ReOpen911.info : Site d'information sur les attentats du 11 septembre 2001

Annonce

Les propos tenus sur ce forum n'engagent que leurs auteurs et n'impliquent en aucun cas leur approbation par l'ensemble du mouvement (plus d'infos). L'association ReOpen911 est une initiative citoyenne et bénévole indépendante de tout mouvement politique, philosophique et religieux.

Merci de soigner vos messages, restez courtois et constructifs. Un message ne respecte pas le règlement ? Signalez-le en utilisant la fonction "signaler" en bas de chaque message. Toute discussion sur la modération ne doit se faire QUE par MP, et non sur le forum...

Vous pouvez contacter l'équipe de modération à l'adresse : moderation [ at ] reopen911.info

Vous n'êtes pas identifié.

#41 08-03-2010 20:54:32

SHA GUA DAN
Invité

Re: On peut garder un secret à 130000

En 1951, un village français a-t-il été arrosé de LSD par la CIA ?

Par Loïc Chauvin | Journaliste | 08/03/2010 | 18H31

En partenariat avec LesInrocks.com


Pendant une semaine, il y a près de 60 ans, un bourg entier du Gard, Pont Saint-Esprit, est pris de folie et d'hallucinations. Un journaliste américain prétend avoir percé le mystère : il s'agirait d'une expérience secrète menée par les services américains, en pleine guerre froide.

Au moins cinq morts, plus de 30 personnes hospitalisées et près de 300 malades. En août 1951, un fait divers tragique secoue une grosse bourgade paisible des bords du Rhône, Pont-Saint-Esprit.

Ce qui commence comme une banale intoxication alimentaire collective culminera quelques jours plus tard en une nuit de pure folie, des scènes d'hallucinations dignes d'un tableau de Bosch, une « nuit de l'Apocalypse », pour reprendre les termes d'un des médecins locaux, le Dr Gabbaï.

Récemment, France 3 exhumait ce fait divers sous la forme d'une fiction bourrée d'erreurs, « Le Pain du diable », bien que le téléfilm s'inspirât essentiellement du remarquable travail d'un historien américain, Steven Kaplan, « Le Pain maudit » (Fayard), en 2008.

Après des années d'enquête, Kaplan reste frustré : aucune des pistes suivies -ergot de seigle, fongicide, eau, mycotoxines- n'apporte d'explication définitive.

Dans un livre publié aux Etats-Unis fin 2009, le journaliste Hank Albarelli affirme avoir percé incidemment le mystère. La crise de folie qu'a connue Pont-Saint-Esprit viendrait d'une expérience secrète sur les effets du LSD menée conjointement par l'armée américaine et la CIA.
« J'ai des serpents dans mon estomac ! »

Le drame de Saint EspritL'affaire du « pain maudit » débute le 17 août 1951. Les salles d'attente des trois médecins de la ville sont pleines. Une vingtaine de malades viennent consulter pour des symptômes apparemment digestifs : nausées, brûlures d'estomac, vomissements, diarrhées.

Viendront s'ajouter dans les jours suivants des fatigues importantes et des insomnies. Pour nombre de malades, après une rémission de 48 heures, les symptômes s'aggravent pour culminer dans des crises hallucinatoires habitées, entre autres, par des flammes et des animaux.

Après une enquête sur place pour le magazine Look, un journaliste américain, John Fuller, décrit dans un article paru en 1968 des scènes d'hallucinations collectives.

Un ouvrier, Gabriel Validire, hurle à ses compagnons de chambrée : « Je suis mort ! Ma tête est en cuivre et j'ai des serpents dans mon estomac ! » Une jeune fille se croit attaquée par des tigres. Un gamin de 11 ans, Charles Granjhon, tente d'étrangler sa mère.

Le 24 août, la situation devient ingérable. Un homme saute du deuxième étage de l'hôpital en hurlant : « Je suis un avion. » Les jambes fracturées, il se relève et court 50 mètres sur le boulevard avant qu'on puisse le rattraper. De nombreux hospitalisés sont saisis d'hallucinations insupportables. D'autres entendent des harmonies célestes.

Très rapidement, des indices pointent le coupable présumé : le pain du meilleur boulanger du bourg, Roch Briand. Dans un article publié par le British Medical Journal moins d'un mois après le début du drame, le Dr Gabbaï écrit :

    « La fréquence des symptômes mentaux ramène à l'esprit le vieux nom de la maladie, mal des ardents. »

Autrement dit la maladie de l'ergot de seigle, un champignon parasite des graminées. Courante au Moyen Age, la maladie a disparu en France depuis le XVIIIe siècle.

Mais l'ergotisme peine à expliquer tous les symptômes cliniques constatés. Le Dr Gabbaï et le Pr Giraud de la faculté de médecine de Montpellier, appelés à la rescousse, font vite un parallèle avec les recherches menées en Suisse à la même époque dans le laboratoire Sandoz par Albert Hofmann et qui ont abouti à la découverte par hasard du LSD, synthétisé à partir d'ergot.

Le juge d'instruction chargé de l'affaire évoque la piste criminelle d'une contamination du pain par « une forme de l'ergotine synthétique très nocive ».

Albert Hofmann, qui a fait le déplacement, entérine dans un premier temps la piste de l'ergot ou d'un alcaloïde proche du LSD. Mais une fois rentré à Bâle, le laboratoire rejette l'hypothèse sans appel. De son côté, l'agence américaine United Press rapporte les intrigantes conclusions d'un laboratoire américain à qui elle a transmis des échantillons :

    « Les expériences faites (notamment sur des volontaires) en leur faisant absorber du pain ergoté à diverses doses n'ont donné aucun des symptômes constatés chez les malades de Pont-Saint-Esprit. »

Steven Kaplan regrette qu'à l'époque la presse n'ait pas creusé davantage la piste « crépusculaire, voire obscure, du laboratoire américain » !
Suicide d'un biochimiste de l'armée américaine

Deux ans plus tard, aux Etats-Unis, un biochimiste de l'armée américaine qui travaille sur des programmes ultra secrets se suicide. Selon la version officielle, il se serait jeté du treizième étage d'un hôtel de New York. C'est en enquêtant sur cette mort suspecte que le journaliste Hank Albarelli a obtenu des documents de la CIA et de la Maison Blanche qui jettent un éclairage sinistre sur les événements de Pont-Saint-Esprit.

A l'issue de la guerre de Corée, les Américains sont persuadés que leurs soldats, prisonniers de guerre, ont subi des lavages de cerveau.

Ils se lancent donc dans une vaste série de programmes défensifs et offensifs sur les questions de la manipulation mentale, des sérums de vérité pour faire parler des prisonniers ou même sur des méthodes pour « incapaciter » l'ennemi et gagner des batailles sans tirer une seule balle.

C'est à ces recherches confidentielles soutenues par la CIA que travaille Frank Olson au sein du SOD (Special Operations Department), à Fort Detrick. Parmi les documents obtenus par Albarelli, le premier retranscrit une conversation entre un agent de la CIA et le représentant américain du laboratoire Sandoz.

Ce dernier insiste pour évoquer le « secret de Pont-Saint-Esprit » et explique à son interlocuteur qu'il ne s'agissait nullement d'ergot mais de diéthylamide (le D de LSD).
Les pratiques « non éthiques » de la CIA

Albarelli entre en contact avec des anciens de l'armée ou de la CIA qui ont côtoyé Frank Olson. Deux d'entre eux, « Albert » et « Neal », lui expliquent, sous couvert d'anonymat, que l'histoire de Pont-Saint-Esprit relève d'une opération conjointe du SOD et de la CIA. Mais lorsqu'il demande si d'autres services secrets, par exemple français, ont participé à l'expérience, il n'obtient qu'un silence.

Des scientifiques de Fort Detrick confient au journaliste américain que les services ont opéré par pulvérisation aérienne d'une mixture à base de LSD ainsi que par la contamination de « produits alimentaires locaux ». L'un d'eux explique que la pulvérisation a été « un échec complet ».

En 1975, une commission d'enquête présidée par Nelson Rockefeller avait commencé à révéler les pratiques « non éthiques » de la CIA, aux appellations multiples : Bluedbird, Artichoke, MK-Ultra, etc. En 2000, Albert et Neal transmettent à Albarelli une fiche d'identité de la Maison Blanche, certainement en rapport avec cette commission, et qui mentionne une « french embassy » et, erreur d'orthographe comprise, « Pont Saint Esprit incident (Olsojn) »

Cette version pose autant de questions qu'elle apporte de réponses. Sans rejeter l'hypothèse, Steven Kaplan s'interroge, par exemple, sur le choix de la ville cobaye : Pont-Saint-Esprit figure dans une région tenue par la gauche. Curieux pour une opération secrète américaine en pleine guerre froide.

« A l'époque, on a évoqué l'hypothèse d'une expérimentation destinée à contrôler une révolte de la population », se souvient Charles Granjhon, 71 ans aujourd'hui, qui habite toujours Pont-Saint-Esprit. « J'ai failli caner. J'aimerais bien savoir pourquoi. » Il n'est pas le seul à vouloir connaître la vérité.

Après la parution de son livre, Albarelli a appris d'un de ses contacts que la DGSE aurait demandé des informations sur l'affaire de Pont-Saint-Esprit au Département d'Etat américain, ce que démentent les services français.

En partenariat avec LesInrocks.com

http://www.rue89.com/2010/03/08/en-1951 … cia-141947

Deux ans plus tard, aux Etats-Unis, un biochimiste de l'armée américaine qui travaille sur des programmes ultra secrets se suicide. Selon la version officielle, il se serait jeté du treizième étage d'un hôtel de New York.

Ça ne vous rappelle rien ? hmm

 

#42 09-03-2010 00:08:34

Larez
Responsable du forum
Lieu: Bourgogne
Date d'inscription: 10-05-2009
Messages: 6535

Re: On peut garder un secret à 130000

Onze a écrit:

Tree-Tree a écrit:

Personne n'a une liste des témoins gênants qui sont morts mystérieusement (comme Barry Jennings... ) ? (j'avais déjà posé cette question il y a un ou deux mois)

Sur un topic dédié ?

J'ai vu ça dernièrement ici :
http://forum.reopen911.info/t13994-temo … ement.html

Hors ligne

 

#43 09-03-2010 00:30:15

Tree-Tree
Membre du forum
Date d'inscription: 10-09-2008
Messages: 2756

Re: On peut garder un secret à 130000

Merci. J'avais déjà vu le topic. wink

Hors ligne

 

#44 11-03-2010 22:33:31

rien
Membre du forum
Date d'inscription: 30-01-2007
Messages: 171

Re: On peut garder un secret à 130000

Le Monde
LSD, CIA et Pont-Saint-Esprit
chronique : LSD, CIA et Pont-Saint-Esprit
par FRANCIS Zamponi, journaliste-écrivain
10.03.10

Le journaliste américain Hank Albarelli vient de publier aux éditions Trine day A terrible mistake, un livre dans lequel il affirme que, pendant les années 50, la CIA aurait expérimenté l’efficacité du LSD comme arme chimique à Pont-Saint-Esprit dans le Gard.

Cette information m’intéresse fort car je viens justement de terminer la rédaction d’un livre racontant la mystérieuse intoxication collective qui a frappé les habitants de cette petite ville gardoise en août 1951. Une intoxication qui a touché plus d’une centaine de personnes brutalement atteintes de violentes crises d’hallucination. Parmi les hypothèses sur les causes de cette épidémie figurait alors celle d’un retour du « mal des ardents » médiéval causé par l’ingestion d’un champignon, l’ergot de seigle dont le chimiste suisse Albert Hofmann avait réalisé en 1943 la synthèse et qu’il avait baptisé LSD.

J’ai indiqué dans mon ouvrage (Le mal des ardents, à paraître en juin 2010 chez Biro éditeur) que les intoxiqués s’étaient demandé s’ils n’avaient pas été victimes d’expérimentations clandestines et que le fiasco de l’enquête judiciaire n’avait pas été orchestré de manière à dissimuler cette opération…

Hank Albarelli m’affirme aujourd’hui que l’affaire de Pont-Saint-Esprit était bien une opération de la CIA dans le cadre d’un projet baptisé « MK/NAOMI ». L’hypothèse est d’autant moins à rejeter sans enquête que le journaliste cite des documents officiels des années 50 faisant allusion à l’affaire du pain maudit et que je sais que la CIA s’est penchée sur une possible utilisation du LSD comme arme secrète.

J’espère, sans trop y croire, que la sortie du livre américain relancera des investigations enterrées par la justice française en 1954.



......................................................................

voir par ex. :

http://www.france24.com/fr/20100311-pon … lli-kaplan

Hors ligne

 

#45 11-03-2010 23:16:51

amlt91
Nouveau membre du forum
Date d'inscription: 21-02-2007
Messages: 40

Re: On peut garder un secret à 130000

De la même manière que les attentats du 11 septembre (ainsi que de Londres et de Madrid ) avaient eu lieu  pendant une simulation d’attentat similaire ; le meilleur endroit pour tester les effets du LSD sur une population, était l’endroit ou des folies collectives avaient déjà eu lieu

Hors ligne

 

#46 13-03-2010 12:23:17

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Le Parisien - 15 03 2010 :


Et si la CIA avait empoisonné le «pain maudit» de Pont-Saint-Esprit…
Un journaliste américain attribue la vague d’hallucinations dans la commune en 1951 à une expérimentation menée par la CIA.
NICOLAS JACQUARD

http://www.leparisien.fr/images/2010/03/12/845343_11082401-o.gif
La ville n’a jamais oublié : cinq morts, des dizaines d’internés psychiatriques et des centaines d’intoxiqués à des degrés variés. Dans les jours qui suivent le 15 août 1951, les habitants de Pont-Saint-Esprit sont frappés d’un mal étrange, dont l’origine n’a jamais été identifiée.
Un passé qui ressurgit à la faveur d’un livre paru aux Etats-Unis il y a trois mois. Dans « A Terrible Mistake », Hank Albarelli, journaliste indépendant, est formel : c’est la CIA qui a plongé Pont-Saint-Esprit dans l’hystérie, testant secrètement les effets du LSD, une drogue hallucinogène, sur la population.
La thèse est séduisante au regard des scènes dantesques vécues cet été-là. « Ne me touchez pas, je suis une torche enflammée », vocifère l’un des « possédés ». Une autre voit « des bêtes immondes, cauchemardesques » dans ses délires. Un chat fait « des bons qui atteignent le plafond de la pièce ». L’épicier du village, lui, « recompte pendant des semaines les perles du rideau de son entrée », décrit l’historien américain Steven Kaplan dans son ouvrage « le Pain Maudit », paru en 2008. La seule certitude est là : toutes les victimes ont consommé le même pain, celui de Roch Briand, le meilleur boulanger du village.
Pour le reste, les hypothèses s’évaporent à l’époque au gré d’une enquête dont l’objectif premier semble d’étouffer l’affaire. Soupçonné, l’ergot de seigle, un parasite naturel dont le LSD est la version synthétisée en laboratoire, est finalement dédouané, laissant, depuis, le champ des interprétations ouvert. Jusqu’aux « révélations » de Hank Albarelli. « Mon livre traite de la mort de Franck Olson, un chimiste de la CIA assassiné parce qu’il parlait trop, et notamment de Pont-Saint-Esprit », assène l’auteur. Il s’appuie sur des documents déclassifiés que nous avons pu consulter. S’ils ne sont pas déterminants, ils mentionnent effectivement « l’incident de Pont-Saint-Esprit », évoqué notamment dans une conversation entre un agent de la CIA et un scientifique du laboratoire suisse Sandoz. Sandoz, où travaille le chimiste Albert Hoffman, le découvreur du LSD. Sandoz, encore, qui fournit alors en LSD la CIA dans le cadre des recherches effectuées par l’agence sur ce qui deviendra « l’acide » des hippies.
Pour Albarelli, l’opération du Gard s’appelait « MK/Naomi » et aurait consisté, après une pulvérisation aérienne sans effets, à faire ingérer le LSD aux habitants, peut-être via le pain. Sur place, les intéressés sont sceptiques. « Ça ressemble trop à un film », grommelle Luc, cigarillo au coin de la bouche.  « C’est encore plus gros que gros », lâche Linda, qui habite l’ancienne boulangerie Briand, où le four à pain, conservé au sous-sol, semble avoir été arrêté la veille. « Quand j’étais petite, ça nous terrorisait, reprend Linda. Mais il n’y a pas de fantômes ici ! »
« Si ça peut aider à innocenter le boulanger, moi, ça me fait plaisir, commente Monique, la patronne du PMU, âgée de 16 ans en 1951. Maintenant, il faut des preuves. » Les preuves, c’est justement ce qui fait défaut à la thèse d’Albarelli, selon Steven Kaplan. « Tout ce que je vois dans ces documents, c’est que la CIA s’intéresse à ce qui se déroule à Pont-Saint-Esprit. Mais dans le contexte de la guerre froide, où chaque camp mène des expériences, c’est logique. Et puis, politiquement, je n’imagine pas les Etats-Unis prendre le risque de faire ça en France, d’autant que la CIA a prouvé qu’elle pouvait faire ce genre de tests sur son territoire. » Le mystère de Pont-Saint-Esprit resterait donc entier.

Vidéo. L'affaire évoquée aux actualités de l'époque(a voir sur le site du Parisien)

http://www.leparisien.fr/faits-divers/e … 845343.php


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#47 13-03-2010 12:31:23

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

France Soir - 11 03 2010 :


Pont-Saint-Esprit a-t-il servi d'expérience à la CIA ?


Romain Katchadourian, le jeudi 11 mars 2010 à 11:54

Hank Albarelli, un journaliste américain assure que les services secrets américains sont responsables des hallucinations collectives qui ont frappé la commune gardoise en 1951.



Voilà une thèse va donner du grain à moudre aux adeptes des complots en tous genre. Dans son livre paru en octobre 2009, le journaliste américain Hank Albarelli atteste que la CIA et l'armée américaine se sont servis de Pont-Saint-Esprit, sur les bords du Rhône pour une expérimentation scientifique secrète grandeur nature : tester les effets du LSD en saupoudrant la commune. Une thèse hallucinante à l'instar de celles endurées par les habitants.

Eté 1951, la grosse bourgade est en effet prise d'une crise de folie sans précédent. Pendant une semaine le village délire : Hallucinations collectives, nausées, brûlures d'estomac, vomissement, diarrhées, et même suicides. En tout cinq personnes décèdent et plus de trois-cent tombent malades.

Le mal des Ardents

Rapidement les soupçons se portent vers le coupable idéal : Roch Briand, un des quinze boulangers que comptent le village. Il est accusé d'avoir utilisé une farine contaminée à l'ergot de seigle pour fabriquer son pain. Ce champignon parasite, connu pour provoquer des hallucinations passagères, est responsable au Moyen-Age de ce que l'on appelait le mal des Ardents. La croyance populaire voulait que ces personnes étaient des victimes de sorcellerie ou de démons. Si la maladie disparaît au XVIIIe siècle, certains pensent qu'elle est réapparue en 1951 dans le village gardois. Une hypothèse qui ne fait pas l'unanimité, l'ergot de seigle n'expliquant pas tous les symptômes.

La véritable raison n'ayant jamais été trouvée, Hank Albarelli pense cette fois avoir définitivemenbt levé le voile. Pour étayer sa thèse, il s'appuie sur des diverses archives et des témoignages d'anciens militaires américains.
Dans le village ce nouvel éclairage est diversement accueilli bizarrement n'intéresse pas grand monde. « Je trouve ça plausible comme explication, on a jamais réussi à prouver que l'ergot de seigle avait été responsable de la crise de folie réagit Valérie, boulangère. Mais pour être franche, personne ne se sent concerné. Personne n'en parle ».

Un sujet tabou

« L'histoire est vieille indique Françoise elle aussi boulangère Les gens n'en parlent pas beaucoup. Cinquante ans plus tad il est facile d'accuser les uns ou les autres. Il y a eu un coupable c'est sûr mais on ne saura jamais qui. Et le LSD, c'est trop extravagant pour être vrai ».  Jean-Pierre Colombet, premier adjoint de la commune est lui aussi dubitatif : « Je trouve ça complètement uluberlu. Un an avant l'été 1951 notre journal local, Midi Libre, avait consacré un article sur la mauvaise qualité des farines utilisées dans le Gard. Tant mieux si la théorie du LSD relance les recherches mais je n'y crois pas. L'image du village vraiment été salie, les gens en ont souffert. Chez nous cette affaire est devenue taboue ».

http://www.francesoir.fr/societe/2010/0 … d-cia.html


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#48 13-03-2010 19:08:27

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

France 3 - JT de 13 heures - 10 03 2010 :

Dernière modification par Zorg (13-03-2010 19:14:08)


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#49 13-03-2010 20:02:57

Shrykull
Membre du forum
Date d'inscription: 11-12-2009
Messages: 508

Re: On peut garder un secret à 130000

TF1 et Fr2 en parlent aussi dans leur 20h en ce moment. L'ingénieur du son de Fr2 a pris du LSD aussi d'ailleurs hmm

En tout cas ça confirme une chose : les médias parleront des anomalies du 11/9… dans 50 ans.


Pour le capitalisme, dégager un profit suffisant est une condition de l'accumulation, qui n'a elle-même comme fin que la réalisation d'un profit encore plus grand. La fin et les moyens sont ici interchangeables. (Serge Latouche)

L'enjeu n'est pas de remettre l'économie sous le contrôle de la politique : elle n'a jamais cessé de l'être. L'enjeu est de remettre la politique sous le contrôle des citoyens. (Jacques Généreux)

Hors ligne

 

#50 13-03-2010 20:26:00

The_Dude
Membre du forum
Lieu: Champigny sur Marne
Date d'inscription: 01-11-2008
Messages: 341

Re: On peut garder un secret à 130000

Shrykull a écrit:

En tout cas ça confirme une chose : les médias parleront des anomalies du 11/9… dans 50 ans.

Bon il ne reste plus qu'à vivre bien vieux pour témoigner que tout le monde à notre époque n'était pas gobationniste. big_smile

Dernière modification par The_Dude (13-03-2010 20:26:33)


War by Deception 2013 de Ryan Dawson... en anglais uniquement hélas...  Une vidéo malgré tout immanquable sur le 11/09.

Hors ligne

 

#51 13-03-2010 20:31:16

kikujitoh
Membre de Soutien
Lieu: Air Force One
Date d'inscription: 07-02-2009
Messages: 4794

Re: On peut garder un secret à 130000

Incroyable cette histoire !!!!


"Les versions officielles des évenements historiques devraient systématiquement être remises en question." Howard Zinn

Hors ligne

 

#52 13-03-2010 20:48:51

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

BFM TV - 13 03 2010 (?) :



Incroyable la fin du reportage :
"Mais un mystère demeure : pourquoi la CIA aurait-elle choisi cette petite ville du sud de la France pour mener cette expérience ?"

Ils t'annoncent que la CIA a peut-être mené une expérience au LSD qui a causé 7 morts et des centaines de malades sur une population civile (hommes, femmes, enfants, vieillards...) et au lieu d'aller enquêter, de fouiller dans les archives de police, de justice, d'aller interroger des anciens des services secrets français etc etc la seule question à la con qu'ils se posent : "mais pourquoi là ?" mad

Mais tête de nœud : une expérience comme ça, tu penses peut-être qu'ils allaient la mener dans une grande ville ???
A mon avis, en ce qui concerne le choix, je verrais bien une carte déployée et un "responsable" fermer les yeux et mettre son doigt au hasard...et les gagnants sont les habitants de Pont-Saint-Esprit.

Sinon, passage très intéressant à 1'00 du reportage avec l'interview de Francis Zamoni qui rappelle le lien CIA - LSD - Sandoz - Albert Hofmann...

Dernière modification par Zorg (13-03-2010 20:52:41)


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#53 13-03-2010 21:04:57

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Agoravox - 12 03 2010 - rédacteur morice :

Beaucoup de liens html dans cet article qui ne figurent pas dans ce copié-collé : lire l'article directement sur Agoravox.

Steven Kaplan, un pain qui reste en travers de la gorge

Ah là c’est trop beau : vous êtes au courant, je ne vous apprends rien, l’info vient de faire le tour de la planète. La CIA, en 1951, aurait testé ses disséminations de LSD au dessus du village français de Pont-Saint-Esprit. Incroyable histoire, mais qui ne nous étonne qu’au quart : ici, trois épisodes de notre saga sur la CIA ont évoqué le système mis en place et surtout isolé le nom du responsable. Frank Olson, qui a fini "suicidé", une thèse que sa descendance a prouvé comme étant fausse. On a "suicidé" Olson. On l’a assassiné. L’histoire est sidérante, il faut bien l’avouer, mais pas davantage que les expériences à la Mengele (ou plutôt de son assistant Kurt Blome) menées au milieu de l’Utah, décrites dans ma saga. La CIA est allée loin, trop loin et on commence à s’en apercevoir davantage chaque jour un peu plus. Mais il n’ a pas que cela. Il y a aussi des gens pour dissimuler, sciemment ou non, ses agissements. Et, au fil de nos recherches sur cet incroyable événement, nous en avons trouvé un. Quelqu’un qui a réussi une prouesse incroyable : avoir écrit un pavé de 1000 pages sur l’affaire, présentée selon ses dires comme une "enquête policière" sans évoquer une seule seconde la thèse de la CIA (à peine un "regret" évoqué sur la piste des laboratoires Hoffman) (*) . Son livre, sorti le paru le 7 mai 2008 chez Fayard, c’est le "Pain maudit", écrit par Steven Kaplan, le pape de la baguette, l’empereur des miches, l’américain bon teint devenu dingue de pain français. L’homme qui avait tout simplement oublié la CIA. A sa décharge, à vrai dire, il n’était pas le seul. Personne à ce jour n’avait évoqué le sujet sous cet angle. Pas un américain non plus n’était au courant de ce qu’on a pu faire en Utah ou au Nevada pendant des années.

http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L300xH464/kaplan-998b7.jpg

Un sujet pourtant historiquement passionnant : pensez donc, au milieu du XXème siècle, le retour du fameux mal des Ardents (ou feu de saint-Antoine), une maladie qui a duré jusqu’au XVII e siècle (avec des résurgences au XIXème) et qui se présentait sous forme d’hallucinations, justement. Sujet en or qui fait la une des journaux de l’époque bien entendu. Or ces comportements bizarroïdes, qui ont marqué la littérature historique, avaient, on le découvrira plus tard, comme origine l’ergot du seigle, qui contenait de la diéthylamide... un puissant hallucinogène, connu depuis sous le nom de LSD, depuis qu’un scientifique suisse, Albert Hofmann a réussi à la synthétiser en 1938 au nom des laboratoires pharmaceutiques Sandoz. C’est cela qui est fondamental dans l’histoire : le LSD que teste la CIA dès son apparition sous forme synthétique, comme le testeront les nazis, est issue de l’ergot de seigle : d’où l’erreur de diagnostic sur le sujet . On accusera alors le Haddock local : Roch Briand, le boulanger du village, puis ses fournisseurs. Un procès aura bien lieu, d’où il ressortira libre. L’histoire de Pont-Saint-esprit n’a jamais eu de conclusion judiciaire.

Or, à Pont Saint Esprit, justement, on fera bien venir Albert Hofmann... mais on fera tout pour que la piste LSD soit minimisée. La part de "cover-up" est déjà en place. Car lors du procés, la piste avait bel et bien été évoquée : se sont les Dr Gabbaï et le Pr Giraud de la faculté de médecine de Montpellier, qui avaient fait assez vite le lien avec les labos Sandoz... une hypothèse qui fait long feu avec un Hoffman venu expliquer que ça n’était pas possible, et que les symptômes décrits n’étaient pas les mêmes que ceux qu’il a pu observer dans son laboratoire. Or, à y regarder de plus près, les délires enregistrés sont bien les mêmes que les trips de hippies des années 60 aux USA ! On sait que le LSD a été répandu dans la jeunesse américaine par une CIA devenue hors-contrôle, on n’y revient pas. Lennon et McCartney chanteront Lucy In The Sky With Diamonds sans jamais s’apercevoir qu’ils faisaient partie d’une expérience de la CIA et des militaires qui y étaient associés. Pont Saint-Esprit était devenu Woodstock avant l’heure, la guitare électrique en moins. Dans le Gard, toute une population avait fait un gigantesque trip sous acide, 15 ans avant tout le monde !


Le "professeur d’histoire européenne," Steven Kaplan, unanimement respecté et salué, tout amouraché du bon pain français, a donc failli : dans son livre, il précise bien qu’au procès, la thèse de l’ergot de seigle n’a pas été retenue, alors que selon lui c’était la bonne. Pourquoi donc est-il passé à côté de la thèse du LSD, qu’il a failli suivre, pourtant, c’est cela qui est intéressant aujourd’hui à étudier. Car celle de la CIA, il faut bien le dire, fiche aujourd’hui son lourd pavé par terre : sa longue analyse historique du marché de l’époque, des rivalités de minoteries et des difficultés d’approvisionnement d’après guerre s’effondre avec cette révélation. Il a beau être le " le premier avoir fait du pain un objet d’histoire totale", les dernières avancées sur l’évènement ruinent totalement la savante démonstration de l’amoureux de la France et de son pain.

Exit l’analyse sophistiquée formulée : "Les différentes explications possibles de l’empoisonnement sont tour à tour examinées avec minutie, et l’auteur ne se prive pas, armé d’une telle connaissance des pièces du dossier, de souligner l’importance de la question du blanchiment du pain, dont les effets sur la santé publique ne sont guère évoqués durant l’enquête, la « raison d’État » (p. 1062) ayant étouffé l’affaire par crainte d’une « psychose du pain » attentatoire à la figure rémanente du pouvoir nourricier". Le village a été passé sous acide, c’est nettement plus trivial. Et la raison d’état, c’est celle d’avoir découvert les coups tordus de la CIA, dans un pays qui craint toujours l’invasion soviétique et qui n’a pas d’armée assez forte pour y résister. Quant à savoir comment, l’auteur du nouvel ouvrage "A terrible mistake" évoque la possiblité d’un épandage, comme l’ont fait à la même époque les anglais, en pleine mer et à l’intérieur des terres, ou comme l’ont fait les militaires sur leurs mormons (**) ! A l’époque, ce ne sont pas les bases américaines qui manquent en France ; mais aucune n’est dans le sud à vrai dire ! Ce qui implique venant de Bordeaux ou Chateauroux un plus gros porteur genre DC-3. Ou un bimoteur plus petit : extérieurement, les rampes de diffusion ne se voient pas beaucoup.

Un film a été tourné par Bertrand Arthuys  pour FR3 en septembre 2009, qui n’évoque pas la thèse bien entendu. Un extrait est visible ici. Il a été diffusé le 2 février dernier dans une relative indifférence. La sortie du bouquin de fiche aussi en l’air ses conclusions., qui repose sur l’ergot du seigle uniquement. Or dans la réalisation, on retombe sur le même : "Ce fait divers exhumé par l’historien Steven Kaplan de l’Université de New York voit ainsi son adaptation dans une fiction TV diffusée ce soir par France 3 à 20h35, Le Pain du Diable." Une " fiction tirée d’un fait bien réel, et à ce jour non élucidé entièrement" nous apprend le communiqué de presse. Tiens donc.

Maintenant, réfléchissons un peu : l’auteur du nouvel ouvrage sur la question a avoué récemment à la télévision avoir travaillé plus de cinq ans sur la question. La découverte d’une note de la CIA, trouvée dans le stock des fameux "Family Jewels" révélé le 25 juin 2007 a mis la puce à l’oreille à notre chère institution, qui a dû se creuser les méninges pour contrecarrer la nouvelle imminente de la sortie d’un ouvrage confirmant l’action incroyable entreprise à Pont Saint-Esprit. Comment faire ? Devancer la sortie, en en faisant un autre, écrit par un bonhomme passe-partout, unanimement admiré en France, qui nous ressortirait quelques doutes histoire de faire passer le gluten, mais qui pencherait nettement pour la thèse que l’on a fait avaler depuis plus de 50 ans maintenant. Il faut éviter que le mauvais pain d’ Albarelli ne sorte du fournil pour se retrouver dans toutes les bonnes boulangeries-librairies. A la place, on va y mettre un bon pain de 700, un pavé de mille pages, pour bien caler l’histoire façon explication officielle. Et faire venir Kaplan sur tous les plateaux de télé pour bien dire que tout s’est passé comme on l’a dit. Ce qu’il va faire avec une aisance et un charme certain, notre diplômé de l’Institut Cornell. Spécialisé dans les plantes et la nourriture, et les OGM qui vont avec. Cornell, dont la CIA vante encore aujourd’hui la qualité des agents thaïlandais qu’elle a pu y recruter en 1944.

Pour cela, Kaplan est donc l’homme idéal, salué par le gouvernement français lui-même. Il faut lire son panégyrique dans le site officiel gouvernemental pour le croire : Vouant un véritable culte aux baguettes cuites selon les méthodes traditionnelles, il a écrit également deux livres destinés au grand public pour encourager les Français à en consommer plus : ce sont Le Retour du bon pain  et Cherchez le pain, un guide des meilleures boulangeries de Paris. Pour réaliser celui-ci, Kaplan a testé environ 700 boulangeries sur les 1 260 que compte la capitale, achetant 60 baguettes par jour. " J’ai appris à beaucoup cracher ! ", dit-il en riant. Il rêve de s’établir définitivement dans notre pays un jour. " Ce qui m’attire en France, c’est ce sens du plaisir qui s’exprime aussi bien dans le débat des idées que dans l’art de vivre. "

L’affaire exhumée par les Inrocks est donc double : avant que le livre d’Albarelli ne sorte, on s’est bien arrangé pour "bétonner" le dossier dans le sens de la non-implication de la CIA. Le film de FR3 passe juste avant que le bouquin ne sorte : très fort, et bien joué. On savait à l’avance qu’Albarelli lui aussi irait sur les plateaux télé ! Interviewé par une chaîne russe, ne rêvons pas quand même ! Il peut bien nous refaire son sous-titre, notre amoureux américain de la baguette française et l’intituler aujourd’hui "Retour sur la CIA des années oubliées 1945-1958 !


(*) "Steven Kaplan regrette qu’à l’époque la presse n’ait pas creusé davantage la piste "crépusculaire, voire obscure, du laboratoire américain" !"

(**) voici les cinq épisodes de ma saga dédiés au problème des expérimentations douteuses de la CIA. Tout y est, et surtout la personnalité au centre du problème du jour : Frank Olson.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … o-la-56885
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … o-la-56886
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … o-la-56887
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … o-la-57195
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … o-la-57145


http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L450xH675/terriblemistake-c9ce0.jpg

http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L317xH450/41403259_p-c77f4.jpg

http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L286xH400/7163527-8d1cc.jpg

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … e-en-71382


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#54 13-03-2010 22:00:02

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

les Inrock.com - 8 mars 2010 (paru dans le magazine lesInrockuptibles du mercredi 3 mars) :

Very bad trip à Pont Saint Esprit

En 1951, un bourg entier du Gard hallucine pendant une semaine. Un journaliste américain prétend avoir percé le mystère : le village aurait été arrosé de LSD par la CIA pour une expérience secrète.

Au moins cinq morts, plus de trente personnes hospitalisées et près de trois cents malades. En août 1951, un fait divers tragique secoue une grosse bourgade paisible des bords du Rhône, Pont-Saint-Esprit. Ce qui commence comme une banale intoxication alimentaire collective culminera quelques jours plus tard en une nuit de pure folie, des scènes d’hallucinations dignes d’un tableau de Bosch, une “nuit de l’Apocalypse”, pour reprendre les termes d’un des médecins locaux, le Dr Gabbaï.

Récemment, France 3 exhumait ce fait divers sous la forme d’une fiction bourrée d’erreurs, Le Pain du diable, bien que le téléfilm s’inspirât essentiellement du remarquable travail d’un historien américain, Steven Kaplan, Le Pain maudit (Fayard), en 2008. Après des années d’enquête, Kaplan reste frustré : aucune des pistes suivies – ergot de seigle, fongicide, eau, mycotoxines – n’apporte d’explication définitive.

Dans un livre publié aux Etats-Unis fin 2009, le journaliste Hank Albarelli affirme avoir percé incidemment le mystère. La crise de folie qu’a connue Pont-Saint-Esprit viendrait d’une expérience secrète sur les effets du LSD menée conjointement par l’armée américaine et la CIA.

“J’ai des serpents dans mon estomac!”

L’affaire du “pain maudit” débute le 17 août 1951. Les salles d’attente des trois médecins de la ville sont pleines. Une vingtaine de malades viennent consulter pour des symptômes apparemment digestifs : nausées, brûlures d’estomac, vomissements, diarrhées. Viendront s’ajouter dans les jours suivants des fatigues importantes et des insomnies. Pour nombre de malades, après une rémission de 48 heures, les symptômes s’aggravent pour culminer dans des crises hallucinatoires habitées, entre autres, par des flammes et des animaux.

Après une enquête sur place pour le magazine Look, un journaliste américain, John Fuller, décrit dans un article paru en 1968 des scènes d’hallucinations collectives. Un ouvrier, Gabriel Validire, hurle à ses compagnons de chambrée : “Je suis mort ! Ma tête est en cuivre et j’ai des serpents dans mon estomac !” Une jeune fille se croit attaquée par des tigres. Un gamin de 11 ans, Charles Granjhon, tente d’étrangler sa mère.

Le 24 août, la situation devient ingérable. Un homme saute du deuxième étage de l’hôpital en hurlant : “Je suis un avion.” Les jambes fracturées, il se relève et court cinquante mètres sur le boulevard avant qu’on puisse le rattraper. De nombreux hospitalisés sont saisis d’hallucinations insupportables. D’autres entendent des harmonies célestes.

Très rapidement, des indices pointent le coupable présumé : le pain du meilleur boulanger du bourg, Roch Briand. Dans un article publié par le British Medical Journal moins d’un mois après le début du drame, le Dr Gabbaï écrit :

    “La fréquence des symptômes mentaux ramène à l’esprit le vieux nom de la maladie, mal des ardents.”

Autrement dit la maladie de l’ergot de seigle, un champignon parasite des graminées. Courante au Moyen Age, la maladie a disparu en France depuis le XVIIIe siècle.

Mais l’ergotisme peine à expliquer tous les symptômes cliniques constatés. Le Dr Gabbaï et le Pr Giraud de la faculté de médecine de Montpellier, appelés à la rescousse, font vite un parallèle avec les recherches menées en Suisse à la même époque dans le laboratoire Sandoz par Albert Hofmann et qui ont abouti à la découverte par hasard du LSD, synthétisé à partir d’ergot. Le juge d’instruction chargé de l’affaire évoque la piste criminelle d’une contamination du pain par “une forme de l’ergotine synthétique très nocive”.

Albert Hofmann, qui a fait le déplacement, entérine dans un premier temps la piste de l’ergot ou d’un alcaloïde proche du LSD. Mais une fois rentré à Bâle, le laboratoire rejette l’hypothèse sans appel. De son côté, l’agence américaine United Press rapporte les intrigantes conclusions d’un laboratoire américain à qui elle a transmis des échantillons :

    “Les expériences faites (notamment sur des volontaires) en leur faisant absorber du pain ergoté à diverses doses n’ont donné aucun des symptômes constatés chez les malades de Pont-Saint-Esprit.”

Steven Kaplan regrette qu’à l’époque la presse n’ait pas creusé davantage la piste “crépusculaire, voire obscure, du laboratoire américain”!

Suicide d’un biochimiste de l’armée américaine

Deux ans plus tard, aux Etats-Unis, un biochimiste de l’armée américaine qui travaille sur des programmes ultrasecrets se suicide. Selon la version officielle, il se serait jeté du treizième étage d’un hôtel de New York. C’est en enquêtant sur cette mort suspecte que le journaliste Hank Albarelli a obtenu des documents de la CIA et de la Maison Blanche qui jettent un éclairage sinistre sur les événements de Pont-Saint-Esprit.

A l’issue de la guerre de Corée, les Américains sont persuadés que leurs soldats, prisonniers de guerre, ont subi des lavages de cerveau. Ils se lancent donc dans une vaste série de programmes défensifs et offensifs sur les questions de la manipulation mentale, des sérums de vérité pour faire parler des prisonniers ou même sur des méthodes pour “incapaciter” l’ennemi et gagner des batailles sans tirer une seule balle.

C’est à ces recherches confidentielles soutenues par la CIA que travaille Frank Olson au sein du SOD (Special Operations Department), à Fort Detrick. Parmi les documents obtenus par Albarelli, le premier retranscrit une conversation entre un agent de la CIA et le représentant américain du laboratoire Sandoz. Ce dernier insiste pour évoquer le “secret de Pont-Saint-Esprit” et explique à son interlocuteur qu’il ne s’agissait nullement d’ergot mais de diéthylamide (le D de LSD).

Les pratiques « non éthiques » de la CIA

Albarelli entre en contact avec des anciens de l’armée ou de la CIA qui ont cotoyé Frank Olson. Deux d’entre eux, “Albert” et “Neal”, lui expliquent, sous couvert d’anonymat, que l’histoire de Pont-Saint-Esprit relève d’une opération conjointe du SOD et de la CIA. Mais lorsqu’il demande si d’autres services secrets, par exemple français, ont participé à l’expérience, il n’obtient qu’un silence.

Des scientifiques de Fort Detrick confient au journaliste américain que les services ont opéré par pulvérisation aérienne d’une mixture à base de LSD ainsi que par la contamination de “produits alimentaires locaux”. L’un d’eux explique que la pulvérisation a été “un échec complet”.

En 1975, une commission d’enquête présidée par Nelson Rockefeller avait commencé à révéler les pratiques “non éthiques” de la CIA, aux appellations multiples : Bluedbird, Artichoke, MK-Ultra, etc. En 2000, Albert et Neal transmettent à Albarelli une fiche d’identité de la Maison Blanche, certainement en rapport avec cette commission, et qui mentionne une “french embassy” et, erreur d’orthographe comprise, “Pont Saint Esprit incident (Olsojn)”

Cette version pose autant de questions qu’elle apporte de réponses. Sans rejeter l’hypothèse, Steven Kaplan s’interroge, par exemple, sur le choix de la ville cobaye : Pont-Saint-Esprit figure dans une région tenue par la gauche. Curieux pour une opération secrète américaine en pleine guerre froide.

“A l’époque, on a évoqué l’hypothèse d’une expérimentation destinée à contrôler une révolte de la population”, se souvient Charles Granjhon, 71 ans aujourd’hui, qui habite toujours Pont-Saint-Esprit. “J’ai failli caner. J’aimerais bien savoir pourquoi.” Il n’est pas le seul à vouloir connaître la vérité. Après la parution de son livre, Albarelli a appris d’un de ses contacts que la DGSE aurait demandé des informations sur l’affaire de Pont-Saint-Esprit au Département d’Etat américain, ce que démentent les services français.

Cet article de Loïc Chauvin est paru dans le magazine lesInrockuptibles du mercredi 3 mars.

http://blogs.lesinrocks.com/droguesnews … prit-00137


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#55 13-03-2010 23:49:35

AtMOH
Membre du C.A.
Lieu: PARIS, FRA
Date d'inscription: 19-03-2006
Messages: 1335

Re: On peut garder un secret à 130000

Lisez les commentaires du blog des inrocks certains sont très instructifs et prennent du recul face à cette "info"!

http://blogs.lesinrocks.com/droguesnews … prit-00137

Hors ligne

 

#56 14-03-2010 11:57:45

ALIBABA25
Membre de Soutien
Date d'inscription: 08-12-2006
Messages: 1318

Re: On peut garder un secret à 130000

AtMOH a écrit:

Lisez les commentaires du blog des inrocks certains sont très instructifs et prennent du recul face à cette "info"!

Visiblement, ils prennent pas que du recul.

Hors ligne

 

#57 14-03-2010 17:02:21

Analis
Membre du forum
Date d'inscription: 09-05-2008
Messages: 1148

Re: On peut garder un secret à 130000

Oui, bon, si une opération d'intoxication à grande échelle a été menée sur une population du sud de la France, cela ne peut être que le fait d'un service local, c.a.d. français. La CIA a pu coopérer, mais là elle est juste un bouc émissaire. Les services secrets français avaient d'ailleurs une réputation d'être parmi les plus en pointe au niveau de la recherche sur l'utilisation du LSD.

Dernière modification par Analis (14-03-2010 17:05:41)

Hors ligne

 

#58 14-03-2010 18:27:56

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Analis a écrit:

Oui, bon, si une opération d'intoxication à grande échelle a été menée sur une population du sud de la France, cela ne peut être que le fait d'un service local, c.a.d. français.

Ah bon ?
d'où te viens une telle certitude ?
C'est vrai que la CIA est connu que pour n'agir que sur le sol américain...roll

Analis a écrit:

La CIA a pu coopérer, mais là elle est juste un bouc émissaire.

Faudrait savoir : si la CIA a coopéré alors elle est (par définition) complice et la présenter comme un bouc émissaire n'a aucun sens.

Analis a écrit:

Les services secrets français avaient d'ailleurs une réputation d'être parmi les plus en pointe au niveau de la recherche sur l'utilisation du LSD.

Je ne savais pas. C'est tout à fait possible : tu as une source ?


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#59 14-03-2010 18:48:46

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

AtMOH a écrit:

Lisez les commentaires du blog des inrocks certains sont très instructifs et prennent du recul face à cette "info"!

http://blogs.lesinrocks.com/droguesnews … prit-00137

Je viens de lire les commentaires du blog des inrocks et aucun ne semble justifier à mes yeux les guillemets que tu as mis à "info".

Parmi les messages on a droit aux classiques :

Les Inrocks n’ont vraiment rien de plus sérieux pour vendre du papier que de cultiver l’anti-américanisme franchouillard.

et les OVNI, vous avez pensé aux OVNI ?

et ROSWELL ?

Ou à une pitoyable tentative de débunking pour un emploi du mot "région" :

Steven Kaplan s’interroge, par exemple, sur le choix de la ville cobaye : Pont-Saint-Esprit figure dans une région tenue par la gauche  » …………….
En 1951 ?!
Les régions ont été créées en 1972, et l’élection des conseillers régionaux commence 10 ans après…
Franchement, tout est si gros dans cette histoire que je suis surpris qu’elle tienne dans la page de mon navigateur.
Bientôt on lira que la CIA est à l’origine de la guerre franco-prussienne de 1870 : un de ses espions serait en effet le rédacteur de la dépêche d’Ems.

Le seul argument intéressant est que les symptômes ne correspondraient pas aux effets du LSD mais comme le fait remarquer un des internautes l'éventuel LSD utilisé par l'armée peut être différend de celui qui sera consommé dans les années soixante :

Je confirme que le mode d’ingestion peut fondamentalement changer la donne ; j’en donne pour preuve ma propre expérience : étant habituée à prendre de la kétamine dans les free party en snif (et donc certainement coupée avec plein d’autres merdes), j’ai eu la triste occasion suite a une lourde opération à l’hôpital de « tester » de la kétamine liquide par intraveneuse car la morphine ne me faisait que trop peu d’effet (et qui dit hôpital dit produit pure)—> l’effet n’était même pas comparable, absolument rien à voir avec la kétamine en poudre que je connaissais pourtant si bien, c’était infiniment plus puissant, et il y avait même des hallucinations complètement délirantes, chose qui n’arrive JAMAIS avec la kétamine « courante » ; j’ai cru devenir folle pour de bon, bien que consciente que l’on m’avait injecté le produit, je n’ose imaginer si cela avait été fait à mon insu.

Alors nul doute qu’il en va de même pour le LSD, surtout que le LSD des années 50, ce n’était certainement pas la même chose que les buvards que tu peux te procurer aux détours de nos soirées contemporaines ; tous les vieux drogués s’accordent à dire que le LSD qu’ils ont connus dans les années 70 n’avait pas grand chose en commun avec nos « Hoffmann 2010″, « Panoramix », ou autant de variations qui prouvent encore une fois à quel point à partir d’une même molécule de base on peut obtenir des résultats extrêmement différent…

Et comme le fait remarquer l'auteur dans un commentaire :

Il faudrait, de toute manière, plus d’informations pour confirmer ou infirmer cette nouvelle hypothèse. Un modus operandi précis, les doses utilisées, les moyens de diffusion… Les symptômes cliniques ne sont pas les mêmes selon le mode d’ingestion. On connait relativement bien l’ingestion directe. Qui connait, en dehors des scientifiques qui ont travaillé sur les programmes militaires, les effets obtenus suite à une diffusion par aérosol ?

Et enfin cette remarque de l'auteur dans ce même commentaire :

Pour terminer, les éléments qu’apporte Albarelli sont des documents de la Maison blanche et de la CIA qui évoquent « l’incident de Pont-Saint-Esprit ». Et c’est un représentant de Sandoz qui affirme que ce qui s’est passé à Pont-Saint-Esprit est du au diethylamide.

Et pour rappel voici un extrait de cet article des Inrock (qui mériterait au passage une reopenews wink) :

Albarelli entre en contact avec des anciens de l’armée ou de la CIA qui ont cotoyé Frank Olson. Deux d’entre eux, “Albert” et “Neal”, lui expliquent, sous couvert d’anonymat, que l’histoire de Pont-Saint-Esprit relève d’une opération conjointe du SOD et de la CIA. Mais lorsqu’il demande si d’autres services secrets, par exemple français, ont participé à l’expérience, il n’obtient qu’un silence.

Des scientifiques de Fort Detrick confient au journaliste américain que les services ont opéré par pulvérisation aérienne d’une mixture à base de LSD ainsi que par la contamination de “produits alimentaires locaux”. L’un d’eux explique que la pulvérisation a été “un échec complet”.

En 1975, une commission d’enquête présidée par Nelson Rockefeller avait commencé à révéler les pratiques “non éthiques” de la CIA, aux appellations multiples : Bluedbird, Artichoke, MK-Ultra, etc. En 2000, Albert et Neal transmettent à Albarelli une fiche d’identité de la Maison Blanche, certainement en rapport avec cette commission, et qui mentionne une “french embassy” et, erreur d’orthographe comprise, “Pont Saint Esprit incident (Olsojn)”


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#60 14-03-2010 18:53:58

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Les expériences secrètes de la CIA (1/3) :



Les expériences secrètes de la CIA (2/3) :



Les expériences secrètes de la CIA (3/3) :

Dernière modification par Zorg (14-03-2010 18:56:45)


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#61 15-03-2010 22:55:21

Analis
Membre du forum
Date d'inscription: 09-05-2008
Messages: 1148

Re: On peut garder un secret à 130000

Zorg a écrit:

Analis a écrit:

Oui, bon, si une opération d'intoxication à grande échelle a été menée sur une population du sud de la France, cela ne peut être que le fait d'un service local, c.a.d. français.

Ah bon ?
d'où te viens une telle certitude ?
C'est vrai que la CIA est connu que pour n'agir que sur le sol américain...roll

C'est une simple question de bon sens. Notamment :
    une telle opération nécessite une importante logistique ; au niveau des communications d'abord ; puis au niveau matériel : transport, décollage et voyage d'un avion etc... ; il est irréaliste de penser pouvoir passer inaperçu sur le territoire d'un Etat étranger. La CIA aurait-elle pris un tel risque diplomatique, avec celui (immense) de voir le secret dévoilé ? Un secret ne se maintient que dans des conditions contrôlées étroitement. L'étranger n'est pas bon pour cela.
    -au niveau justement de l'organisation de l'enquête et de l'étouffement de la vérité. Cela ne peut pas être piloté de loin. C'étaient les autorités françaises qui avaient la main-mise sur la désignation des experts, par exemple. La participation des employés de Sandoz était semble-t'il nécessaire, entre autres. Seules des personnes en poste au sein de l'Etat français pouvaient s'assurer que ce soient eux qui interviennent.
    -de même, il n'y a aucun sens à mener des expériences si on ne peut pas en suivre les résultats. Là encore, seuls des membres de l'administration française pouvaient avoir accès au suivi détaillé des dossiers médicaux et des enquêtes publiques, de contenu souvent confidentiel.

Zorg a écrit:

Analis a écrit:

La CIA a pu coopérer, mais là elle est juste un bouc émissaire.

Faudrait savoir : si la CIA a coopéré alors elle est (par définition) complice et la présenter comme un bouc émissaire n'a aucun sens.

Mais la CIA est un bouc émissaire, si on la présente comme la seule responsable. 

Zorg a écrit:

Analis a écrit:

Les services secrets français avaient d'ailleurs une réputation d'être parmi les plus en pointe au niveau de la recherche sur l'utilisation du LSD.

Je ne savais pas. C'est tout à fait possible : tu as une source ?

La première qui me vienne à l'esprit, c'est Jacques Vallée dans son livre Révélations. Il mentionne notamment que les services français avaient été servis par leurs liens étroits avec les puissantes industries pharmaceutiques françaises et suisses.

    Ensuite, je ne sais pas si l'idée d'un directeur de la DGSE qui s'enquiert auprès des autorités US de l'affaire est très réaliste. Déjà, il ne paraît pas crédible que la DGSE ne le découvre que plus de 50 ans plus tard. Après, soit cet agent est quelqu'un de naïf ou de désinformé, en dépit de son poste. Soit, ce qui ma paraît plus probable, cette histoire de requête a été inventée pour essayer de discréditer Albarelli. Le coup classique : on le mène sur une fausse piste d'apparence prometteuse, puis on dément, le laissant gros jean comme devant. Quant au silence obtenu par Albarelli quand il interrogeait "Albert" et "Neal" au sujet de la participation d'autres services (français notamment), il est très parlant.

    Ce genre de méthodes en trompe-l'oeil est habituelle pour maintenir un secret qui s'évente. Peu de secrets ne font pas l'objet de fuites à un moment ou à un autre. Une bonne partie, voire une majorité du public en aura entendu parler. Mais on peut dire que le secret a été maintenu si la divulgation de la vérité a été maintenue en périphérie de la conscience publique, et réduite à l'état de rumeurs non reconnues. Les services secrets disposent de tout un arsenal de techniques pour cela.
    J'ajouterai que certains pays sont plus doués que d'autres pour maintenir des secrets. La France est plus opaque que les USA. On notera que la divulgation de cette affaire est venue d'Outre-Atlantique. Pour cette raison, c'est elle qui a le plus à perdre. Les Etats-uniens comme les Britanniques ont déjà reconnu nombre d'expériences sales, irradiations, exposition de populations à des germes ou des agents chimiques, expériences de contrôle mental etc... Une révélation de plus ne changera pas grand-chose pour eux. Pour les français, c'est autre chose. La révélation d'irradiations délibérées à fin de tests in-vivo au Sahara a été marginalisée et n'a pas pénétré la conscience publique. Une telle divulgation pourrait leur faire vraiment du mal.

Dernière modification par Analis (11-05-2010 11:03:41)

Hors ligne

 

#62 09-05-2010 23:34:27

info-intox
Date d'inscription: 08-09-2009
Messages: 32

Re: On peut garder un secret à 130000

La réouverture d'une enquête sur le 11/9 ne sera pas une priorité pour tout de suite. La crise devient terrifiante. C'est l'heure de vérité qui approche comme le présentait le LEAP2020, Jorion ou Gerald Celente.

* AFP le 09/05/2010 à 22:46

L'UE envisage un méga-plan d'aide à la zone euro de 500 milliards d'euros :

http://www.boursorama.com/infos/actuali … d4f17112ad

L'Allemagne a proposé dimanche soir un gigantesque plan de 500 milliards d'euros associant l'Europe et le FMI pour venir en aide si nécessaire aux pays de la zone euro en difficulté, dans l'espoir de stopper une crise qui prend une dimension internationale.

"L'Allemagne a mis sur la table une proposition totale de 500 milliards d'euros" lors de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne à Bruxelles, a indiqué à l'AFP une source diplomatique européenne.

Il s'agirait par son ampleur et s'il fait l'objet d'un accord, d'un plan d'aide sans précédent dans l'histoire.

Il comprendrait 60 milliards d'euros de prêts octroyés par la Commission européenne, dont il était question jusqu'ici, ainsi que 440 milliards qu'apporteraient si nécessaire les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI).

Cette dernière enveloppe serait constituée "de prêts bilatéraux, de garanties pour des emprunts et de lignes de crédit du FMI", selon la même source diplomatique.
....
L'UE est sous pression car la crise est en train de prendre une dimension internationale. Le président américain Barack Obama a appelé dimanche la chancelière allemande Angela Merkel, pour la deuxième fois en trois jours, afin de réclamer "des mesures énergiques pour redonner confiance aux marchés", a indiqué la Maison Blanche.

Le président Sarkozy a aussi eu dans la journée un entretien téléphonique avec Barack Obama pour constater "un large accord sur la nécessité d'une réponse d'ampleur aux désordres actuels qui affectent les marchés".

500 milliards d'euros ! Un plan d'aide sans précédent dans l'histoire ! mais pourquoi donc ? la reprise était là et tout devait repartir tranquillement. C'est plutôt la guerre qui s'en vient.

Dans sa dernière vidéo sur infowars, Celente donne quelques conseils : achetez de l'or et des armes (pour vous défendre) car le chaos arrive à grand pas.

Dernière modification par info-intox (09-05-2010 23:40:03)

Hors ligne

 

#63 10-05-2010 00:34:55

Calixte
Invité

Re: On peut garder un secret à 130000

Sauf que ce n'est pas le sujet de ce fil roll .

Fin du HS.

 

#64 15-05-2010 17:19:44

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Blog enquêtes et faits divers, réalité et fiction :

(...)

D'autant que de récentes révélations d'un journaliste américain laissent penser que des expériences se sont déroulées en plein territoire français. Le mystère de l'affaire de Pont Saint Esprit, et ces habitants souffrant de délires et d'hallucinations effrayantes, vient en effet de trouver sa conclusion. En 1951, 500 habitants de cette commune sont pris de troubles hallucinatoires particulièrement puissants au vu des témoignages. Les gens sont assaillis de visions cauchemardesques, feu, serpents, diable..5 personnes moururent dont 2 par suicide.


En septembre 1951, des scientifiques avec le très estimé British Medical Journal impliquèrent rapidement ce qu'ils surnommèrent une « épidémie d'empoisonnement. » Après avoir pensé initialement que la cause était du pain infecté, ils conclurent que la moisissure ne pouvait ni expliquer l'événement ni les maux qui frappèrent des centaines de personnes de la petite ville.

Des scientifiques dépêchés sur les lieux depuis la compagnie de produits chimiques Sandoz à proximité de Bâle en Suisse, ont également indiqué que la moisissure était la cause, mais de nombreux autres experts n'étaient pas d'accords avec eux.

Le livre, A Terrible Mistake : The Murder of Frank Olson and the CIA's Secret Cold War Experiments (Une terrible erreur : L'assassinat de Frank Olson et les expériences de guerre froide secrète de la CIA), du journaliste d'investigation Albarelli Jr. expose que l'épidémie de Pont-Saint-Esprit en 1951 était le résultat d'une expérimentation d'aérosol de LSD secrète, dirigée par la top secrète Division des opérations spéciales de l'US Army à Fort Detrick dans le Maryland, .

Albarelli note que les scientifiques qui ont émis les fausses explications de couverture du pain contaminé et/ou de l'empoisonnement au mercure pour détourner de la véritable origine des événements, travaillaient pour la compagnie pharmaceutique Sandoz, qui à l'époque fournissait du LSD secrètement à la fois à l'US army et à la CIA pour la recherche.

Albarelli a découvert des documents secrets du FBI qui révélaient que, un an avant l'expérience de Pont Saint-Esprit, la Division des opérations spéciales de Fort Detrick avait pris pour cible le réseau du métro de New York pour une expérience similaire. Une note de service d'août 1950 du bureau déclare, « Les expériences de guerre biologique qui devaient être menées par des représentants du ministère de l'Armée dans le réseau du métro de New York en septembre 1950, ont été reportées sans fixer de date. » La note de service se poursuit en citant les préoccupations du FBI au sujet de « l'empoisonnement des plantes alimentaires » et « l'empoisonnement des réserves d'eau » des grandes villes des États-Unis.

Albarelli a décrit comment lui sont apparus les détails choquants des programmes secrets de la CIA avec les drogues : « Mon premier tuyau fut un document de 1954 de la CIA qui détaillait une rencontre entre un responsable de la compagnie chimique Sandoz (les producteurs de LSD) et un agent de la CIA, dans laquelle « le secret de Pont Saint-Esprit » était référencé. Le responsable de Sandoz poursuivait en disant : « Ce n'était pas du tout l'ergot. »

Albarelli dit avoir obtenu ensuite par l'intermédiaire de la Loi sur la liberté de l'information un rapport de 1955 partiellement expurgé de la CIA, intitulé A CIA Study of LSD-25 (Une étude du LSD-25 par la CIA). Ce rapport contient des informations détaillées sur la fabrication, la fourniture et l'usage du LSD et des produits du type LSD dans le monde. Cependant, la section sur la France et Pont St Esprit avait été presque entièrement censurée.  Albarelli a demandé une copie intégrale, mais les responsables de la CIA ont refusé de lui en fournir une.

Il dit : « Puis je suis tombé sur une lettre écrite par l'agent du Bureau fédéral des narcotiques qui travaillait secrètement pour la CIA ; c'était George Hunter White qui dirigeait le poste de la CIA à New York de 1951 à 1954. La lettre de White référençait l'expérience de Pont St Esprit. À ce stade, après cinq ans d'enquête, j'ai commencé à interviewer d'anciens biochimistes de l'armée. Ils sont devenus très évasifs et ont refusé de parler de leur travail en France. Finalement, deux anciens employés du renseignement ont confirmé que l'expérience avait eu lieu sous les auspices de la Division des opérations spéciales de l'armée et avec un financement de la CIA. »

Selon un officiel de la DGSE, « Si les détails des révélations de ce livre s'avèrent être vrais, ce sera très bouleversant pour les habitants de Pont-Saint-Esprit, ainsi que pour tous les citoyens français. Que des agences du gouvernement des États-Unis puissent délibérément prendre pour cible des ressortissants étrangers pour ce genre d'expérience constitue une violation d'un certain nombre de lois et traités internationaux. »

Voir à ce sujet, l'article très complet sur le site du Réseau Voltaire.

http://faitsdivers.blog4ever.com/blog/l … e_men.html


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#65 02-06-2011 20:39:44

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Comment l’eau de notre robinet est contaminée



En 1998, une équipe d’épidémiologistes de Bordeaux travaille sur la maladie d’Alzheimer. Elle fait une découverte importante :

"Une forte teneur en aluminium dans l’eau du robinet pourrait être un facteur de risque d’Alzheimer"

Le Pr Jean-François Dartigues, service de neurologie du pôle neurosciences cliniques du CHU de Bordeaux remet un rapport à l’IMSRN...

Je vous laisse découvrir c’est effarant...

http://www.agoravox.tv/actualites/sante … -est-30447

Hallucinant...

Pas de menace de mort ou de truc de ce genre, juste "attention, si tu ne reviens pas sur ce que tu as déclaré, on te supprime ton budget de recherche..."
Et le doigt sur la couture de son pantalon, le chercheur obtempère...
Au prix de combien d'Alzheimer ?

Le point de vue de JPP :

On utilise du sulfate d'aluminium pour capter les particules argileuses dans l'eau, la "retraiter" dans des stations d'épuration. Or l'Aluminium est un neurotoxique, dégénératif. Des études de la fin des années quatre vingt dix avaient montré que celui-ci pouvait doubler le nombre de cas de maladies d'Alzheimer.

Premier temps : rapide retour à la raison d'un chercheur, que le secrétaire d'Etat à la Santé, Bernard Koutchner, amène à se dédire devant les caméras de TF1.
http://www.jp-petit.org/sauver_la_Terre/Aluminium/illustrations/mes_credits_de_recherche.gif
l'Omertà

Cette vidéo montre ensuite comment les journalistes se heurtent à un mur lorsqu'ils posent à Marie Favrot, la responsable de l'AFSSA (Agence Française Sur la Sécurité Alimentaire ) la mauvaise question. Celle-ci indique que l'AFSSA a fixé la norme d'adjonction de surfate d'aluminium à 200 milligrammes par litre. Quand la journaliste lui dit que dans de nombreuses régions de France, ce taux est dépassé d'un facteur 6, et lui demande quelle recommandation l'AFSSA formule pour de telles situations, elle répond simplement :

http://www.jp-petit.org/sauver_la_Terre/Aluminium/illustrations/coupez_emission.gif
"Coupez l'émission ! "
Cachez ce taux, que je ne saurais voir

http://www.jp-petit.org/sauver_la_Terre … cience.htm


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#66 05-06-2011 17:40:58

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Dans cette histoire :
- un crash d'avion tuant 95 personnes en 1968.
- une enquête officielle concluant à un accident
- des familles de victimes soutenant depuis des décennies la thèse d'une bavure militaire (missile se trompant de cible)
- des militaires pris en flagrant délit de mensonge en affirmant qu'il n'y avait pas eu aucun exercice militaire n'avait eu lieu dans la région le 11 septembre 1968.
- un mensonge qui fut révélé non pas suite aux enquêtes de la police et de la justice mais grâce à l'acharnement des familles de victimes
- un ancien secrétaire militaire qui parle après ... 43 ans de silence



L'Express - 11 05 2011 :

Caravelle Nice-Ajaccio: la thèse de la "bavure militaire" relancée

Par Yves Montuelle, publié le 11/05/2011 à 10:00

http://static.lexpress.fr/medias/1385/709577_michel-laty-affirme-avoir-dactylographie-un-rapport-de-l-armee-accreditant-la-these-du-missile-pour-expliquer-le-crash-de-la-caravelle-ajaccio-nice-le-11-septembre-1968.jpg
Michel Laty affirme avoir dactylographié un rapport de l'armée accréditant la thèse du missile pour expliquer le crash de la caravelle Ajaccio-Nice le 11 septembre 1968.
Capture d'écran de TF1


Un ancien secrétaire militaire affirme que la caravelle reliant Ajaccio à Nice le 11 septembre 1968 a été abattue par un missile.

L'enquête officielle avait conclu à un accident
: un incendie d'origine inconnue serait la cause du crash de la caravelle d'Air France Ajaccio-Nice en 1968. Les familles des victimes ont toujours soutenu qu'un missile de l'armée était à l'origine du drame, qui avait coûté la vie à 95 personnes. Un témoignage diffusé ce mardi soir sur TF1, vient accréditer la thèse d'une "bavure militaire". 

43 ans après les faits, Michel Laty, un ancien secrétaire militaire affecté à l'époque à la préfecture maritime de Toulon, affirme avoir "dactylographié une enquête de l'armée, non consultable car classé secret-défense", qui reconnaîtrait qu'un missile aurait abattu par erreur la caravelle.

S'il avait été armé, la caravelle aurait explosé en vol 

Selon ce témoin, le rapport en question affirme que "la caravelle a été abattue par un missile parti de la terre, en Méditerranée. Une erreur d'identification de la cible". Et d'ajouter: "On a abattu un avion civil au lieu d'abattre la cible programmée pour ça!" 

Lancé depuis un pas de tir dans le Var, le missile aurait été attiré par la chaleur des réacteurs et aurait percuté la caravelle provoquant un incendie. Le missile était désarmé selon Michel Laty: "S'il avait été armé, la caravelle aurait explosé en vol."

Levée du secret défense

Gravement malade, l'ancien militaire confie ne plus pouvoir garder ce lourd secret. S'il l'a conservé pendant plus de 40 ans, c'est parce qu'il "avait peur", se justifie-t-il.


Ce témoignage redonne espoir aux familles des victimes, qui ont toujours soutenu la thèse du missile pour expliquer le crash de l'appareil. Mathieu Paoli, président de l'association des familles des victimes, demande que ce témoignage soit transmis à la justice.

L'armée a toujours soutenu qu'aucun exercice militaire n'avait eu lieu dans la région le 11 septembre 1968. Les familles de victimes ont pourtant retrouvé des archives militaires prouvant le contraire.

Une précédente plainte avait été déposée en 2006, rejetée pour cause de prescription. En 2008, une nouvelle plainte avait été rejetée par trois juges d'instruction de Nice.

Le Conseil exécutif de Corse a réclamé au gouvernement la levée du secret défense. L'examen d'une citation à comparaître du ministère de la Défense par les familles des victimes aura lieu le 12 décembre prochain.

http://www.lexpress.fr/actualite/societ … 91515.html

Question à 1 euro :  combien de personnes devaient être au courant depuis 4 décennies ?

A voir :

JT de 20h de TF1 - 10 05 2011:

Résumé : Le 11 septembre 1968, 95 personnes sont mortes dans le crash de la Caravelle Ajaccio-Nice. Une bavure militaire est alors évoquée. 43 ans après les faits, un témoin direct, affecté à l'époque à la préfecture maritime de Toulon, témoigne devant la caméra de TF1.

http://www.wat.tv/video/enquete-20h-sec … i0u7_.html (vidéo de 3'56)


Article de Morice sur AgoraVox :


Le 11 septembre français rattrape Michèle Alliot Marie

C'est un reportage hier soir de TF1 qui l'annonce : cette fois, il y a bien du neuf dans une sombre histoire dont je vous avais fait part ici-même dès le 1er décembre 2008. Celle de la catastrophe de la Caravelle effectuant le trajet Ajaccio-Nice. Elle s'était abîmée en mer,le 11 septembre 1968, provoquant la mort de 95 personnes. On avait alors soupçonné un tir de missile de l'armée comme étant responsable de la catastrophe. Cette affaire n'a jamais été jugée, un procès venant juste d'être repoussé en ce début de mois, plus de 43 ans après les faits. Pire encore, puisqu'en 2004, on retrouvait quelqu'un de connu affirmer sans sourciller que "l’accident de la Caravelle ne peut être imputable aux forces armées qu’il s’agisse de la marine, de l’armée de l’air ou de la Délégation générale de l’armement ou de toute autre force ou unité", alors que tous les regards se tournaient vers l'ïle du Levant où les militaires expérimentaient à l'époque des missiles (des Masurca). Ce soir, donc, sur TF1, au JT de Laurence Ferrari un homme, malade, présenté comme condamné, et voulant soulager sa conscience, Michel Laty, à l'époque secrétaire aux armées, est venu faire des aveux de taille. Au "chapitre 13" de la messe de Ferrari, à 26 minutes du début, il affirme bien que l'avion a été victime d'un tir de Masurca. Et ce sans aucune hésitation, affirmant qu'il a lui-même tapé un rapport décrivant l'erreur de cible faite par les soldats, un rapport jamais rendu public. Des aveux qui renvoient les militaires devant leurs dénégations qui ont duré quatre décennies. Car celle qui avait affirmé qu'il n'y étaient en aucun cas mêlés, vous la connaissez bien : elle s'appelle Michèle Alliot-Marie, qui a donc commis un parjure manifeste en 2004, qui devrait donc lui valoir logiquement au tarif actuel cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende...

Le témoignage terrifiant de Michel Laty relance en effet toute l'enquête, pour laquelle des gens tels qu'Etienne Bonnet, témoin visuel de l'accident ou Mathieu Paoli, représentant des victimes, ou encore Jean Michel Verne et Max Clanet, les auteurs du livre sur la question se battent depuis toujours, épaulés par les avocats des familles de victimes, Paul Sollacaro et Stéphane Nesa, tous motivés pour que la vérité se fasse jour. Mathieu Paoli, et ses frères Louis et Jacques, avaient perdu leurs parents, Ange-Marie et Toussainte, alors âgés de 61 et 59 ans, dans la catastrophe de la Caravellle F-BOHB. Cela fait bientôt un demi-siècle qu'ils se battent pour que l'Etat, et l'armée, reconnaissent les faits. Le témoignage qui arrive par surprise est une véritable délivrance pour eux, et toutes les familles endeuillées par ce terrible drame. Il tombe à pic. Le 2 mai dernier encore, dans l'indifférence totale des médias, le procès tant attendu devait en effet débuter. Il avait été repoussé au 12 décembre prochain, avec la désormais plaie des tribunaux, la fameuse "requête en constitutionnalité", mais cette fois utilisée par les représentants de la partie civile qui craignaient qu'on leur repropose un rejet pour procédure trop tardive : très certainement ce qui a fait sortir Michel Laty de ses gonds. L'homme, sur TF1 a clairement expliqué pourquoi il n'avait jamais parlé avant : de peur des représailles. Il a eu peur de ce que pouvait faire l'armée, à son encontre, visiblement. Il n'avait pas tort, comme le fait remarquer la Provence : "en juillet 1970, le responsable de la commission d'enquête écrivait dans un courrier qui n'a été retrouvé qu'après sa mort : "On fait pression sur moi (…). Je commence à prendre conscience que je me heurte au pouvoir dont j'ignore les motivations dans cette affaire". "L'année suivante, il jurait même craindre pour sa vie", ajoute le journal... "Autant de raisons qui poussent Mathieu et Louis Paoli à demander que l'enquête soit reprise à zéro. "Ils sont presque considérés comme des accusés, alors qu'ils sont partie civile, déplore leur avocat. Ils cherchent à pouvoir faire leur deuil, pas à faire tomber l'Etat !". Une enquête démarrant à zéro, cela signifie par exemple de faire en 2011 ce qu'il était presque impossible de faire correctement en 1968 : de plonger et d'aller rechercher les morceaux, ce qu'on s'était bien privé de faire par 1000 m de fond. En espérant que l'armée n'y soit pas passé avant... Avec la décision prise pour la recherche des boîtes noires de l'Airbus tombé en plein milieu de l'Atlantique, cela prend une autre saveur : ce qu'on a fait pour certains, on doit pouvoir le faire pour d'autres : à l'époque, seuls 15 corps avaient été retrouvés à la surface.

Des élus locaux avaient soutenu cette reprise de l'enquête, souligne la Provence :  "le 3 mars, le président du conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi, a écrit au président de la République pour lui demander que tous les moyens soient engagés pour récupérer l'intégralité de l'épave de la Caravelle : "Il suffirait de localiser les débris et de vérifier s'ils présentent un point d'impact. Cette mesure technique peut être ordonnée en dehors de toute enquête judiciaire, et sans qu'il soit besoin d'attendre l'issue des procédures en cours". Concernant l'instruction menée dans les années 70, l'élu PRG parle d'"enquête baclée". Il note des "éléments troublants" et dénonce "le black-out" dont l'armée fait toujours preuve".

Les avocats aussi espéraient le 2 mai dernier que leur requête serait prise en cause, car pour eux la prescription ne tenait pas avec les éléments nouveaux apparus au fil du temps : "on nous rabâche la prescription des faits. Nous, nous dénonçons l’attitude du parquet dans cette affaire. Depuis 2006, nous avons apporté suffisamment d’éléments nouveaux pour la relancer. Aujourd’hui, les dossiers Agnelet, Colonna ou encore Grégory sont réexaminés. Pourquoi pas celui de la Caravelle ? », s’entête Me Sollacaro. C’est pourquoi les familles de victimes demandent de nouvelles investigations. Notamment sur ce qu’il reste de la carlingue qui repose toujours au fond de la Méditerranée. Et vérifier ainsi la thèse du réacteur détruit par un missile", précise Corse-Matin. Avec le témoignage accablant de dernière minute de Michel Laty, la justice est désormais pied au mur, et Michèle Alliot-Marie à nouveau dans de beaux draps.

J'avais expliqué que l'action menée par les parents de victimes était celle de la dernière chance : "aux dernières nouvelles, les familles ont donc déposé plainte contre X. C'était juste après la déclaration du procureur de la République de Nice qui a classé « sans suite » le dossier de la catastrophe de la Caravelle. « Les faits sont prescrits, il n’est pas possible de rouvrir le dossier d’un point de vue judiciaire », a précisé à la presse Éric de Montgolfier. L’information judiciaire avait déjà été close il y a fort longtemps, par un non lieu, en juin 1973 exactement, à la suite du rapport du ministère des transports au Journal Officiel du 14 décembre 1972, concluant à l'incendie accidentel. La prescription de l’action publique avait été déclarée en mai 1983. Pour l'état français, l'histoire est terminée". Avec le témoignage de ce soir, qui constitue bel et bien un fait nouveau de poids, ce ne l'est plus vraiment.

J'avais donc écrit et disséqué tout le dossier voici deux ans et demi déjà. Ici même en effet. A recevoir ici des posts injurieux, d'individus qui continuent pour la plupart à venir squatter ce site qui se veut démocratique. Je viens de relire leurs insanités, et suis désireux aujourd'hui d'en rappeler la teneur, outré par leur lamentable prestation. Entre un scaphandrier islamophobe venant dire " Sacrément raccoleur comme titre, la suite laisse à désirer.. ;" et un éternel ""Vous n’avez pas d’infos interessantes sur les attentats islamistes ?", provenant d'un fils de militaire, j'avais eu droit au post d'un autre ancien militaire, alors appelé Maxim, devenu Kitamissa depuis. Celui-là, il était venu défendre les siens et avait affirmé que "ce ne sont que des suppositions votre article ... déjà à l’époque ,les journaux et la rumeur faisaient allusion à un tir de missile, rien n’a été prouvé ...." Atavus, autre troll récurrent ici, qui s'est aussi appelé ici "Fuck Morice" (l'élégance même *) ajoutant un "à moins que l’accident que tu décris dans ton article est été commandité par des islamistes. Bref tu mélange encore tout et n’importe quoi.Tu prends des faits réels et tu les raccommode à ta sauce" qui en dit long sur leur trollisme en meute, chacun d'entre eux reprenant les idées des autres, ou plutôt les rumeurs et les diffamations des autres. Le thème des attaques étant bien sûr le même pour tous : "t'as pas encore compris ce que t’explique morice ? Tous les terroristes, ce sont des americains de la cia deguisés en talibans !!!" affirmait un "pirate" habitant dans le nord venu un soir crier son admiration pour la xénophobie et le "nationalisme". 

Le scaphandrier concluant par "ouais, moi ça me permet de rester sur terre. Toi tu délires dans le cosmos. D’ailleurs tu ferais bien d’y rester toi et ta bande de paranoïaques. Moi je raconte la vie des gens et toi tu fantasmes, voilà toute la différence"... il s'était rendu célèbre ici, pour tout dire, grâce à un article sur la soupe aux croûtons... qui devait pour sûr "raconter la vie des gens"... Et tous les jours depuis, il vient, cracher ici sa haine du journalisme citoyen auquel il a participé lui-même, avec à vrai dire nettement moins de succés... venant nous parler de la "bienpensance" ou fustiger "ceux qui touchent les allocs chômage"...  ou le RSA, quand ce n'est pas nous raconter que ce sont les "arabes" seuls qui "incendient les voitures". De ces posts d'extrême droite, de ce manque flagrant de pensée et du respect des autres, j'en ai assez à vrai dire. Avec les déclarations télévisuelles de l'ancien secrétaire de l'armée, ils sont tous, ce soir, passablement ridicules. Et tous passablement ridiculisés.

Ce soir également, les parents des 95 victimes, 43 ans après, peuvent enfin estimer un jour avoir la vérité sur ce qui s'est passé réellement. Certains y auront aidé et j'estime être fier d'avoir apporté ma petite pierre à cette édifice. Mais la véritable lapidation que j'ai dû subir de la part de ces trolls malfaisants venus raconter que ce que je pouvais dire était faux, ce soir, sonne pour Agoravox comme un coup de gong supplémentaire. La cloche du "ça suffit", là, maintenant. Un nettoyage certain a été fait des posts diffamateurs, vous avez pu le remarquer : ils se sont regroupés ailleurs ; où ils n'ont d'autre sujets que ce qu'ils continuent à lire ici. A en devenir grotesque : leur sujet de préoccupation demeure ma pomme, ce qui est tout simplement ahurissant de bêtise. C'est dire le vide sidéral de leurs connaissances et le niveau de leur réflexion, ou leur absence totale de toute pédagogie pour expliquer des faits ou des événements. Eux seuls les intéressent.. et encore ! Mais il en reste encore, de cette meute, qui viennent tous les jours tirer leur bordée, comme des chiens viennent marquer leur territoire. Quatre ans après, j'en ai assez d'effacer les tags : d'ailleurs, ce n'est même pas moi qui le fait, mais une modération qui enlève les tombereaux d'injures journaliers. A en devenir lassant, à force. Pour la modération comme pour moi. Dès qu'on écrit le mot "11 septembre", on y a droit à cette bordée, comme dès que l'on parle négationnisme ou état d'Israël. Le net a encore de sérieux progrès à faire, s'il veut concurrencer la presse ou la télévision : d'abord, et en priorité, faire cesser ces destructeurs de forum, ces individus sans idées cachés derrière leurs claviers. Ils ne s'aperçoivent même pas, eux les chantres de la liberté d'expression, qui cache de bien plus grandes turpitudes, qu'ils sont en train de devenir les fossoyeurs d'un média innovant, qui a démontré qu'il pouvait largement devancer les médias classiques. L'exemple de l'utilisation d'un hélicoptère furtif lors de la dernière opération américaine est en ce sens très révélatrice : aucune télévision n'a été capable d'analyser l'événement, alors que toutes les chaînes disposaient des mêmes éléments que ceux dont je me suis servi ici. En premier, oserais-je même dire.

PS : en 1968, le Ministre des Armées s'appelait Pierre Messmer. Michel Debré, son successeur, devenu Ministre de la Défense, écrira aux victimes le 26 septembre 1969 "q'un missile français ne peut pas être à l'origine de la catastrophe".

(*) voici ce qu'il avait un jour répondu à une autre posteuse : par "FuckMorice" (alias Atavus, alias Spy999, alias "Marion Anne Perrine Le Pen" ; alias Covadonga et alias aujourd'hui Convadonga 722) le 2 octobre 2008 à 11H01 " Olga, je ne suis pour rien dans la disparition des commentaires. Mon but à moi c’est de troller, s’il n’y a plus de commentaires mon trollage tombe à l’eau pour ainsi dire. Donc monsieur le modérateur veuillez arrêter sur le champ de saper le trollage des gens bien intentionnés qui se font un devoir de troller les articles de morice afin d’éviter qu’il ne propage ses idées mal vaillantes en vers nos amis américains et le bon peuple d’Israël. "

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … rape-93728

Dernière modification par Zorg (05-06-2011 18:34:08)


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#67 17-10-2011 12:31:46

kissuijouvège
Membre du forum
Date d'inscription: 22-10-2008
Messages: 310

Re: On peut garder un secret à 130000

En voila un bon exemple...
http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … id=1586465
17 octobre 1961 : "Ce massacre a été occulté de la mémoire collective"

LEMONDE.FR | 17.10.11 | 09h37   •  Mis à jour le 17.10.11 | 10h51

A cinq mois de la fin de la guerre d'Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d'un des plus grands massacres de gens du peuple de l'histoire contemporaine de l'Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d'Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d'Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. Certains corps sont retrouvés dans la Seine. Pendant plusieurs décennies, la mémoire de ce épisode majeur de la guerre d'Algérie sera occultée.

L'historien Gilles Manceron, auteur de La Triple Occultation d'un massacre (publié avec Le 17 Octobre des Algériens, de Maurice et Paulette Péju, éd. La Découverte), explique les mécanismes qui ont contribué à cette amnésie organisée.

>> Portfolio sonore : Les photos inédites du 17 Octobre

Pourquoi la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 a-t-elle été occultée pendant si longtemps ?
Il s'agit d'un événement d'une gravité exceptionnelle, dont le nombre de morts a fait dire à deux historiens britanniques [Jim House et Neil MacMaster, Les Algériens, la République et la terreur d'Etat, Tallandier, 2008] qu'il s'agit de la répression d'Etat la plus violente qu'ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l'histoire contemporaine.

Comment une répression de cette ampleur a-t-elle pu ne pas être considérée pendant plusieurs décennies comme un événement de notre histoire ?
L'historien Pierre Vidal-Naquet a employé le terme d'"énigme". Je me suis interrogé sur les facteurs qui permettent d'expliquer comment ce massacre a été occulté de la mémoire collective.
Il me semble tout d'abord qu'il y a une volonté de faire le silence de la part des autorités françaises. En premier lieu, bien sûr, les autorités impliquées dans l'organisation de cette répression : le préfet de police de la Seine, Maurice Papon, le premier ministre, Michel Debré, ainsi que Roger Frey, ministre de l'intérieur. Mais également le général de Gaulle, qui de toute évidence a pourtant été très irrité par cet épisode. Il a néanmoins voulu tirer le rideau sur cette affaire et fait en sorte que les Français passent à autre chose.

Par quels moyens le pouvoir a-t-il réussi à imposer le silence, et donc cette amnésie ?
Sur le moment, il y a eu censure de la presse, avec l'empêchement des journalistes à se rendre sur les lieux de détention des Algériens, par exemple. Et puis très vite, les instructions judiciaires ont été closes sans aboutir. Il y en a eu une soixantaine, elles ont toutes débouché sur des non-lieux. Une volonté d'oubli judiciaire, qui s'est combinée avec les décrets d'amnistie, qui couvraient les faits de maintien de l'ordre en France, une difficulté à accéder aux archives, l'épuration d'un certain nombre de fonds... tout cela a contribué à ce phénomène d'occultation jusqu'à la fin des années 1970.

Par la suite, d'autres facteurs ont pris le relais. En 1961, Gaston Deferre, à l'époque sénateur, avait protesté de façon très vigoureuse contre la répression policière. Mais quand Jean-Louis Béninou, journaliste à Libération, va le voir pour lui demander de faire la lumière sur cet événement, au début des années 1980, M. Deferre, devenu ministre de l'intérieur, lui répond qu'il n'en est pas question. Il a fait le choix de ne pas ouvrir ce dossier.

Cinquante ans plus tard, il existe encore une confusion entre le 17 octobre 1961 et la manifestation de Charonne, le 8 février 1962, au terme de laquelle neuf personnes ont trouvé la mort...

La mémoire de Charonne, une manifestation pour la paix en Algérie et contre les attentats de l'OAS – mais pas pour l'indépendance ! –, s'est en effet superposée à celle d'octobre 1961. Il faut dire que la gauche française a eu plus de réactivité par rapport à la violence qui s'est déployée lors de la manifestation de Charonne, qu'elle avait organisée. Cette attitude a été celle du PCF, mais également de la Ligue des droits de l'homme, qui a décidé la constitution d'une commission d'enquête après Charonne alors qu'elle ne l'avait pas fait au lendemain du 17 Octobre.

On voit là les limites de l'engagement de la gauche française de l'époque. A l'exception du petit PSU et de l'UNEF, rares étaient les partis qui étaient réceptifs à l'idée d'une indépendance algérienne.

Le plus surprenant, c'est que la mémoire de Charonne ait occulté celle du 17 Octobre y compris au sein de certaines familles algériennes...

Oui. La famille d'une des victimes du 17 Octobre, une jeune lycéenne, qui devait avoir 15 ou 16 ans, Fatima Bédar, dont on avait retrouvé le corps dans le canal Saint-Martin, a longtemps cru et répété qu'elle était morte à Charonne. Au sein même de l'immigration algérienne, le mot de "Charonne" était plus présent que la référence au 17 Octobre.

Au lendemain de l'indépendance, comment cet événement a-t-il été utilisé par les nouvelles autorités algériennes ?

C'est ici qu'un troisième facteur d'occultation a joué : la volonté du pouvoir algérien de ne pas mettre en valeur une initiative prise par la Fédération de France du FLN, qui avait organisé la manifestation du 17 Octobre.

La Fédération de France était en effet devenu un fief d'opposition au nouveau pouvoir en raison de son ouverture aux idéaux et aux valeurs de la gauche européenne, syndicale et politique. Lors de la crise de l'été 1962 qui vit s'affronter, au sein du FLN, les prétendants au pouvoir, elle avait misé sur les civils du GPRA [le gouvernement du FLN en exil] contre les militaires de l'armée des frontières du colonel Boumediene. Elle se retrouva ainsi dans le camp des vaincus et les autorités de la nouvelle République algérienne évitèrent de lui faire de la publicité, en passant plus ou moins sous silence la répression du 17 Octobre...

Comment s'est finalement faite toute la lumière sur l'ampleur du massacre ?

A travers des publications, notamment. Le roman policier de Didier Daeninckx [Meurtres pour mémoire, Gallimard, 1984], qui associe la recherche sur le passé de Maurice Papon sous l'Occupation à son rôle en 1961, ou des travaux d'historiens comme La Bataille de Paris, de Jean-luc Einaudi [1990, Seuil], ont joué un rôle. Et puis avec la constitution d'une association, Au nom de la mémoire, par des enfants issus de l'immigration algérienne, la mémoire a commencé à émerger.

La procès de Maurice Papon pour complicité de crimes contre l'humanité en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde pendant l'Occupation a certainement contribué à ouvrir le dossier du 17 octobre 1961 et à le faire surgir dans l'espace médiatique. Lors du procès Papon en 1997-1998, des témoins ont parlé de sa personnalité, de son rôle en Algérie et à la préfecture de police de Paris. Parmi eux, Jean-Luc Einaudi, qui a publié une tribune dans Le Monde du 20 mai 1998, où il employait le terme de "massacre" à propos du 17 Octobre. Papon a trouvé bon de poursuivre Einaudi pour diffamation. Il a été débouté de sa plainte. Le terme de "massacre" a été considéré comme légitime par le tribunal. C'est un véritable tournant.

Cinquante ans après les faits, l'Etat français a-t-il reconnu sa responsabilité ?

Il y a une reconnaissance de la part de collectivités locales, notamment la mairie de Paris en 2001 qui a fait un geste fort avec l'apposition d'une plaque commémorative sur le pont St-Michel. D'autres communes de la banlieue ont fait des gestes similaires. Et le cinquantenaire, cette année, va être marqué par toute une série d'initiatives, dont un boulevard du 17-Octobre devant la préfecture des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Mais de la part de l'Etat, il n'y a toujours aucun signe de reconnaissance.

Comment expliquer que cette répression ait eu lieu alors que venaient de s'ouvrir les négociations d'Evian, qui allaient aboutir à l'indépendance de l'Algérie ?

Les négociations d'Evian entre des représentants français et ceux du FLN s'ouvrent en mai 1961. A ce moment-là, on pouvait penser que le sort de la guerre ne pouvait déboucher que sur une indépendance. C'était la volonté du général de Gaulle, approuvée par les Français et les Algériens. En janvier 1961 un référendum avait donné une très nette majorité (75 %) en France métropolitaine comme en Algérie en faveur de ce processus.

Mais cette politique était contestée par un certain nombre de forces, parfois au sein même de l'appareil d'Etat. Le premier ministre, Michel Debré, qui avait été dessaisi du dossier algérien par de Gaulle, avait insisté pour qu'on lui laisse celui du maintien de l'ordre en France métropolitaine, et il a pu déployer une action qui prenait le contre-pied de l'action mise en œuvre par le général de Gaulle.

Pour ce faire, il s'entoura de Roger Frey, nommé au ministère de l'intérieur en mai 1961 au moment où s'ouvrent les négociations d'Evian, en remplacement de Pierre Chafenet. Surtout, il obtient le remplacement fin août d'Edmond Michelet, le garde des sceaux, qui s'opposait aux méthodes brutales et illégales mises en œuvre par Papon. Il sera remplacé par Bernard Chenot, un homme jugé plus accommodant, ce qui laissera les mains libres à Papon pour se livrer à la répression du 17 Octobre.

Le général de Gaulle, qui est arrivé au pouvoir avec l'aide de Michel Debré en 1958, est un peu prisonnier des conditions de son accession au pouvoir. Il essaye de préserver l'essentiel, c'est-à-dire la fin de la guerre via les négociations, et fait des concessions. Il cherche à garder à ses côtés des gens qui lui sont fidèles, quand bien même ces derniers désapprouveraient sa politique algérienne. Il fait donc savoir son mécontentement à Michel Debré au lendemain du 17 Octobre, mais s'abstient de rendre publique sa désapprobation. Il garde le silence, et prolonge d'une certaine manière l'occultation de cet événement.

Propos recueillis par Soren Seelow


La croissance économique n'est pas la solution, elle est le problème. Pierre Rabhi

Hors ligne

 

#68 04-01-2012 13:56:49

Analis
Membre du forum
Date d'inscription: 09-05-2008
Messages: 1148

Re: On peut garder un secret à 130000

En parcourant récement un blog de Richard Reynolds, je suis tombé sur un exemple de secret de la guerre froide qui n'a été révélé que tout récemment : le projet Hexagon. De 1971 à 1986, 20 satellites espions ultra secrets furent lancés de Danbury au Connecticut. Aucun des participants du projet n'avait jamais révélé quoi que ce soit. Il y avait en tout un millier de personnes accréditées qui travaillaient en permanence sur le projet.

http://www.canadianbusiness.com/article … s-revealed

Hors ligne

 

#69 29-05-2013 00:24:42

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: On peut garder un secret à 130000

Acrimed - 28 05 2013 :

Les gardiens des secrets du gouvernement (Fair, USA)

par FAIR, le 28 mai 2013

Nous proposons ci-dessous la traduction d’un article paru le 1er avril 2013 sur le site de Fair (« Fairness and Accuracy in reporting » [1]). (Acrimed)

http://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L231xH300/CIA_Redacted_document-231x300-b975f.jpg
Secrets et censure : un document censuré par la CIA – Crédit Photo : Wikimedia Commons


“Le pouvoir de censure du gouvernement a été aboli afin que la presse reste perpétuellement libre de censurer le gouvernement… La presse a été protégée afin de pouvoir mettre à nu les secrets du gouvernement et en informer le peuple.”
Hugo Black, juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, New York Times Co. v. United States (30-06-1971)


***

Le journalisme est censé tenir le pouvoir comptable de ses actes. C’est le principe, implicite dans la Constitution des Etats-Unis, qui singularise une presse libre nécessitant d’être protégée.

Si ce principe était respecté, l’aveu du Washington Post (6-02-2013) selon lequel, avec “plusieurs groupes de medias”, il a convenu avec la Maison Blanche de garder pour lui des informations sur la présence d’une base de drones américaine en Arabie Saoudite, aurait dû être un signal d’alerte et générer un large débat sur la déontologie des médias.

Mais ces accords sont devenus tellement courants que le sujet a causé moins de préoccupation chez les journalistes que le refus de laisser la presse accéder à une récente sortie présidentielle sur un terrain de golf. Cet outrage-ci s’est traduit par une lettre de protestation en bonne et due forme de la part du groupe des journalistes accrédités à la Maison Blanche (Huffington Post, 18-02-2013).

Comme l’a expliqué le Washington Post, il fut convaincu de garder sous silence le sujet sur la base de drones par les préoccupations de l’administration, qui craignait que “cette révélation ne nuise à des opérations en cours contre un groupe affilié à Al-Qaida, considéré comme la menace la plus importante du réseau terroriste pour les États-Unis, et qu’elle n’interfère potentiellement avec la collaboration contre le terrorisme avec l’Arabie Saoudite.”

Les principaux leaders d’Al-Qaida ont historiquement des liens étroits avec l’élite saoudienne (Wall Street Journal, 18-03-2013) – donc l’existence de la base de drones n’était sans doute pas réellement un secret pour eux. Quant aux saoudiens, ils auraient pu devenir moins cooperatives avec les États-Unis si leur collaboration dans ce domaine était devenue publique. Mais la protection des gouvernements de l’impact de leurs actions sur l’opinion publique est-elle vraiment une des tâches des journalistes ?

Retenir la publication d’informations pour des préoccupations éventuelles de sécurité nationale n’est pas une nouveauté. Et dans de nombreux cas, aucune demande officielle n’est même nécessaire – les éditeurs de presse semblent avoir intégré la notion selon laquelle la préservation des secrets de l’exécutif fait partie de leur métier.

Le reporter William Laurence, du New York Times, qui couvrit les attaques nucléaires sur les populations civiles japonaises de Hiroshima et Nagasaki en 1945, était un admirateur enamouré de la Bombe.
Selon le livre Atomic Cover Up, du journaliste Greg Mitchell, Laurence se démena vigoureusement pour éliminer toutes les informations sur les effets des radiations résiduelles laissées par les bombardements. Mitchell cita Laurence, relatant avec beaucoup de franchise un “séminaire” de propagande, organisé par l’armée, pendant lequel le reporter du Times et trente autre journalistes reçurent des éléments de langage afin de pouvoir, selon les mots de Laurence, “démentir” la propagande japonaise qui affirmait “que les radiations étaient responsables de décès même après” les attaques nucléaires.

Pendant les auditions Church au Sénat américain, en 1975-1976, la Central Intelligence Agency (CIA) admit rémunérer 400 journalistes et faire publier régulièrement des éditoriaux et des articles dans certains des médias les plus prestigieux du pays – comme c’est détaillé dans l’article fondamental de Carl Bernstein “The CIA and the Media” (Rolling Stone, 20-10-1977).

Rapportant le coup d’État mené par la CIA en 1953 pour mettre fin aux fonctions du Premier ministre iranien démocratiquement élu Mohammed Mossadegh, en faveur du Shah Mohammad Reza Pahlavi, les journalistes américains – et pas seulement ceux payés par la CIA – dissimulèrent le rôle de l’agence dans l’affaire.
Comme l’écrivit le reporter du New York Times, James Risen (15-04-2000) presque cinquante ans plus tard, cela aurait pu faire une différence : “Les correspondants occidentaux en Iran et à Washington ne révélèrent jamais qu’une partie des troubles avaient été mis en scène par des agents de la CIA se faisant passer pour des communistes, et ils n’insistèrent pas outre mesure sur des informations exactes et contemporaines des faits rapportées dans les journaux iraniens et sur la radio de Moscou, affirmant que les puissances occidentales organisaient secrètement le retour au pouvoir du Shah.”

En 1954, l’année suivante, la conspiration du silence médiatique se poursuivit autour du rôle de la CIA dans le coup d’état qui destitua le président élu du Guatemala, Jacobo Arbenz. Faisant son mea culpa plus de quarante ans après les faits, l’éditeur du New York Times Arthur Sulzberger (7-06-1997) admit avoir obéi à un ordre du directeur d’alors de la CIA, John Foster Dulles, en couvrant le rôle de l’agence. Sulzberger garda hors du Guatemala le correspondant du Times pour l’Amérique Latine, Sydney Gruson, pour s’assurer du silence total. Comme le résuma Robert Parry (Consortium News, 6/30/97) : “ Dans les jours précédant le coup d’état, Dulles fit appel personnellement à Sulzberger, et l’éditeur du Times fit cette faveur à la CIA. Je téléphonai à Allen Dulles et lui dis que nous garderions Gruson à Mexico City, précisa Sulzberger dans un mémo dicté.”

Depuis le début de la Guerre Froide, les administrateurs de médias, comme l’éditeur du Washington Post, Phil Graham, travaillaient en lien étroit avec la CIA dans un état d’esprit que résuma le successeur de Graham, son épouse Katharine Graham, dans un discours adressé à des officiels de haut rang de la CIA le 16 novembre 1988 (Regardie’s, 1/90 ; cité par Extra !, 1–2-1990) : “Nous vivons dans un monde dangereux et corrompu. Le public n’a pas besoin de savoir certaines choses et ne devrait pas les connaître. Je crois que la démocratie est florissante quand le gouvernement est capable de prendre des décisions légitimes pour conserver ses secrets et quand la presse peut décider de publier ou non ce qu’elle sait.”

Il est difficile de savoir avec quelle fréquence des journalistes dissimulent des faits pour raison d’état, ou bien combien de demandes officielles sont faites. Ces arrangements étant faits pour rester secrets, il est raisonnable de supposer qu’ils sont plus communs qu’on ne le sait. Pourtant, dans la dernière décennie, les preuves de ces interventions semblent avoir émergé avec une fréquence de plus en plus grande.

En décembre 2005, le Times (16-12-2005) admit avoir retardé la publication d’un sujet sur les écoutes effectuées par la National Security Agency (NSA), lors d’un programme qui, en opposition avec la loi fédérale, utilisa des systèmes d’écoute sur le sol national sans contrôle par une autorité judiciaire. Pourtant, l’aveu lui-même fut tout sauf spontané : comme on l’apprit plus tard, la révélation de l’affaire, très embarrassante pour l’administration du président G.W. Bush, avait été retardée pendant plus d’un an, depuis les semaines précédant l’élection présidentielle de 2004.

L’émission 60 Minutes de la chaîne nationale CBS fit à peu près la même chose avec une enquête exposant l’utilisation par l’administration Bush de documents falsifiés qui lui permirent d’accuser l’Irak d’essayer d’obtenir de l’uranium au Niger retenant le sujet pour une diffusion postérieure à l’élection de (FAIR Action Alert, 28-11-2004). Des représentants de CBS News suggérèrent (New York Times, 25-09-2004) que le sujet n’avait pas été diffusé de peur d’influer sur le choix des électeurs : “Nous pensons désormais qu’il serait inapproprié de diffuser un tel reportage aussi près de l’élection présidentielle.” La notion selon laquelle le journalisme devrait informer le public d’une manière qui peut avoir une influence, en particulier politiquement, semble avoir échappé aux dirigeants de CBS.

En 2005, le Washington Post (2-11-2005) défia en quelque sorte le gouvernement en publiant un article sur les prisons secrètes de la CIA en Europe de l’Est (Extra ! Update, 12/05), mais le papier ne contenait qu’une partie du scoop du reporter Dana Priest, le sapant en ne mentionnant pas les noms des pays impliqués, “à la demande de responsables officiels américains,” expliqua-t-on, en précisant que “dévoiler ces noms pourrait miner les efforts du contreterrorisme dans ces pays et ailleurs et en faire des cibles de représailles terroristes possibles.”

Le Washington Post retarda également la publication d’un article de Bob Woodward en 2009 (21-09-2009) à propos d’un rapport militaire très pessimiste sur la situation en Afghanistan. Répondant à la demande de l’armée, les éditeurs de Woodward repoussèrent la publication de 24 heures, invoquant la sécurité nationale. De plus, avant de mettre en ligne la copie du rapport qu’il avait obtenue, le journal autorisa l’armée à s’insérer dans le processus éditorial en caviardant le texte à sa convenance.

Lors d’un épisode particulièrement instructif, le New York Times utilisa un télégramme du département d’État fourni par Wikileaks pour renforcer son argumentaire sur l’extension continue par l’Iran de ses capacités militaires offensives 29-11/2010) :“Les Services Secrets américains ont conclu dans leurs rapports de situation que l’Iran a conçu une base clandestine de missiles sophistiqués, de conception russe, qui sont bien plus puissants que tout ce que Washington reconnaît publiquement appartenir à l’arsenal de Teheran, selon des télégrammes diplomatiques.”

Les preuves du Times dans cette affirmation étaient contenues dans un télégramme de Wikileaks rapportant une rencontre secrète de haut niveau entre des responsables américains et russes. Mais l’article contenait aussi cette mention : “À la demande de l’administration Obama, le New York Times a accepté de ne pas publier le texte de ce télégramme.”

Bien heureusement, Wikileaks publia le télégramme dans son intégralité, révélant, contrairement à l’impression donnée par le Times, que les officiels russes étaient extrêmement sceptiques en ce qui concernait les affirmations américaines sur de prétendus missiles – en partie parce qu’il n’y avait aucune preuve solide que le missile, construit par la Corée du Nord, existait (FAIR Blog, 29-11-2010).

La collusion entre les médias et le gouvernement américain pour empêcher l’information d’arriver au public est défendue, dans quasiment tous les cas, au nom de la “sécurité nationale”. En oubliant même pour un moment que les intérêts du public devraient guider prioritairement les journalistes, il est juste de se demander si cette défense est même correcte. Est-ce que la sécurité nationale, pour ne rien dire de la paix et de la stabilité, a tiré un quelconque profit des efforts des médias américains pour cacher, par exemple, le rôle des États-Unis dans le renversement de démocraties, ou bien dans la calomnie de chefs d’États étrangers, ou encore dans la dissimulation des effets des radiations ?

La réponse courte, selon les quelques rares critiques des médias qui ont eu le courage de faire valoir leur point de vue, est non. Dans un éditorial remarquable, la médiatrice du New York Times, Margaret Sullivan (10-02-2013) a condamné ces pratiques : “La vraie menace pour la sécurité nationale vient d’un gouvernement qui opère en secret, ne doit de comptes à personne, et dont les chiens de garde sont trop pressés de se passer la muselière eux-mêmes.”

Sullivan ne fut pas moins critique en évoquant l’article sur la base de drones évoquée plus haut (6-02-2013), cachée par son propre employeur : “Étant donné le secret illégitime maintenu par le gouvernement sur le programme de drones, dont il n’a jamais officiellement reconnu l’existence, et l’importance significative de ce programme pour la politique étrangère, la sécurité nationale et l’influence des États-Unis d’Amérique dans le tumulte du Moyen-Orient, le Times devrait évoquer ce sujet autant que possible, et avec autant de pugnacité qu’il le peut.”

L’opinion de Jack Lule, professeur de journalisme à l’Université Lehigh fut encore plus tranchée (Guardian, 6-02-2013). Lule qualifia la décision de ne pas publier “une honte”, ajoutant : “Le curseur pour en appeler à la sécurité nationale doit être très haut, peut-être un danger imminent. Le fait même que nous ayons cette conversation pour savoir s’il s’agissait d’une question de sécurité nationale ou non aurait dû mettre les éditeurs en alerte. Je pense que la vraie raison de l’administration était qu’elle ne voulait pas embarrasser l’Arabie Saoudite—et le fait que les médias d’information américains soient complices de cela est une preuve de couardise.”

Dans son éditorial à propos de la base de drones, Glenn Greenwald (Guardian, 7-02-2013) fit une rétrospective sur une décennie d’affaires camouflées, observant : “À chaque fois, cette dissimulation du fait des médias réussit effectivement une seule chose : elle permet au gouvernement de diffuser des mensonges sans que personne ne les mette en doute, lui laissant le champ libre pour tromper le public et même pour mener des actions illégales.”

C’est exactement l’opposé de ce que le juge Black voulait signifier quand il affirmait que la presse est protégée “afin de pouvoir mettre à nu les secrets du gouvernement et en informer le peuple.”

Traduction de Charles Rivière

http://www.acrimed.org/article4075.html


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

Un Jeudi Noir de l'Information : le documentaire qui démonte les manipulations de Canal+, Jeudi Investigation, Tac Presse...
ReOpen911 répond à Noam Chomsky et Jean Bricmont

Hors ligne

 

#70 23-10-2014 17:05:57

artprice98
Invité

Re: On peut garder un secret à 130000

Je ne suis pas certain que l'on puisse mettre au même niveau des secrets gardés comme le projet Manhattan, ou de la zone 51, qui sont des projets gardés par les Américains contre une puissance étrangère, qu'un projet comme le 11/9 qui est un projet visant des Américains par des Américains.

En sachant le nombre de victimes (femmes, enfants, pompiers...), il est difficile de s'imaginer qu'il n'y a pas un seul "complotiste" qui craque et se met à table, après avoir découvert que le 11/9 servirait de déclencheur pour une guerre servant des intérêts économiques et géopolitiques entre autres ?

 

Pied de page des forums

Propulsé par PunBB
© Copyright 2002–2005 Rickard Andersson
Traduction par punbb.fr