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#1 25-09-2006 19:21:31

uruk
Membre Actif
Lieu: Dijon
Date d'inscription: 18-09-2006
Messages: 1280
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Un bel exemple de la "démocrature télévisuelle"

Après quelques lectures sur la façon dont les médias se gèrent en interne, après avoir lu des articles sur la possible "prise de pouvoir" des groupes financiers... après avoir entendu Bayrou "hurlé" à qui veut le savoir qu'il est urgent d'agir:
http://www.liberation.fr/actualite/reut … 942.FR.php
voila que je tombe sur une "lettre ouverte" réalisée par des associations de techniciens dans le cinéma et l'audiovisuel:





Le Forum des images, l’USPA, le SPI, Addoc, la SRF, le Groupe du 24juillet ont organisé le jeudi 25 mars 2004 une journée de débats sur la situation actuelle du documentaire.


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La teneur du troisième débat "Peut-il y avoir de la création documentaire à la télévision publique ? " a suscité de nombreuses réactions dont nous nous faisons l’écho par une première réaction de Christian GIRIER, chef monteur et réalisateur de documentaires.

LETTRE OUVERTE
à Patricia Bouttinard-Rouelle, Muriel Rosé, Yves Jeanneau et Jean Rozat
À vous écouter ce soir dans l’auditorium du Forum des Images(*) , à vous écouter, d’abord vous, Madame Bouttinard-Rouelle, j’ai l’impression que vous vous adressez, plutôt qu’à des professionnels inquiétés par une crise sans précédent, à de potentiels acquéreurs étrangers auprès de qui vous vous efforcez de faire la réclame pour vos programmes : " Ce que nous diffusons est de qualité, notre catalogue est diversifié, n’ayez aucun doute là-dessus ! "

Il est tout de même étonnant que vous n’exprimiez aucune interrogation sur le remue-ménage qui agite le documentaire, sur les critiques qui vous sont adressées, sur ce qui motive cette journée de débats. Vous ne semblez pas du tout respirer l’air ambiant de la profession, pas même celui de cette salle qui est pourtant chargée du mal-être de l’ensemble des créateurs qui participent à la vie du documentaire. En face de vous sont des gens qui sont mal dans leur présent et mal dans leur avenir. Et vous ne ressentez ni leur inquiétude ni leur révolte. Du moins, vous n’en exprimez rien. On a l’impression que cela ne vous atteint pas car cela ne vous concerne pas. Comme si tout allait très bien dans le royaume du documentaire. On se demande bien pourquoi vous avez daigné venir jusqu’à nous ce soir. Par ignorance ? par condescendance ? Le moins qu’on puisse dire est que vous ne manifestez aucune empathie envers nous, gens de la profession " d’en bas ". Ni vous ni vos confrères.

Ce qui donne à croire, à comprendre que vous tous, responsables de programmes, adhérez au principe de purge que s’évertuent d’appliquer et le gouvernement et le Medef. Ma foi, pensez-vous, il est bien vrai qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, de toute façon il y a trop d’auteurs, trop de réalisateurs et de techniciens, également trop de producteurs sur le marché, donc une bonne purge, ça ne peut pas faire de mal, n’est-ce pas ? C’est une des méthodes d’assainissement de toute société confrontée à sa surpopulation. Ça n’est pas nouveau. Puisque les individus ne se suicident pas d’eux-mêmes, on va les y aider. Un des moyens, c’est de réduire leurs subsides, de ne plus les encourager à se reproduire, à être créatifs. Un petit pool de créateurs, juste renouvelable, c’est bien suffisant pour assurer nos films annuels, pour remplir nos cases. Que viennent donc frapper tous ces gens à nos portes ?

C’est oublier sans doute un peu vite qu’avec l’effondrement d’une partie de la profession le sol tremblera également sous vos pieds et, qui sait ? perdrez-vous un peu l’équilibre. Et peut-être alors, réaliserez-vous, mais un peu tard, le bien-fondé de nos inquiétudes. Nous tirons un signal d’alarme qui vous concerne et que vous n’entendez pas. C’est étonnant l’aveuglement et la surdité que produit le pouvoir !

Pour remédier à cette perte des sens et du bon sens je propose qu’un système électoral soit mis en place pour nommer les responsables de programmes des chaînes. Dans une saine démocratie de la télévision, vous devriez être élus par les producteurs, les créateurs, les techniciens dont l’activité principale est le documentaire et par des représentants des téléspectateurs. Vous seriez alors moins certains de conserver votre place. Et devant la nécessité d’écouter un peu vos électeurs, de regarder "le réel" autrement que par le truchement de votre téléviseur, peut-être mèneriez-vous le même combat que nous pour la création. On peut rêver.

Mais loin de ce système démocratique c’est un système féodal que la télévision a instauré et que vous entretenez. Le discours à l’unisson de vous quatre, conforte l’image d’une télévision forteresse, d’un schéma de la féodalité et du servage si profondément inscrit dans l’inconscient collectif qu’il ressurgit jusque dans nos métiers modernes. Vous êtes les seigneurs du château. Les producteurs sont vos courtisans ; les réalisateurs et tous leurs proches collaborateurs les paysans qui travaillent dans vos champs. Votre seul souci est de ne pas trop déplaire à votre état-roi pour conserver vos terres.

Vous savez ce qu’il y a entre le château fort et ses champs ? Il y a des douves. C’est ce fossé (infranchissable ?) entre vous et nous qui apparaît dans toute sa cruauté ce soir.

Nous autres, vos paysans, vos serfs, nous levons la voix pour faire entendre nos requêtes mais personne chez vous ne monte aux créneaux du château pour voir un peu ce qui se prépare à l’horizon. Notre jacquerie ne vous atteint pas car notre labeur ne vous intéresse pas vraiment. Depuis des années nous sommes courbés sur vos champs à les ensemencer, à creuser des sillons nouveaux, à tenter de diversifier les cultures (la culture ?) quand vous ne désirez voir dans vos assiettes et dans celle de vos vassaux lointains -c’est-à-dire le public- que des aliments bien calibrés, faciles à avaler (et aussi vite évacués), aux saveurs connues, aisément identifiables et, tant qu’à faire, pourquoi pas des OGM s’ils assurent de meilleurs résultats immédiats, une meilleure rentabilité.

Ces métaphores, ces images -puisque c’est mon métier d’en faire- peuvent vous paraître faciles. Elles sont néanmoins justes. Et loin de vouloir faire joli je souhaite simplement, naïvement, qu’elles vous poursuivent un peu plus loin qu’aujourd’hui, dans votre for intérieur.

Sachez enfin, pour le cas où nous serions amenés à nous croiser dans vos champs ou dans la souillarde de vos cuisines, que je me nomme Christian Girier. Et, depuis 24 ans que je travaille pour la télévision, j’aimerais servir plus souvent le téléspectateur que vos instances seigneuriales

* Le thème du troisième débat "Peut-il y avoir de la création documentaire à la télévision publique ? " a réuni à la même table Patricia Bouttinard-Rouelle (F3), Muriel Rosé (F5), Yves Jeanneau (F2), Jean Rozat (Arte), Monique Dagnaud (sociologue-CNRS), Denis Freyd (producteur), Pierre-Oscar Lévy (auteur-réalisateur), Xavier Carniaux (producteur), Jean-Pierre Thorn (auteur-réalisateur)
http://www.monteursassocies.lautre.net/ … rticle=334


Ce cri est peut être un petit cri perdu mais en dit long sur "l'intégrité" de nos médias... non ????

De plus il est important de constater que lors de cette "réunion" apparaît un nom:
Yves Jeanneau..

Qui est Ce monsieur... entre autre le directeur de l'unité des programmes de la "géniale" émission "A contre courant"....  c'est pas beau ça...


I've swallowed the Red Pill..
"In a time of universal deceit, telling the truth is a revolutionary act."
http://www.myspace.com/urukvideomachine
http://urukvideomachine.blogspot.com

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#2 25-09-2006 22:53:58

Zorg
Membre Actif Asso
Date d'inscription: 18-07-2006
Messages: 4903

Re: Un bel exemple de la "démocrature télévisuelle"

Très bon.
Un grain de sable de plus... la machine finira bien par s'enrayer...
Continuons...big_smile


" La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." (Noam Chomsky)

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