’assistance, etc. ; et ils ont aussi d’une certaine façon fait pression sur les paysans pauvres pour qu’ils passent des produits de subsistances aux produits d’exportation - c’est le conseil que les économistes donnent généralement.

Le Mexique par exemple dans le cadre de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) était censé passer de la production de riz et de maïs pour la population à la production, disons, de fleurs pour l’exportation aux Etats-Unis, avec « davantage de valeur ajoutée ». Dans un séminaire, quelque part, cela peut sembler très bien, mais dans le monde réel il se trouve que cela ne marche pas pour des raisons très simples. Les prix des produits tendent à varier énormément, et$ s’il y a une catastrophe naturelle, un ouragan par exemple, et vous produisez des fleurs, elles seront détruites pour cette année - comme les citriques ont été détruits en Californie cette année en raison du froid. Bien, si vous êtes dans l’agrobusiness, vous pouvez gérer la situation. La disparition des citriques en Californie peut faire monter le prix des oranges aux Etats-Unis, mais l’agrobusiness survivra parfaitement bien à cette situation. Cependant les agriculteurs pauvres ne peuvent pas ; je veux dire, un fermier pauvre ne peut pas dire à ses enfants : « Ne vous cassez pas la tête à manger cette année parce que les prix du coton ont chuté ou parce qu’une tempête a détruit nos fleurs et peut-être que tu pourras manger l’an prochain » ; vous ne pouvez pas faire cela. Donc ce que vous devez faire c’est essayer d’obtenir des crédits. Comme le gouvernement a retiré son soutien à la majorité de la population, vous allez voir les usuriers, qui vous prennent de hauts taux d’intérêt, que vous n’allez pas pouvoir payer ; et au bout du compte vous devez vendre votre petit lopin de terre. Assez vite vous êtes incapable de soutenir votre famille et vous vous suicidez.

Et en effet le taux de suicide paysan a augmenté en Inde presque aussi vite que les louanges de Thomas Friedman pour les merveilles de cette économie. La consommation de grain per capita en Inde a baissé, la moyenne a baissé considérablement, depuis le lancement des réformes. La productivité manufacturière a augmenté ; les salaires manufacturiers ont baissé. Au début des soi-disant réformes, l’Inde se trouvait à peu près au 124ème rang dans le classement de l’Indice de développement humain des Nations Unies, indice qui mesure la mortalité infantile et ce genre de choses. Depuis le début des réformes, il s’est dégradé - la dernière fois que j’ai regardé l’Inde se trouvait au 127ème rang, ce qui n’est certainement pas un progrès.

Enfin, ce ne sont que des données partielles, je ne peux pas continuer, mais ce sont là les différents aspects du développement indien. Pour certains ç’a été très bien, pour d’autres ç’a signifié, dans le meilleur des cas, la stagnation, et dans le pire des cas un désastre. Et souvenons-nous par ailleurs que pour d’immenses secteurs de l’Inde, les femmes par exemple, la vie est assez semblable à la vie sous les talibans. Des études sérieuses concernant par exemple l’Etat d’Uttar Pradesh, qui compte peut-être 160 millions d’habitants, ont découvert qu’ils ont la plus faible proportion au monde du rapport femmes/hommes. Et ce n’est pas en raison de l’assassinat des petites filles, c’est dû à la manière dont la femme est traitée, ce qui ferait passer les talibans pour des gens très décents. Ce sont là d’immenses régions, et ils ne s’en sortent pas mieux, pour beaucoup la situation a empiré. La même chose se passe en Chine, c’est plus difficile à dire pour la Chine, c’est une société fermée, je ne connais pas les détails, mais la situation est probablement assez semblable. L’Inde est une société plus ouverte, il y a donc plus de données disponibles.

Pour en revenir au Mexique et la production du maïs et des haricots, je veux dire, ce qui se passe là-bas. Pourquoi il y a-t-il une forte augmentation de l’immigration illégale en provenance du Mexique ces dernières années ? C’est l’un des résultats prévisibles de l’ALENA : si vous inondez -et le pire ne s’est pas encore produit, ce n’est qu’un début-, si vous inondez le Mexique avec des produits provenant de l’agrobusiness états-unien, fortement subventionnés -c’est comme cela qu’ils obtiennent des profits-, les agriculteurs mexicains ne peuvent pas participer à la compétition. Puis arrive la théorie des économistes, vous savez, « cessez de produire du riz et du maïs et produisez des fleurs et d’autres produits d’exportation », et il se produit ce dont je vous parlais, et les gens ne peuvent pas survivre. Il y a donc un déplacement de la population de la campagne vers les villes où il n’y a pas de travail parce que l’entreprise mexicaine ne peut pas concurrencer les multinationales états-uniennes qui bénéficient d’énormes avantages sous le faux nom des accords d’échange. Et effectivement il y a un déplacement de population à travers la frontière. Le prix de la tortilla, vous savez l’aliment de base pour les pauvres, est monté à perte de vue - les gens ne peuvent plus l’acheter. Si vous faites pousser votre propre alimentation, vous pouvez vous en sortir, où s’il y a une agriculture de subsistance, bon, vous pouvez plus ou moins gérer, mais pas lorsque vous abandonnez.

Une fois de plus, la situation a profité à une partie de la population, le nombre des millionnaires a augmenté, tout comme en Inde. L’Inde est aujourd’hui très bien classée internationalement pour le nombre de millionnaires, mais également pour le nombre de suicides, ainsi que pour la malnutrition sévère, etc. Ces pays, qui sont plutôt des pays riches, d’une certaine façon s’en sortent plus mal que les pays les plus pauvres. Le PIB per capita en Inde est inférieur à celui de la Bolivie. Il n’y a pas de quoi se réjouir, la Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique du sud. Ce sont là plusieurs côtés des mêmes politiques.

Souvenons-nous que le lancement de l’ALENA, en 1994, a signifié une nouvelle politique. En 1994 Clinton a militarisé la frontière - ce fut l’Opération Gatekeeper. Antérieurement il y avait une frontière plutôt ouverte. La frontière bien sûr a été établie par la conquête, comme la plupart des frontières. Et il y avait des gens semblables des deux côtés, des gens traversaient la frontière pour visiter leurs amis ou leurs proches et ce genre de choses. Donc la frontière est militarisée depuis 1994. Bien, c’est peut-être une coïncidence, mais plus probablement je pense que c’est parce que le gouvernement Clinton avait compris que les prévisions joyeuses concernant l’ALENA étaient purement propagandistiques et que ce qui était plus probable c’est que certains effets sur le Mexique allaient provoquer un déplacement substantiel de population, une immigration ; laquelle allait s’ajouter aux gens qui fuyaient l’Amérique centrale ravagée par les guerres terroristes de Reagan dans cette région. Et en effet maintenant vous avez ce qu’ils appellent une crise de l’immigration. Ces faits sont liés, vous ne pouvez pas les prendre de façon isolée.


-  Source : Counterpunch
www.counterpunch.org/dossani03092007.html

-  Titre original : « War, neoliberalism and Empire in the 21st Century »

-  Traduction : Numancia Martínez Poggi (vendredi 6 avril 2007)




L’empire de la consommation, par Eduardo Galeano.

http://www.legrandsoir.info/article.php … ticle=4800

Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme
, interview de Noam Chomsky, par Geov Parrish + seize articles de Noam Chomsky.

http://www.legrandsoir.info/article.php … ticle=3167


MEDIAS-MENSONGES-DESINFORMATION


in girum imus nocte et consumimur igni

Hors ligne

 

#50 09-04-2007 17:44:50

ragondin
Membre de Soutien
Date d'inscription: 29-03-2007
Messages: 7349

Re: Le PETROLE

Un retour en arrière de quelques années

http://www.jereagis.com/index_2005.htm

25 février 2005. quelque 1 161 morts resteront sans identité
L'institut médico-légal de New York a renoncé à poursuivre les efforts d'identification de 1.161 personnes tuées dans les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, selon le "New York Daily News" de mercredi. Cela représente près de la moitié des 2 749 victimes tombées sur ce site.
"Nous avons fini les identifications", déclare au journal Robert Shaler, chef du service de biologie légale à l'institut. Ses services ont identifié près de 1 600 victimes depuis le 11 Septembre mais les progrès étaient minimes depuis septembre dernier: seulement onze personnes identifiées.
La ville se retrouve avec environ 10 000 morceaux d'os et de tissus humains ne correspondant pas à la liste des personnes décédées. L'institut médico-légal se mettra en contact avec les familles de toutes les familles qui ont demandé à être informées de la fin des recherches.


« La stratégie militaire doit désormais être pensée en fonction de la couverture télévisuelle [car] si l’opinion publique est avec vous, rien ne peut vous résister ; sans elle, le pouvoir est impuissant. »
M. Michael K. Deaver

Hors ligne

 

#51 11-04-2007 19:03:56

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Un article du 22 Mars sur les méandres obscurs du comptage du pétrole Irakien :
http://www.corpwatch.org/article.php?id=14427

Mystère des compteurs manquants :
Où passe le Revenu Pétrolier de l'Irak


by Pratap Chatterjee, Special to CorpWatch
March 22nd, 2007

http://img120.imageshack.us/img120/2660/319oilmeteringnm6.jpg

La ligne de bateaux au Terminal Pétrolier d'Al Basra (ABOT) tend vers le sud jusqu'à l'horizon, attendant patiemment dans la chaleur aiguë du golfe Arabique du Nord tandis que quatre supernavires-citernes géants chargent. Non loin d'ici, deux autres navires-citernes se remplissent au Terminal Pétrolier de Khawr Al Amaya, plus petit (KAAOT). La garde des deux terminaux est effectuée par des douzaines de troupes Navales américaines lourdement armées et des Fusiliers marins irakiens qui vivent sur les plates-formes. Ces deux terminaux offshores(en mer), un labyrinthe de pipelines et des passages pour piétons métalliques précaires, livrent environ 1.6 millions de barils de pétrole brut, au moins 85 pour cent de la production de l'Irak, aux acheteurs du monde entier. Si les gisements de pétrole du sud sont le coeur de l'économie de l'Irak, ses artères principales sont trois pipelines de 40pouce - et plus qui relient environ sur 52 milles les puits de l'Irak aux ports.


Les soldats Lourdement armés passent leurs jours aux terminaux pétroliers parcourant l'horizon cherchant des auteurs d'attentat-suicide et des pêcheurs perdus de dhows (des bateaux). En attendant, directement sous leurs nez, des contrebandiers sont soupçonnés de détourner des milliards de dollars en brut sur des navires-citernes parce que le système de mesurage de pétrole que l'on suppose controler combien de flux de brut sort d'ABOT et de KAAOT - ne fonctionne plus depuis mars 2003, date de l'invasion des Etats-Unis en l'Irak.

Les officiels attribuent le retard de quatre ans pour la réparation du système relativement simple à "des problèmes de sécurité." D'autres pointent l'incapacité de deux sociétés américaines mandatées pour réparer les gisements de pétrole du sud, les deux terminaux et les compteurs: Halliburton de Houston, du Texas et Parsons of Pasadena, de Californie.

L'Inspecteur Spécial Général pour la Reconstruction de l'Irak (SIGIR) a prévu de publier un rapport ce printemps dans lequel on s'attend à des critiques sur l'échec des sociétés à achever le travail.

Des rumeurs courent parmi des Irakiens soupçonneux sur l'échec de mesurer le flux pétrolier. "L'Irak est la victime du plus grand vol de sa production de pétrole dans l'histoire moderne," a flambé un titre de mars 2006 dans Azzaman,  le journal le plus largement lu de l'Irak. Une étude de mai 2006 de production de pétrole et des chiffres d'exportation par les Oilgram News de Platt, un magazine d'industrie, a montré que jusque 3 milliards de $ ne sont pas comptabilisés sur une année.

"Le pétrole irakien est régulièrement passé en contrebande hord du pays de beaucoup de façons différentes," a dit un marchand pétrolier à Amman au magazine la Nation (Etats-Unis) le mois dernier. " L'émir Al-Hakim [le chef du Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Irak] passe tout son temps dans Basra à la vente de pétrole comme si c'était le sien. Les gens l'appellent Uday Al-Hakim, signifiant il se comporte de la même facon qu'Uday Saddam Hussein . D'autres marchands comme moi doivent travailler avec lui pour les grandes affaires ou faire la contrebande de petites quantités. Le pétrole est maintenant divisé entre des partis politiques au pouvoir. "


Halliburton & Parsons
Des entrepreneurs américains ont joué un rôle clef dans la réparation et l'amélioration de l'infrastructure pétrolière de l'Irak et ont attendu que l'industrie paye pour la reconstruction. En janvier 2004, sous le projet Restore Iraqi Oil II (le RIO II), l'administration Bush a passé contrat avec Halliburton pour réparer les gisements de pétrole en l'Irak du sud et avec Parsons of Pasadena pour traiter les domaines du nord. On a supposé que les deux sociétés ont été surveillées par encore un autre entrepreneur, Foster Wheeler basé à jersey. (Le premier contrat RIO était l'infâme, secret, sans offre publié, attribué à Halliburton avant l'invasion de l'Irak. Bien que le RIO II ait été ouvert à la compétition , Sheryl Tappan, un ancien salarié de Bechtel a écrit un livre critiquant la sentence comme injuste.)

Halliburton et Parsons ont de longues histoires en Irak, couvrant plus de 40 ans. Brown & Root, qui fait maintenant partie de Halliburton, a commencé le travail en Irak en 1961, tandis que Parsons a commencé dans le secteur pétrolier de l'Irak dans les années 1950. Foster Wheeler remonte son travail en Irak aux années 1930.
Ces sociétés ont beaucoup d'expérience sur les terminaux où le marché noir prospère maintenant . En effet, Halliburton a construit le terminal ABOT, alors connu comme Mina Al-Bakr, au debut de 1970s. Après qu'il ait été endommagé pendant la guerre d'Iran-Irak dans les années 1980, Halliburton a réparé le terminal, avant qu'il ne soit bombardé de nouveau pendant la Guerre du Golfe Persique en 1991.

Le terminal pétrolier Al-Amaya Khor a aussi vu un cycle semblable de destruction et de reconstruction. Construit avec l'aide d'Halliburton en 1973, il a été lourdement endommagé par des commandos iraniens pendant la guerre d'Iran-Irak, et de nouveau pendant l'Operation Desert Storm en 1991 et le plus récemment en mai 2006 par un feu majeur qui a détruit 70 pour cent de ses équipements. Pendant les sanctions, Ingersoll Dresser Pump Company, une filiale Halliburton, avait un contrat secret pour vendre des pièces de rechange à l'Irak, des compresseurs et l'équipement de lutte anti-incendie pour la rénovation.
(Halliburton a aussi une longue histoire près du port turc de Ceyhan, d'où l'Irak vend un pétrole produite à Kirkuk en Irak du nord. Halliburton s'occupe de la base militaire U.S. voisine d'Incirlik, qui était la base d'organisation pour l'Operation Northern Watch qui a fourni la protection aérienne pour les Kurdes pendant les années 1990.)

La mesure du Pétrole
Avec des milliards de dollars dépensés et la vaste expérience de l'infrastructure pétrolière et des ports irakiens, Haliburton et Parsons semblent incapables de résoudre le problème ordinaire des compteurs cassés aux terminaux d'Irak du Sud. Les sortes de compteurs que l'on a supposés être réparés ou remplacés à ABOT sont généralement présents sur des centaines de sites semblables dans le monde entier. Parce qu'ils sont faits sur mesure, expédiés, assemblés ensuite et calibrés sur le site, le processus peut prendre une année. Mais le probleme persiste depuis quatre ans.

Après l'invasion de 2003, les compteurs semblent avoir été éteints et il n'y a depuis eu aucune évaluation fiable de combien de brut a été expédié des gisements de pétrole du sud. (Les gisements de pétrole du nord dans Kirkuk, fournissent la raffinerie Beiji en Irak et exportent le brut au port turc d'Adana, ont un mesurage fiable, mais peu de pétrole à mesurer puisque des attaques insurgées arrêtent en grande partie le service.)

Le Lieutenant Aaron Bergman, l'officier Naval américain responsable de l'Escadron de Sécurité Mobile 7 à ABOT, dit que les autorités d'exportation ont "guesstimated" combien de pétrole est vendu, avec une formule "en arrière de l'enveloppe" : Chaque centimètre qu'un navire-citerne s'enfonce dans l'eau égale 6,000 de barils de pétrole. "Donc vous pouvez imaginer," a-t-il dit au début du mois à Stars & Stripes, un journal servant l'armée des Etats-Unis, que les chiffres pourraient être faux, "deux ou trois pouces pourraient égaler 180,000 barils de carburant."

"Je dirais probablement entre 200,000 et 500,000 barils sont probablement non-comptabilisés sur un jour en Irak," dit Mikel Morris, qui a travaillé pour l'Organisation de Gestion de Reconstruction de l'Irak (IRMO) à l'ambassade américaine à Bagdad, a reporté KTVT, une station de télévision du Texas.
   
Ni les officiels américains ni les entrepreneurs n'ont fourni de bonnes raisons pourquoi, apres quatre ans d'occupation des EU, les compteurs n'ont pas été calibrés, réparés, ou remplacés. Une excuse est que le travail de calibrage exige des dispositifs spéciaux pour évaluer les compteurs actuels et les questions de sécurité font que l'importation de ceux-ci serait problématique. Cela et d'autres explications concernant la sécurité tombent en miettes étant donné que les terminaux pétroliers sont 24/24h sous la haute garde chargé de la sécurité, sont à plus de 50 milles offshore(en mer) et sont accessibles seulement par hélicoptère ou bateau.


Montée en flèche des Dépenses

Le projet RIO II , qui inclut le travail de réparation des compteurs, a été beaucoup critiqué, bien que des détails spécifiques soient rares.
Par exemple, l'administration Bush à donné à Halliburton sur RIO II des commandes en janvier 2004 et a donné des ordres de tâche détaillés en juin. Mais malgré que le travail n'ai pas débuté avant novembre 2004, la société a facturé des millions de dollars pour les ingénieurs qui sont restés inoccupés. La facture d'Halliburton de 296 millions de $ a été sur-estimée à au moins 55 pour cent . (Dans une évaluation plus tard ce mois, SIGIR peut prévoir des frais généraux encore plus hauts.)

Une joint-venture de Parsons(avec Worley de l'Australie), a aussi publié un contrat en janvier 2004, recu des ordres de tâche détaillés en juin et commencé le travail en juillet 2004. Il a aussi été accusé de facturer de hauts frais généraux tandis qu'inoccupé, bien que pas autant que Halliburton. Le SIGIR évalue les surcoûts aériens(des frais généraux) à 43 pour cent.

De plus, dans une série de rapports internes caustiques découverts par le membre du Congrès Henry Waxman, les surveillants de Foster Wheeler ont critiqué les factures d'Halliburton. Le U.S. Army Corps of Engineers a publié un avis "de remède" le 29 janvier 2005, ordonnant à Halliburton pour faire un meilleur travail. Après qu'Halliburton ait vraiment amélioré ses contrôles des dépenses, les militaires se sont tournés vers le travail pétrolier du sud de Parsons au milieu de 2005.
Quand Parsons  a repris les contrats, deux ans après l'invasion, il a embauché un sous-traitant saoudien, Alaa for Industry, pour aider à réparer ou remplacer les compteurs.

Les compteurs de turbine ont été expédiés au Koweït pour des réparations, mais ne semblent pas avoir été réparé de façon opportune, bien que certains aient été réparés et re-installés plus tôt cette année. Des sources officieuses suggèrent que la bureaucratie koweïtienne a retardé le travail de réparation : "la raison réelle de l'entrave pour le travail à l'ABOT est que le Koweït a un intéret dans la minimisation d'exportations pétrolières irakiennes," a rapporté une source anonyme qui a travaillé sur le projet, a dit CorpWatch. Sa revendication ne pouvait pas être vérifiée.
À la mi-septembre 2006, le ministère de pétrole irakien a brusquement annoncé qu'il laisserait tomber le comptage du pétrole , rendant l'avenir du contrôle encore moins certain.

-------
Bon, j'arrete là , les petits curieux peuvent continuer la lecture en anglais.
Il parait que les Americains voulaient apporter la démocratie en Irak, ils ont plutot apporté la corruption, l'escroquerie et le vol des Irakiens.

On croyait avoir tout vu, mais non...

Dernière modification par vigilant (13-04-2007 12:30:21)


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#52 11-04-2007 19:25:10

franck33
Invité

Re: Le PETROLE

vigilant a écrit:

Il parait que les Americains voulaient apporter la démocratie en Irak, ils ont plutot apporté la corruption, l'escroquerie et le vol des Irakiens.

Completement oui!!

J'ai pas lu l'article en entier car ca me degoute, quand je pense a tout ces gens, ces enfants qui sont morts, tout ceux qui souffrent dans leurs corps dans leurs tete. Les journalistes devraient se réveiller rapidement!
Ces gens là sont pire que saddam, sauf que lui a payé!
Ils tuent pour voler ces escrocs!!!

 

#53 11-04-2007 19:39:27

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Je ne connais pas ce film, mais ca represente bien mon article :

http://img443.imageshack.us/img443/9396/b000hwxot001sclzzzzzzzagi4.jpg

La page de commentaires parle d'elle même.
http://www.amazon.com/gp/product/custom … &s=dvd

Nb:  Sword l'a vu :
http://www.reopen911.info/forums/viewto … ?pid=39690

Dernière modification par vigilant (11-04-2007 19:44:44)


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#54 11-04-2007 20:05:57

poip
Membre du forum
Lieu: Québec
Date d'inscription: 05-08-2006
Messages: 2715

Re: Le PETROLE

Renversant comme information!

Il y a des documentaires très intéressant sur "L'histoire secrète du pétrole" ici -> http://tv.boutick.com/videos.php?id=vid60

Dernière modification par poip (11-04-2007 22:14:55)


------Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme.------

Hors ligne

 

#55 12-04-2007 14:40:21

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Le petrole Africain suscite pas mal de convoitise. Un etat des lieux sur :
http://perso.orange.fr/unmondedebrut/Pe … _GLOB.html

AFRIQUE ET PETROLE

Avec environ 8 millions de barils par jour (b/j),
l’Afrique joue désormais un rôle de premier plan sur le marché mondial des hydrocarbures :
la production des dix principaux États équivalant à 11% de la production planétaire.

Cinq états tirent des ressources substantielles des hydrocarbures :
Au nord du Sahara, les principaux producteurs sont l'Algérie, la Libye et l’Égypte.
Dans la zone subsaharienne, c’est essentiellement dans le delta du Niger et dans l’estuaire du Congo
que sont concentrés les principaux sites d’extraction.

La production énergétique de l’Afrique devrait s’accroître de 68% d’ici à 2020. En termes de potentialité,
c’est le golfe de Guinée qui suscite le plus de convoitises. Entre les deux principaux pôles d’extraction que sont
le Nigeria et l’Angola, les pays francophones Cameroun, Congo et Gabon offrent des productions plus modestes mais toutefois significatives (entre 230000 et 300000b/j pour les deux derniers).

De nouveaux pays producteurs bouleversent l’équilibre des forces en Afrique centrale : Voici déjà dix ans que la Guinée équatoriale a entamé l’exploitation offshore, Malabo se positionne aujourd’hui comme le troisième producteur au sud du Sahara. Avec un rythme d’extraction estimé à près de 350000b/j, ce nouvel «émirat» peuplé seulement de 1 million d’habitants devrait franchir la cap des 400000b/j d’ici à 2006.
Également nouveau venu, le Tchad a commencé l’exploitation du bassin de Doba en juillet 2003.
Un oléoduc de 1070km a été réalisé pour acheminer jusqu’au port camerounais de Kribi les quelques 225 000barils extraits quotidiennement des gisements tchadiens.

Enfin, l’archipel de São Tomé devrait devenir producteur d’ici à 2007 et a déjà touché cette année ses premières recettes issues des hydrocarbures. Neuf blocs d’exploration offshore localisés dans la zone d’exploitation que le pays partage avec le Nigeria ont été mis aux enchères à la fin de l’année 2003, pour un potentiel de plus de 250 millions de dollars. Des appels d’offres pour les blocs situés dans leurs eaux territoriales exclusivement santoméennes, représentant une superficie de 170000km2 doivent être lancés au second semestre 2005.

Potentiellement, l''Angola reste cependant le plus prometteur.
Depuis la découverte de gisements géants par Total,les pétroliers cèdent à l’ivresse des profondeurs. Foré à 1400m en dessous du niveau de la mer, le puits Girassol a atteint un débit d’environ 200 000b/j en 2003, faisant franchir à Luanda la barre symbolique du million de barils quotidiens.
Après avoir exploré les côtes du monde entier pour y trouver du brut, les opérateurs pétroliers sont maintenant obligés d’aller forer au large, à de très grandes profondeurs: c’est l’ultradeep offshore.
Les bassins les plus prometteurs sont établis au large du Brésil, dans le golfe du Mexique, en mer du Nord et dans le golfe de Guinée. Premiers consommateurs d’hydrocarbures au monde, les États-Unis ne pouvaient faire l’impasse sur un tel potentiel.

«Dans un avenir assez proche, le golfe de Guinée produira plus de barils de pétrole par jour que l’Arabie Saoudite», estimait en 2000 Gene Van Dyke, PDG de la société Vanco Energy. Et le rythme actuel des découvertes dans l’offshore africain pourrait bien lui donner raison. C’est pourquoi les pétroliers américains investissent massivement au sud du Sahara, avec le soutien intéressé de la Maison Blanche.

Les États-Unis cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement pour réduire leur dépendance
vis-à-vis d’un Moyen-Orient devenu zone à haut risque, le golfe de Guinée offre de ce point de vue de multiples atouts. La zone de production, essentiellement offshore, est à l’abri de l’instabilité politique. En outre, elle est plus proche des États-Unis que le golfe Persique.

Le coût du transport est une variable importante : 40 % du fret mondial est le fait des produits pétroliers.
Enfin, sur le plan technique, la spécificité géologique des fonds africains et la clémence du climat local font réduire les délais entre la mise au jour des découvertes et leur valorisation :
on peut y forer des puits rapidement et les exploiter au moyen de navires de production et de stockage stationnés en surface.
Grâce à ces bâtiments, un premier traitement du brut peut s’effectuer sur le lieu même du forage.

Doté d’une faible teneur en soufre, le brut subsaharien est relativement facile à extraire.
Les délais de production étant réduits, les entreprises qui investissent dans le secteur pétrolier ouest-africain récupèrent leur mise en un temps record. Le taux de réussite des forages de puits d’exploration en eau profonde est par ailleurs d’environ 50 % en Afrique de l’Ouest contre 10 % dans le reste du monde.
Près de la moitié des puits qui y sont forés permettent de découvrir un gisement d’une capacité supérieure à 100 millions de barils.
Conséquence : le golfe de Guinée représente 35% des activités amont de Chevron Texaco, 30 % de celles de Total et 14,5 % de celles de Shell.
Le département américain de l’Énergie estime que l’Afrique fournira 25 % du pétrole consommé par les États-Unis en 2015 contre seulement 15 % actuellement. Les investissements américains dans le secteur des hydrocarbures en Afrique occidentale doivent atteindre 35 milliards de dollars sur la période 2003-2008.

Très présents en Angola, et au Nigeria, les opérateurs poursuivent méthodiquement leur implantation sur la zone. En Guinée équatoriale, le groupe ExxonMobil, qui exploite le champ de Zafiro, est le premier opérateur du pays, et Chevron y poursuit des prospections. Au Tchad , le gisement de Doba est exploité par un consortium formé des américains ExxonMobil (40 %) et Chevron (25 %), et du malaisien Petronas (35 %).
À São Tomé , sur trois compagnies ayant déjà conclu des accords d’exploration avec les autorités, deux sont américaines : ExxonMobil et Chrome Energy.

Face à la multiplication des intérêts américains, Washington cherche naturellement à sécuriser son implantation sur la zone. D’ores et déjà, la Maison Blanche et le lobby pétrolier texan entretiennent les meilleures relations avec Abuja et Luanda. Mais ce n’est pas suffisant. Au département d’État comme au Congrès, on souligne l’importance du pétrole africain pour la sécurité nationale. Il s’agit à présent de redéfinir le rôle militaire de Washington dans le golfe de Guinée et de nouer des relations diplomatiques durables avec les pays riverains.
Depuis l’année 2002, plusieurs officiers supérieurs américains se sont rendus à São Tomé , pour étudier l’éventualité d’une implantation militaire américaine. Le projet d’installation d’une base de l’US Army dans cette zone est notamment soutenu par l’African Oil Policy Initiative Group (Aopig), un lobby travaillant pour la diversification des importations pétrolières.


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#56 12-04-2007 15:37:33

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Des nouvelles d'Halliburton et de .... l'Iran !

Halliburton : quand les USA quittent l’Iran et son pétrole


http://www.leblogfinance.com/2007/04/ha … .html#more

Voir aussi :
Halliburton Doing Business With the 'Axis of Evil'
Thursday, February 3, 2005; 8:00 AM
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/ar … 5Feb2.html

Dernière modification par vigilant (12-04-2007 15:42:57)


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#57 13-04-2007 11:00:31

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Le petrole Nigérian :

Nigeria : Résistance croissante à la domination américaine.

Avec ses 137 millions d’habitants, le Nigeria compte à lui seul un cinquième de toute la population africaine. L’espérance de vie y est de 44 ans, soit 2 ans en dessous de la moyenne africaine. D’après la Banque mondiale, la part des familles dans la consommation nationale a baissé, passant de 73 % en 1985 à 40 % à peine en 2005.

Le Nigeria est le principal producteur de pétrole en Afrique. Les compagnies pétrolières y font d’énormes bénéfices, mais la pauvreté du pays s’accroît sans cesse [6] .

Le Nigeria prend à son compte 40 % du total des exportations pétrolières africaines aux États-Unis. Le pays compte plus de 300 champs pétrolifères, 5284 sites de pompage, 7000 km de pipelines et 10 terminaux pour l’exportation. La croissance de ce secteur pétrolier a commencé dès 1970, après une guerre civile meurtrière. On s’attendrait donc à ce que le pays connaisse une prospérité croissante. Mais c’est tout le contraire : seuls ont grimpé les chiffres des bénéfices des grandes sociétés pétrolières et de leurs complices locaux. 85 % des revenus du pétrole au Nigeria vont dans les poches de 1 % de la population. Les 99 autres s’enfoncent dans une misère croissante.

Entre 1970 et 2000, le nombre de Nigérians vivant avec moins de 1 dollar par jour est passé de 19 à 90 millions. Dans les « riches » régions pétrolières du pays, il y a 1 médecin pour... 150.000 habitants.

La résistance de la population des zones d’exploitation pétrolière du Nigeria gagne en ténacité et en violence. Entre 1998 et 2003, il y a eu 400 actions contre les installations pétrolières. Cela va de manifestations, blocages, occupations et grèves, à des attentats et des actes de sabotage. Les compagnies pétrolières y perdaient annuellement un milliard de dollars. Fin 2005, les représentants politiques de la population ont quitté les négociations sur la répartition et l’utilisation des rentrées de l’exploitation pétrolière. Depuis le début 2006, un groupe militant, le Movement for the Emancipation of the Niger Delta (MEND), organise des enlèvements systématiques d’employés étrangers de compagnies pétrolières. Début 2006, la production de 630.000 barils par jour était menacée. Depuis 2003 déjà, l’armée américaine assure un programme d’entraînement très complet des troupes nigérianes. Il y a un accord de collaboration pour la protection des installations pétrolières. Et, dans le cadre de cette collaboration, les États-Unis ont également acheminé des navires patrouilleurs dans les régions productrices de pétrole.

Le journaliste Michael Watts conclut : « La perspective de la militarisation américaine du sud afin de protéger les champs pétrolifères et du nord pour contrôler la terreur islamique est la recette idéale pour une violence politique massive. Le Nigeria pourrait très bien être le prochain Irak. »

http://www.legrandsoir.info/article.php … ticle=4806


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#58 17-04-2007 15:35:25

Thibaut
Membre Actif Asso
Lieu: bruxelles
Date d'inscription: 30-04-2006
Messages: 4633
Site web

Re: Le PETROLE

Venezuela, Russie, Chine...

Les Etats s'emparent de l'arme pétrolière.
http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=3649

Un récent rapport du cabinet d'études Wood Mackenzie (Edimbourg) indique qu'à l'avenir il sera nécessaire d'investir massivement dans l'extraction d'un pétrole difficile d'accès, avec tout ce que cela peut signifier en termes de dégâts écologiques. Le texte confirme, après tant d'autres, la raréfaction des ressources pétrolières. Désormais, la lutte s'aiguise entre les compagnies internationales, les compagnies nationales et les Etats pour l'accès à l'or noir. Au profit de ces deux derniers protagonistes. Ainsi, le Venezuela renégocie les concessions accordées aux majors et les somme d'entrer dans des sociétés mixtes où l'Etat est majoritaire. La Russie reprend le contrôle de son secteur gazier, bradé aux intérêts privés dans les années 1980, et redevient actionnaire majoritaire de Gazprom. De leur côté, la Chine et dans une moindre mesure l'Inde, de plus en plus actives sur le marché pétrolier, n'hésitent pas à nouer des relations directes avec les Etats d'Afrique ou du Proche-Orient. Après une éclipse de deux décennies, on assiste à un retour en force de la puissance publique.

Par Jean-Pierre Sereni
Le Monde Diplomatique. Paris, Mars 2007.



Le 4 décembre 2006, Petrochina, le premier pétrolier chinois, coté à Hongkong et à Wall Street, a dépassé Shell, devenant la sixième capitalisation boursière mondiale. Cette compagnie n'est pourtant que la filiale d'une importante société d'Etat, la China National Petroleum Corporation (CNPC), et deux autres compagnies chinoises la talonnent, la China Petroleum & Chemical Corporation (Sinopec) et la Chinese National Off-Shore Oil Company (Cnooc). En 1999, ces sociétés opéraient au Venezuela, au Soudan, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, en Birmanie et en Indonésie ; elles s'activent désormais dans une quarantaine de pays.

La Chine et l'Inde, d'où est venu le gros de la demande supplémentaire d'hydrocarbures durant ces trois dernières années, tentent de coordonner leur expansion à l'extérieur de leur territoire pour que leurs compagnies chassent en meute. Ce n'est qu'un signe parmi d'autres du bouleversement en cours dans l'industrie pétrolière mondiale, caché par le yo-yo incessant des cours de l'or noir qui excite les spéculateurs, déprime les automobilistes et affole les consommateurs des deux hémisphères.

Une poignée d'acteurs opèrent au début de la chaîne, dans l'exploration et la production, à travers toute la planète, et se partagent les réserves mondiales de pétrole et de gaz. Avec un rapport de forces en plein bouleversement entre les dominants d'hier, les majors surtout anglo-saxonnes, qui ne sont plus que cinq (ExxonMobil, Royal Dutch Shell, BP, Total, Chevron) à contrôler à peine 9 % des gisements, et les nouveaux titans du brut que sont les compagnies pétrolières nationales (CPN) des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) (cf. « Principaux acteurs »). Dix d'entre elles disposent de la majorité des réserves (53 %) et se savent désormais incontournables. Derrière, loin derrière, d'autres CPN exploitent 16 % des réserves. Beaucoup sont les bras armés d'Etats comme la Chine, l'Inde, le Brésil ou la Malaisie dont les besoins explosent au rythme exceptionnel de leur croissance économique.

Enfin, il y a les indépendants, en général des compagnies privées, souvent mais pas exclusivement occidentales, de taille plus modeste que les majors ou les CPN, qui règnent sur le cinquième des réserves mondiales d'hydrocarbures.

En dehors des dix de l'OPEP [1], les trois autres acteurs puisent dans leurs réserves, dont ils sont propriétaires, qui diminuent inexorablement, et voient l'avenir avec inquiétude. L'écart est préoccupant d'abord pour les indépendants (34 % de la production mondiale, contre seulement 22 % des réserves), mais aussi pour les CPN qui n'appartiennent pas à l'OPEP (25 %, contre 16 %) et pour les majors (13 %, contre 9 %).

Trois acteurs sur quatre se trouvent donc dans la position très inconfortable de pomper chaque jour plus d'hydrocarbures qu'ils n'en acquièrent par leurs découvertes ou des rachats de gisements à d'autres compagnies. Dans le jargon des pétroliers, on dit de manière expressive qu'ils sont « déficitaires », faute de pouvoir reconstituer leurs réserves. S'ils n'accèdent pas à de nouveaux gisements assez rapidement, leur avenir même est en jeu, surtout pour ceux qui sont cotés en Bourse, et dont les cours peuvent plonger encore plus vite que leurs réserves, les exposant en permanence à l'offre publique d'achat (OPA) sauvage d'un concurrent. D'où des « bavures » dans l'évaluation de réserves qu'on tend volontiers à surestimer. Shell a dû reconnaître en 2004 avoir « truqué » les siennes à la hausse (+ 20 % !) pour faire meilleure figure auprès de ses actionnaires.

Selon PFC Energy, une influente société internationale de consultants, 77 % des hydrocarbures du monde appartiennent aux CPN, au secteur public donc. En termes géopolitiques, les compagnies des pays consommateurs sont plutôt au Nord ou à l'Est, et les gisements plutôt au Sud... Le tête-à-tête est donc inévitable entre les premières, les compagnies pétrolières internationales (CPI) et les gouvernements des pays exportateurs. Inévitable mais de plus en plus difficile.

Depuis les années 1970, le modèle traditionnel, la concession, qui reconnaissait aux compagnies la propriété des gisements, a disparu, en dehors des Etats-Unis et de quelques pays européens comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou la Norvège. Ailleurs (Colombie, Thaïlande, Golfe...), les derniers contrats de concession qui avaient échappé à la grande vague des nationalisations des années 1970 sont arrivés ou arrivent à échéance. A Abou Dhabi, par exemple, où trois concessions viennent à terme en 2014 et 2018, les autorités ont déjà fait savoir aux majors qui les exploitent qu'elles ne seraient pas reconduites.

Pour remplacer la concession, une nouvelle formule est apparue après la seconde guerre mondiale, le contrat de partage de production (CPP, en anglais production sharing agreement). Le principe en est simple : l'Etat s'associe à une compagnie étrangère, un contrat fixe les conditions « de la prospection, de l'exploration et de la production d'hydrocarbures » pour une durée et sur une superficie déterminées, un montant minimum d'investissements de recherches et un régime fiscal. L'investisseur verse un droit d'entrée (le bonus), prend à son compte le risque de ne rien trouver, mais, en cas de succès, partage avec l'Etat la valeur de la production. La compagnie finance, sur ses deniers, les dépenses d'exploration et de développement du champ et se rembourse sur la production qui lui revient.

Le CPP rapporte plus que la concession et présente une supériorité politico-juridique sur elle : les ressources naturelles restent propriété nationale comme l'exigent désormais les opinions publiques unanimes, de la droite à la gauche, des nationalistes aux islamistes, dans les Etats pétroliers. La dernière démonstration en a été apportée par les mécomptes des majors anglo-saxonnes en Irak : Washington a pu sans trop de difficultés réécrire à sa guise la Constitution du pays occupé, mais toutes ses tentatives pour abolir la loi de nationalisation de 1972 et revenir au régime des concessions sont restées vaines jusqu'à ce jour...

Les CPP ont permis aux CPI de retourner dans des pays qui leur avaient longtemps été fermés, comme le Venezuela, l'Algérie, la Birmanie (rebaptisée Myanmar par la dictature), l'Iran, l'ancienne Union soviétique... Mais ce retour s'est fait à un moment où les prix du pétrole étaient bas, où l'OPEP semblait promise à l'éclatement et où les pays exportateurs n'avaient pas d'argent à investir dans leur secteur pétrolier. Loi d'airain, la production d'un puits diminue avec le temps. Si de nouveaux puits ne sont pas forés régulièrement pour compenser cet inexorable déclin, la production elle-même baisse, et avec elle les recettes budgétaires.

A l'époque, l'avantage allait aux compagnies, qui en ont profité sur le plan fiscal, parfois outrageusement comme en Russie. A Sakhaline II, gigantesque projet gazier de Sibérie orientale, Shell a obtenu en 1995, à un moment où le Trésor russe était à sec, que ses dépenses lui soient remboursées en priorité. Concrètement, 100 % des recettes vont à Shell tant que le trust anglo-néerlandais n'a pas récupéré l'intégralité de ses investissements. En général, ce montant est plafonné à 50-60 %. A l'automne 2006, la compagnie a dû avouer que ses dépenses avaient pratiquement doublé par rapport à ce qui avait été décidé contractuellement entre les deux parties ! Soit 22 milliards de dollars au lieu de 12. Avant de voir la couleur du premier dollar, Moscou aurait dû patienter deux fois plus longtemps que prévu, soit une bonne dizaine d'années. Intolérable pour le Kremlin, qui a pris le contrôle de Sakhaline II sans coup férir, deux mois plus tard, pour une bouchée de pain...

Le retour à des prix pétroliers élevés, à partir des années 2000, a provoqué une remise en cause quasi générale des impôts pétroliers payés par les opérateurs. La question du partage de la « rente additionnelle » a été clairement posée. Londres a donné l'exemple dès 2002 en relevant de 10 % l'impôt des compagnies pétrolières opérant en mer du Nord, pour finalement le porter à 60 % en 2005 (contre 30 % avant 2002). Aux Etats-Unis, la commission du budget du Sénat, à l'époque en majorité républicaine, s'est prononcée en faveur d'une taxe supplémentaire sur les compagnies pour réduire le déficit budgétaire. Victorieux aux élections législatives de la mi-mandat, en novembre 2006, les démocrates ont fait de la fiscalité pétrolière l'une de leurs six priorités à réaliser dans les « cent premières heures » de pouvoir. Avec de solides arguments.

La fiscalité pétrolière américaine tourne autour de 40 %, contre une moyenne mondiale de 60 à 65 %... Quant aux subventions décrétées par l'administration Bush pour encourager la prospection en mer (offshore), que les démocrates entendent abolir, elles ne semblent pas avoir eu beaucoup d'effet.

Les pays producteurs n'ont, bien sûr, pas été en reste. Selon les calculs du professeur Jean-Marie Chevallier, membre d'un cabinet de consultants réputé, le Cambridge Energy Research Associates (CERA), ils ont trouvé à juste titre leur part du gâteau trop faible par rapport à celle du fisc des pays consommateurs, des opérateurs, des banques et autres intermédiaires financiers. Les compagnies liées par des CPP ont accepté, en général de bonne grâce, de renégocier discrètement leur régime fiscal. Rien ou presque n'a filtré. Le changement des « conditions de marché » y a aidé. Un simple calcul de coin de table montre que toucher 25 % d'un baril qui vaut 60 dollars rapporte davantage que 33 % d'un baril à 30 dollars.

Le seul accrochage sérieux sur la fiscalité est survenu au Venezuela, parce qu'il s'est doublé d'une contestation des contrats eux-mêmes. Et là, la compréhension s'est évanouie. « Dans nos métiers, on cumule les risques, d'où l'importance du contrat qui nous lie au gouvernement hôte. C'est sur cette base que nous investissons des milliards pour vingt-cinq ans ou plus », explique M. Patrick Pouyanné, directeur stratégie, croissance, recherche de la branche « Exploration & Production » de Total. Chez ExxonMobil, numéro un des majors et plus forte capitalisation boursière du monde, on parle même de « droits sacrés » (sanctity of rights).

Aux yeux des grands pétroliers occidentaux, MM. Hugo Chávez et Vladimir Poutine se disputent la place d'ennemi numéro un. Arrivé au pouvoir en 1999 à la suite d'élections incontestées, le nouveau président vénézuélien convainc ses partenaires de l'OPEP et le Mexique de baisser leur production pour faire remonter les cours du brut, tombés à moins de 10 dollars le baril après une fausse manœuvre de l'Arabie saoudite. Et ça marche... Les cours reprennent leur progression pour plus de cinq ans. En 2002, M. Chávez vient à bout d'un lock-out très politique de deux mois de la compagnie nationale des pétroles (PDVSA). La moitié des quarante mille salariés font grève, dix-huit mille perdent leur emploi après son échec.

Suivant les conseils de Bernard Mommer, un mathématicien d'Oxford devenu expert pétrolier réputé, le président vénézuélien oblige les compagnies étrangères qui avaient signé, au moment de l'ouverture libérale des année 1990, des contrats de services remboursables sur le pétrole à découvrir, à entrer dans des sociétés mixtes où l'Etat détient au moins 60 % du capital. Toutes acceptent, sauf l'italienne ENI et Total, qui refusent de voir la part de PDVSA passer à 75 % et la leur reculer à 13 % et 12 %.

Surtout, les Français redoutent que cela crée un précédent pour Sincor I, un projet dix fois plus important (2 milliards de dollars) qui concerne le brut extra-lourd de la ceinture de l'Orénoque. Après plusieurs mois de négociations infructueuses, Caracas menace : la nationalisation passera par la loi.

La nouvelle vague de nationalisme a gagné l'Equateur, où Occidental Petroleum a été carrément exproprié, le Pérou et la Bolivie, où la nationalisation des gisements de gaz a été entérinée six mois après, sans coup férir, par les compagnies étrangères, dont la plus importante était la brésilienne Petrobras.
A l'opposition de droite qui reprochait au gouvernement du président Lula son « attitude de soumission » à l'égard de son petit voisin, le ministre des relations extérieures a répondu : « Le Brésil ne peut pas agir comme une puissance du XIXe siècle. » Les négociations entre les deux pays sont demeurées un temps au point mort, M. Evo Morales ne voulant pas, en pleine période électorale, gêner le président brésilien, candidat à sa propre succession. Celui-ci ayant été réélu, les conversations ont repris et, le 15 février, un premier accord a été signé entre Brasília et La Paz : le prix du gaz bolivien exporté vers la centrale thermoélectrique brésilienne Gobernador Mario Covas, située à Cuiabá (Mato Grosso), passera de 1,09 dollar à 4,20 dollars par million de BTU (unité thermique britannique), une augmentation de 285 %. En juin 2006, l'Argentine avait accepté une hausse de 50 % sur le gaz qu'elle importe de Bolivie.

M. Poutine a été plus brutal avec les majors. M. Jean Lemierre, le président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), très active dans l'ex-Union soviétique, en donne la raison : « La Russie a toujours dit que l'énergie était un secteur stratégique. » Se voulant le refondateur de l'Etat russe, M. Poutine a besoin des recettes pétrolières pour financer son budget, équilibrer ses relations économiques avec l'étranger et exister sur la scène diplomatique internationale [2]. Plus question donc de laisser piller en toute impunité la principale richesse naturelle russe par une poignée d'oligarques qui ont fait main basse dessus sans rien payer ou presque du temps de M. Boris Eltsine et qu'on soupçonne de vouloir céder aux majors la pleine propriété des gisements.

Dans un livre récent sur la « piratisation de la Russie [3] », Marshall I. Goldman, titulaire de la chaire d'études russes à l'université Harvard, raconte qu'à son arrivée à la tête de la Fédération de Russie le nouveau président Poutine s'était indigné de l'écart entre les prix à l'export des hydrocarbures russes et les prix payés par les acheteurs. Où allait la différence ? Systématiquement, pied à pied, son gouvernement a repris le contrôle du secteur, d'abord dans le gaz avec Gazprom, l'ancien ministère soviétique du gaz privatisé en 1992, dont dix ans plus tard le gouvernement russe ne détenait plus que 38 % du capital - la majorité ayant été distribuée à une coterie menée par le premier ministre de M. Eltsine et ses familiers. Entre-temps, Gazprom aurait « perdu » en moyenne 2 milliards de dollars par an, détournés par ses dirigeants, et 10 % de ses réserves.

Dès son arrivé à la présidence, en juin 2000, M. Poutine nomme un homme à lui à la tête du groupe qui détient un quart et peut-être un tiers des réserves mondiales de gaz naturel. Petit à petit, Gazprom, où l'Etat redevient majoritaire en décembre 2005 (51 % du capital), récupère ses actifs, rachetant les uns à l'amiable, expropriant les autres sans ménagement, maniant pour parvenir à ses fins rappels d'impôts faramineux, amendes records pour « crimes écologiques », pas toujours imaginaires, ou coups tordus dignes de l'ex-KGB.

La chute spectaculaire de M. Mikhaïl Khodorkovski et de son groupe Ioukos a montré jusqu'où allait, en ce domaine, la détermination de M. Poutine, malgré de vives pressions américaines. Le vice-président des Etats-Unis, M. Richard Cheney, ne dénonçait-il pas l'été dernier les hydrocarbures russes comme « un instrument d'intimidation et de chantage » ? Les nouveaux alliés de Washington, recrutés parmi les anciennes républiques ou satellites soviétiques, ne se font pas faute de relayer ce message, alimentant ce qu'un écrivain russe, Victor Erofeev, appelle la « nouvelle guerre froide »..., celle de l'image.

La fin des beaux jours pour les majors, coincées entre leurs actionnaires, qui réclament des rendements toujours plus élevés, et les grands pays producteurs, qui leur ferment l'accès aux gisements les plus prometteurs, s'accompagne paradoxalement d'une accumulation de capitaux sans précédent. ExxonMobil, la plus puissante des majors, affiche un chiffre d'affaires de 370 milliards de dollars en 2005 (450 milliards en 2006, selon les estimations de Wall Street), supérieur au produit intérieur brut (PIB) de cent quatre-vingts des cent quatre-vingt-quinze pays membres des Nations unies. Mais, loin d'être un signe de bonne santé, cette opulence financière traduit au contraire une impuissance à réinvestir efficacement les énormes profits, à trouver des projets qui répondent aux critères de rentabilité extravagants imposés aux ingénieurs.

Les mésaventures récentes de BP illustrent ce paradoxe : en 2005, une de ses raffineries américaines explose, tuant quinze ouvriers et en blessant cent soixante-dix ; en Alaska, il lui faut arrêter le pompage du plus grand gisement pétrolier d'Amérique du Nord parce que les oléoducs, vétustes, fuient. Une mission d'experts, nommée par BP, a incriminé, dans son rapport de janvier 2007, l'insuffisance d'argent et d'efforts du groupe pour assurer la sécurité de ses raffineries américaines. La justice des Etats-Unis enquête pour déterminer si ce sous-investissement n'a pas été délibéré.

Si, demain, le monde manque de pétrole, ce sera plus sûrement faute d'investissements que de gisements. Une découverte exige des milliards de dollars d'équipements pour se transformer en une production, et les opérateurs les plus riches, les majors, représentent à peine 20 % des investissements en amont, dans l'exploration et la production. C'est pourtant là que se trouvent les meilleurs spécialistes mondiaux, les mieux à même de concevoir des projets d'avant-garde à la pointe de la recherche technologique.

Au lieu de cela, les compagnies marquent une préférence à peine cachée pour l'anthropophagie boursière, qui les conduit à se manger les unes les autres. La dernière vague de concentration remonte à la fin des années 1990, quand lord Brown a créé la première super-major pétrolière en fusionnant BP et Arco, et forcé Exxon, Total et Chevron à l'imiter pour ne pas perdre pied. « Dans ces années de vaches maigres où le baril de brut était tombé à 10 dollars, on était tranquillement en train de reconstituer les "sept sœurs [4] " de la grande époque en absorbant les "petites" sociétés d'Etat nées après nous et en asphyxiant l'OPEP », raconte un ancien de cette gigantesque bataille boursière.

Aujourd'hui, les marchés financiers sont parcourus de rumeurs sur de nouvelles concentrations où BP fait figure de gibier après la démission surprise, au début de l'année, de son président. L'hypothèse d'une fusion du numéro deux, Shell, et du numéro trois, BP, circule sur les marchés. Fin décembre, Statoil et Norsk Hydro ont réuni leurs activités offshore « pour répondre au défi de l'industrie pétrolière ». Repsol, la grande compagnie espagnole, est à vendre depuis plusieurs mois. Sans succès jusqu'ici, le groupe étant jugé trop engagé en Amérique du Sud par les financiers qui redoutent l'effet Chávez. D'autres spéculent sur l'avenir du groupe italien ENI, fondé par Enrico Mattei, et sur ses difficultés à rester plus longtemps indépendant.

Jusqu'ici, les spéculateurs ont eu le champ libre. Il n'y a pas eu, sur le plan mondial, de réponse collective significative aux bouleversements intervenus depuis 2000 sur la scène pétrolière, au contraire. Les gouvernements des pays développés comme des pays émergents se sont surtout employés à sécuriser leur accès aux gisements en renforçant leurs liens avec les derniers pays producteurs accessibles.

Caricature de ce sauve-qui-peut général, l'enterrement fin décembre du satrape du Turkménistan, Saparmourad Niazov, « père de tous les Turkmènes » et champion toutes catégories de la corruption et de la mauvaise gestion dans une région, l'Asie centrale, où les concurrents ne manquent pas ! Les démocraties occidentales qui se proclament les plus attachées aux droits humains y avaient dépêché, sans vergogne, excellences et ministres, l'énorme gisement de gaz de Iolotan Sud, récemment découvert, valant bien, à l'évidence, un reniement.


L'Angola, le Nigeria, le golfe de Guinée, toute l'Afrique au sud du Sahara fascinent autant ou presque que l'Asie centrale. Selon les prévisions de l'US National Intelligence Council, les Etats-Unis pourraient en importer 25 % de leur pétrole en 2015, contre 15 % actuellement, et réduire d'autant leur dépendance à l'égard du Proche-Orient... La région présente deux avantages : les contrats y sont « raisonnables » et les compagnies nationales, à la différence de celles du Proche-Orient, trop désargentées pour racheter les actifs des majors comme MM. Poutine ou Chávez chez eux. Mais ces ajustements permettront-ils vraiment de répondre aux bouleversements en cours ?

* Jean-Pierre Séréni : Journaliste, auteur de l'ouvrage Les Emirs de la République. L'aventure du pétrole tricolore (en collaboration avec Pierre Péan), Seuil, Paris, 1982.

Notes :


[1] Les statistiques citées portent sur dix des douze membres de l'OPEP. Elles n'englobent ni l'Irak ni l'Angola, qui n'a adhéré qu'au début de cette année.

[2] Lire Jean-Maris Chauvier, « La "nouvelle Russie" de Vladimir Poutine », Le Monde diplomatique, février 2007.

[3] Marshall I. Goldman, The Piratization of Russia : Russia Reform Goes Awry, Routledge, Londres et New York, 2003.

[4] Les « sept sœurs » sont les sept sociétés pétrolières mondiales anglo-saxonnes qui ont complètement dominé cette industrie depuis 1914 jusqu'au premier choc pétrolier de 1973. Trois ont survécu (Exxon, Shell, BP), quatre ont disparu, absorbées par les premières (Texaco, Mobil, Socal, Gulf).


MEDIAS-MENSONGES-DESINFORMATION


in girum imus nocte et consumimur igni

Hors ligne

 

#59 17-04-2007 19:21:04

vigilant
Membre Actif
Date d'inscription: 12-09-2006
Messages: 1691

Re: Le PETROLE

Une autre facon de gérer l'énergie ?

VENEZUELA •  Premier sommet énergétique sud-américain
http://www.courrierinternational.com/ar … j_id=72845

Dix pays sud-américains se sont réunis au Venezuela les 16 et 17 avril pour ce sommet inédit. Ils ont notamment annoncé la construction pharaonique du gazoduc du Sud qui doit relier le Venezuela à la Patagonie et la création de l'OPEP du gaz du Sud.

....
Il n'est pas innocent que la réunion ait débuté par une longue présentation du projet de gazoduc du Sud, un chantier qualifié de "pharaonique", consistant à traverser l'Amérique du Sud depuis le Venezuela jusqu'à l'Argentine. De quoi matérialiser l'intégration de tout le sous-continent. Le premier tronçon reliera Güiria (Venezuela) et Recife (Nordeste brésilien), sur une distance de 5 000 kilomètres - dont 4 000 en territoire brésilien -, pour un coût de 11 milliards de dollars, selon une estimation d'une source appartenant à la délégation argentine. Au dire de Ramírez, le chantier sera lancé fin 2009 et le gazoduc entrera en service fin 2013.

L'autre volet important de cette réunion a été la présentation de l'OPEP du gaz du Sud, une proposition de coordination des politiques de production, de prix et d'exportation des pays de la région en matière gazière. Même le Brésil, qu'on croyait totalement étranger à cette initiative (promue par l'Argentine, le Venezuela et la Bolivie), s'y est dit favorable. "Nous venons seulement de prendre connaissance de ce projet, a déclaré Silas Rondeau, ministre de l'Energie et des Mines du Brésil, mais nous sommes tout à fait partisans de sa mise en œuvre". Le premier pas, le plus difficile, était franchi.

Après avoir exprimé leur soutien au projet de gazoduc du Sud et leur engagement en faveur d'une union stratégique autour d'une OPEP du gaz, les participants ont évoqué l'idée d'un "anneau énergétique" qui relierait à terme tous les pays du Pacifique. Une fois tous ces pays raccordés les uns aux autres, on pourrait imaginer que le gaz soit acheminé dans n'importe quel sens afin d'approvisionner à tout moment les pays qui en auraient besoin.


Je ne suis pas un numéro , je suis un homme libre ! (numéro six)
Reopen avec le FSL33

Hors ligne

 

#60 15-06-2007 15:49:24

for the masses
Membre du forum
Lieu: Alger
Date d'inscription: 09-05-2007
Messages: 724

Re: Le PETROLE

http://w4lk.org/?read=9395

Tout laisse penser que l'offre mondiale de pétrole s'épuisera plus vite que prévu


Des scientifiques contestent le principal rapport sur les réserves mondiales et préviennent que l'offre commencera à décroître dans quatre ans.

Des scientifiques ont critiqué un rapport majeur sur les réserves mondiales restantes de pétrole, prévenant que la fin du pétrole arrive plus vite que ce que les gouvernements et les compagnies pétrolières veulent bien admettre.

Le Rapport Statistique sur l'Energie Mondiale, publié hier par BP, semble montrer que le monde a encore assez de réserves "prouvées" pour répondre, au rythme actuel, à 40 années de consommation. Cette affirmation, basée sur des chiffres officiels rapportés, a une fois de plus fait reculer la date où l'on estime que le monde sera asséché.

Cependant, des scientifiques, emmenés par le Oil Depletion Analysis Centre le centre d'analyse sur la diminution du pétrole, dont le siège est à Londres, disent que la production globale de pétrole doit atteindre son apogée dans les quatre prochaines années avant d'entrer dans un déclin rapide qui aura des conséquences massives pour l'économie mondiale et la manière dont nous vivons.

Selon la théorie du "pic pétrolier", notre consommation de pétrole rattrapera, puis dépassera la découverte de nouvelles réserves et nous commencerons à épuiser les réserves connues


Par Daniel Howden
The Independent, le 14 juin 2007
article original : "World oil supplies are set to run out faster than expected, warn scientists"

Colin Campbell, le chef du centre sur la diminution, a déclaré : "C'est une théorie assez simple que tout buveur de bière peut comprendre. Au début, le verre est plein et à la fin il est vide. Et plus vite vous le buvez, plus vite il est vide".

Le Dr Campbell est un ancien géologue en chef et ancien vice-président d'une kyrielle de majors pétrolières comprenant BP, Shell, Fina, Exxon et ChevronTexaco. Il explique que le pic de pétrole standard — celui qui est facile et peu coûteux à extraire — a déjà été atteint et qu'il a été dépassé en 2005.

Même lorsque vous prenez en compte le pétrole lourd plus difficile à extraire, les réserves dans les profondeurs de l'océan, les régions polaires et le liquide prélevé du gaz, le pic arrivera aussi tôt que 2011, déclare-t-il.

Ce scénario est platement réfuté par BP, dont le chef économiste, Peter Davies, a écarté les arguments des théoriciens du "pic pétrolier".

"Nous ne croyons pas qu'il y a une contrainte absolue de ressource. Lorsque le pic pétrolier arrivera, il est juste probable qu'il proviendra du pic de consommation, peut-être à cause des politiques relatives au changement climatique comme de la culmination de la production."

Ces dernières années, le fossé autrefois considérable entre la demande et l'offre s'est réduit. L'année dernière, ce fossé a quasiment disparu. Les conséquences d'une pénurie seraient immenses. Si la consommation commence à excéder la production ne serait-ce que de la plus petite quantité, le prix du pétrole pourrait dépasser les $100 le baril. Une récession globale s'ensuivrait.

Jeremy Leggert, à l'instar du Dr Campbell, est un défenseur des ressources naturelles devenu géologue dont le livre "Half Gone: Oil, Gas, Hot Air and the Global Energy Crisis" [A moitié disparus : le Pétrole, le Gaz, les Paroles en l'Air et la Crise Energétique] a amené la théorie du "pic pétrolier" vers un public plus large. Il compare la réticence de l'industrie et du gouvernement à faire face à la fin imminente du pétrole au déni du changement climatique.

"Cela me rappelle la manière dont personne, pendant des années, ne voulait écouter les scientifiques qui alertaient sur le réchauffement planétaire," dit-il. "Nous prédisions des choses qui se sont passées à peu près exactement ainsi. Ensuite, comme aujourd'hui, nous nous sommes demandés ce qu'il faudrait pour que les gens écoutent."

En 1999, les réserves pétrolières de la Grande-Bretagne dans la Mer du Nord ont atteint leur pic, mais pendant deux années après que cela est devenu visible, affirme M. Leggert, ce fut une hérésie pour quiconque dans les cercles officiels de le dire. "Ne pas répondre à la demande n'est pas une option. En fait, c'est un acte de trahison," dit-il.

Une chose sur laquelle la plupart des analystes pétroliers sont d'accord est que la diminution des champs de pétrole suit une courbe en cloche prévisible. Ceci n'a pas changé depuis que le géologue de Shell, M. King Hubbert, a établi un modèle mathématique en 1956 pour prédire ce qui arriverait à la production pétrolière américaine. La Courbe de Hubbert montre qu'au début la production de tout champ de pétrole croît en flèche, puis atteint un palier avant de tomber dans un déclin irréversible. Sa prédiction selon laquelle la production des Etats-Unis atteindrait son pic en 1969 fut tournée en ridicule par ceux qui prétendaient qu'elle pouvait croître indéfiniment. En l'occurrence, elle a atteint son pic en 1970 et a décliné depuis lors.

Dans les années 70, Chris Skrebowski était un planificateur sur le long-terme pour BP. Aujourd'hui, il édite la Petroleum Review et il est l'un des initiés de cette industrie qui sont de plus en plus nombreux à s'être convertis à la théorie du pic. "Au début, j'étais extrêmement sceptique," admet-il aujourd'hui. "Nous avons assez de capacité pour répondre à la demande sur les deux prochaines années et demie. Après cela, la situation se détériorera."

Ce que personne, même pas BP, ne conteste est que la demande est en hausse. La croissance rapide de la Chine et de l'Inde, à la hauteur de la dépendance du monde développé sur le pétrole, signifie que beaucoup plus de pétrole devra provenir de quelque part. Le rapport de BP montre que la demande mondiale de pétrole a cru plus vite ces cinq dernières années que dans la deuxième moitié des années 90. Aujourd'hui, nous consommons en moyenne 85 millions de barils par jour. Selon les estimations les plus conservatrices de l'Agence Internationale à l'Energie ce chiffre montera à 113 millions de barils/jour d'ici 2030.

Les deux-tiers des réserves mondiales de pétrole se trouvent au Proche-Orient et la demande croissante devra être pourvue par des augmentations massives de l'offre en provenance de cette région.

Le Rapport Statistique de BP est l'estimation la plus utilisée dans le monde sur les réserves de pétrole, mais, ainsi que le Dr Campbell le fait remarquer, c'est seulement un résumé des estimations hautement politiques fournies par les gouvernements et les compagnies pétrolières.

Ainsi que le Dr Campbell l'explique : "Lorsque j'étais le patron d'une compagnie pétrolière, je ne disais jamais la vérité. Cela ne fait pas partie du jeu."

Une étude sur les quatre pays qui ont les réserves les plus importantes — l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Irak et le Koweït — révèle des inquiétudes majeures. Au Koweït, l'année dernière, un journaliste a découvert des documents suggérant que les réserves réelles du pays étaient la moitié de celles rapportées. L'Iran, cette année, est devenu le premier des grands producteurs à introduire le rationnement pétrolier — une indication de l'opinion de l'administration [américaine] sur le chemin que prennent les réserves pétrolières.

Sadad al-Huseini en sait probablement plus sur les réserves de l'Arabie Saoudite que n'importe qui d'autre. Il a pris sa retraite de chef exécutif de la corporation pétrolière du royaume il y a deux ans et son point de vue sur la possibilité de progression de la production pétrolière saoudienne se modère. "Le problème est que l'on est passé de 79 millions de barils par jour en 2002 à 84,5 millions en 2004. On grimpe de deux à trois millions [barils/jour] chaque année", a-t-il déclaré au New York Times. "C'est comme l'ensemble d'une nouvelle Arabie Saoudite tous les deux ans. Cela ne peut pas durer indéfiniment."

L'importance de l'or noir

* Une réduction aussi petite que 10 ou 15% pourrait paralyser les économies dépendantes du pétrole. Dans les années 70, une réduction de seulement 5% a causé une augmentation de prix de plus de 400 %.

* La plupart des équipements agricoles sont soit fabriqués dans des usines alimentées en énergie pétrolière soit utilisent le gazole comme carburant. Presque tous les pesticides et de nombreux fertilisants sont fabriqués à partir du pétrole.

* La plupart des plastiques, utilisés partout, des ordinateurs et des téléphones mobiles jusqu'aux pipelines, les vêtements et les tapis, sont fabriqués à partir de substances pétrolières.

* Le secteur manufacturier nécessite des quantités énormes de carburants fossiles. La construction d'une seule voiture aux Etats-Unis nécessite, en moyenne, au moins 20 barils de pétrole.

* La plupart des équipements pour l'énergie renouvelable nécessitent de grandes quantités de pétrole pour leur fabrication.

* La production de métaux — en particulier l'aluminium —, de cosmétiques, de teintures pour les cheveux, d'encres et de nombreux antidouleur, tous reposent sur le pétrole.

Les sources d'énergie alternatives

Le charbon

On estime qu'il y a encore 909 milliards de tonnes de réserves prouvées de charbon dans le monde — assez pour durer au moins 155 ans. Mais le charbon est un carburant fossile et une énergie sale qui ne peut qu'accroître le réchauffement planétaire.

Le gaz naturel

Les champs de gaz naturel en Sibérie, en Alaska et au Proche-Orient devraient durer 20 ans de plus que les réserves mondiales de pétrole, mais, bien qu'il soit plus propre que le pétrole, le gaz naturel est encore un carburant fossile qui émet des polluants. Il est aussi coûteux à extraire et à transporter parce qu'il doit être liquéfié.

Les éléments combustibles de l'hydrogène

Les éléments combustibles de l'hydrogène nous fourniraient une source d'énergie permanente, propre et renouvelable, puisqu'ils combinent chimiquement l'hydrogène et l'oxygène pour produire de l'électricité, de l'eau et de la chaleur. Toutefois, la difficulté est qu'il n'y a pas assez d'hydrogène pour tout le monde et que les quelques moyens propres de le produire sont coûteux.

Les biocarburants

L'éthanol provenant du blé et du maïs est devenu une alternative au pétrole en vogue. Cependant, les études suggèrent que la production d'éthanol ait un effet négatif sur l'investissement énergétique et sur l'environnement, à cause de l'espace nécessaire pour faire pousser ce dont nous avons besoin.

L'énergie renouvelable

Les nations dépendantes sur le pétrole se tournent vers les sources d'énergie renouvelable, telles que l'hydroélectricité, le solaire et l'éolien, pour fournir une alternative au pétrole. Mais la probabilité est mince que les sources d'énergie renouvelable puissent produire suffisamment d'énergie.

Le nucléaire

Les craintes que l'offre mondiale d'uranium s'épuise ont été dissipées par des réacteurs améliorés et la possibilité d'utiliser le thorium comme combustible nucléaire. Mais une augmentation du nombre de réacteurs à travers le monde accroîtrait le risque d'un désastre ou que ces substances dangereuses atterrissent entre les mains de terroristes.

Traduction [JFG-QuestionsCritiques]
sélectionné par groups

questionscritiques

Dernière modification par for the masses (15-06-2007 16:16:33)


Le fardeau supporté ensemble est une plume.   ( Proverbe Touareg )

Hors ligne

 

#61 15-06-2007 16:40:25

W.Wallace
Lieu: Saint-Nazaire
Date d'inscription: 12-03-2007
Messages: 3235

Re: Le PETROLE

On va être obligé de revenir au cannabis ! big_smile

On rigole mais tout ça sent une guerre mondiale sans précédent.


Agressivité systématique envers des membres et  des modérateurs, zizanie dans les topics, non réponse ou changements d'attitude suite à de nombreux avertissements. Banni pour une durée indéterminée.

Hors ligne

 

#62 11-08-2007 10:54:43

kézako
Membre du forum
Date d'inscription: 12-02-2007
Messages: 6573

Re: Le PETROLE

Bonjour,

Je n'ai pas actuellement la possibilité de me connecter correctement durant la semaine mais je cherche donc un reportage diffusé Jeudi 09 Aout durant le journal de 20 heure de TF1 ou France 2.

Celui-ci faisait état d'un nouveau procédé de fabrication du pétrole à partir d'algues et de plancton en accélérant le processus naturel... processus qui fonctionne.

Une piste qui me fait penser que cette nouvelle est exacte est que depuis quelques années déjà d'anciens puits de gaz, vides aujourd'hui, sont prévus par de grandes entreprises pétrolière pour y injecter du CO2, polluant qui n'avait pour l'instant aucun aspect économique hormis celui écologique de contrôler ses effets polluants pour l'atmosphère.

Or pour que le processus d'accélération de vieillissement des algues puisse fonctionner, ces dernières doivent consommer du... CO2 !
 
Qui peut arriver à retrouver cet article récent ou autre traitant de ce sujet précisément ?

Merci smile

Réédite:

Après une brève recherche sur Google...on en parle ici:

http://www.econologie.com/algues-et-bio … -3387.html

Dernière modification par kézako (11-08-2007 11:06:04)


« La première victime d’une guerre, c’est la vérité » Déclaration du sénateur américain Hiram Johnson en 1917, lors de l’entrée en guerre des États-Unis.

Vous avez dit anti-américanisme ?

Hors ligne

 

#63 11-08-2007 11:35:02

Kyja70
Membre Actif Asso
Lieu: Budapest
Date d'inscription: 04-03-2007
Messages: 1164

Re: Le PETROLE

Total s'allie à Chevron pour explorer le pétrole irakien
LE MONDE | 10.08.07 | 16h18  •  Mis à jour le 10.08.07 | 16h18
LONDRES CORRESPONDANT

Après un intermède de dix ans, ayant trouvé une cavalière, Total entre dans la danse du pétrole irakien. Et de belle manière, en s'associant avec Chevron pour explorer et développer l'un des plus grands champs pétrolifères du pays, celui de Majnoun, dans le Sud-Est, près de la frontière iranienne. Ce projet, conclu en 2006 mais dévoilé le 8 août, pourrait prendre forme après la ratification, par le Parlement irakien, de la loi sur les hydrocarbures, en principe à l'automne, et à condition que la sécurité s'améliore.

Chevron et Total se sont refusés à confirmer ou à démentir l'information en raison de son caractère sensible
. L'octroi de contrats d'exporation-production à des compagnies étrangères est controversé dans l'ex-Mésopotamie, comme l'atteste la difficile ratification de la législation énergétique. Sous-exploité, le sous-sol irakien, qui contient les deuxième ou troisième réserves de pétrole au monde, selon le mode de calcul, est l'objet de toutes les convoitises en cette ère de raréfaction de l'offre d'hydrocarbures.

"L'Irak est le dernier Eldorado pétrolier. Les majors veulent leur part du gâteau, mais les conditions d'exploitation n'ont pas encore été bien définies", souligne l'ancien haut fonctionnaire irakien Mohamed-Ali Zainy du Center for Global Energy Studies, un centre d'études énergétiques londonien. Les réserves de Majnoun, qui produisait 50 000 barils par jour avant la chute de Saddam Hussein, sont estimées à 12 milliards de barils. Le duo collabore aussi sur le champ de Nahr ben Omar, dans le Sud, dont les réserves sont estimées à 6 milliards de barils.

"LE MARIAGE IDÉAL"

Total et Chevron devront toutefois se contenter d'un contrat de service moins intéressant que les contrats de partage de production (production sharing agreement ou PSA) en vigueur avant la chute du dictateur.

"Les compagnies auraient bien voulu un PSA à long terme qui leur permet d'inscrire leurs réserves au bilan, créant de la valeur aux actionnaires. Mais le ministère irakien des pétroles ne veut pas être accusé de brader les richesses nationales au profit des étrangers. Ce type d'accord est la norme au Proche-Orient", souligne Mohammed Ali-Zainy. En vertu d'un tel contrat, la compagnie pétrolière joue un rôle de sous-traitant, facturant les opérations de développement des puits et d'extraction.

Douce musique pourtant aux oreilles de Christophe de Margerie, le directeur général de Total ! Les complémentarités entre les deux groupes sur ce dossier sont incontestables. En 1998, Total avait conclu, sans le signer, un accord PSA avec le régime de Saddam Hussein pour le développement de Majnoun. La société française avait hérité d'Elf, présent en Irak depuis 1991, de précieuses données géologiques. Depuis 2003, la compagnie française s'est repliée dans les Emirats arabes unis, d'où elle participe à la formation de techniciens irakiens.

Depuis l'invasion, Chevron, proche de l'administration Bush, a pu tisser en toute tranquillité des liens avec les technocrates du pétrole irakien. "C'est le mariage idéal combinant l'expérience de Total d'avant 2003 et celle de Chevron d'après 2003", souligne Ruba Husari, experte de la revue l'Energy Intelligence Group.

Par ailleurs, Chevron et la Compagnie française des pétroles, devenue Total, étaient actionnaires de l'Irak Petroleum Company entre 1928 et 1972, date de sa nationalisation. De surcroît, en chiffre d'affaires, les deux groupes sont au quatrième rang mondial, ex aequo.

Aujourd'hui, une dizaine de petites compagnies étrangères sont présentes en Irak, essentiellement dans l'exploration, dont Genel, Dana Gas, Gulfsands Petroleum, ONGC-Reliance et Addax Petroleum. En attendant que la sécurité soit garantie, les grands - BP, Shell, Total ou ExxonMobil - préfèrent attendre tout en plaçant leurs pions.

En 2007, la production irakienne s'est élevée en moyenne à 2 millions de barils/jour et les exportations à 1,6 million. Les coûts de production de ce pétrole léger, à faible teneur en soufre, s'élèvent à seulement 2 dollars le baril.

Marc Roche
Article paru dans l'édition du 11.08.07

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_elem … 447,0.html

Dernière modification par Kyja70 (11-08-2007 11:36:17)


"A ce jour, je n'entre pas dans les théories du complot, sauf celles qui sont vraies !" Michael Moore cité par Pr. David Ray Griffin dans un livre que tout le monde doit lire : La faillite des médias
Sinon écoutez Serge Latouche et Jacques Grinevald sur Nicholas Georgescu-Roegen !
http://ocparis.canalblog.com/

Hors ligne

 

#64 11-08-2007 13:43:37

kézako
Membre du forum
Date d'inscription: 12-02-2007
Messages: 6573

Re: Le PETROLE

Bien vu kyja70 wink

évidement il n'y a jamais aucun attentat sur les nombreux sites d'exploitation comme par le plus grand des hasards wink

Et Sarko passe un week end de détente avec deubeuliou en pêchant l'anguille des mers, une spécialité des Bush et autres pirates tongue


« La première victime d’une guerre, c’est la vérité » Déclaration du sénateur américain Hiram Johnson en 1917, lors de l’entrée en guerre des États-Unis.

Vous avez dit anti-américanisme ?

Hors ligne

 

#65 11-08-2007 20:29:55

phiphi94400
Membre du forum
Date d'inscription: 19-06-2007
Messages: 672

Re: Le PETROLE

Salut,

allez dans Google et téléchargez ce pdf de Matt Simmons:

Energy In The 21st Century: A Rough Ride Ahead

ça date de mars 2006


no comment


"Seule l’erreur a besoin du soutien du gouvernement. La vérité peut se débrouiller toute seule." — Thomas Jefferson, Notes on Virginia

"To err is human, but to preserve an error is diabolic" — Etienne de Harven

Hors ligne

 

#66 19-10-2007 16:02:10

Kyja70
Membre Actif Asso
Lieu: Budapest
Date d'inscription: 04-03-2007
Messages: 1164

Re: Le PETROLE

Le pic de pétrole, ça vous dit quelque chose ? wink

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … 558,0.html

Les cours du pétrole montent inexorablement
LE MONDE | 19.10.07 | 14h40  •  Mis à jour le 19.10.07 | 14h40

e prix du pétrole se rapproche inexorablement de son record d'avril 1980, quand la Révolution islamique en Iran avait porté le baril à 101 dollars (en monnaie constante). Il a atteint 90,02 dollars à New York, jeudi 18 octobre, lors des échanges électroniques suivant la séance. Cette brutale envolée - 46 % en un an - a accentué les inquiétudes sur le ralentissement de la croissance mondial, que le Fonds monétaire international (FMI) vient de ramener de 5,2 % à 4,75 % dans ses dernières prévisions.

A moins d'une récession ou d'un changement improbable du comportement des automobilistes, qui entraîneraient une baisse de la demande, les prix ne devraient pas diminuer dans les prochaines années. Même si la production de l'Arabie saoudite passe de 10 à 12,5 millions de barils par jour à l'horizon 2010, comme Ryad l'a annoncé, et si les capacités de raffinage s'accroissent en Asie et au Moyen-Orient. La demande reste en effet soutenue aux Etats-Unis et en Chine, mais aussi dans les pays producteurs qui consomment une part croissante de leur production (Russie, Golfe persique...).

"La question ne semble plus de savoir si le pétrole atteindra 100 dollars le baril, mais quand", indiquait en début de semaine une étude de Barclays Capital. Mercredi, le vice-président de Merril Lynch, Thomas Petrie, estimait que ce prix pourrait même être de 120 dollars le baril. Ces dernières années, les prix ont augmenté dès que des tensions apparaissaient (attaques de plateformes au Nigéria, ouragans dans le golfe du Mexique, conflit sur le nucléaire iranien...), mais ils n'ont pas baissé dans les mêmes proportions quand ces facteurs de risques ont diminué ou disparu.

Les niveaux atteints par les cours de l'or noir sont-ils justifiés ? Comme l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui défend les intérêts des pays consommateurs, le Département américain de l'énergie (DoE) juge que les fondamentaux de l'offre et de la demande (niveau des stocks, capacités de production supplémentaires en cas de défaillance d'un pays...) en sont responsables. Il reconnaît néanmoins que les spéculateurs ont pu également jouer un rôle.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) - qui doit réintégrer l'Equateur à la fin de l'année - fait une lecture très différente. Mardi, elle a réaffirmé que le marché est "très bien approvisionné", qu'il n'y a aucun risque de pénurie et que les stocks de brut et de produits distillés (essence, fioul de chauffage), notamment américains, sont confortables. "Les marchés sont largement tirés par les spéculateurs", en concluait Abdallah El-Badri. L'OPEP avait même annoncé une hausse de sa production quotidienne de 500 000 barils. "C'était trop peu et trop tard", a estimé Cheikh Yamani, l'ancien ministre saoudien du pétrole, jeudi, jugeant qu'il faut rouvrir le robinet pour réduire les tensions à l'approche de l'hiver.

"EXUBÉRANCE IRRATIONNELLE"

Même le PDG de la compagnie ExxonMobil, Rex Tillerson, considère que cette flambée des prix est "difficile à expliquer" alors que "personne n'a de difficulté aujourd'hui à s'approvisionner en pétrole". Certains risques sont exagérés, comme celui d'une incursion de l'armée dans le Kurdistan irakien riche en pétrole, qui aurait un impact limité sur l'approvisionnement mondial. D'autres ont disparu, comme la menace d'ouragans dans le golfe du Mexique. Quant au ralentissement de l'économie américaine, qui doit se traduire par une demande pétrolière moins soutenue, il pourrait aussi détendre les marchés.

Rien n'y fait face à l'"exubérance irrationnelle" des investisseurs, selon Gérard Burg, économiste à la banque centrale d'Australie interrogé par l'agence Bloomberg. Les analystes constatent qu'ils se sont en partie retirés de certains marchés (actions, obligations, monnaies) pour se rabattre sur les "commodities", notamment le pétrole. En témoigne, selon eux, l'explosion des transactions sur les marchés électroniques. Ces mouvements renchériraient considérablement le prix du baril.

Un autre facteur a joué, selon ceux qui pensent que le pétrole va encore s'apprécier : la baisse continue du dollar. Tant que la monnaie américaine s'affaiblira, le prix du pétrole montera, assurent ces analystes.

Certains pays très dépendants du pétrole commencent à s'inquiéter, comme le Japon et les Etats-Unis. Le secrétaire américain à l'énergie, Sam Bodman, a reconnu, mercredi, que ces prix élevés étaient un "grand sujet d'inquiétude" pour l'administration Bush, qui a décidé de réduire la dépendance de l'économie à l'or noir du Moyen-Orient. Pour l'heure, les optimistes remarquent que contrairement aux années 1970, le monde n'est pas confronté à une crise de l'offre. Et que la demande soutenue de pétrole reflète la vigueur de la croissance en provenance des pays émergents.

Jean-Michel Bezat
CHRONOLOGIE

1970 :
le prix officiel du pétrole saoudien est fixé à 1,80 dollar le baril.

1974 :
le prix dépasse 10 dollars après le premier choc pétrolier (embargo de l'OPEP pendant la guerre du Kippour)

1979 :
le cours dépasse 20 dollars, alors que vient d'éclater la révolution en Iran, qui provoque le deuxième choc pétrolier.

1990 :
en octobre, à la veille de la guerre du Golfe, le baril dépasse 40 dollars.

2005 :
il atteint 70 dollars avec l'ouragan Katrina sur le Golfe du Mexique.

2007 :
le 12 septembre, le baril dépasse 80 dollars, le marché s'inquiétant de la baisse des stocks pétroliers américains. Le 18 octobre, le baril franchit la barre des 90 dollars à New York.

Article paru dans l'édition du 20.10.07

"EXUBÉRANCE IRRATIONNELLE"

Même le PDG de la compagnie ExxonMobil, Rex Tillerson, considère que cette flambée des prix est "difficile à expliquer" alors que "personne n'a de difficulté aujourd'hui à s'approvisionner en pétrole". big_smilebig_smilebig_smilebig_smilebig_smilebig_smile

Dernière modification par Kyja70 (19-10-2007 16:04:07)


"A ce jour, je n'entre pas dans les théories du complot, sauf celles qui sont vraies !" Michael Moore cité par Pr. David Ray Griffin dans un livre que tout le monde doit lire : La faillite des médias
Sinon écoutez Serge Latouche et Jacques Grinevald sur Nicholas Georgescu-Roegen !
http://ocparis.canalblog.com/

Hors ligne

 

#67 19-10-2007 21:10:43

phiphi94400
Membre du forum
Date d'inscription: 19-06-2007
Messages: 672

Re: Le PETROLE

Allez une petite touche de plus:

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1327

Pic pétrolier : Ghawar s’assèche, la production saoudienne décline
10 octobre 2007

L’Arabie Saoudite est le fournisseur clé du marché pétrolier mondial. Toutes les projections tablent sur une augmentation de ses exportations dans les prochaines années pour faire face à une demande accrue. Mais il y a un problème : la production saoudienne baisse. Ghawar, le plus grand champ pétrolier au monde est en train de s’assécher, et les saoudiens peinent à compenser son déclin.

http://img228.imageshack.us/img228/9329/arton1327iv8.jpg

Par James Hamilton, The Atlantic, octobre 2007

Il n’est pas de pays plus important sur le marché pétrolier que l’Arabie Saoudite.

Le royaume a produit environ 9,2 millions de barils de brut par jour (mb/j) en 2006, et compte pour 19% dans les exportations mondiales de pétrole. De nombreux analystes espèrent qu’il fournisse un quart de l’augmentation attendue de la production mondiale dans les années qui viennent. En tant que seul pays pétrolier jouissant de capacité excédentaire de production, il a joué un rôle crucial pour compenser les baisses de celle-ci, par exemple en pompant un supplément de 3,1 mb/j lors de la première guerre du Golfe, au moment ou la production de l’Irak et du Koweit avait baissé de 5,3 mb/j.

Le champ pétrolier de Ghawar est le joyau de la couronne. S’étendant sur plus de 200 km de zone désertique, c’est la plus grande réserve connue au monde. Il produit deux fois plus que n’importe quel autre champ et a sans aucun doute contribué à plus de la moitié de la ressource Saoudienne. Exploité depuis 50 ans, un jour ou l’autre sa production va décliner.

Les saoudiens ne publient pas de chiffres sur la production de chaque puits, ni sur leurs réserves restantes. Mais la production totale du royaume a baissé d’un million de barils sur les deux dernières années(cf graphique).

http://img85.imageshack.us/img85/4493/saudioilvr2.jpg
Champs pétroliers

Le royaume affirme que cette baisse est due à la faiblesse de la demande. Mais la diminution marquée dans sa production a débuté au printemps 2006, alors que le prix du baril passait de 60 à 74 dollars. L’explication selon laquelle personne ne voulait acheter de brut saoudien soulève l’incrédulité. Cette chute dans la production a également coïncidé avec un effort gigantesque pour découvrir et extraire plus de pétrole. Le nombre de puits exploités en Arabie Saoudite a triplé durant les trois dernières années (cf graphique).

Frustré par le manque de données sur Ghawar, Stuart Staniford, un informaticien diplômé en physique, a réalisé une étude difficile à mener, en collectant les informations disponibles dans le domaine public. Ses travaux ont été publiés sur The Oil Drum, un site web qui analyse les marchés de l’énergie.

http://img87.imageshack.us/img87/9628/saudiprodpj7.jpg
Prix du baril & Production saoudienne

Les saoudiens ont développé Ghawar en utilisant des injections d’eau depuis la périphérie du champ. L’eau est pompée dans le puit, chassant le pétrole restant à la surface. En se basant sur les informations sur la production saoudienne, qui étaient disponibles en plus grand nombre avant les années 1980, Staniford a pu calculer que la hauteur de nappe de pétrole dans la zone nord de Ghawar était à l’époque de 160 mètres. Des éléments provenant de nombreuses sources suggèrent que le niveau de l’eau s’est élevé de 6 mètres par an. En extrapolant cette évolution, cela indiquerait que la région nord de Ghawar est aujourd’hui quasiment épuisée.

Staniford a également conçu une simulation informatique détaillée du champ de Ghawar, bâtie à partir des données sur sa forme et sa taille, la porosité et la perméabilité de la roche, et le taux d’extraction estimé. Le résultat de cette simulation se recoupe remarquablement bien avec les autres calculs effectués par Staniford. La production de Ghawar nord a vraisemblablement atteint son pic.

http://img145.imageshack.us/img145/5772/oilsaudi2io1.jpg
Production saoudienne et part de Ghawar - graphique de Frederik Robelius

Ghawar sud contient toujours beaucoup de pétrole, et les efforts du royaume pour découvrir de nouveaux puits porteront peut-être leurs fruits. Mais Ghawar nord a été développé le premier parce qu’il était le champ le plus prometteur, et de loin. Sa production ne pourra être facilement remplacée. A peu près au même moment où la production saoudienne a commencé à décliner, le nouveau projet d’Haradh, au sud de Ghawar, a commencé à produire 300 000 mb/j supplémentaires. Les saoudiens ont également fait un énorme investissement pour rouvrir le champ de Qatif, sur la côte est, qui avait été abandonné en 1995, et qui selon les estimations fournit aujourd’hui 500 000 mb/j. Une production déclinante, malgré ces contributions nouvelles, suggère que la situation pourrait être sérieuse.

http://img145.imageshack.us/img145/7053/saudirigws3.jpg
Nombre de puits en exploitation

A tout le moins, l’époque où les capacités excédentaires de l’Arabie Saoudite lui permettaient de compenser les pertes de production dues aux évènements géopolitiques pourrait bien appartenir au passé, au moment même ou la menace de telles ruptures est plus grande que jamais. Si la production saoudienne continue à décliner alors que la demande mondiale continue de croître, dans quelques années nous regarderons l’été 2007 comme celui des derniers jours ou le carburant - même à un euro le litre - était abondant et bon marché.

James D. Hamilton enseigne l’économie à l’université de Californie, San Diego. Ses analyses sont publiées par Econ Browser

Publication originale The Atlantic, traduction Contre Info

Illustration : Surface du champ de Ghawar : à l’origine et aujourd’hui


Lire aussi

Richard Heinberg : Pic de tout (VO) http://contreinfo.info/article.php3?id_ … e=peak+oil
Pic pétrolier : le compte à rebours a commencé http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1318
Lord Oxburgh : les dirigeants de l’industrie pétrolière se cachent la tête dans le sable (VO) http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1263
James Schlesinger : au sujet du pétrole, nous sommes tous « piquistes » désormais (VO) http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1254
Le pic pétrolier ? c’est maintenant, dit l’AIE (VO) http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1183
Le marché pétrolier face à un mur http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1177
Matthew Simmons : nous avons atteint le pic pétrolier http://contreinfo.info/article.php3?id_article=892
Le Pic Pétrolier ne sauvera pas le climat - bien au contraire http://contreinfo.info/article.php3?id_article=833
Pic Pétrolier : Cantarell, un champ majeur sur le déclin http://contreinfo.info/article.php3?id_article=796
Yves Cochet : Pétrole Apocalypse http://contreinfo.info/article.php3?id_article=785
Oil Peak : la production saoudienne sur le déclin http://contreinfo.info/article.php3?id_article=720
Jancovici : il faut se "désintoxiquer" du pétrole
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=334

Dernière modification par phiphi94400 (19-10-2007 21:20:18)


"Seule l’erreur a besoin du soutien du gouvernement. La vérité peut se débrouiller toute seule." — Thomas Jefferson, Notes on Virginia

"To err is human, but to preserve an error is diabolic" — Etienne de Harven

Hors ligne

 

#68 20-10-2007 01:08:58

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: Le PETROLE

Question bête :

Il n'y a pas eu un ministre canadien (?) qui a fait une déclaration du genre :
"tout le monde sait que les USA ont envahi l'Irak pour son pétrole"

?


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#69 28-10-2007 11:38:32

yvesduc
Membre de Soutien
Lieu: Paris (sud)
Date d'inscription: 18-11-2006
Messages: 1072
Site web

Hors ligne

 

#70 28-10-2007 12:19:40

Kyja70
Membre Actif Asso
Lieu: Budapest
Date d'inscription: 04-03-2007
Messages: 1164

Re: Le PETROLE

Et aussi Alan Greenspan (l'ex président de la FED) :

http://www.alterinfo.net/Alan-Greenspan … 11285.html

Et aussi quelqu'un de bien informé ! wink

http://www.rtlinfo.be/news/article/3474 … Irak+a+%C3

Après Paul Wolfowitz, Greenspan est le deuxième ex- haut fonctionnaire qui fait de telles déclarations. "Je suis triste qu'il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que tout le monde sait: la guerre en Irak est largement une question de pétrole", acrit-il dans ses mémoires.


"A ce jour, je n'entre pas dans les théories du complot, sauf celles qui sont vraies !" Michael Moore cité par Pr. David Ray Griffin dans un livre que tout le monde doit lire : La faillite des médias
Sinon écoutez Serge Latouche et Jacques Grinevald sur Nicholas Georgescu-Roegen !
http://ocparis.canalblog.com/

Hors ligne

 

#71 29-10-2007 09:37:09

Kyja70
Membre Actif Asso
Lieu: Budapest
Date d'inscription: 04-03-2007
Messages: 1164

Re: Le PETROLE

Et ça continue, nouveaux records sur records : 93,20$ le baril !
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … 558,0.html
http://www.liberation.fr/actualite/econ … 993.FR.php

J'invite tous ceux qui n'ont pas encore vu le génialissime Oil smoke and mirrors à le regarder pour comprendre unpeu les enjeux du peak oil !
http://www.reopen911.info/videos/videos … -vo-st-fr/


"A ce jour, je n'entre pas dans les théories du complot, sauf celles qui sont vraies !" Michael Moore cité par Pr. David Ray Griffin dans un livre que tout le monde doit lire : La faillite des médias
Sinon écoutez Serge Latouche et Jacques Grinevald sur Nicholas Georgescu-Roegen !
http://ocparis.canalblog.com/

Hors ligne

 

#72 03-11-2007 21:27:04

MARTGOL
Membre du forum
Lieu: FRANCE
Date d'inscription: 13-08-2007
Messages: 4943

Re: Le PETROLE

http://contreinfo.info/

La Syrie, la Malaisie, l’Iran et le Venezuela signent un accord pour la construction d’une raffinerie de pétrole
jeudi 1er novembre

La Syrie, la Malaisie, l’Iran et le Venezuela ont signé un accord pour la construction d’une raffinerie de pétrole d’une capacité de 140.000 barils par jour dans le centre de la Syrie.

Le projet dont le coût est évalué à 2,6 mds de dollars, doit être construit dans la région de Homs, qui abrite déjà une première raffinerie.

Le projet sera financé par la Syrie, le Venezuela et l’Iran à hauteur de 30% ainsi que par des prêts.

L’accord a été signé par des représentants des quatre pays, dont le directeur de l’actuelle raffinerie de Homs Noureddine Makhlouf, le vice-ministre du Pétrole iranien Mohammad Reza Nematzadeh et le chef d’une compagnie privée malaisienne Moukhtar al-Boukhari.

Le vice-Premier ministre syrien du Pétrole Abdallah Dardari a déclaré que ce projet avait pour objectif d’"atténuer les importations en Syrie de dérivés pétroliers".
Sources  IRNA


"Quand les drapeaux sont déployés, toute l'intelligence est dans la trompette".Stefan Zweig.
http://soundcloud.com/le-principia

Hors ligne

 

#73 04-11-2007 01:26:54

kézako
Membre du forum
Date d'inscription: 12-02-2007
Messages: 6573

Re: Le PETROLE

Washington doit rejoindre la Convention sur le droit de la mer face aux prétentions russes sur l'Arctique (sénatrice)
   
11:32     |     01/ 11/ 2007

WASHINGTON, 1er novembre - RIA Novosti. Une sénatrice de l'Alaska a appelé jeudi le Congrès américain à ratifier la Convention des Nations unies sur le droit de la mer en vue de pouvoir défendre les intérêts américains dans la région arctique riche en hydrocarbures et convoitée par la Russie.

"L'Etat d'Alaska a beaucoup d'intérêt à ce que les Etats-Unis rejoignent cette convention en vue d'élargir et d'exploiter leur plateau continental en Arctique", a déclaré la sénatrice républicaine Lisa Murkowski lors d'une session de la commission aux affaires étrangères du Sénat américain.

"L'Arctique recèle d'importantes ressources naturelles et, sans oublier les nombreuses prétentions formulées par la Russie, nous considérons avec beaucoup d'intérêt les perspectives de navigation maritime polaire qui s'ouvriront en cas de fonte progressive de la calotte glaciaire", a poursuivi Mme Murkowski.

En 1991, la Russie et les Etats-Unis ont signé un accord délimitant leur frontière maritime en mer de Béring, texte vite ratifié par le Sénat américain, mais jamais par la Douma russe. Selon Mme Murkowski, le refus américain de ratifier la Convention permet à la Russie de ne pas ratifier l'accord frontalier, ce qui nuit aux intérêts économiques des Etats-Unis et risque d'affecter leur sécurité nationale.

"Les habitants de l'Alaska soutiennent nos forces armées, et ils accueilleraient à bras ouverts un contingent naval supplémentaire dans notre Etat, avec les familles des militaires, mais franchement je ne suis pas sûre que dépêcher un porte-avions en Arctique soit le meilleur moyen de justifier notre droit à exploiter nos propres ressources", a résumé la sénatrice américaine.

http://fr.rian.ru/world/20071101/86179153.html


« La première victime d’une guerre, c’est la vérité » Déclaration du sénateur américain Hiram Johnson en 1917, lors de l’entrée en guerre des États-Unis.

Vous avez dit anti-américanisme ?

Hors ligne

 

#74 04-11-2007 16:10:42

roberto
Membre du forum
Date d'inscription: 10-07-2007
Messages: 233

Re: Le PETROLE

Kyja70 a écrit:

Et ça continue, nouveaux records sur records : 93,20$ le baril !
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … 558,0.html
http://www.liberation.fr/actualite/econ … 993.FR.php
J'invite tous ceux qui n'ont pas encore vu le génialissime Oil smoke and mirrors à le regarder pour comprendre unpeu les enjeux du peak oil !
http://www.reopen911.info/videos/videos … -vo-st-fr/

Je ne suis pas persuadé de la véracité de ce scénario du peak oil.

Un article de prisonplanet:

http://www.prisonplanet.com/archives/peak_oil/index.htm

CONFESSIONS OF AN "EX" PEAK OIL BELIEVER

http://www.financialsense.com/editorial … /0925.html


"Quiconque veut ravir la liberté d'une nation doit commencer par lui retirer le droit de s'exprimer librement."

Benjamin Franklin

Hors ligne

 

#75 12-11-2007 18:34:16

ResidentExil
Nouveau membre du forum
Date d'inscription: 04-10-2007
Messages: 20

Re: Le PETROLE

Oulalalalalalala !
Le pétrole ne serait pas issu de la biomasse ? Et personne ne répond depuis plus d'une semaine !
Mais c'est remettre en question le fondement de notre religion séculaire ! C'est la fin de l'adoration angoissée devant cette dive onction de la nature que l'on nous dit très mal partagée entre les hommes !
La volte-face sur l’origine du pétrole est quand même incroyable !!
Et tous ces géologues qui auraient fermé les yeux ! Et notre monde occidental qui serait peuplé d’hypocrites à l’intelligence sans conscience et sans pitié ! Tout ne serait que convoitise, avidité, rivalité et égoïsme !
madmadmadmad
Vite ! Y a-t-il un géologue parlant le russe sur le forum ? Peut-il répondre à cette question :

Y a-t-il une "gigantesque escroquerie politico-financière" sur le pétrole, encore une, au seul bénéfice de quelques uns ?

Je veux bien imaginer les pétroliers capables de jouer à leur guise sur le fameux "taux de récupération", que l'on peut, avec un peu de technique, faire varier de 25 à 40%, sans forcément nous le dire  - ils sont un peu cachotiers sur leurs investissements.
Maintenant, que le pétrole se loge dans les roches mères poreuses par le haut ou par le bas, je ne me prononcerais pas pour le moment.

Qui plus est, William Engdahl n'a pas vraiment une formation de géologue. Et j'avais lu un article très pointu d'une revue de géologie qui précisait la composition du pétrole plus que ne le fait wikipedia et qui datait telle ou telle couche de telle ou telle période historique (crétacé...).
hmm
Mais bon, Engdahl a d'autres choses à nous dire.roll

L’auteur de Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain, tout juste traduit en 2007, écrit ceci sur le racket de la crise de 1973 :

"Vous découvrirez comment le premier choc pétrolier fut une incroyable et cynique manipulation conçue par Henry Kissinger pour opérer un transfert planétaire de capitaux vers les banques de Londres et de New York, au prix de la ruine des pays du Tiers-monde" ;


OK pour le Tiers-Monde appauvri. C'est même écrit dans mon dictionnaire.

Il dit aussi dans sa préface que l’Occident n’est pas sur le point de manquer de pétrole sur son territoire, loin de là. Mais qu’il cherche juste à assoir sa suprématie sur le reste du monde. Car les 4 gros trusts anglo-américain ne contrôlent pas encore tout ce qu'ils veulent.!

Accessoirement, il traite Balfour d’hypocrite dans sa lettre à Rotschild. Quand Balfour acceptait ainsi la création d’Israël, il avait simplement en tête d'avoir un pied, ou plutôt un bataillon de rangers, sur l’ex territoire ottoman. J’ai lu ailleurs que cette lettre a permis à Messieurs les Angliches de bénéficier de nouveaux capitaux de la part des milieux d'affaires sionistes, et de gagner la guerre du nerf de la guerre face aux Allemands, lesquels ne pouvaient plus que s’incliner, même s'ils n'avaient pas perdu de territoire.
Savoir qui faisait le plus de pressions vers l’autre n’est pas son propos. Il est dans une logique économique plutôt que civilisationnelle. Je pencherais au moins pour un festin qui arrangeait tout le monde sur le dos de la proie palestinienne.

Sinon, le reste des produits www.editionsjcgodefroy.fr sur le péril islamiste n'est pas affriolant.hmm


Tsarcouillon : "Elle est belle la rolex !"
"Un type qui vend à des millions d'exemplaires, ça m'intéresse".

Hors ligne

 

#76 13-11-2007 21:48:02

yvesduc
Membre de Soutien
Lieu: Paris (sud)
Date d'inscription: 18-11-2006
Messages: 1072
Site web

Re: Le PETROLE

ResidentExil, j'apprécie ton message fort intéressant même si je ne saisis pas toutes les nuances du débat. Par contre je pense en effet que le Pic est l'événement à l'origine du 11/9 et ceci montre surtout qu'il y aurait besoin d'informer les reopeniens sur la question du Pic et des enjeux énergétiques (... en période de déplétion pétrolière). Beaucoup d'entre nous ont quelques idées sur la question – mais aussi des questions – et peut-être qu'avec l'aide des experts d'Oléocène, nous pourrions progresser.

Dernière modification par yvesduc (13-11-2007 21:48:48)

Hors ligne

 

#77 14-11-2007 10:41:35

Kyja70
Membre Actif Asso
Lieu: Budapest
Date d'inscription: 04-03-2007
Messages: 1164

Re: Le PETROLE

http://www.liberation.fr/dossiers/petro … 801.FR.php

Table ronde
«La maison brûle et tout le monde regarde ailleurs!»
Pays émergents en pleine croissance, production insuffisante, asphyxie générale... Est-ce la fin du tout-pétrole? Trois économistes décryptent la nouvelle donne.
Par Vittorio DE FILIPPIS
LIBERATION.FR : mercredi 15 novembre 2006

Le pétrole est partout. Epuisement des réserves, instabilité géopolitique, faiblesse des investissements... Une forte hausse du prix du fluide le plus indispensable à l'économie mondiale semble inéluctable. Et cette fois le choc ne sera pas seulement économique. Il risque de sonner le début de la fin d'un monde tel que nous le vivons. Vision exagérément pessimiste ? Pas sûr. Car, pour de nombreux observateurs, la fête est finie. Et le sevrage va s'imposer plus vite que prévu. Pour tenter de dresser un bilan et tracer les futurs possibles d'un univers où le pétrole sera cher, Libération a réuni trois experts. Jean-Marie Chevalier (à droite sur la photo), professeur d'économie à Paris-Dauphine, est aussi directeur au Cambridge Energy Research Associates (Cera, bureau de Paris). Serge Latouche (de dos), économiste et philosophe, professeur émérite à l'université Paris-Sud, est l'un des chefs de file de la décroissance soutenable. Patrick Artus (à gauche), directeur des études économiques de la Caisse des dépôts et consignations, est reconnu pour la pertinence de ses analyses macro-économiques. Entretien.





Depuis plus d'un siècle et demi, le pétrole a été bon marché, vivons-nous la fin de cette période ?

Jean-Marie Chevalier : Oui.

Serge Latouche : Oui, nous sommes entrés dans l'ère d'un pétrole qui sera de plus en plus rare, néfaste à l'environnement et aux populations...

Patrick Artus : Ça ne fait que commencer.



Quel est l'état de la planète pétrole ?

J.-M.C. : Il faut d'abord préciser ce que l'on entend par réserves pétrolières. Il y a celles qui sont prouvées et récupérables aux conditions technologiques et économiques actuelles. Il y a les réserves probables, plus délicates à quantifier. Pendant longtemps, le taux de récupération du pétrole a été dramatiquement bas, de l'ordre de 35 %. On laisse donc dans les roches 65 % du pétrole. Avec les nouvelles technologies, qui permettent des forages à 3 000 m de profondeur, nous sommes capables de découvrir de nouvelles roches qui ressemblent à des éponges qui contiennent du pétrole. Toujours grâce à la technique, nous pourrons augmenter ce taux de récupération sur les gisements existants ou à découvrir. Notez que les compagnies pétrolières n'ont pas intérêt à avoir dans leur portefeuille des réserves trop importantes. Cela revient à avoir des dollars qui dorment sous terre.



L'économie mondiale engloutit chaque jour ce qui est produit quotidiennement, soit environ 80 millions de barils. Satisfaire une demande accrue devient de plus en plus difficile...

J.-M.C. : Les tensions sont fortes. Mais nous n'avons toujours pas atteint les records du second choc pétrolier. A l'époque, en 1979-1980, le baril était coté 35 dollars, soit l'équivalent de 80 dollars de nos jours. Pour l'avenir, la grande angoisse, c'est la Chine.



Beaucoup estiment que nous avons extrait la moitié des réserves, soit 1 000 milliards de barils... Est-ce le début du compte à rebours ?

J.-M.C. : Je n'ai pas de crainte sur les réserves, elles sont là. Je suis beaucoup plus sceptique sur le déblocage des investissements nécessaires pour les extraire. Le cas de l'Irak est très éclairant. A la veille de la guerre, ce pays produisait deux millions et demi de barils par jour. Si on investissait dans le potentiel pétrolier irakien, on pourrait monter à cinq. Beaucoup de pays restent fermés à l'investissement étranger. Le Mexique est fermé, l'Arabie Saoudite, l'Iran, sont fermés, idem en Russie...

P.A. : J'ajouterais un point : le poids des pays émergents. Si on prend les pays les plus avancés, comme les Etats-Unis, l'Europe ou le Japon, on constate une baisse tendancielle de la consommation de pétrole rapportée au PIB. Ils sont plus efficaces dans leur consommation. Mais que se passe-t-il dans les pays émergents d'Europe centrale, ou encore en Chine ? La consommation pétrolière reste stable. Et pour cause, puisque ces pays sont dans une phase où c'est l'industrie, gourmande en énergie, qui prédomine. Cette année, la consommation quotidienne de pétrole de l'Asie et du Pacifique va atteindre les 25 millions de barils par jour.



Alors que les Etats-Unis consomment à eux seuls 20 millions de barils par jour...

P.A. : Oui. Mais l'élasticité de la consommation mondiale de pétrole augmente. Autrefois, lorsque le PIB mondial s'élevait de 1 % à cause de la croissance américaine ou européenne, la consommation de pétrole montait de 0,4 %. Aujourd'hui, ce taux ne cesse de grossir du fait que les pays qui font de la croissance sont des pays émergents qui ne font pas d'économies dans l'usage de pétrole. Tout ceci peut se lire dans les chiffres, notamment depuis le boom chinois de 2002. Depuis cette date, la demande mondiale de pétrole augmente de près de 3 % par an, alors qu'elle n'atteignait pas 1 % jusqu'à la fin des années 90. Cette hausse coïncide avec la découverte du crédit en Chine, crédit qui sert à acheter des voitures. L'évolution de la capacité mondiale de pétrole était largement suffisante jusqu'à la fin des années 90, elle ne l'est plus. D'ici à 2015, l'offre mondiale va augmenter d'une quinzaine de millions de barils par jour, alors que la demande grimpera à 25 millions de barils.



Ce qui laisse supposer, à l'horizon 2015, un prix du baril à 300 dollars...

P.A. : D'ici dix ans, il ne manquera peut-être pas 10 millions de barils par jour pour étancher la soif de pétrole de la planète, mais 6 à 7 millions. Pour réduire la demande mondiale, il faudra augmenter son prix massivement. Sans atteindre les 300 dollars, le baril se négociera autour de 150 dollars.

J.-M.C. : Nous sommes toujours confrontés à cette inconnue : les investissements vont-ils suivre ? Et puis, certains pays ne vont-ils pas changer leur mode de vie en instaurant, par exemple, des impôts pour diminuer la consommation de pétrole. L'ajustement se fera-t-il seulement par les prix ? C'est la combinaison de ces trois éléments, investissement, demande, et prix, qui formera un nouvel équilibre. Alors 200 ou 300 dollars ? Personne n'en sait rien ! Par contre, il me semble que le changement climatique est de plus en plus intégré dans les stratégies industrielles. Ceci aura un impact fort. Car les effets du changement climatique vont obliger nombre de pays à réduire leur demande, à agir sur la consommation, à produire des hybrides.

P.A. : Soyons modestes : personne ne connaît la technologie de demain. Mais nous savons tous que celle de 2015 sera la même que celle d'aujourd'hui. Ce constat, à lui seul, est suffisant pour pousser les prix à la hausse. Mais 2030 est beaucoup moins prévisible de ce point de vue. On parle beaucoup de la Chine, mais sa croissance peut s'arrêter pour d'autres raisons. Regardez le platine, le palladium, le cuivre, le minerai de fer..., l'impossibilité de résoudre l'équation entre les réserves et les besoins à terme est pire que pour le pétrole.



La fin du pétrole bon marché annonce-t-elle une démondialisation ?

S.L. : Je suis tout à fait d'accord pour dire que ce n'est pas forcément par le pétrole qu'on peut redouter une cassure dans l'évolution de l'économie mondiale et de ses prétendus équilibres tant économiques qu'écologiques. Beaucoup d'experts commencent à faire un lien entre démondialisation et pétrole cher. Ainsi, le député vert Yves Cochet estime qu'à 150 dollars le baril, il n'y a plus d'aviation civile.

J.-M.C. : La démondialisation est une question très difficile. Mais il est vrai que nous sommes dans une économie mondialisée dans laquelle le transport n'a probablement jamais été aussi bon marché. Ça ne va pas durer. A partir de quand le pétrole cher remettra-t-il en cause les flux d'échanges de marchandises dans le monde ? A partir de quand les haricots verts du Kenya n'arriveront-ils plus sur nos marchés ? Ce qui est certain, c'est que cette mécanique de la mondialisation risque le grippage.

S.L. : On ne peut pas avoir une réponse brutale, car nous savons tous que le transport aérien est de facto subventionné puisque le kérosène est détaxé depuis un accord de 1946. Ce qui paraît délirant, c'est qu'on crée des infrastructures de transports comme si la croissance potentielle était sans limites. Nous n'avons pas du tout intégré que c'est tout simplement impossible. Dans cette fuite en avant, on conçoit le futur gros porteur d'Airbus qui ne volera peut-être jamais du point de vue commercial, car, lorsqu'il arrivera sur le marché, on sera peut-être dans un contexte totalement différent.

J.-M.C. : C'est un vrai problème. D'autant que si l'on commençait, dès aujourd'hui, à calculer le coût des externalisations des transports routiers ou aériens, nous changerions notre manière d'imaginer le futur. Car les coûts externes du transport sont chaque jour de plus en plus élevés. Or, ces coûts externes, il faudra les payer un jour. Ils seront constitués des effets néfastes de la pollution, des encombrements, de la dégradation de la santé publique...



Raison de plus pour faire de la «décroissance organisée»...

P.A. : Le problème est plutôt de savoir si on va expliquer aux Indiens et aux Chinois que leur niveau de vie va s'arrêter à 1 500 dollars par habitant, pendant que nous, les riches, sommes à 30 000 dollars.



Mais comment faire, dès lors que le modèle économique occidental sert de référent au reste de la planète ?

P.A. : C'est justement toute la problématique : expliquer aux pays émergents qu'ils ne peuvent pas avoir la même stratégie de développement que nous, que la Chine ne peut pas avoir un PIB constitué à plus de 70 % par de la production industrielle.

J.-M.C. : Dans ces pays – l'Inde et la Chine ou encore le Brésil –, il y a une prise de conscience progressive du fait que les questions environnementales sont des questions sérieuses. Le bilan énergétique chinois est à l'heure actuelle à 65 % lié au charbon. Et ils savent que, s'ils continuent, ils s'asphyxient. Je crois que nous négligeons les effets positifs du protocole de Kyoto. Les mécanismes de marché de CO2 peuvent amener à réduire les émissions de CO2. Sans parler des mécanismes de développement durable. Le transfert de technologies propres des pays riches vers les pays en voie développement permettra une croissance qui sera moins intense en énergie.



Le mécanisme que vous évoquez n'évitera pas une flambée du prix du pétrole...

P.A. : Sans doute. D'autant plus que les Chinois connaissent une progression de ventes des voitures de l'ordre de 130 %. Ils ne peuvent pas continuer.

J.-M.C. : Ils finiront par réaliser qu'un mode de croissance tel que nous l'avons vécu n'est pas possible...

S.L. : Mais lorsque vous dites cela, vous laissez croire que nous pouvons, nous, continuer comme si de rien n'était. Or, notre mode de croissance n'est pas plus viable que le leur. C'est ça le défi que nous devons relever. Les pays émergents sont exactement comme nous. Comme nous, ils voient que la maison brûle et, comme nous, ils regardent ailleurs. Tout le monde s'alarme, y compris les politiques, mais la mégamachine continue à suivre sa logique.



Faut-il considérer le pétrole comme l'eau et plaider pour qu'il devienne un bien public mondial, géré autrement que par les seuls intérêts privés ? Et inventer une gouvernance mondiale du pétrole ?

J.-M.C. : Le pétrole est un bien privé. En face, nous avons un bien public mondial qui est le climat et qui appartient à six milliards d'individus, bientôt neuf. Il y a bien un mode de gouvernance mondiale à instaurer entre le climat et le pétrole, et là, je crois que Kyoto va dans le bon sens. Ceci étant, le prix du baril reste bon marché, il ne faut que 7 dollars en moyenne pour extraire un baril de pétrole. On voit que l'or noir génère une richesse extravagante.

P.A. : La production est concentrée dans les mains de peu d'acteurs dont les objectifs sont éloignés du bien-être planétaire... Dans quinze ans, le pétrole, ce sera les Russes et le Moyen-Orient. Or, leur concept d'utilité ne prend pas en compte l'intérêt de la collectivité, les effets du CO2 ou des coûts externes générés par l'utilisation intensive du pétrole. La gouvernance du pétrole est une question qui va se poser. Mais elle est extrêmement compliquée à résoudre.



Pourquoi ?

P.A. : Prenons l'exemple de la Russie : le pétrole y est un générateur de revenus alors que le reste de l'économie ne fonctionne pas. On pourrait presque dire que le pétrole sert à redistribuer de la richesse. En revanche, en Arabie Saoudite, le pétrole est un moyen d'enrichissement personnel. Dans un délai relativement court, nous allons avoir une ressource extrêmement rare concentrée dans les mains de personnes aux objectifs extrêmement divergents, voire douteux.

J.-M.C. : Et qui peuvent avoir la tentation de créer de la rareté...

S.L. : Ils le font déjà : le marché du pétrole, où seul prime l'objectif de rentabilité, n'incite pas à l'investissement.

P.A. : Quand l'Arabie Saoudite a 250 milliards de dollars d'excédents de sa balance commerciale et qu'elle n'arrive pas à dépenser la moitié de ce revenu, elle n'a aucune incitation à aller chercher du pétrole. Si les Saoudiens avaient pour mission de réduire les risques de la planète, ils auraient un tout autre comportement.



Cela remet en question la propriété privée de la ressource...

P.A. : Oui. Sachant qu'un pétrole qui devient tout d'un coup cher ne crée pas une situation optimale pour le plus grand nombre. Si le pétrole était géré mondialement, il serait géré de façon intemporelle en évitant la rareté.

S.L. : Mais l'intérêt de la planète n'est pas qu'on produise toujours plus de pétrole...

J.-M.C. : N'oubliez pas que ce que redoutent les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), c'est que les prix du pétrole déclenchent une récession mondiale qui leur revienne en boomerang. Cela dit, ils n'ont aucun moyen d'empêcher une hausse des prix. L'Opep n'a plus de capacité excédentaire et donc ne peut plus fournir les missing barils en cas de forte augmentation de la demande.



Le choc pétrolier de demain sera-t-il de même nature que les précédents ?

P.A. : Il est très difficile d'exhiber, depuis 2002, un effet négatif de la hausse du pétrole sur la croissance mondiale. Cela tient à des mécanismes financiers. Et c'est dangereux. Car finalement, si nous avions vu les effets négatifs du prix du pétrole sur l'activité économique mondiale, nous nous serions posé des questions. Or, nous ne nous posons pas de questions. Le monde va encore croître de quelque 5 % cette année, finalement ce n'est pas si mal que ça.



Il n'y a donc pas de problème ?

P.A. : Dès que les pays producteurs de matières premières placent ou dépensent leur argent, ils le font sur les marchés financiers hypersophistiqués. Du coup, les prix des actifs financiers montent ; même chose du côté de l'immobilier. Tout ceci génère des effets de richesse tels qu'il n'y a pas d'effets négatifs à ces niveaux de prix du pétrole sur la croissance mondiale. Le système tient d'autant plus qu'on a ouvert les vannes du crédit bon marché. Tout le monde est surendetté. Résultat ? Le pétrole n'est pas une cause de blocage économique, et il n'y a pas de prise de conscience des risques. Donc on ne fait rien.



Personne ne souffre ?

P.A. : Ceux qui souffrent, ce sont essentiellement les émergents importateurs de matières premières. Pour l'instant, les pays riches ne souffrent pas grâce à la bulle financière, et grâce au fait que les Saoudiens et d'autres pays exportateurs de pétrole placent l'argent de l'or noir sur les marchés boursiers. Ce phénomène génère de telles plus-values que cela compense le prélèvement pétrolier. L'ensemble forme une mécanique économique totalement anesthésiante. Tout ceci s'effondrera le jour où les patrons des grandes banques centrales décideront d'augmenter les taux d'intérêts. Si on arrête le crédit, en remontant les taux bancaires, on fabriquera alors une catastrophe économique. Pour l'instant, le monde occidental vit sous l'illusion qu'il ne se passera rien de dangereux.



Combien de temps peut tenir cette situation ?



J.-M.C. : On donne du revenu aux pays pétroliers, et eux nous donnent du crédit. Cela durera tant que les banquiers centraux accepteront qu'on fonctionne sur une économie de crédit et non sur une économie de revenu.

P.A. : Mais cela finira par lâcher, puisque les banques centrales vont bien finir par siffler la fin d'une récréation où l'augmentation des volumes de crédit est de 15 % par an.

S.L. : Mais lorsque tout s'écroulera, non seulement le crédit va manquer, mais tous les actifs vont voir leur valeur se dégonfler. Ce sera pire que lors du second choc pétrolier en 1979. Moi, je n'ai pas cette approche. Ou du moins pas seulement. Je crois qu'il faut partir de ce que l'on appelle l'empreinte écologique. Nous vivons la sixième extinction des espèces. La cinquième a vu disparaître les dinosaures il y a 65 millions d'années. Le problème de l'extinction actuelle, c'est qu'elle se fait entre 1 000 et 30 000 fois plus vite que la précédente. Faut-il rappeler qu'il disparaît entre 100 et 200 espèces par jour ! C'est nous qui sommes responsables de ces extinctions. Nous finirons par en être les victimes. Nous nous sommes embarqués dans une société de croissance, c'est-à-dire qui n'a pour objectif que la croissance. Faire croître indéfiniment la production pour faire croître indéfiniment la consommation. Et quand les revenus ne suivent pas, on ouvre les robinets du crédit autant que possible. Or, une croissance infinie n'est pas possible dans un monde fini, dont les ressources sont limitées. Nous sommes condamnés à stopper cette fuite en avant. Mais nous sommes devenus des toxicodépendants de la croissance, nous sommes dans la situation du drogué qui préfère fréquenter son dealer alors qu'il sait qu'il est en danger de mort.

P.A. : Mais comment gérez-vous le problème des émergents pauvres ?

S.L. : Prenez la Chine. Ce pays n'a jamais demandé à être ouvert. Nous l'avons ouvert à coups de canons. La Chine du XVIIIe siècle, celle qui était sans doute la plus avancée, ne demandait qu'une chose : qu'on lui fiche la paix. On a eu beaucoup de mal à persuader les Chinois, il aura fallu cinquante ans de communisme, de maoïsme, pour qu'ils découvrent le capitalisme, l'économie de marché. Maintenant, c'est fait, ils l'ont. Et ils n'en sortiront pas de sitôt. Lorsque l'Angleterre a fait sa révolution industrielle, lorsqu'elle est entrée dans le système thermo-industriel, fondé sur une source d'énergie fournie gratuitement par la nature, ce fut un cataclysme mondial. La Chine est sur cette voie-là. On aura beau dire et faire, ce sera en vain. Le plus grand cataclysme humain de l'histoire est en train de survenir en Chine. Dans les années à venir, il y aura 200 à 400 millions de Chinois qui vont fuir les campagnes. Des Chinois sans terre, chassés par une industrialisation galopante.

J.-M.C. : Comme les paysans anglais furent chassés de leur terre au XVIIIe siècle...

S.L. : A une grosse différence. C'est qu'il n'y a pas d'Australie, de Nouvelle-Zélande, d'Etats-Unis pour accueillir les paysans chinois.

P.A. : Et la Chine est déjà importatrice de produits agricoles...

S.L. : C'est vrai. On peut remplacer la problématique du pétrole par celle de l'agriculture chinoise. Chaque élévation du climat d'un degré fera diminuer les récoltes de 10 %. Le problème n'est plus le pétrole, mais la famine, du fait du réchauffement climatique. On parle beaucoup de la Chine et des voitures, mais le pire, c'est la viande.



Mais comment expliquer aux pays émergents qu'il faut changer de stratégie ?

S.L. : C'est tout le problème. Jamais la nécessité de se mettre autour d'une table pour rechercher des solutions communes n'aura été aussi forte.



Où est l'espoir ?

P.A. : Ce serait que la croissance mondiale grippe sur l'insuffisance d'autres matières premières, et sans possibilité de remplacement, dans un domaine moins crucial. Un exemple ? Pour faire des voitures, il faut du platine ou palladium... Ces métaux, il n'y en a presque plus. Ce serait suffisamment grave pour trouver de nouvelles formes de développement.

S.L. : L'espoir n'est certainement pas dans la fission nucléaire, beaucoup de scientifiques nous disent que «c'est la solution d'avenir. Et elle le restera.» L'espoir, c'est d'organiser la sortie de ce mode de développement thermo-industriel mis en place au XVIIIe siècle, qui nous donne comme seul objectif la croissance illimitée. Pour l'organiser concrètement, il faut la préparer dans les esprits. Notre imaginaire s'est laissé coloniser par l'économie. Nous devons devenir des athées de l'économie et de la croissance. Et l'un des moteurs de cette compulsion pour la croissance, c'est le pétrole, mais pas seulement ; c'est aussi, comme vous l'avez justement souligné, le crédit à la consommation qui alimente cette frénésie.

P.A. : L'espoir, c'est qu'on réfléchisse. On le fera quand la financiarisation excessive de l'économie montrera ses limites en provoquant une crise financière épouvantable. Comment a-t-on fabriqué de la croissance depuis les crises financières asiatiques de 1997 ? En lâchant les taux d'endettement. On a dit aux ménages «vous n'êtes pas assez endettés». A part le Japon, c'est la finance, ou plutôt le crédit qui tire l'économie. C'est tenable, tant que les taux d'intérêt sont bas, qu'il n'y a pas de choc inflationniste. Nous avons fabriqué une économie violemment instable.

S.L. : L'explosion financière peut très bien être associée à la rareté du pétrole. Une crise inflationniste liée à une importante rareté provoquera la récession par le dégonflement du prix des maisons, des actifs boursiers. La question est de savoir comment le monde va réagir. On peut imaginer que des sociétés prendront d'autres voies de développement quand d'autres diront que leur niveau de vie n'est pas négociable.

J.-M.C. : Je crois que l'échelon local va se préoccuper de plus en plus du devenir de la planète. Des micro-systèmes locaux, utilisant des énergies renouvelables, des modes de transport, de production et de consommation raisonnables vont s'intensifier. Mais nous n'éviterons pas les chocs. Ce sont là des facteurs de démondialisation, ou plutôt la reformulation au niveau local de modes de production viables.

S.L. : Ce qui est totalement inacceptable, c'est qu'on sait. Et qu'on ne fait rien. Et on sait que l'on court le risque que les générations futures nous disent un jour : «Vous aviez prévu les catastrophes, et vous n'avez rien fait... Pourquoi ?»





Dernier ouvrage paru de Jean-Marie Chevalier:
Les Grandes Batailles de l'énergie : petit traité d'une économie violente, Gallimard, poche.

De Serge Latouche:
Survivre au développement : de la décolonisation de l'imaginaire économique à la construction d'une société alternative, Mille et Une Nuits, poche.

De Patrick Artus:
Le capitalisme est en train de s'autodétruire, éd. la Découverte.


"A ce jour, je n'entre pas dans les théories du complot, sauf celles qui sont vraies !" Michael Moore cité par Pr. David Ray Griffin dans un livre que tout le monde doit lire : La faillite des médias
Sinon écoutez Serge Latouche et Jacques Grinevald sur Nicholas Georgescu-Roegen !
http://ocparis.canalblog.com/

Hors ligne

 

#78 17-11-2007 09:37:43

Kyja70
Membre Actif Asso
Lieu: Budapest
Date d'inscription: 04-03-2007
Messages: 1164

Re: Le PETROLE

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … 558,0.html

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/ … _-_s_2.pdf

La production d'or noir n'augmentera plus, selon l'ex-n°2 du pétrole saoudien
LEMONDE.FR | 16.11.07 | 19h02  •  Mis à jour le 17.11.07 | 08h04

adad Al-Husseini voit l'avenir de l'or noir en... noir. Retiré depuis 2004 de la vice-présidence de l'Aramco – la compagnie pétrolière nationale saoudienne, de loin la première du monde –, M. Husseini a donné, le 30 octobre, un pronostic sur l'avenir de la production pétrolière potentiellement catastrophique pour l'économie mondiale. Son verdict jette le trouble, alors que les pays de l'OPEP, réunis samedi 17 et dimanche 18 novembre à Riyad, cherchent au contraire à rassurer.

A Londres, devant un parterre de grands patrons du pétrole, réunis à l'occasion de la Oil & Money Conference, rendez-vous majeur de l'industrie pétrolière mondiale, Sadad Al-Husseini a lancé trois affirmations lourdes de conséquences : la production mondiale de pétrole et de gaz liquéfié va stagner jusqu'aux alentours de 2020, avant de décliner inexorablement ; les chiffres officiels "exagèrent"  les réserves planétaires de 300 millards de barils, soit un quart du total encore exploitable ; la stagnation de la production implique une augmentation minimale du prix du baril de 12 dollars chaque année, à mesure que se creusera l'écart entre une offre stagnante et une demande toujours plus forte.

Sadad Al-Husseini, qui a obtenu son doctorat en géologie en 1973 à l'université américaine de Brown, et a été en charge de l'exploration et de la production de l'Aramco de 1992 à 2004, revient en détail sur ses assertions pour Le Monde.fr.

UNE STAGNATION DE LA PRODUCTION, SUIVIE D'UN DÉCLIN

La capacité mondiale de production atteint aujourd'hui 84 millions de barils par jour (mb/j). Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), elle devra parvenir à 116 mb/j d'ici à 2030 afin de répondre à la demande de plus en plus forte des économies émergentes. Mais pour Sadad Al-Husseini les extractions mondiales plafonnent déjà parce que de nombreuses régions pétrolifères ont amorcé leur déclin. Ses propres projections font état d'un recul spectaculaire : il table sur une production pétrolière inférieure à 70 mb/j en 2030.

Il justifie : "Des pays de l'OPEP tels que l'Arabie saoudite, le Nigeria et l'Angola ont annoncé qu'ils ajouteront 10 mb/j de capacités nouvelles de production d'ici à 2014. Toutefois, tous les pays de l'OPEP ne sont pas capables de fournir le même effort. L'Indonésie, l'Iran et le Venezuela, par exemple, vont voir leur capacité de production décliner. D'autres, comme le Koweït, l'Irak et les Emirats arabes unis ne pourront faire mieux que maintenir leur production, dans le meilleur des cas. Donc au total, l'OPEP [qui dispose de 75 % des réserves planétaires] ne peut pas dégager de capacités de production supplémentaires au cours de la prochaine décennie."

Le Dr Husseini indique que les champs pétroliers géants du golfe Persique sont désormais à 41 % vides, en moyenne. Il explique encore : "La hausse des prix de l'énergie ne crée pas de nouvelles opportunités de production, parce que les nouvelles ressources en pétrole et en gaz naturel sont beaucoup plus difficiles à trouver et à développer."

DES RESERVES "EXAGÉRÉES"

Deuxième affirmation de M. Husseini : les réserves pétrolières sont "exagérées" de 300 milliards de barils. Coupables, selon lui, certaines "compagnies pétrolières [occidentales], l'Agence internationale de l'énergie et l'administration américaine (...) ont cyniquement exagéré les capacités de production de l'OPEP. Il s'agissait d'exercer une pression politique sur les pays de l'OPEP, afin de permettre aux compagnies internationales de s'implanter sur leur territoire".

L'ancien vice-président de l'Aramco pointe également du doigt certains des pays partenaires de l'Arabie saoudite au sein de l'OPEP, "qui ont laissé circuler des estimations spéculatives [de leurs réserves] ne reposant sur aucune analyse technique, et dont les déclarations sur leurs réserves prouvées répondent à des décrets politiques"."Nous savons cela, poursuit-il, parce que [ces pays] n'avaient pas de programme d'exploration ou de développement en cours mais déclaraient pourtant des réserves supplémentaires année après année."

Peut-on revenir à des évaluations plus "réalistes", selon sa propre expression, de la quantité de pétrole qui reste encore exploitable ? "Peu de pays de l'OPEP sont prêts à le faire, en particulier si cela revient à réduire le montant de leurs réserves de pétrole, au lieu de les augmenter !"

UNE AUGMENTATION INÉXORABLE DU PRIX DU BARIL

En conséquence, Sadad Al-Husseini juge que le prix du pétrole ne peut que continuer à monter. "La situation est analogue à celle d'un réservoir d'eau que l'on pomperait plus vite qu'il ne se remplit", résume-t-il. "Bien sûr, la spéculation est à l'origine de certaines augmentations des prix du pétrole", concède le Dr Husseini. "Cependant, l'escalade logique des prix depuis 2002 indique aussi que les extractions de pétrole sont fondamentalement limitées", tranche le pétrogéologue.

Les graphiques présentés par Sadad Al-Husseini font état d'un renchérissement futur des prix du brut de 12 dollars par an, au moins, chaque fois que l'écart entre offre et demande augmentera de 1 mb/j. En 2006, selon BP, l'offre pétrolière mondiale s'est établie à 81,6 mb/j, pour une demande supérieure de 2 mb/j, à 83,6 mb/j.

Sadad Al-Husseini conclut : "Plus vite nous réaliserons que les extractions de pétrole ne peuvent augmenter indéfiniment, plus vite nous rechercherons des options énergétiques alternatives et soutenables, et nous éviterons ainsi des folies tragiques telles que l'occupation de l'Irak, et d'autres mésaventures similaires."

Matthieu Auzanneau

Un expert indépendant ?

Sadad Al-Husseini affirme qu'il n'a plus de contact professionnel avec l'Aramco depuis son départ de la compagnie en mars 2004. Il dit avoir quitté la compagnie pétrolière nationale saoudienne "en partie afin de pouvoir parler librement de l'industrie pétrolière". Ses critiques à l'égard des réserves pétrolières déclarées par les pays de l'OPEP n'en épargnent pas moins l'Arabie Saoudite. Il reconnaît que ses déclarations sont attentivement analysées, a posteriori précise-t-il, par le ministère du pétrole du royaume.

L'ancien responsable de l'exploration et de la production de l'Aramco a pu apparaître comme la voix "off" du premier producteur d'or noir de la planète. En 2004, le département américain de l'énergie estime que l'Arabie saoudite est capable d'atteindre une production de 22 mb/j d'ici à 2025, soit deux fois plus qu'aujourd'hui (10,8 mb/j). L'Aramco ne conteste pas officiellement ce pronostic très optimiste. Mais en novembre 2004, huit mois après avoir quitté la compagnie, Sadad Al-Husseini déclare à la presse britannique qu'il a "plus de chance de vivre un jour sur la Lune" que de voir se réaliser les espoirs de Washington. Quelques semaines plus tard, le département américain de l'énergie ramène sa projection à 16,3 mb/j.
Aujourd'hui, le Dr Husseini n'hésite pas à affirmer que ses prises de position ont pour but "de garder l'économie mondiale en vie, de prévenir des guerres absurdes, ainsi que des troubles économiques".


"A ce jour, je n'entre pas dans les théories du complot, sauf celles qui sont vraies !" Michael Moore cité par Pr. David Ray Griffin dans un livre que tout le monde doit lire : La faillite des médias
Sinon écoutez Serge Latouche et Jacques Grinevald sur Nicholas Georgescu-Roegen !
http://ocparis.canalblog.com/

Hors ligne

 

#79 17-11-2007 12:20:20

tropctrop
Membre du forum
Date d'inscription: 25-10-2006
Messages: 2774

Re: Le PETROLE

et voila, le pic petrolier est la. La fin du petrole bon marche. Ca va faire tres mal !

Hors ligne

 

#80 17-11-2007 13:39:31

Dr Gonzooo
Membre du forum
Date d'inscription: 07-07-2007
Messages: 3744

Re: Le PETROLE

imaginez s'ils avaient annoncé ça en 2003 ^^


© Forces Françaises Libres

Hors ligne

 

Pied de page des forums

Propulsé par PunBB
© Copyright 2002–2005 Rickard Andersson
Traduction par punbb.fr