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#41 21-03-2017 15:38:23

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Et cette fois, on a la confirmation que la CIA peut réaliser tout piratage informatique sous fausse bannière, en laissant derrière elle les "empreintes digitales électroniques" de pays étrangers qu'elles veut accuser, en récupérant les logiciels d'espionnage que ces derniers sont développé. Ce qui renforce la suspicion que les multiples cyber-attaques attribuées aux russes, des russes singulièrement cavaliers et imprudents et ne paraissant pas se soucier des conséquences de leurs actes, sont bien le fait de la CIA, et des soupçons similaires concernant les attaques attribués aux chinois se retrouvent eux aussi renforcés :
https://francais.rt.com/international/3 … -piratages

«Umbrage» : comment la CIA fait porter le chapeau de ses piratages à ses ennemis

10 mars 2017, 15:32

WikiLeaks montre que la CIA utilise des programmes malveillants développés par d'autres acteurs. Ils se voient donc accusés des méfaits commis par l'agence, ce qui remet en question le piratage par la Russie du parti démocrate américain.

Un nouvel élément émerge des documents contenus dans le lot Vault 7 diffusés par WikiLeaks : la CIA est en mesure de masquer ses propres actions de piratage et de faire croire qu'elles sont le produit d'un autre acteur, comme la Russie ou la Chine.

WikiLeaks montre comment, à travers le programme Remote Development Branch (RDB) «Umbrage», la CIA collecte, enregistre et archive les techniques de piratage utilisées par d'autres acteurs. L'agence de renseignement peut par la suite les réutiliser, en laissant les «empreintes» des créateurs de ces programmes malveillants et agir ainsi de façon «invisible». Toute technique de piratage laisse en effet des «empreintes» qui, une fois analysées, permettent de définir qui en est à l'origine.

Le programme Umbrage de la CIA a donc deux objectifs : s'approprier les techniques de piratage utilisées par les autres, mais aussi, les faire accuser lorsque l'agence américaine les utilise pour son propre compte.

Le piratage du parti démocrate

A l'aune de ces informations, une nouvelle lecture des accusations portées contre la Russie, qui aurait piraté les serveurs du parti démocrate américain, se fait jour. Kim Dotcom, célèbre défenseur des libertés du net et ennemi intime du gouvernement américain ne s'est d'ailleurs pas privé de soulever cette hypothèse.

L'entreprise Crowdstrike, spécialisée dans la sécurité informatique et proche du think tank Atlantic Council, a révélé que les pirates informatiques avaient laissé «des indices» qui accusaient des hackers russes, une assertion maintes fois reprises par les responsables américains, bien que jamais étayée.

Selon Crowdstrike, le programme informatique malveillant retrouvé dans les ordinateurs du parti démocrate était programmé pour communiquer avec les adresses IP associées aux Fancy Bears et aux Cozy Bears, des groupes que l'entreprise accuse d'être contrôlés par les services de renseignements russes.

Mais la révélation de l'existence du programme Umbrage laisse Michael Maloof, un ancien responsable du Pentagone, songeur. Interrogé par RT, il s'est ouvertement demandé si la technique n'avait pas été utilisée par la CIA pour faire accuser la Russie d'avoir piraté les serveurs du parti démocrate : «C'est la grande question.»

Voir aussi :
http://www.zerohedge.com/news/2017-03-0 … ag-attacks

Dernière modification par Analis (21-03-2017 15:57:34)

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#42 23-03-2017 20:25:01

Analis
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Messages: 1247

Re: False flag operations, un petit résumé

Attention, tout ça, c'est vraiment du lourd, à répercuter :
https://fr.sputniknews.com/internationa … me-russie/

«Vault 7» de WikiLeaks: pourquoi la CIA a besoin de l’adresse IP de la police russe

15:10 14.03.2017(mis à jour 15:41 14.03.2017) URL courte

Les révélations de WikiLeaks sur la CIA sont un nouveau coup dur pour l’agence américaine. Comprenant des informations compromettantes et contestables (dont plusieurs sur la Russie), ces 8.700 fichiers ont déjà fait couler beaucoup d’encre, mais où est la vérité? Voici un aperçu de la plus importante somme de documents jamais publiée sur la CIA.

Il y a quelques jours, WikiLeaks a publié plus de 8 700 documents confidentiels appartenant à la CIA. Une situation sans précédent: l'ensemble de données « Vault 7 » est principalement constitué du programme de piratage de la CIA dont tout le monde, y compris des terroristes et criminels, peut désormais tirer avantage.

Sputnik vous présente un bref résumé de ce que contiennent les fichiers de WikiLeaks.

Les terroristes ne sont pas les cibles pour la CIA

Les documents de WikiLeaks évoquent le questionnaire rempli par chaque employé de la CIA avant le début d'une opération de piratage. Le questionnaire est censé préciser le type de système informatique qu'il faut hacker, les données qu'il faut obtenir (documents, audio ou vidéo), le virus qu'on projette d'utiliser ainsi que la cible d'une attaque.

Sauf que les terroristes, extrémistes et autres criminels ne sont pas inscrits parmi les cibles possibles dans le questionnaire disponible qui ne fait état que des « agents », « services du renseignement étrangers », « gouvernements étrangers » et « administrateur système ou cible technique ».

Sans doute les terroristes (qui, comme d'autres personnes utilisent des ordinateurs, téléphones, tablettes et téléviseurs) peuvent-ils être classés dans la section « autres », mais les priorités des cibles au sein de la CIA parlent d'elles-mêmes.

Une cyber-attaque depuis l'adresse IP du ministère russe de l'Intérieur?

Autre détail curieux: les experts de la CIA profitaient d'une vaste liste d'adresses IP dans différents pays, révèlent les documents publiés. Ainsi, ils pouvaient truquer le système en écrivant dans le code que l'attaque provenait d'autres pays, mais en aucun cas des États-Unis. Par exemple, des journalistes de Sofia ont compté « seulement » 150 adresses en provenance de la Bulgarie qui appartenaient à des sociétés de télécommunications, fournisseurs de services Internet, banques et universités.

La liste comprend plusieurs adresses russes: celles de l'Académie des sciences de Russie, de l'Institut de recherche spatiale, ainsi que des sociétés de télécommunications MTS, Sibirtelecom, Sinterra et même celui… du ministère de l'Intérieur.

L'incident avec des pirates russes présumés a fait couler beaucoup d'encre fin 2016. Les hackers russes seraient engagés dans des fraudes à grande échelle avec de la publicité sur Internet en utilisant les adresses IP de l'usine métallurgique de Magnitogorsk. L'enquête a été menée par la société privée américaine White Ops qui a publié cette information. Mais selon l'usine, ces adresses ne sont plus utilisées depuis longtemps. En outre, un certain nombre d'adresses IP de l'établissement ont été utilisées illégalement par des inconnus en provenance du territoire des États-Unis.

Malgré les objections de l'usine, cette « trace russe » a fait beaucoup de bruit dans les médias.

Si une enquête publique ou privée avait révélé que, par exemple, les établissements gouvernementaux américains avaient été attaqués depuis l'adresse IP du ministère russe de l'Intérieur, le scandale aurait été tout simplement grandiose. Par ailleurs, une tentative similaire a déjà eu lieu en décembre 2016 quand le gouvernement américain a publié un rapport qui énumérait des adresses « suspectes », « associées aux hackers russes », y compris des adresses situées directement en Russie.

Dans le même temps, les observateurs ont prêté attention au fait que près de la moitié des adresses sont ou étaient des nœuds du réseau sécurisé Tor, ce qui signifie qu'elles ont été utilisées par des centaines de milliers de personnes.

Emprunter les meilleures pratiques

Les archives du projet Umbrage occupent une place particulière parmi les documents publiés. En vertu de ce projet, la CIA collectait des informations sur les méthodes de travail et les traits caractéristiques des groupes de pirates du monde entier en adoptant ces techniques dans leur systèmes pour leurs propres fins. Ainsi, les Américains laissaient les « empreintes » d'autres pirates sur le lieu de leur piratage: par exemple, en changeant les caractéristiques du code du virus, insérant des inscriptions dans des langues étrangères et même faisant des erreurs évidentes.

Dans sa déclaration officielle, WikiLeaks indique directement que « la CIA recueille et conserve une vaste bibliothèque de technologies offensives comprenant des virus informatiques qui ont été créés dans d'autres pays, y compris en Russie ».

Les pirates devaient essuyer toute trace de l'implication de la CIA, du gouvernement américain et de ses sources, pour qu'ils ne soient pas identifiés même soumis à un examen scientifique. Avec une telle approche du renseignement américain, il est en fait impossible de déterminer l'auteur de telle ou telle attaque.

(S//NF) DO NOT leave dates/times such as compile timestamps,
linker timestamps, build times, access times, etc. that correlate to
general US core working hours (i.e. 8am-6pm Eastern time)    
(S//NF) DO NOT leave data in a binary file that demonstrates CIA,
USG, or its witting partner companies involvement in the creation
or use of the binary/tool.
(S//NF) DO NOT have data that contains CIA and USG cover terms,
compartments, operation code names  or other CIA and USG specific
terminology in the binary.    

https://twitter.com/wikileaks/status/84 … -russie%2F
CIA virus creation rules show obsession with avoiding US attribution for its attacks and evading forensic analysis https://www.wikileaks.org/ciav7p1/cms/p … ZCR1CSmCTR  …

Entre autres, la CIA bénéficiait de l'utilitaire Rebound « emprunté » au programme Shamoon. En 2012, la compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco et la compagnie de gaz qatarie RasGas ont été attaquées avec l'aide de systèmes informatiques Shamoon. À l'époque, Washington a déclaré que le programme était d'origine iranienne, mais Téhéran a nié toutes les allégations, exigeant une enquête internationale.

L'origine du programme initial reste inconnue, peut-être Shamoon vient-il en effet de l'Iran: son code contenait l'image d'un drapeau américain en feu. Selon les experts du « Kaspersky Lab », le programme a été développé par des personnes qui « ne sont pas des programmeurs assez hautement qualifiés ».

Maintenant, c'est clair: le programme iranien faisait partie de l'arsenal informatique de la CIA.

Les sites et bureaux de l'Arabie saoudite ont été de nouveau attaqués en novembre 2016 et janvier 2017 avec une version actualisée de Shamoon.

Soyez vigilants, en ces jours, même les murs ont les oreilles!

La diversité d'options d'espionnage est impressionnante: les fuites de « Vault 7 » révèlent les capacités de piratage de la CIA sur un large éventail de produits américains et européens, notamment les systèmes Windows, iOS, et Android. En outre, les techniques de piratage permettent à la CIA de contourner le cryptage de WhatsApp, de Signal, de Telegram, de Wiebo, de Confide et de Cloackman en piratant les smartphones et de collecter les enregistrements audio et les messages avant que le cryptage ne soit activé.

Le programme « Weeping Angel » (L'Ange qui pleure) mérite une attention tout à fait particulière. Développé en collaboration avec le MI5 britannique (service de renseignement responsable de la sécurité intérieure), l'Ange infecte les « téléviseurs intelligents» de Samsung de manière à ce qu'ils commencent à enregistrer les conversations de leurs propriétaires et à les envoyer par Internet directement aux serveurs du renseignement américain.

Recently, the CIA lost control of the majority of its hacking arsenal including
malware, viruses, trojans, weaponized "zero day" exploits, malware remote
control systems and associated documentation. This extraordinary collection,
which amounts to more than several hundred million lines of code, gives its
possessor the entire hacking capacity of the CIA. The archive appears to
have been circulated among former U.S. government hackers and
contractors in an unauthorized manner, one of whom has provided
WikiLeaks with portions of the archive.

https://twitter.com/wikileaks/status/83 … -russie%2F
CIA negligence sees it losing control of all cyber weapons arsenal sparking serious proliferation concerns #Vault7 https://wikileaks.org/ciav7p1/#PRESS

En octobre 2014, la CIA étudiait l'idée de créer un virus infectant le système de gestion des voitures et camions, mais les documents de « Vault 7 » ne précisent pas son utilisation éventuelle. Il y a deux options possibles: soit la voiture se transforme en espion et rapporte à la CIA son itinéraire, soit l'infection conduit à un accident de voiture.

Préoccupé par les récentes révélations de WikiLeaks selon lesquelles la CIA avait mis au point de nombreux moyens pour espionner des individus, Apple a fait part de sa réaction. L'entreprise a déclaré que les failles décrites dans « Vault 7 » avaient déjà été corrigées en janvier et que ses ingénieurs travaillaient actuellement sur d'autres vulnérabilités.

Des déclarations similaires ont été faites par Samsung et Microsoft. Dans tous les cas, même si les failles n'ont pas été corrigées plus tôt, les vulnérabilités seront éliminées le plus vite possible, et cela signifie que les services de cyber-espionnage de la CIA se voient désarmés concernant les programmes évoqués par WikiLeaks.

Le plus grand consulat des États-Unis

La fuite implique également que l'une des bases principales de l'agence est située à Francfort, en Allemagne, et opère sous le couvert du consulat général. C'est l'endroit d'où les pirates de la CIA ont développé la plupart des logiciels malveillants et, par conséquent, réalisé les opérations de cyber-espionnage en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Il s'agit d'un consulat tout à fait particulier dont la taille dépasse celle de quelques ambassades. Selon le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, près d'un millier de personnes travaillent au consulat qui couvre une superficie de neuf hectares et est entouré d'une clôture de quatre mètres avec du fil de fer barbelé.

Le Suddeutsche Zeitung note qu'à Francfort et dans sa banlieue, les Américains ont organisé un réseau de sociétés fictives qui assure la couverture pour le renseignement américain.

De fait, le schéma est idéal: contrairement à l'ambassade, ce n'est pas le territoire des États-Unis, et les lois américaines, y compris celles liées au viol de la vie privée, ne les touchent pas. D'autre part, l'immunité diplomatique rend impossible la vérification des activités des agents concernant le respect des lois allemandes.

Les agents disposeraient en effet de passeports diplomatiques. Dans une notice rédigée par l'un des agents américains, on peut notamment lire: « Passez tranquillement la frontière avec votre couverture bien en tête, et ils se contenteront de tamponner votre passeport ».

Si on ne peut pas prouver directement ces suspicions, il reste que l'hypothèse de la culpabilité de la CIA ou d'autres services secrets états-unien est beaucoup plus crédible et parcimonieuse que celle de ces russes qui, en pleine tension russo-occidentale, s'ingénieraient à mettre de l'huile sur le feu et à faire monter l'hostilité contre eux, comme ça, sans raison autre apparemment que de faire plaisir à leurs détracteurs et de leur fournir toutes les munitions pour les attaquer. Surtout quand on replace l'hypothèse dans le contexte actuel, celui d'une campagne anti-russe agressive entretenue avec ferveur et fanatisme par cette même CIA. Les soupçons peuvent aussi se porter sur les attaques informatiques attribuées aux chinois, qui ont souvent défrayé la chronique ces dernières années.
    L'annonce de la "perte de contrôle" par la CIA de nombre de ses programmes soulève aussi des questions. Bien étrange négligence de sa part... On peut se demander si on n'a pas affaire l simplement à une externalisation des tâches, les services secrets pouvant les faire effectuer par des mercenaires privés. Cependant, le fait que différents acteurs disposent de ces produits a accru le risque de fuite. On pourrait même se demander s'il n'y a pas eu des représailles de la part de partisans de Trump, suite à la campagne menée par la CIA contre le général Flynn, pour la simple raison qu'il essayait d'apaiser les tensions avec la Russie.

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#43 23-03-2017 22:47:24

Noisse
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Re: False flag operations, un petit résumé

Le Vilain Petit Canard, alias Philippe Huysman, plonge son bec dans la mare. Mérite d'être lu.

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#44 02-04-2017 18:22:59

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

De nouveaux outils de la CIA pour commettre des attaques sous faux pavillon ont été révélés :
https://fr.sputniknews.com/internationa … velations/

Vault 7: nouvelles révélations de WikiLeaks sur les programmes de piratage de la CIA

12:59 31.03.2017(mis à jour 13:50 31.03.2017) URL courte

Nouveau coup dur pour l’agence de renseignement américaine: l’organisation de Julian Assange a diffusé le troisième volet de révélations, intitulé «Marble», qui contient 676 codes sources utilisés par l'agence pour l'espionnage.

La troisième partie des fuites, intitulée « Marble » présente 676 codes informatiques de la CIA utilisés pour empêcher les enquêteurs de remonter l'origine des virus, trojans et autres attaques de piratage initiées par ses agents.

« Aujourd'hui, 31 mars 2017, WikiLeaks publie "Marble" du "Vault 7" — 676 fichiers de codes du programme secret de la CIA Marble Framework, conçu pour empêcher le travail des enquêteurs scientifiques. Marble est utilisé pour empêcher les enquêteurs scientifiques et les sociétés anti-virus d'attribuer des virus, des trojans et des attaques de piratage à la CIA », a déclaré WikiLeaks dans un communiqué.

Le programme de la CIA cache des fragments de texte utilisés dans les codes qui permettraient d'identifier les auteurs des piratages. WikiLeaks affirme que la technique est l'équivalent digital de l'outil que la CIA utilise pour camoufler les inscriptions en anglais figurant sur les armes produites aux États-Unis et qui sont fournies à des combattants insurgés.

Marble a été développé pour « permettre une obfuscation (procédé par lequel du code est rendu impénétrable, ndlr) flexible et facile à utiliser » car « les algorithmes d'obfuscation de chaîne (en particulier ceux qui sont uniques) sont souvent utilisés pour lier des logiciels malveillants à un développeur ou une société de développement spécifique ».

Le Marble Framework de la CIA a des exemples de tests non seulement en anglais, mais dans d'autres langues, y compris le russe, le chinois, le farsi, l'arabe et le coréen.

« Cela permet aux enquêteurs d'attribuer le code à d'autres, par exemple en prétendant que la langue du créateur du virus n'était pas l'anglais mais le chinois. En voyant des tentatives de dissimulation en langue chinoise, les enquêteurs voient leurs doutes être davantage confirmés », affirme WikiLeaks. « Mais il y a d'autres possibilités, comme le fait d'insérer de faux messages d'erreur», ajoute l'organisation.

Lire aussi :
http://www.zerohedge.com/news/2017-03-3 … ese-arabic
    (Seul lien complet en français trouvé : http://www.silicon.fr/marble-framework- … 71177.html)

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#45 07-10-2017 21:13:38

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Un exemple d'attaque sous faux pavillon mené par un groupe non étatique, mais peut-être sous influence de services secrets étrangers (et s'inscrivant dans une campagne de disqualification d'un pays, sur le mode que l'on a vu en Syrie et Libye) ? :

http://www.voltairenet.org/article198222.html

Arrestation d’un jihadiste qui brûlait un village rohingya
Réseau Voltaire | 6 octobre 2017

Selon le général Min Aung Hlaing, l’armée birmane a arrêté un homme qui venait d’incendier sept maison dans le village rohingyas de Mi Chaung Zay (canton de Buthidaung).

Cet homme n’est autre qu’Einu, un officier de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, qui a appelé les membres de sa communauté à fuir le pays, précisément en accusant l’armée d’incendier leurs villages.

L’incident a eu lieu le 4 octobre 2017, vers 2h40 du matin. L’armée a aidé les villageois à éteindre l’incendie.

Depuis l’attaque de commissariats de police et de casernes par les jihadistes, le 25 août, l’armée et les jihadistes s’accusent mutuellement d’incendier les villages.

Meyssan pense que la Birmanie pourrait être la cible d'une diabolisation, usant des mêmes méthodes utilisées ces dernières années :

http://www.voltairenet.org/article198157.html

De Syrie vers la Birmanie ?
par Thierry Meyssan

Le Pentagone prépare une nouvelle guerre en Asie du Sud-Est, cette fois contre le Mynamar. Les jihadistes présents en Syrie, soutenus par plusieurs pays du Moyen-Orient, qui jusqu’ici se faisaient la guerre entre eux, envisagent de se battre avec le Pentagone contre l’armée birmane et la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

http://www.voltairenet.org/article198122.html

Le Pentagone prépare une nouvelle guerre en Asie du Sud-Est
L’islam politique contre la Chine
par Thierry Meyssan

Vous avez probablement conscience d’être incomplètement informé sur ce qui se trame au Myanmar et vous n’avez probablement pas entendu parler de la coalition militaire qui se prépare pour attaquer ce pays. Pourtant, comme Thierry Meyssan l’expose ici, les événements actuels sont organisés par Riyad et Washington depuis 2013. Ne prenez pas position avant d’avoir lu cet article et d’en avoir intégré les informations.

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#46 09-10-2017 14:00:58

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Accusations d'attaque sous faux drapeau dans une campagne politique, actuellemment en Autriche ; le plus drôle, c'est que les accusations sont à double-niveau :

https://francais.rt.com/international/4 … ondre-vote

Scandale des fausses pages Facebook racistes : la gauche autrichienne s'effondre à 7 jours du vote

8 oct. 2017, 20:06

Un homme d'affaires employé par le parti du chancelier autrichien (SPÖ) avait mis en place de fausses pages Facebook de soutien à son adversaire de droite. Entre théories du complot et révélations, ce scandale pourrait coûter cher à la gauche...

L'Autriche traverse une période politique des plus troublées. Un scandale sans précédent impliquant le Parti social-démocrate (SPÖ) devrait confirmer le triomphe annoncé du Parti populaire (ÖVP, droite libérale) et permettre au Parti de la liberté (FPÖ, droite radicale) d'obtenir la deuxième place lors des élections fédérales qui auront lieu le 15 octobre prochain.

Tout a commencé par des révélations choc parues dans le magazine Profil et le journal Die Presse en septembre dernier. Ces médias ont mis à jour une opération «sous faux drapeaux» imputée au Parti social-démocrate dont l'objectif était de discréditer le candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), en diffusant de fausses informations à son sujet.

Sur la page «Wir für Sebastian Kurz» («Nous soutenons Sebastian Kurz»), de nombreux propos racistes et antisémites ont été publiés afin de véhiculer une image xénophobe de l'électorat du Parti populaire et rebuter ainsi une bonne partie de l'électorat de droite.

Sur la page «Die Wahrheit über Sebastian Kurz» («La vérité sur Sebastian Kurz»), qui s'affichait comme appartenant à la mouvance identitaire, l'objectif était au contraire de dissuader les électeurs d'extrême droite de se rallier au Parti populaire, en diffusant de fausses informations destinées à faire passer le parti pour laxiste en matière d'immigration.

Mais derrière ses fausses pages Facebook de soutien au candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), se cachait en réalité un entrepreneur israélien du nom de Tal Silberstein, qui n'est autre qu'un ancien conseiller du chancelier social-démocrate Christian Kern (SPÖ), qui brigue un nouveau mandat.

La gauche reléguée à la troisième place selon les sondages

Sitôt le pot aux roses découvert, le scandale a pris une ampleur nationale contraignant, Georg Niedermühlbichler, le numéro 2 du Parti social-démocrate et directeur de campagne du chancelier-candidat Christian Kern, à démissionner le 2 octobre. Avant de quitter son poste, ce dernier avait néanmoins juré ne pas avoir été mis au courant de l'opération organisée par Tal Silberstein. «Notre parti n'a ni eu connaissance, ni commandé ni financé cette opération», avait-il déclaré lors d'une conférence de presse le jour même.

Le chancelier social-démocrate doit désormais affronter ce que la presse autrichienne n'a pas tardé à appeler «une catastrophe nucléaire». Sa candidature était déjà fortement fragilisée par le fait qu'il avait dû remplacer au pied levé son prédécesseur, démissionnaire après l'éviction de son parti du second tour de la présidentielle en 2016. Le voici désormais soupçonné d'avoir voulu combler son retard en ayant recours à des procédés malhonnêtes et illégaux en dépit de ses multiples déclarations précisant qu'il n'était au courant de rien.

Les tentatives de la gauche pour redresser la barre demeurent pour l'instant infructueuses. Un temps donné deuxième dans les sondages, le SPÖ a en effet amorcé un lent déclin dans les études d'opinion, perdant plusieurs points, pour se stabiliser autour de 22%. Un résultat inférieur à celui du Parti populaire (ÖVP) qui se situe aux alentours de 33% mais aussi à celui de la droite populiste du FPÖ qui receuille autour de 25% des intentions de vote.

Alors qu'elle visait au moins la seconde place, la gauche se retrouve désormais à batailler pour ne pas passer derrière le FPÖ, ce parti anti-immigration qui avait échoué de peu à s'emparer de la présidence en 2016. «Kern n’a plus aucune chance», commentait Wolfgang Bachmayer, patron d’un des principaux instituts de sondage autrichiens dans le quotidien Kurier le 6 octobre.

Contre-attaques et théories du complot : centre-gauche et droite libérale se déchirent

Depuis que cette affaire a été rendue publique, le SPÖ comme l'ÖVP n'ont pas de mots assez durs l'un envers l'autre. Au cours de la cinquantaine de débats organisés entre les différents candidats, Sebastian Kurz, celui de la droite libérale, a accusé à de multiples reprises le Chancelier-candidat d'avoir voulu «ruiner le processus démocratique».

De son côté, le SPÖ avait dans un premier temps pris soin de condamner et de se désolidariser de l'opération mise en place par Tal Silberstein. Mais depuis quelques jours, il semble avoir changé de stratégie. Il contre-attaque en sortant une autre affaire de sa manche, révélée le 5 octobre dernier par le Kurier : des membres du Parti populaire (ÖVP) auraient été mis au courant de l'existence de ces fausses pages Facebook et auraient proposé de l'argent à leurs administrateurs, encadrés par Tal Silberstein, pour révéler l'affaire.

Plusieurs membres du Parti social-démocrate vont même plus loin, dans ce que certains journaux autrichiens, à l'instar du Kronen Zeitung, qualifient de «théorie du complot». Ils s'étonnent en effet que les pages Facebook incriminées aient continué à fonctionner jusqu'en septembre, alors que Tal Silberstein, arrêté pour des soupçons de blanchiment d'argent en Israël au mois d'août, avait été remercié par le SPÖ à cette époque. Pourquoi a-t-il continué à défendre les intérêts du Parti social démocrate ?

Le maire de Vienne, Michael Häupl, a été l'un des premiers membres du SPÖ à émettre des soupçons, s'interrogeant notamment le 2 octobre d'une déclaration de Sebastian Kurz. Au cours d'un ancien débat télévisé, ce dernier avait évoqué «les douze collaborateurs» de Tal Silbertein – un nombre qui n'avait alors encore jamais été relayé par la presse. «Il a l'air bien renseigné... Cela pose des questions», s'est étonné Michael Häupl.

Alors que près de 6,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes le 15 octobre prochain, la bataille entre les sociaux-démocrates (SPÖ) et le Parti populaire (ÖVP) réjouit le Parti de la liberté (FPÖ), qui a mené une campagne très discrète, se contentant de rappeler que gauche social-démocrate et droite libérale gouvernaient le pays ensemble au sein d'une même coalition.

Après leur éviction du second tour de la présidentielle en 2016 (elle avait opposé les candidats du FPÖ et des écologistes), le parti anti-immigration espère conforter sa position de nouveau parti incontournable. En arrachant la deuxième place, il pourrait même contraindre l'ÖVP à faire alliance avec lui pour former un gouvernement de coalition...

Dernière modification par Analis (09-10-2017 16:55:41)

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#47 07-01-2018 16:24:14

caillou
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Re: False flag operations, un petit résumé

Un regain d'intérêt récent pour le 11 septembre me conduit à apporter cette modeste contribution au chapitre des false flags, qui trouve avantage à ne jamais avoir été évoqué dans ce forum sauf erreur de ma part. Le parallèle sera vite établi avec le réseau d'espionnage israélien exfiltré aux lendemains des attentats du 9/11 et on pourra s'étonner (ou pas) que les faits rapportés ici n'aient rencontré aucun écho dans la presse internationale. Le 10 octobre 2001, deux espions israéliens ont été arrêtés dans le Parlement mexicain en possession de grenades, de pistolets et d'explosifs, après avoir profité de l'irruption massive à l'intérieur du bâtiment, de syndicalistes protestataires qui finirent par les remarquer et les neutraliser. De manière surprenante, aucune action en justice ne fut mené contre les deux hommes puisqu'ils furent libérés au bout de quatre jours, sur intervention de l'ambassade d'Israël et d'importants officiels israéliens. Conclusion toute personnelle sur le terrorisme : l'aveugle n'a pas d'autre choix que de suivre le chemin qu'on lui indique.

http://www.rense.com/general17/mossadagentsarrested.htm

Dernière modification par caillou (07-01-2018 20:46:54)

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#48 07-01-2018 21:33:19

nanard
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Re: False flag operations, un petit résumé

Caillou, il n'y a pas de modeste ou de grandiose contribution, il y a seulement des gens qui tentent de faire avancer les choses.

Au risque de passer pour un rabat-joie ou un défenseur du Mossad je pense qu'il nous faut réfléchir. A ce titre, je ne sais si c'est dans ce sujet, mais j'avais détaillé la yiddish connection de New-York pour la vente du WTC, qui me semble difficile de nier, mais ça ne va pas plus loin parce qu'au-delà c'est verrouillé. Comme pour les attentats, nous avons à faire à des types supérieurement intelligents, organisés et dotés de moyens, semble-t-il. pratiquement illimités. Les preuves éventuelles furent supprimées, il faut dire qu'ils ont eu 16 ans pour ça.

Oui, l'article dont tu mets le lien est clair sur les grenouillages du Mossad qui ne datent même pas du 11 septembre. Ils ont à leur actif des coups de force partout dans le monde depuis la création d'Israël, parfois même avec la collaboration d'anciens nazis !
Comme rappel, il y a fort longtemps, l'enlèvement d'Eichmann en Argentine pour le rapatrier en Israël et le juger, sans autorisation du gouvernement local.

Leur degrés de nuisance est connu de tout ceux qui ne veulent pas se cacher la face, mais encore une fois, en quoi ce tour ce con au Mexique peut nous apporter des preuves sur leur éventuelle participation aux attentats ? C'est ça le problème, des PREUVES, ou au moins un faisceau de présomptions lourdes pouvant emporter l'intime conviction !!!

Je pense que c'est par un travail de fourmi en cherchant les erreurs dans le roman de la VO (ce qui sous-entend d'avoir déjà lu le rapport de la Commission du 11/9 !) que nous progresserons en démystifiant leurs propres écrits, pour avancer vers cette intime conviction.
La seule chose de sur dans ce dossier, c'est quoiqu'ils en disent, la fragilité de leur dossier. Leur besoin, régulièrement, de redonner des pseudos preuves est bien la démonstration de cette faiblesse. C'est donc bien là qu'il faut gratter, les merdias, dans leur ensemble, ne peuvent qu'être que suspects ou au moins à prendre avec des pincettes !

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#49 29-01-2018 14:12:50

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Nouveau probable exemple d'attaque informatique sous faux drapeau :
https://fr.sputniknews.com/internationa … wikileaks/

Kaspersky Lab confirme la falsification de ses certificats par la CIA

07:03 10.11.2017(mis à jour 12:32 10.11.2017)

Accusée auparavant de cyberespionnage par les autorités américaines, la société russe Kaspersky Lab a confirmé les informations publiées jeudi par WikiLeaks sur la falsification de ses certificats par le renseignement américain.

La société de cybersécurité russe Kaspersky Lab confirme que la CIA a falsifié ses certifications, a déclaré le fondateur Eugene Kaspersky dans la nuit de vendredi à jeudi.

Jeudi soir, un document publié par WikiLeaks indiquait que l'Agence centrale de renseignement américaine avait créé des certificats d'authentification imitant ceux de la société russe Kaspersky Lab.

«Nous avons examiné les données de Vault 8 et confirmons que les certificats émis en notre nom sont falsifiés. Nos clients, nos clés privées et nos services ne sont pas affectés», indique le communiqué de Kaspersky Lab.

Selon les fichiers présentés par WikiLeaks, le code malveillant Hive géré par la CIA peut se camoufler en faux certificats d'accès et usurper l'identité d'entreprises publiques, mais aussi de la société de sécurité informatique russe, Kaspersky Lab.

Le 13 septembre, le département américain de la Sécurité intérieure a appelé les établissements publics du pays à désinstaller sous 90 jours les logiciels antivirus de la société russe, en raison des liens prétendus de l'entreprise «avec les services de renseignement et d'autres institutions russes».

Kaspersky Lab a nié tout lien avec le Kremlin et déclaré que ces allégations étaient sans fondement. L'entreprise russe s'est dite certaine que l'enquête lancée aux États-Unis démontrera qu'elle n'a pas de liens avec les autorités russes. Le patron du groupe, Evguéni Kaspersky, a accepté d'intervenir devant le Congrès américain.

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, avait qualifié l'information d'absurde.

Kaspersky Lab est une société privée spécialisée dans la sécurité des systèmes d'information proposant des antivirus, anti-spyware, anti-spam ainsi que d'autres outils de sécurité. Elle a été fondée par Natalya Kasperskaya et Eugène Kaspersky en 1997.

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#50 03-02-2018 11:19:43

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

D'autres informations sur les manipulations sous faux drapeau sur internet. Une controverse sur les auteurs d'une d'elles visant la BBC Perse montrent que dans cette galerie des glaces, les vrais responsables peuvent être très difficiles à étabir :

http://www.globalresearch.ca/whos-fakin … ok/5320550

Qui sont les fausaires ? "Les "Cyber-Guerriers" de la CIA, du Pentagon et du FBI implantent de "fausses informations sur Facebook"

par Soraya Sepahpour-Ulrich.

Le 22 novembre 2012, le Los Angeles Times publia des nouvelles alarmantes, sous le titre "Un programme du Cyber Corps entraîne des espions de l'âge digital". Les "cyber-guerriers", qui sont destinés à rejoindre des organisations telles que la CIA, le NSC, le FBI, le Pentagone etc..., sont entraînés à harceler, à "fouiller la merde, introduire en douce un traceur sur une voiture et implanter de fausses informations sur Facebook [souligné par mes soins]. On leur apprend aussi à écrire des virus informatiques, pirater des réseaux informatiques, découvrir des mots de passes, implanter des dispositifs d'écoute et à extraire des données de téléphones portables abîmés et de clés USB."

Sans surprise, moins d'un mois plus tard, la rumeur courut que le Guide Suprême de l'Iran, l'Ayatollah Khamenei avait ouvert une page Facebook. Le style et le contenu de cette page excluait qu'il soit authentique, mais le Département d'État s'en amusa. En dépit des risques potentiels, la porte-parole du Département d'État Victoria Nuland exprima en s'amusant la curiosité de Washington envers le nombre de "likes" que Khamenei recevrait. Ce n'est pas là sujet de plaisanterie. Tout message sur cette page se verrait attribué à Khamenei, avec un risque de conséquences dangereuses.

À peine un mois plus tard, le 24 janvier 2013, le Guardian fit ses gros titres  en exposant de faux blogs et pages Facebook de journalistes iraniens de la BBC Perse en affirmant que ces derniers avaient fait dans le but de harceler, d'intimider et de discréditer les dits journalistes. Ces faux blogs, selon les accusations du Guardian, ne viennent pas du corps des cyber-guerriers américains, mais sont supposés être la création des "cyber-activistes musulmans" iraniens, dans le cadre de "ce qui apparaît être une opération sponsorisée par les autorités".

Si la vérité est la première victime de la guerre, les journalistes en sont aussi une cible favorite – en grande partie en raison des objectifs de la Feuille de Route des Opérations d'Information de 2003 (signé par le ministre de la défense de l'époque, Donald Rumsfeld, et appliquée par son successeur Leon Panetta). Dans le cadre de ce plan, "les officiers de relations publiques briefent les journalistes". En 2005 il émergea que le Pentagone payait le Lincoln Group (une compagnie privée) afin de "planter des centaines de récits" dans des journaux irakiens afin de soutenir les politiques états-uniennes. Le plan demandait aussi d'utiliser "un certain nombre de technologies afin de disséminer de la propagande en territoire ennemi : des aéronefs non pilotés, des appareils sans fils, des téléphones portables et l'internet".

Vue l'étendue de la propagande, de la tromperie et de la guerre informatique du Pentagone, et étant donné les récentes révélations du Los Angeles Times sur l'entraînement du Cyber-Corps, la vérité est devenue indistinguable du mensonge, et ainsi, l'acceptation ou le rejet des affirmations du Guardian deviennent subjectifs, ce même si les journalistes de la BBC, dont les reportages ne sont pas les bienvenus en Iran, sont vraiment des victimes (selon Radio Farda et VOA).

La diffusion de BBC Persian est problématique. En laissant de côté la question de son illégalité, BBC Persian, lancée au début de 2009, reçoit un financement significatif  des États-Unis. Pour beaucoup d'Iraniens, dont sans doute le gouvernement iranien, le rôle de la BBC rappelait (et continue de le rappeler) le mauvais souvenir de son rôle passé dans la destruction de la démocratie iranienne en 1953 lorsque, comme elle le reconnaît, la BBC a été en pointe dans la propagande britannique et diffusa le code qui initia le coup d'État et le renversement du premier ministre Mossadegh.

    Comme si c'était une répétition, le rôle de BBC Persian dans les émeutes de l'après-élection de 2009 fut significatif. En affirmant  que les services de BBC Persian basaient leurs reportages sur des "journalistes citoyens" et en recevant "huit communications générées par nos usagers par minute", leur propre rapport reconnaît que certains de leurs reportages étaient impossibles à vérifier. À la différence de BBC Persian (comme de VOA, Radio Farda, etc...), Wired Magazine fit son travail correctement. Dans son rapport, correctement intitulé "Iran : avant d'avoir ce Twitter-gasme...", il révélait que "les médias états-uniens projettent leur propre image de l'Iran sur ce qui se passe vraiment sur le terrain". BBC Persian, fidèle à ses traditions, et grâce au financement du Département d'État, avait le désir de claironner l'arrivée d'une nouvelle ère de l'histoire iranienne – un changement historique planifié de l'extérieur, avec de l'aide venant de l'intérieur. À la différence de 1953, elle a échoué.

    Une nouvelle fois, avec les élections iraniennes en vue, les indications vont dans le sens que les récentes élections aux États-Unis et en Israël ne produiront de percée dans les relations USA-Iran, ou dans les visées de la politique étrangère des États-Unis envers l'Iran – c.a.d. la guerre menée par d'autres moyens, y compris la propagande. En tenant compte de ce fait, de ce fait, soit le gouvernement iranien se prépare à une guerre de propagande en discréditant les sites ayant la capacité de répandre de mauvaises informations, ce qui peut expliquer cette duplication de celui de la BBC (ce qui serait en effet une action intelligente), soit le Cyber Corps américain s'est surpassé en matière de faire accuser l'Iran.

    Dans tous les cas, en lançant la guerre informatique, les États-Unis ont franchi le Rubicon. La cyber-guerre, tout comme la guerre bactériologique, est dangereuse, sans pitié, et ne connaît pas de limites. Les victimes de ce type de guerre continueront à s'accumuler – sans fin.

Dernière modification par Analis (03-02-2018 11:35:26)

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#51 10-02-2018 17:19:00

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Et maintenant, le recours à des bots pour mener des campagnes sous faux drapeaux sur internet ?
https://fr.sputniknews.com/presse/20180 … x-sociaux/

Comment les USA comptent influencer les utilisateurs des réseaux sociaux à l'aide de bots

12:00 13.01.2018(mis à jour 12:32 13.01.2018)

L'armée américaine a publié un appel d'offres pour un logiciel destiné à travailler sur les réseaux sociaux.

Plus précisément, le Pentagone cherche un programme informatique capable d'analyser les commentaires sur internet et de générer automatiquement, sur la base des informations recueillies, des publications sur les réseaux sociaux en sept langues dont le russe, écrit le site de la chaîne RT.

Le commandement américain a lancé un appel d'offres pour un logiciel capable de travailler sur les réseaux sociaux, qui devra savoir analyser et générer un contenu en sept langues.

«Les langues demandées sont l'arabe, le français, le pachtou, le farci, l'ourdou, le russe et le coréen», précise le document publié par l'unité INSCOM chargée d'élaborer des outils pour le renseignement, la guerre cybernétique et la guerre électronique. INSCOM travaille conjointement avec la Première direction des opérations informatiques du Commandement cybernétique de l'armée de terre américaine chargée d'élaborer des «opérations informatiques».

«La tâche de la direction consiste à assurer aux forces armées américaines une liberté d'action dans le cyberespace tout en privant nos adversaires de cette liberté», indique le document d'INSCOM.

Parmi ses fonctions, le logiciel doit notamment «pouvoir automatiquement créer entre trois et dix commentaires uniques à partir d'une publication sur les réseaux sociaux tout en préservant le sens et le ton de l'original», précise la requête du Pentagone.

En outre, le logiciel doit pouvoir déceler l'humeur négative, positive et neutre des utilisateurs des réseaux sociaux, «distinguer les expressions locales et/ou le jargon, les particularités orthographiques, le slang, les abréviations, la manière d'utiliser les majuscules et les minuscules, ainsi que les pictogrammes utilisés sur les réseaux sociaux», stipule le document.

Le système devra aussi capter dans les commentaires des utilisateurs les émotions comme la colère, le plaisir, la tristesse et l'inquiétude.

Le renseignement militaire américain a fixé des délais très réduits pour les fournisseurs potentiels: la requête indique que les compagnies privées doivent envoyer leurs offres d'ici le 12 février.

Influencer l'opinion publique

Annie Machon, ancienne collaboratrice du MI5 britannique, a déclaré que la liste des langues demandées incluait les langues nationales de l'Iran, de la Corée du Nord et de la Russie, ce qui indique clairement quels pays seront visés par cette activité.

«Bien évidemment, l'objectif consiste à influencer l'opinion publique sur certains sujets. Cela pourrait représenter une menace. Les Américains agissent ainsi après les prétendues attaques de hackers russes pendant la dernière présidentielle américaine. Et ce programme pourrait aussi être utilisé pour espionner. Curieusement, il y a seulement quelques semaines WikiLeaks a rapporté qu'en 2009-2010 le Government Communications Headquarters, service de renseignements électroniques du gouvernement du Royaume-Uni, développait également un programme visant à utiliser des trolls et à créer un logiciel similaire. Le Royaume-Uni fait exactement la même chose depuis presque dix ans», a souligné Annie Machon.

L'experte n'écarte pas la possibilité que par ce «moyen rusé», les Américains tentent de «montrer à tout le monde qu'auparavant ils ne pratiquaient rien de tel, mais qu'aujourd'hui ils doivent le faire pour se protéger contre de prétendus trolls russes, israéliens ou autres».

Une fantaisie

L'entrepreneur russe Igor Achmanov, spécialisé dans les technologies informatiques, doute qu'aujourd'hui les compagnies soient capables de développer un logiciel ayant de telles fonctions.

«C'est apparemment une tentative d'influencer le processus politique, mais c'est technologiquement impossible pour l'instant. Je pense que de tels chatbots n'ont pas encore été créés. Le progrès n'a pas encore atteint un tel niveau pour qu'un bot puisse mener un dialogue en langage naturel. Si vous avez eu une expérience de communication avec un tel bot vous savez qu'il est impossible d'entretenir avec lui un débat politique. Peut-être que les Américains veulent effectivement commander de telles recherches. Mais de mon point de vue c'est une fantaisie. Le Pentagone investit beaucoup d'argent dans ce genre de fantaisies. Selon moi, les Américains commencent à se mentir, ils ont regardé trop de films et se mettent à fabriquer des terminators et des avions furtifs, puis il s'avère que c'est trop cher, comme le F-35, ou que personne n'en veut», résume l'expert.

«Irradier les cerveaux»

Le spécialiste en cybersécurité Andreï Massalovitch estime que le système qu'il est prévu de concevoir influence déjà les processus politiques.

«C'est une tentative de fabriquer une arme d'impact informatique ou une arme pour garantir la domination dans l'espace informatique. Les Américains agissent sciemment pour «irradier le cerveau» du public ciblé. L'influence du public ciblé et l'apport de contenu sont des tâches formulées il y a plus de 5 ans. Il s'agit aujourd'hui de l'automatiser pour le faire de manière ciblée, efficace, massive et stratégiquement pesée», explique l'expert.

Andreï Massalovitch note qu'il existe déjà des moyens pour combattre de tels systèmes automatisés.

«Il est possible d'identifier les bots même si aujourd'hui ils s'efforcent de se faire passer pour des êtres humains. Il est possible de s'en protéger avec des mesures organisationnelles et juridiques: l'État, par exemple, peut bloquer ce genre de débit. Certains pays y ont préalablement réfléchi, comme la Chine où les serveurs des réseaux sociaux et des grands sites sont installés sur le territoire chinois, ils sont sous contrôle et peuvent être débranchés à tout moment. Je pense qu'on y viendra également», poursuit l'expert.

Andreï Massalovitch commente également l'éventuelle influence de forces extérieures à l'approche de la présidentielle russe.

«Dans les mois à venir, des instruments qui ont déjà fait leurs preuves seront utilisés en Russie», souligne l'expert en cybersécurité.

Une usine à bots

Les USA ont accusé plusieurs fois la Russie d'utiliser des bots et des trolls sur internet, soi-disant pour impacter le public et la vie politique aux États-Unis.

Ainsi, en décembre 2017, le procureur de l'État de New York Eric Schneiderman a déclaré que des millions de bots imitant des profils sur les réseaux sociaux et des adresses électroniques auraient participé au débat civil concernant la préparation de la décision de la Commission fédérale américaine pour les communications.

Le procureur général a noté que, selon ses informations, près de 8 millions de commentaires auraient été rédigés à partir de faux comptes de courriel dont 444.000 auraient été envoyés depuis des adresses russes.

«Dans le même temps, les gouvernements étrangers tentent indéniablement d'utiliser internet et les réseaux sociaux pour influencer nos élections. Les autorités au niveau fédéral et étatique doivent travailler ensemble pour empêcher ces malfaiteurs de saper le processus de prise de décisions dans nos établissements administratifs», a déclaré Eric Schneiderman.

L'activité des bots russophones a également été rapportée par le Centre de communications stratégiques de l'Otan (Stratcom). Ses collaborateurs estiment que 60% des comptes russophones sur Twitter sont des bots, d'après le rapport du centre. Les auteurs ont noté que les bots russophones étaient à l'origine de 70% de tous les tweets sur l'Otan dans les pays baltes et en Pologne.

Attaque contre les médias

Ces derniers mois, le Congrès américain a activement débattu de la prétendue utilisation de bots par les médias russes RT et Sputnik dans le but d'influencer la présidentielle américaine.

Les représentants des plus grands réseaux sociaux ont mené leur propre enquête concernant cette éventuelle influence sur les élections. Ainsi, le patron de Facebook Mark Zuckerberg a déclaré qu'il transmettrait au Congrès des informations sur les publicités politiques qui auraient été achetées par des «bots russes», tout en précisant qu'il ne disposait pas de preuves sur l'implication de Moscou.

«Nous ignorons qui et comment publie de la publicité sur Facebook et nous ne l'avons jamais fait. Jamais la Russie n'a été impliquée», avait déclaré de son côté le porte-parole du président russe Dmitri Peskov.

En novembre dernier, le Congrès américain a organisé des audiences sur l'«ingérence russe» dans les élections américaines, auxquelles ont participé des représentants de Facebook, de Google et de Twitter.

«Nous avons déterminé que les profils que nous pouvions lier à la Russie et qui avaient diffusé des informations sur les élections étaient peu nombreux: près de 0,0001% de l'ensemble de profils analysés», a déclaré le directeur juridique de Twitter Sean Edgett.

Google n'a pas non plus trouvé de preuves d'utilisation de bots par les médias russes, comme l'a annoncé le directeur juridique de la compagnie Kent Walker.

«Nous avons revu les profils de RT. Vous le savez, RT fait beaucoup de publicité dans les journaux, les magazines et les aéroports à travers les USA. Nous avons minutieusement étudié le contenu des profils de RT et nous nous sommes assurés qu'ils correspondaient à notre politique contre l'incitation à la haine, à la violence et tout le reste. Actuellement nous n'avons identifié aucune infraction», a-t-il déclaré.

Des accusations infondées

En juin 2017, la rédactrice en chef de RT Margarita Simonian a répondu aux accusations du Pentagone selon lesquelles la chaîne influencerait le public occidental.

«Quelques centaines de journalistes (en effet brillants) seraient devenus en quelques années la menace principale pour la plus puissante armée du monde? Dommage que nous n'ayons pas su immédiatement que le Pentagone était aussi peureux. Nous aurions pu moins travailler et nous reposer davantage», a-t-elle déclaré.

Plus tôt, en mai 2017, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré en conférence de presse à l'issue d'un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel que Moscou ne s'ingérait pas dans les processus politiques des démocraties diplomatiques.

«Nous ne nous sommes jamais ingérés dans la vie politique ou les processus politiques d'autres pays. Nous voudrions vraiment que personne ne s'ingère dans notre vie politique — la vie politique de la Russie. Malheureusement, nous constatons l'inverse», a souligné le chef de l'État russe.

De plus, depuis plusieurs années, la Russie prône l'adoption d'une convention internationale spéciale qui réglementerait, sous l'égide de l'Onu, les normes de conduite des pays dans le cyberespace.

Le représentant spécial du président russe pour la coopération internationale dans le domaine de la sécurité informatique Andreï Kroutskikh évoque pour sa part les fondements des règles de conduite dans le cyberespace.

«Il est important de ne pas se faire obstacle, de ne pas créer des systèmes globaux d'espionnage mutuel, des systèmes d'incorporation de signets dans les produits informatiques achetés pour plusieurs milliards. Il faut établir des règles pour que quand un individu achète un appareil il soit sûr que rien ne menace sa vie privée», conclut-il.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Force est de reconnaître qu'on est en droit d'être sceptique face à une annonce aussi peu discrète de la part du Pentagone. Ce qui suggère qu'il s'agit d'une manœuvre destinée à détourner l'attention de vrais programmes déjà existants.
    Dans le même temps, les accusations d'ingérences russes massives sur internet pilotées d'en haut afin de subvertir l'opinion des pays occidentaux, annoncées à grand cris d'orfraie par des politiciens et médias hystériques, continuent de faire long feu. Des russes interviennent de façon militante sur des réseaux sociaux, mais ils sont asssez peu nombreux et ne semblent le faire qu'à titre individuel ou en petits réseaux.

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#52 12-03-2018 16:55:04

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Toujours dans le cadre des informations au sujet de campagnes de désinformation sur internet utilisant de fausses identités :
https://www.theguardian.com/technology/ … l-networks

Révélation : l'opération d'espionnage des États-Unis qui manipule les réseaux sociaux
Un logiciel militaire de persos bidons crée de fausses identités sur internet afin de répandre de la propagande pro-américaine.

Nick Fielding et Ian Cobain.
Mardi 17 Mars 2011 à 13h19.

    L'armée américaine est en train de développer un logiciel qui lui permettra de manipuler secrètement les sites de médias sociaux en utilisant de fausses personnes en ligne afin d'influencer les conversations sur Internet et de propager de la propagande pro-américaine.

    Une société californienne a remporté un contrat avec le Commandement central des États-Unis (Centcom), qui supervise les opérations armées états-uniennes au Moyen-Orient et en Asie centrale, ce pour développer ce qu'il décrit comme un «service de gestion de personalités en ligne» permettant à un(e) agent(e) des État-Unis de contrôler jusqu'à 10 identités distinctes basées dans le monde entier.

    Le projet a été comparé par des experts du Web aux tentatives de la Chine pour contrôler et restreindre la liberté d'expression sur Internet. Les critiques se plaindront probablement que cela permettra à l'armée américaine de créer un faux consensus dans les conversations en ligne, d'évincer les opinions indésirables et d'étouffer les commentaires ou les rapports qui ne correspondent pas à ses propres objectifs.

    La découverte du fait que l'armée américaine développe de fausses personnalités en ligne - connues des utilisateurs des médias sociaux comme des «schizos» - pourrait également encourager d'autres gouvernements, des entreprises privées et des organisations non gouvernementales à faire de même.

    Le contrat avec le Centcom stipule que chaque faux personnage en ligne doit avoir un arrière-plan et des antécédents  convaincants, avec détails à l'appui, et que jusqu'à 50 contrôleurs basés aux États-Unis puissent pouvoir utiliser de fausses identités depuis leurs postes de travail sans crainte d'être découverts par des adversaires sophistiqués.

    Le porte-parole du Centcom, le commandant Bill Speaks, a déclaré: "La technologie permet de mener des activités de blogueur classées secret-défense sur des sites web en langue étrangère afin de permettre au Centcom de contrer la propagande extrémiste et ennemie en dehors des Etats-Unis."

    Il a dit qu'aucune de ces interventions ne serait menée en anglais, car il serait illégal de "s'adresser aux auditoires américains" avec une telle technologie, et toute utilisation en anglais des médias sociaux par le Centcom a toujours été clairement reconnue par lui. Les langues dans lesquelles les interventions sont menées comprennent l'arabe, le farsi, l'ourdou et le pachto.

    Le Centcom a indiqué qu'il ne ciblait aucun site Web basé aux États-Unis, en anglais ou dans toute autre langue, et a spécifiquement déclaré qu'il ne ciblait pas Facebook ou Twitter.

    Une fois développé, le logiciel pourrait permettre au personnel gouvernemental états-unien, travaillant 24 heures sur 24 dans un endroit unique, de répondre aux sujets de conversations émergeants en ligne avec un nombre illimité de messages coordonnés, de blogposts, de postes de discussion et d'autres types d'interventions. Les détails de ce contrat suggèrent que cet emplacement serait la base de l'armée de l'air MacDill près de Tampa, en Floride, siège du commandement des opérations spéciales des États-Unis.

    Le contrat du Centcom exige pour chaque contrôleur la fourniture d'un «serveur privé virtuel» situé aux États-Unis et d'autres apparaissant en dehors des États-Unis pour donner l'impression que les faux personnages sont de vraies personnes situées dans différentes parties du monde.

    Il appelle également à un «mélange de trafic», en mélangeant l'utilisation d'Internet par les contrôleurs personnels avec celui fait par des personnes extérieures à Centcom, d'une manière qui doit leur offrir «une excellente couverture et une grande capacité de nier».

    Le contrat pour ces personnalités multiples aurait été attribué dans le cadre d'un programme intitulé Operation Earnest Voice (OEV), qui a été d'abord développé en Irak en tant qu'arme de guerre psychologique contre la présence en ligne des partisans d'Al-Qaïda et d'autres opposant aux forces de la coalition. Depuis lors, l'OEV aurait gonflé son programme à hauteur de 200 millions de dollars et aurait été utilisé contre des djihadistes à travers le Pakistan, l'Afghanistan et le Moyen-Orient.

    L'OEV est considéré par les hauts commandants américains comme un programme essentiel de contre-terrorisme et de contre-radicalisation. L'année dernière, le général David Petraeus, alors commandant de Centcom, a décrit l'opération au comité du Sénat des USA sur les forces armées comme un effort pour «contrer idéologie et propagande extrémistes et s'assurer que des voix crédibles soient entendues dans la région». Il a dit que l'objectif de l'armée américaine était d'être "le premier à venir avec la vérité".

    Ce mois-ci, le successeur de Petraeus, le général James Mattis, a déclaré au même comité que l'OEV «soutient toutes les activités associées à la dégradation des récits ennemis, y compris en matière d'engagement sur l'internet et de capacités de distribution de productions sur le Web».

    Le Centcom a confirmé que le contrat de 2,76 millions de dollars a été attribué à Ntrepid, une société nouvellement créée enregistrée à Los Angeles. Il ne divulgue pas si le projet de personnalités multiples est déjà en cours ni ne discute de tout contrat connexe.

    Personne n'était disponible à Ntrepid pour apporter de commentaire.

    Lors de son témoignage devant le comité sénatorial, le général Mattis a déclaré: «L'OEV cherche à perturber le recrutement et l'entraînement des kamikazes, à priver nos adversaires de refuge et à contrer l'idéologie et la propagande extrémistes. Il a ajouté que le Centcom travaillait avec "nos partenaires de la coalition" pour développer de nouvelles techniques et tactiques que les Etats-Unis pourraient utiliser "pour contrer nos adversaires dans le cyberdomaine".

    Selon un rapport de l'inspecteur général du département de la défense américain en Irak, l'OEV était géré par les forces multinationales plutôt que par le Centcom.

    À la question de savoir si des militaires britanniques avaient été impliqués dans l'OEV, le ministère de la défense de Grande-Bretagne a déclaré qu'il n'avait pu en trouver «aucun indice». Le ministère a refusé de dire s'il avait été  impliqué dans le développement de programmes de gestion de personnages fictifs, précisant : «Nous ne faisons pas de commentaires sur nos capacités en matière informatique».

    L'OEV  a fait le sujet d'une discussion l'année dernière lors d'une réunion de spécialistes en guerre électronique à Washington, où un officier important du Centsom leur a affirmé que son but était de «communiquer des messages très importants et de contrer la propagande de nos adversaires».

    La création de fausses identités par l'armée états-unienne se heurterait à des problèmes juridiques si elle était menée contre des citoyens des USA, où plusieurs personnes incarant de fausses identités ont fait face à des poursuites.

    L'année dernière, un avocat new-yorkais qui avait interprété un chercheur a été condmané à de la prison après avoir été reconnu coupable d'«imposture criminelle» et d'usurpation d'identité.

    Il n'est pas certain si un programme de création de fausses identités violerait la loi britannique. Certains juristes pensent qu'il pourrait tomber sous le coup du Forgery and Counterfeiting Act de 1981, qui précise qu'«une personne est coupable de fraude si elle crée un objet frauduleux, dans l'intention que elle ou une autre l'utilise afin d'amener quelqu'un à le croire authentique, et par là-même à l'amener à faire ou ne pas faire quelque acte qui porte préjudice à lui ou à un autre». Cependant, cela ne s'appliquerait que si on pouvait montrer qu'un site ou un réseau social en avait subi un «préjudice».

*Cet article a été modifié le 18 mars 2011 afin de retirer des mentions de Facebook et Twitter, introduit durant le processus de publication, et d'ajouter un commentaire du Centcom, reçu après publication, qu'il ne cible pas ces sites.

Le Centcom a dit qu'il ne ciblait ni Twitter ni Facebook, donc s'il dit qu'il ne le fait pas... ^^

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#53 12-03-2018 19:54:50

magimix
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Re: False flag operations, un petit résumé

c'est légèrement en dehors du coeur du sujet mais c'est en lien: l'action des organisations et services occidentaux / atlantistes dans la guerre de l'information.

https://medium.com/antipresse/qui-a-inv … 2c10ffc72f

Qui a inventé la lutte contre les «fake news»?
Comme un seul homme, les dirigeants des pays occidentaux tombent tous à bras raccourcis sur les «fake news». Comment et pourquoi en est-on arrivé à une aussi belle unanimité? Et où se trouve le chef d’orchestre?


On s’inquiète en France de l’annonce d’Emmanuel Macron relative à son projet de loi anti-fake news. Comme les Français n’ont jamais été très bons en anglais, ils ont tendance à traduire fake news par fausses nouvelles. Le mot «fake» ne connote pourtant pas la même notion que celle du faux (tromper, faillir). Son étymologie le relie plutôt au nettoyage (cf. fegen en allemand), voire à l’embellissement par des moyens artificiels comme le maquillage, le lustrage, etc. On ne cherche pas à tromper sur la nature des choses mais à les rendre plus présentables.

Qu’à cela ne tienne, les Français aiment discuter, alors ils glosent juridiquement, politiquement ou encore philosophiquement sur le sujet. Curieusement, ils n’abordent jamais le volet militaire. On sait pourtant que l’arrangement de la réalité est consubstantiel à l’art de la guerre.

La se trouve pourtant l’origine de cette dissémination simultanée d’un vocable anglophone dans le discours gouvernemental de presque tous les pays d’Europe, Suisse comprise, et bien sûr des États-Unis.

Réatlantiser l’Europe…
En 2010, un rapport du CEPA (Center for European Policy Analysis), un de ces énièmes laboratoires d’influence basés à Washington, pond un rapport intitulé «Keeping new allies». Il s’alarme d’un risque de perte de contrôle des anciens pays du pacte de Varsovie, que l’arrivée d’Obama n’aurait fait qu’aggraver. Ce dernier avait en effet annoncé sa volonté de se rapprocher de la Russie sous présidence Medvedev et pour faire bonne figure, il avait osé enterrer le déploiement du très dispendieux bouclier antimissiles, décidé par le Deep state sous la présidence de Bush Jr.

Face au désintérêt que suscitent les États-Unis dans ces pays, le CEPA recommande de procéder à une «opération de réassurance», qui, seulement quatre ans plus tard, deviendra la «European Reassurance Initiative» que l’on sait. On s’en doute un peu, le CEPA est évidemment une courroie de transmission du Deep state américain. Il est officiellement financé entre autres par la National Endowment for Democracy, la Mission US auprès de l’OTAN, la division Diplomatie publique de l’OTAN, l’École navale des États-Unis, le Pentagone, le Département d’État américain, les groupes habituels comme Raython, Lockheed Martin, Chevron, Bell Helicopter, Textron Systems, etc. Et puis, tout de même, l’Agence de défense européenne.

Aurions-nous oublié Soros? Rassurez-vous, il n’est jamais bien loin. Ici, c’est dans le recrutement des cadres qu’on en trouve une ventouse, avec notamment le Bulgare Ivan Krastev, à la fois membre du conseil consultatif du CEPA et du Global Advisory Board d’Open society, lequel Krastev est par ailleurs expert encarté de la National Endowment for Democracy.

Que dit fondamentalement ce rapport du CEPA? Eh bien, que la relation avec la ceinture orientale de l’Europe se relâche, se détériore très vite même, et qu’il faut d’urgence reprendre les choses en mains, car on discerne déjà «des signes que la région devient plus européenne qu’atlantiste». Diantre! Que nous dites-vous là?! Le remède prescrit? La création de nouvelles structures bilatérales et de think tanks atlantistes pour ranimer la flamme américaine, l’établissement de nouveaux «Centres d’excellence» de l’OTAN, sur le modèle du Centre de cyberdéfense de Tallinn (Estonie), de belles visites de haut rang plus fréquentes et en fanfare, l’augmentation du nombre d’étudiants boursiers dans les universités américaines, un investissement massif dans les médias, et des accords de livraison d’armes, notamment de missiles antibalistiques SM-3, produits par Raytheon à 15 millions de dollars pièce, c’est-à-dire le retour sine die au bouclier antimissile, contre la volonté du locataire de la Maison blanche. Sans oublier de bons vieux exercices militaires de la Baltique à la Mer Noire, sur fond de scénarios d’attaques majeures imminentes. Oui mais venant de qui?

…en recréant un ennemi
Tant pis pour le «reset» d’Obama avec Moscou, ce sera un remake de la guerre froide avec la Russie, que l’on accusera de «révisionnisme». Un terme pourtant plus naturel au lexique soviétique qu’américain. Mais après tout, pourquoi chercher plus loin? Alors on ira provoquer la Russie. Un peu de temps pour préparer l’opération et réunir les fonds nécessaires et ce sera le coup d’État de Maïdan, avec la perspective assurée de voir l’armée américaine s’installer bientôt à demeure en Ukraine et plus particulièrement en Crimée. On connaît la suite.

Le Kremlin n’a pas le choix, ce sera le retour du drapeau russe sur l’intégralité de la péninsule et de ses infrastructures militaires: bases stratégiques pour l’accès de la Russie aux mers chaudes. Tout cela, comme on s’en souvient, sans un seul coup de feu tiré. Un vent de panique souffle tout de même dans les États-majors occidentaux, qui résumeront l’opération en deux mots: guerre hybride.

Le concept était encore flou. Il signalait entre autres l’association de ressources civiles et militaires, de forces conventionnelles et spéciales, d’expositions médiatiques brutes et d’opérations d’influence secrètes, avec en particulier un usage très maîtrisé des réseaux sociaux.

Le Deep state américain a eu ce qu’il voulait: un beau discours de peur sur «l’invasion» russe de l’Ukraine, «l’annexion illégale» de la Crimée, ou encore l’hégémonie renaissante de la Russie qu’il faut contenir militairement. On va pouvoir exiger des européens qu’ils passent à la caisse de contributions et augmentent de quelques pourcents leurs budgets militaires au bénéfice des équipements «interopérables», comprenons américains. Et puis on va enfin pouvoir détruire définitivement toute velléités de la Maison blanche de persévérer dans son «reset» pro-russe.

Ce sera la carte de la propagande internet et des manipulations de l’information par les Russes, sous l’appellation de marque de «fake news». L’équation est on ne peut plus simple: « c’est russe, donc c’est fake». Sauf que les Américains, via l’OTAN, exigent de l’Europe qu’elle criminalise l’information d’origine russe.

Quand les barbouzes jouent au théâtre d’ombres
Officiellement, c’est depuis 2015 que les Européens ont reçu leur sommation militaire. Le général Philip Breedlove, à l’époque commandant suprême de l’OTAN, déclarait le 22 mars 2015, que l’Occident devait s’engager dans une guerre de l’information avec la Russie afin de contrecarrer ses «faux récits», notamment sur les réseaux sociaux. Curieusement, on avait déjà créé le Centre d’excellence de communication stratégique de l’OTAN (StratCom COE) à Riga, dès 2013. Peut-être voulait-on en faire un usage offensif, camouflé aujourd’hui en «réponse» à l’hégémonie russe?

Justement, dès 2010, le général Petraeus, qui connut tout de même la case menottes aux poignets, avait passé commandé de logiciels permettant de créer des faux profils multiples à usage d’internet, avec une panoplie de fausses informations à la clé (faux CV crédibles, etc.) donnant l’illusion de la réalité à ces personnages virtuels (des _sock puppets dans le jargon). Autrement dit, le Pentagone utilise exactement ce qu’il reproche à la Russie d’employer! Nom de code:Operation Earnest Voice (OEV). C’est la société Ntrepid, propriétaire d’Anonymizer, qui a développé cette solution. Au passage, on apprendra que cette société a été fondée par Richard «Hollis» Helms, un ancien officier de la CIA. Egalement fondateur d’Abraxas. On sait que Hollis n’y a embauché que des anciens de la CIA, à 100% des effectifs. Un spin off en quelque sorte.

Le déploiement simultané de la censure
L’Union Européenne aussi, en tant que telle, a créé une ressource similaire avec East StratCom, qui travaille à contrer la campagne d’information russe. Un acronyme qui sonne décidément proche de US Stratcom, l’unité américaine regroupant la compétence notamment pour traiter une guerre nucléaire et les opérations psychologiques.

En plus des sanctions économiques contre la Russie, on s’apprête donc à mettre en place des sanctions informationnelles. Limitées au tempo des élections, nous dit-on. A voir! Dans le temps, on appelait cela de la censure. Aussi l’on ne peut que sourire lorsque M. Macron déclare qu’il veut, de sa propre initiative, censurer les médias russes! En l’occurrence, Macron ne fait qu’appliquer les ordres militaires de l’Etat major américain et du deep state, via l’OTAN. Idem pour Angela Merkel qui a déjà fait passer une loi, en douce, entre Noël et le nouvel an, obligeant les GAFA à censurer toute pensée déviante sous peine de lourdes amendes. Idem aussi pour le Royaume Uni, qui a carrément créé une brigade militaire dédiée de près de 1500 hommes (et femmes), la 70ème brigade, afin de mener cette guerre contre la Russie.

Le général Marshall Webb (ça ne s’invente pas), confirmait quant à lui ce recours à des scénarios hybrides par ses troupes, lorsqu’il était encore patron des forces spéciales de l’OTAN. C’est ce même général qu’on voit sur la célèbre et curieuse photo de l’état-major suivant en direct la mise à mort de Ben Laden dans la salle de crise de la Maison blanche.

Et notre chère Suisse n’est pas à l’abri. Lors de sa première visite officielle à l’étranger, en Autriche, notre nouveau président de la Confédération Alain Berset a fait un petit crochet pour embrasser Harlem Désir, parachuté «représentant pour la liberté des médias» au sein de l’OSCE. Et de quoi ont-ils parlé? De la manière de juguler les fake news! Il n’y a décidément plus de sujet plus pressant!

Mais c’est le Vietnam qui devrait nous intéresser le plus. Ce pays a voulu faire comme les Européens. Il vient de créer son unité militaire de contrôle de l’orthodoxie médiatique: la Force 47. Composée de pas moins de 10'000 hommes, son rôle est de tout surveiller sur le Net et de supprimer tout contenu jugé déviant et offensant, par le pouvoir en place. Certes, les Vietnamiens vivent toujours sous un régime communiste avec parti unique. Ce qui est très différent de chez nous.

Article de Fernand Le Pic paru dans la rubrique «Angle mort» de l’Antipresse n° 112 du 21/01/2018.

les hyperliens ajoutés par Fernand Le Pic qui n'apparaissent pas dans la citation:
https://www.infowars.com/nato-declares- … on-russia/ (oui infowars, et alors?)
https://www.stratcomcoe.org/history
http://log.antipresse.net/post/internet … -pentagone

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#54 31-05-2018 15:42:44

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

S'il a déjà été mentionné ici, les révélations apportées par le contenu des enseignements du manuel de l'armée arméricaine portant sur les opérations spéciales de 2008 méritent d'être rappellées, d'autant qu'ils portent autant sur les groupes terroristes inflitrés, sur les faux groupes terroristes, sur les actions sous faux drapeau sur les escadrons de la mort que sur le trafic de drogue et la manipulation de l'information (ces techniques rappellent ce que les français avaient codifié sous le nom de guerre noire, et a sans doute souvent été utilisé en Afrique) ; techniques qui ont certainement été employées en Syrie :
https://www.les-crises.fr/google-et-la- … eez-ahmed/

[......]
Au cours de son enquête pour le New Yorker en 2005, le lauréat du Prix Pulitzer Seymour Hersh mentionna une série d’articles écrits par Arquilla élaborant une nouvelle stratégie “anti-terroriste” à l’aide de pseudo-terrorisme. Arquilla affirma qu'”il faut créer un réseau pour en combattre un autre”, utilisant la thèse qu’il avait promue au sein du Pentagone à travers le Forum Highlands depuis sa fondation :

“Lorsque les opérations militaires conventionnelles et les bombardements échouèrent à vaincre l’insurrection Mau Mau au Kenya durant les années 1950, les britanniques formèrent des équipes d’hommes provenant des tribus amicales Kikuyu qui se mettaient à faire semblant d’être terroristes. Ces “pseudo-gangs”, comme ils étaient appelés, mirent rapidement les Mau Mau sur la défensive, soit en se liant d’amitié avec eux puis en leur tendant des embuscades, soit en guidant les bombardiers vers les camps terroristes.”

Arquilla continua de prôner que les services de renseignement occidentaux devraient utiliser le cas britannique comme modèle pour créer de nouveaux groupes terroristes, identifiés en tant que “pseudo-gangs”, comme un moyen de miner les “vrais” réseaux terroristes.

“Ce qui a fonctionné au Kenya il y a un demi-siècle a une chance formidable de miner la confiance et le recrutement parmi les réseaux terroristes d’aujourd’hui. Former de nouveaux pseudo-gangs ne devrait pas être difficile.”

D’une manière essentielle, l’argument d’Arquilla était que seul un réseau pouvait combattre un réseau et que la seule manière de vaincre des ennemis qui menaient une guerre irrégulière était d’utiliser contre eux ces mêmes techniques. Finalement, le facteur déterminant de la victoire n’est pas en soi la défaite militaire conventionnelle, mais la mesure dans laquelle la direction du conflit puisse être calibrée afin d'influencer la population et rassembler leur opposition à l’adversaire. La stratégie d’Arquilla des “pseudo-gangs” était déjà appliquée par le Pentagone, selon les dires de Hersh :

“On m’a raconté que sous la nouvelle approche de Rumsfeld, on permettrait aux opérations militaires américaines de s’installer à l’étranger sous la forme d’hommes d’affaires étrangers et corrompus cherchant à acheter des articles de contrebande qui pourraient être utilisés dans des systèmes d’armements nucléaires. Dans certains cas, des citoyens locaux pourraient être recrutés pour rejoindre les guérillas ou les terroristes, selon les conseillers du Pentagone.

Ces nouvelles règles permettront à la communauté des Forces Spéciales d’installer ce qu'on appele des “équipes d’action” au sein des pays ciblés, pouvant être employées pour trouver et éliminer des organisations terroristes. “Est-ce que vous vous souvenez des groupes d’exécuteurs de droite qui ont sévit au Salvador ?” m’a demandé un ancien militaire haut gradé du renseignement, se référant aux gangs paramilitaires qui ont commis des atrocités au début des années 1980. “C'est nous qui les avons fondés et les avons financés,” m'a-t-il dit. “Notre objectif actuel est de recruter des locaux dans n’importe quelle zone de notre choix. Et nous n’avons pas l'intention de le dire au Congrès.” Un ancien officier militaire, qui connaît les capacités du Pentagone en matière de commandos, a affirmé : ”Nous allons chevaucher avec les racailles.”

La confirmation officielle que cette stratégie est maintenant opérationnelle est venue avec la fuite d’un manuel de terrain d'opérations spéciales de l’armée américaine datant de 2008. Le manuel montre que l’armée américaine peut mener une guerre irrégulière et non-conventionnelle en employant comme faux-nez des groupes non-étatiques tels que “des forces paramilitaires, des individus, des entreprises, des organisations politiques étrangères, des organisations rebelles, des expatriés, des adversaires du terrorisme transnational, des membres du terrorisme transnational désabusés, des acteurs du marché noir, et d’autres organisations politiques ou sociales “indésirables”. D’une manière choquante, le manuel reconnaît notamment que les opérations spéciales américaines peuvent impliquer à la fois le contre-terrorisme et le “Terrorisme”, ainsi que : “des activités criminelles transnationales dont le trafic de drogues, les ventes d’armes illicites, et les transactions financières illégales”. L’objectif de telles opérations de couverture est essentiellement de contrôler la population. Elles “se concentrent particulièrement sur la manipulation d’une partie de la population indigène afin qu’elle accepte le statuquo,” ou bien qu’elle accepte “quelque résultat politique” qui soit imposé ou négocié.

Par cette logique tordue, le terrorisme peut être défini dans certains cas comme un outil légitime de l’appareil d’État américain par lequel il influence les populations en leur faisant accepter un “résultat politique” particulier, le tout au nom du combat contre le terrorisme.[......]

Dernière modification par Analis (31-05-2018 15:43:29)

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#55 29-08-2018 15:57:28

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

J'avais complètement raté ça , les médias français le rapportant en mode complètement mineur afin que ça passe inaperçu ; et de plus, ça s'est passé au même moment qu'une autre attaque sous faux drapeau, de très grande ampleur, qui a écrasé alors l'actualité.
    Il n'empêche que l'acquittement ne réhabilite aucunement la "justice" française, qui demeure profondément discréditée. Le procès n'aurait déjà jamais du avoir lieu, car il était devenu évident qu'il ne reposait que sur un compte-rendu truqué des policiers surveillant les accusés, policiers qui n'ont pas pu être poursuivis en raison de lois dignes de la pire des dictatures. Les coupables courrent toujours en toute impunité, et sont libres de recommencer à tout moment :
https://www.francebleu.fr/infos/faits-d … 1523517738

Procès Tarnac : Julien Coupat et Yldune Levy relaxés
jeudi 12 avril 2018 à 10:51 Par Valentine Joubin, France Bleu Paris, France Bleu Creuse, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu Limousin et France Bleu

Le tribunal correctionnel de Paris relaxe les deux principaux prévenus dans l'affaire de Tarnac. Ils étaient poursuivis pour la dégradation d'une ligne SNCF en 2008, en région parisienne."L'audience a permis de comprendre que le groupe de Tarnac était une fiction", estime la présidente du tribunal.

Corrèze, France

Un seul prévenu condamné sur les huit poursuivis
Dix ans après le sabotage de lignes TGV, les deux principaux prévenus dans l'affaire de Tarnac ne retourneront pas en prison. Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le corrézien Julien Coupat et Yldune Levy, son ex-compagne, pour les faits les plus graves qui leur étaient reprochés : la dégradation d'une ligne SNCF dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 à Dhuisy, en Seine-et-Marne. La présidente du tribunal a estimé que le procès verbal de surveillance comportait trop d'erreurs et d'imprécisions.

Benjamin Rosoux, gérant du Magasin Général, et seul prévenu résidant encore dans le village corrézien, échappe, lui aussi, à une condamnation pour refus de prélèvement ADN. Des huit personnes poursuivies, seule une est condamnée. Il s'agit de Christophe Becker qui écope de 4 mois de prison avec sursis, pour "recel de vol", "tentative de falsification d'un document administratif" et "refus de prélèvement ADN".

Le procureur avait requis jusqu'à six mois de prison ferme
Le procureur avait demandé entre 1.000 euros avec sursis et 6 mois de prison ferme. Des peines "symboliques" qui devaient éviter la prison aux huit prévenus, dont certains ont connu des mois de détention provisoire.  "Il faut prendre en compte le temps passé et (leur) personnalité. Et la société n'aurait rien à gagner à ce qu'ils soient condamnés à des peines qui les ramèneraient en prison", avait expliqué le procureur Olivier Christen. Les avocats de la défense avaient, eux, plaidé une relaxe générale en demandant notamment au tribunal de refuser d'avaliser "les méthodes" employées par l'antiterrorisme dans ce dossier.

Un procès transformé en tribune politique
Le procès Tarnac, qui s'est tenu du 13 au 30 mars, aura été hors norme à plus d'un titre. Des militants qui arrivent masqués devant le palais de justice, des prévenus qui n'hésitent pas à manger pendant l'audience. Julien Coupat et ses camarades libertaires ont désorganisé, accaparé les débats, assurant eux-mêmes leur défense. Pendant trois semaines, ils se sont efforcés de démontrer les failles d'une enquête souvent qualifiée de fiasco judiciaire. Evènement rarissime, le tribunal s'est déplacé en pleine nature pour vérifier la conformité d'un procès-verbal contesté.

Dix ans de procédures et de polémiques
L'affaire avait spectaculairement débuté le 11 novembre 2008 par l'arrestation devant les caméras de télévision d'une dizaine de membres d'une communauté libertaire installée à Tarnac, un petit village de Corrèze, par 150 policiers cagoulés. Quelques jours plus tôt, les 7 et 8 novembre, des caténaires de lignes SNCF avaient été sabotées dans l'Oise, l'Yonne et en Seine-et-Marne, provoquant une véritable pagaille avec plus d'une centaine de TGV bloqués et 20.000 voyageurs en rade. Ces faits, initialement considérés par l'accusation comme terroristes ont finalement été rétrogradés en délits de droit commun par la justice, après l'abandon de la première qualification par la Cour de cassation au terme de neuf ans d'enquête et de polémiques.

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#56 13-01-2019 17:02:36

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Aux frontières des actes sous fausse bannière, cet article explore les origines durant la Première Guerre mondiale de la fausse nouvelle de guerre attribuant des atrocités à l'ennemi, qui, qu'elle soit née spontanément puis amplifiée par les services de propagande, ou forgée directement par ces derniers, utilise les enseignements de la science de la psychologie des masses :
https://theconversation.com/les-fausses … ure-106119

Les fausses nouvelles de la Grande Guerre, des « infox » avant l’heure
5 novembre 2018, 20:58 CET
Auteur

    François Allard-Huver

    Maître de conférences, Université de Lorraine

Déclaration d’intérêts

François Allard-Huver ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.
Partenaires


« La première victime de la guerre, c’est la vérité » : cette citation tantôt attribuée à Rudyard Kipling, tantôt au sénateur américain Hiram Johnson, isolationniste convaincu qui s’opposa à l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale en 1917, témoigne bien du rapport complexe à la vérité en temps de guerre. En effet, la question de la circulation de fausses nouvelles lors des conflits n’est pas récente. Chaque guerre charrie avec elle son lot de mésinformation, d’approximations et d’informations erronées, ou de désinformation, et autres contenus fallacieux destinés à tromper l’ennemi et ses troupes.

Cependant, la Première Guerre mondiale se distingue à plusieurs titres des conflits précédents, tant dans la nature et les buts même des fausses nouvelles qu’on y observe que dans les processus qui facilitent, accompagnent voire encouragent leur circulation. Bien que plus que centenaires, ces « fake news » avant l’heure semblent parfois, dans leurs mécanismes et dans les raisons de leur avènement, fort similaires à celles que nous croisons jour après jour sur les réseaux.

Une préoccupation précoce des contemporains de 14-18

Nombre d’ouvrages ont été consacrés par les contemporains de la Grande Guerre à la question des « fausses nouvelles », « rumeurs » et autres « légendes » qui accompagnent le conflit de 14-18. Ces travaux sont éclairants d’une préoccupation récente de l’opinion à la question de l’information, de sa circulation et de sa nature et s’inscrivent parfois dans une veine proche de la psychologie sociale naissante. On pense notamment aux réflexions de Gabriel Tarde sur l’opinion, sur la presse et la foule, ou encore à celles de Gustave le Bon sur la « psychologie des foules ».

Parmi les plus célèbres ouvrages consacrés à ce sujet, on trouve Les fausses nouvelles de la guerre, ouvrage fleuve en sept volumes du docteur Lucien Graux. Ce dernier tente de faire dans un style parfois laborieux, souvent teinté d’anti-germanisme, un recueil de l’ensemble des « fausses nouvelles », distinguant celles qui circulent à l’arrière, dans « Le peuple des civils […] gobe-mouche par excellence, à propos de tout et de rien », et celles qui circulent au front, dans le « peuple des combattants ». Si l’ouvrage manque d’une rigueur certaine et s’avère plus être un florilège d’erreurs et d’approximations journalistiques, il a le mérite de vouloir explorer « la psychologie de la fausse nouvelle, par la façon qu’elle avait de naître, de se propager, de s’amplifier pour dépérir le plus souvent fort vite » au sein de ses contemporains.

L’ouvrage du belge Fernand Van Langenhove, Comment naît un cycle de légendes – Francs-tireurs et atrocités en Belgique, est autrement plus intéressant et s’attelle à décrypter une « fake news » tenace chez les militaires allemands au début du conflit, celles de « franc-tireurs » belges qui auraient harcelé les troupes, refuseraient les règles de l’engagement militaire et massacreraient même des soldats blessés. En analysant des documents essentiellement allemands, Fernand Van Langenhove va « décrypter » la nouvelle et démontrer qu’elle s’appuie à la fois sur des faits réels de l’histoire récente, notamment la présence de franc-tireurs belges lors du conflit de 1870 avec la Prusse, tout autant que sur des représentations stéréotypiques, fallacieuses et fantasmées du peuple belge. Son ouvrage, précis et bien documenté, sera même traduit et publié en allemand dès 1917 !

Cependant, le texte le plus complet, tout comme le plus passionnant dans son analyse du phénomène des « fausses nouvelles », est celui de l’historien et résistant Marc Bloch : « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre ». Dans cet article initialement paru en 1921, il va tenter de poser les bases d’une approche scientifique et historiographique du phénomène des fausses nouvelles, en apportant sur des évènements qu’il a vécus, le regard d’un chercheur.

Au-delà de la simple analyse ou du décryptage des rumeurs et légendes qui circulent au front ou à l’arrière, Marc Bloch revient sur la nature même des infox, tout comme sur les éléments qui contribuent à leur circulation :

    « Une fausse nouvelle naît toujours de représentations collectives qui préexistent à sa naissance ; elle n’est fortuite qu’en apparence, ou, plus précisément, tout ce qu’il y a de fortuit en elle c’est l’incident initial, absolument quelconque, qui déclenche le travail des imaginations ; mais cette mise en branle n’a lieu que parce que les imaginations sont déjà préparées et fermentent sourdement. »

Au-delà de cet intérêt des contemporains pour le phénomène, nous pouvons revenir sur une « fake news » célèbre de la Grande Guerre et son destin dans l’imaginaire collectif : celle d’un enfant alsacien de sept ans, fusillé par les Allemands.

La légende au service de la propagande

D’un tragique « dommage collatéral » dans la région de Belfort va naître l’une des fake news les plus prolifiques de la Première Guerre mondiale. À l’occasion des cent ans du début du conflit, L’Est Républicain apportait le témoignage de l’historien local, Daniel Lougnot, sur cette histoire qui eut lieu le 13 août 1914 dans le village frontière de Magny, au tout début du conflit donc :

    « Eswald Schaarschmidt, fils d’un inspecteur des douanes originaire de Saxe, regarde le reflux des troupes françaises par une lucarne de la maison Besançon, la dernière à droite à la sortie du village près du pont de la Suarcine […] Vers 17 h, un soldat du 110e régiment de grenadiers badois arrive sur le pont. Apercevant une silhouette à la lucarne, il se croit menacé et abat l’enfant d’une balle qui lui tranche la carotide. »

L’histoire de cet enfant abattu par erreur, victime civile la guerre totale mais également de la psychose allemande sur la présence de franc-tireurs parmi la population civile, est interprétée comme un geste délibéré. Elle circule alors par le biais de la culture populaire. Dès 1914, l’auteur-compositeur Théodore Botrel en fait un poème intitulé « Le petit fusil de bois ». Puis c’est au tour d’André Langrand de mettre, avec Frédéric Boissière, l’histoire en musique dans « Le gamin au fusil de bois » au texte très explicite :

    C’était un enfant de sept ans
    Blonde tête aux yeux innocents […]
    Manœuvrait un fusil de bois
    Sonnez clairons, pleurez hautbois
    Pour le pauvre petit garçon
    Le bambin au fusil de bois
    Fusillé par les Bavarois !


Ces chansons se multiplient et amplifient à chaque fois l’histoire, tout en y ajoutant des éléments de l’imaginaire populaire et de la symbolique nationaliste, exacerbant également la barbarie des Allemands. Dans la « Troisième couleur », composée en 1916, la fausse nouvelle semble s’éloigner de toute forme de vraisemblance et devient un véritable outil de propagande anti-allemande :

    L’officier au casque pointu au soldat donna l’ordre atroce
    de fusiller le pauvre gosse
    Soudain l’officier blêmissant pousse un cri de rage et de haine
    Car sur ses habits bleu et blanc, le sang français du pauvre enfant
    Pour braver les Prussiens encore, formait le drapeau tricolore.


Mais ce qui rend particulièrement intéressante la circulation de cette fausse nouvelle, c’est l’écho et la réception qu’elle semble avoir dans l’opinion publique à la fois française mais également allemande. En témoigne notamment ces différentes cartes postales qui circulent en France et en Allemagne.

Si certaines cartes françaises reproduisent de manière imagée l’incident de Magny, d’autres cartes postales allemandes cherchent à démonter l’idée que les troupes d’outre-Rhin font preuve de cruauté envers les civils, et en particulier les enfants. On retrouve ainsi une image de soldats allemands en train de nourrir des bambins visiblement ravis qui se tiennent sur leurs genoux, avec pour légende ironique « Nos Prussiens orientaux, “barbares allemands” en Russie ». La volonté de montrer le caractère fallacieux des « fausses nouvelles » qui circulent sur l’armée allemande est à son tour attaquée dans des cartes postales françaises où l’on sous-entend qu’il s’agit de mises en scène et où l’envahisseur menace les enfants devant un appareil photo : « Ris ou je te fais fusiller ! »

Fausses nouvelles d’hier à aujourd’hui : même punition, même motifs ?

On retrouve dans le phénomène des fausses nouvelles de la guerre des préoccupations mais également des similitudes avec les problématiques que nous rencontrons aujourd’hui face aux « fake news ». Bien qu’elles servent à la fois d’élément de désinformation de l’ennemi ou d’arme psychologique contre les populations adverses, c’est l’avènement des médias de masse comme la presse qui permet la circulation des fausses nouvelles, approximations et erreurs faisant alors partie du lot quotidien de la circulation des informations en temps de guerre. Mais c’est bien la méfiance voire le mépris d’une partie des élites face aux masses qui justifiera l’utilisation à outrance de la propagande et de la censure pour servir l’effort de guerre.

Edward Bernays, père des relations publiques et auteur du célèbre ouvrage Propaganda, a participé au Comité d’information publique américain pendant la Première Guerre mondiale et résumé ainsi l’intérêt de la propagande :

    « La minorité a découvert qu’elle pouvait influencer la majorité dans le sens de ses intérêts. Il est désormais possible de modeler l’opinion des masses pour les convaincre d’engager leur force nouvellement acquise dans la direction voulue. »

Plus encore, c’est la méfiance de l’opinion face aux journalistes et à l’information qui facilitera la circulation et la croyance populaire dans les rumeurs et les ragots. Ainsi, la censure des journaux jouera pour beaucoup dans l’amplification à tel point que Marc Bloch rapporte dans son ouvrage ce trait d’humour de Pierre Chaine dans les Mémoires d’un rat :

    « L’opinion prévalait aux tranchées que tout pouvait être vrai à l’exception de ce qu’on laissait imprimer. »

Environnement médiatique changeant, volonté d’une minorité de manipuler la masse à son avantage quitte à lui présenter des faits alternatifs, méfiance de l’opinion face aux médias traditionnels, et, enfin, rhétorique nationaliste et guerrière sont autant d’éléments qui firent et qui font encore aujourd’hui le terreau des fausses nouvelles.

S'intéressant aux actes des français, cet article ne mentionne pas la plus outrée de toutes les propagandes de guerre d'alors, celle qui prétendait que le gouvernement allemand utilisait les corps des soldats morts au combat pour sa production industrielle. Il ne fait guère de doutes que les services britanniques l'avaient délibérément propagée.

La citation de Edward Bernays, le grand inventeur des techniques de propagande, qui résume tout :
    "Parce que notre démocratie a pour vocation de tracer la voie, elle doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider."

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#57 27-01-2019 20:05:39

YakForger
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Re: False flag operations, un petit résumé

C'est vrai que les fake news et histoires de crimes de guerre n'ont rien de nouveau... Question false flag, il y avait aussi l'attaque organisée par le IIIe Reich d'un poste allemand à la frontière polonaise, où des prisonniers ont été habillés en uniformes polonais avant d'attaquer ledit poste frontalier. Et résultat, le récit et les photos de l'attaque ont été utilisés comme casus belli le 1er septembre 1939 contre la Pologne...

Mais de nos jours, ironiquement, je m'inquiète moins à l'idée d'un conflit mondial. En fait, j'aurais même tendance à penser qu'un conflit Russie/USA est quasi impossible... Pourquoi? Je vous invite à lire un rapport sur les achats d'immobilier des Russes à l'étranger : https://tranio.com/articles/russian-and … port-2018/ tout est acheté dans des pays de l'EU ou aux USA! Bref, les vrais dirigeants de tous ces pays, les PDG des grands groupes et autres ultra-riches, profitent énormément des relations pacifiques entre nations...

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#58 27-01-2019 20:54:50

nanard
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Re: False flag operations, un petit résumé

Cyrano aurait répondu, c'est un peu court jeune homme !

J'ai regardé en diagonale l'article de ton lien, je crains que tu te trompes de catégorie socio-professionnelle. des mecs qui recherchent, et principalement en UE des petits hôtels et des habitations dans la limite la plus courante de - de 1 million d'euros, rien à voir avec les ultras-riches.
De plus, comme il s'agit d'un article de la profession, on aurait aimé savoir le volume des transactions et leur nombre. Passer de 10 à 20 transactions dans l'année, par exemple, représente une augmentation de 100% pouvant être jugée très importante quand on ne connait pas les détails.

L'erreur la plus importante contenue dans ta thèse c'est que ces achats sont un signe de paix durable entre les 2 principaux groupes. Je te rappelle que le seul pays terroriste de la planète Terre est les Etats-Unis et ses succursales, Israël pour le moyen-orient et l'OTAN pour l'UE.

On y trouve des types suffisamment cinglés, comme Bolton, capable de déclencher un conflit pour que les USA maintiennent leur main-mise sur le monde soi-disant libre (cf le Venezuela). Jamais de son Histoire, la Russie maintenant ou l'URSS auparavant n'ont mis en danger la paix mondiale de la façon que le pratiquent les USA au moins depuis la fin dela seconde guerre mondiale et plus surement depuis les années 1900.

Alors, en quoi le fait que de Russes achètent des biens dans nos contrées est une preuve d'éloignement du conflit généralisé et même nucléaire par les étasuniens?

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#59 27-02-2019 19:55:21

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Parlons justement du Vénézuéla. Il semble que nous y ayons de nouvelles tentatives de manipulations sous faux drapeau en cours en ce moment-même, mais alors elle ont été éventées :

https://www.agoravox.fr/actualites/inte … une-212964

Le peuple bolivarien inflige une nouvelle défaite aux médias occidentaux
par venezuelainfos (son site)
lundi 25 février 2019

Plus loin, toujours plus loin dans la propagande : “Nicolas Maduro brûle les camions d’aide humanitaire”. Le sénateur Gustavo Petro, ex-maire de Bogota, ex-candidat à la présidence de la Colombie, et qui n’a jamais ménagé ses critiques vis-à-vis du gouvernement Maduro, s’indigne face au lavage de cerveau : “Les camions ont été brûlés par les hommes de Guaidó (éphémère “président” du Venezuela nommé par Donald Trump, NdR). Si l’incendie des camions sert de prétexte à une invasion, Duque (actuel président colombien, protégé d’Alvaro Uribe, NdR) et Guaidó passeront à l’Histoire comme instigateurs de la violence sur la base d’un mensonge. Depuis que j’ai commencé à écrire sur le concert, et sur la soi-disant “aide humanitaire”, depuis qu’ont été découverts les vrais auteurs de l’incendie des camions, j’ai clairement dit que la stratégie de Duque et de Trump était l’invasion violente. Nous avons vu qu’en Colombie, chaque fois que nos peuples indigènes manifestent et protestent, on les réprime et on les tue, la même chose se produit pour nos paysans, nos étudiants, nos vendeurs ambulants, avec ceux qui s’opposent, demandent la justice et cherchent des vérités. Si la priorité de Duque avait été la protection de la population civile à la frontière, il n’aurait pas mené cette stupide opération d’agression, concert inclus. A présent le contrôle de la frontière est aux mains des cartels mexicains de la drogue. Nous ne pouvons rester spectateurs, nous devons agir, nous bouger pour la paix. Après son échec, Juan Guaido n’a pas choisi la voie d’un vrai dialogue au Venezuela mais de demander ouvertement une intervention militaire étrangère, sans que lui importent les milliers de compatriotes qui mourraient dans son pays. Je l’invite à ouvrir les portes du dialogue” (1)

Le “blocage-par-Maduro-de-l’aide-humanitaire” convoyée dans des avions militaires US par Elliot Abrams, ex-chef des escadrons de la mort en Amérique Centrale, étaient une fake news annoncée. Deux jours avant les incidents, Dmitri Polyanskiy, premier adjoint du représentant permanent de la Russie à l’ONU, déclarait : “Sous prétexte d’une livraison d’une aide humanitaire au peuple vénézuélien, les États-Unis sont en train de préparer une provocation « flagrante » à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, pour le 23 février. Se trouvant apparemment dans un état de frénésie, nos collègues américains, ont décidé de diffuser de fausses nouvelles au sein du Conseil de sécurité » (2).

Même pronostic de la part du diplomate Celso Amorin (photo), ex-Ministre des affaires étrangères, et ex-Ministre de la défense du Brésil (2003-2014) : “l’aide humanitaire des Etats-Unis pour le Venezuela est une provocation pour intervenir dans ce pays et forcer Nicolás Maduro à partir. Il s’agit d’une provocation, pour créer une situation paramilitaire qui mène à un changement de régime » (3). L‘ancien président Lula s’était également exprimé, depuis sa prison politique : « Nous ne pouvons permettre la soumission du Brésil aux Etats-Unis. Maduro est le problème des vénézuéliens, pas des états-uniens. Ils parlent de la faim mais ils ne parlent pas de leur embargo qui tue des enfants, des hommes et des femmes innocents ». Même José Miguel Insulza, ex-Secrétaire Général de l’OEA, qui a souvent critiqué le gouvernement de Chavez, avait admis : « Voir débarquer en Colombie le Chef du Southern Command des Etats-Unis, avec toutes sortes de généraux et le sénateur Rubio et d’autres, tout cela sent de moins en moins l’aide humanitaire et de plus en plus la recherche d’un prétexte de confrontation» .
[......]

Cependant, les USA et leurs alliés n'en auraient pas été à leur coup d'essai ; prudence donc, il y a un grand danger d'autres tentatives dans l'avenir, le terrain y étant vraiment propice :
https://www.voltairenet.org/article204086.html

Le Groupe de Lima reconnaît la manipulation belliqueuse états-unienne
Réseau Voltaire | 14 janvier 2019

Suite à la révélation des preuves de l’affaire ExxonMobil par le président vénézuélien Nicolas Maduro, les États membres du Groupe de Lima ont retiré l’article 9 de leur communiqué commun. Ce texte dénonçait une provocation du Venezuela mettant en danger la sécurité collective.

Cependant, deux États n’ont pas apporté leur correction : le Canada et le Paraguay. Pour eux la version d’ExxonMobil et du département d’État US est toujours valide : malgré les preuves qui la démentissent, l’armée vénézuélienne aurait chassé un bateau de prospection pétrolière (photo) des eaux contestées avec le Guyana.

Au contraire, les enregistrements attestent que l’incident a eu lieu à l’embouchure de l’Orénoque, donc dans les eaux internationalement reconnues du Venezuela.

Il n’échappe à personne que le gouvernement du Guyana avait été renversé la veille de l’incident par un député de son propre parti, Charrandas Persaud, qui s’est enfui de son pays pour se réfugier au Canada.

Cette polémique illustre de manière indubitable qu’ExxonMobil et le département d’État US ont eu recours au mensonge pour fomenter une guerre entre Latino-américains.

Par ailleurs, alors que le Groupe de Lima n’a pas reconnu le second mandat du président élu Nicolas Maduro, le Guyana et Santa Lucia ont accepté les lettres de créance des nouveaux ambassadeurs vénézuéliens.

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#60 03-05-2019 12:41:29

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Ce qui peut rentrer dans la catégorie des faux-drapeaux : le gouvernement français essaierait de travestir un incident banal, provoqué par une action policière, en une attaque des Gilets jaunes. C'est un journal d'obédience plutôt néo-conservatrice qui essaie de faire la part des choses, et alors ce qu'on doit en conclure, c'est que les faits semblent bien établis dans ce sens, le ministre de l'Intérieur Castaner a effectivement donné (par malice ou grossière incompétence) une fausse présentation de l'incident :
https://www.lepoint.fr/medias/pitie-sal … 10_260.php

Pitié-Salpêtrière : « la guerre de l'image » entre le gouvernement et les Gilets jaunes

La presse revient sur l'intrusion de manifestants dans l'hôpital qualifiée d'« attaque » par Christophe Castaner. Le ministre a-t-il parlé trop vite ?
Par Le Point.fr, avec AFP
Publié le 03/05/2019 à 09:48 | Le Point.fr


L'intrusion de manifestants, le 1er mai dernier, dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière est-elle une « fake news » à la française ? Le débat fait rage depuis les mots lâchés sur Twitter par Christophe Castaner. Alors que les premiers détails de l'incident commençaient à peine à émerger, le ministre de l'Intérieur a qualifié les faits d'« attaque ». Ce faisant, il a suscité une polémique dont le gouvernement se serait sans doute bien passé, certains appelant même à la démission du patron de Beauvau.

Mercredi soir, le directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, avait lui-même rapporté « une tentative d'intrusion violente dans le service de réanimation chirurgicale » de l'établissement hospitalier. Mais selon Le Monde, qui s'appuie sur plusieurs vidéos, la thèse de l'attaque et de l'intrusion violente défendue par Christophe Castaner et Martin Hirsch ne tient pas. Certaines images montrent que plusieurs manifestants ont décidé de trouver refuge, dans l'enceinte de l'hôpital afin de ne pas se prendre de plein fouet les gaz lacrymogènes. Les trente gardes à vue de mercredi ont par ailleurs été levées. Le parquet de Paris expliquait jeudi soir que l'enquête continuait avec pour objectif « de faire toute la lumière sur les circonstances de l'intrusion au sein de l'établissement de santé ».

Pour certains médias, Christophe Castaner a fauté en parlant d'une « attaque » de la Pitié-Salpêtrière, créant ainsi une « fake news » française, comme Donald Trump outre-Atlantique. C'est ce qu'avance Alexandra Schwartzbrod dans Libération vendredi, expliquant que le ministre de l'Intérieur a confondu des manifestants avec des « fous furieux prêts à défoncer la porte du service de réanimation chirugicale (...) pour “agresser son personnel soignant” ». Et l'éditorialiste de comparer cela avec les méthodes employées par le président américain : « Tel Donald Trump, Castaner a tweeté plus vite que son ombre, s'insurgeant contre cette attaque (...). Après avoir recoupé de multiples témoignages et visionné plusieurs vidéos, nous pouvons l'affirmer : les manifestants n'ont pas cherché à attaquer ce service, mais plutôt à fuir la police qui les prenait en tenaille. » La journaliste explique la confusion des policiers, qui ont selon elle « ciblé indifféremment l'ensemble des manifestants », par l'ambiance particulièrement tendue de ce 1er Mai, annoncée depuis plusieurs jours en raison de la présence probable de black blocs violents dans les cortèges.

Castaner « mal informé » ou « menteur patenté » ?

« Devant l'ampleur de la menace qui était brandie depuis plusieurs jours, on peut à l'extrême limite le comprendre. Mais qu'un ministre de l'Intérieur se permette de tweeter une information aussi grave sans prendre la peine de la vérifier décrédibilise la fonction. Cela témoigne d'un manque de sang-froid et de respect pour les citoyens qui n'inspire guère la confiance. Or la confiance, en ces temps troublés, est plus que jamais nécessaire entre gouvernés et gouvernants », conclut la directrice adjointe de la rédaction de Libération. Une position assez semblable à celle de Maurice Ulrich, dans L'Humanité. « En grossissant la menace des black blocs, le ministre de l'Intérieur a justifié par avance un déploiement policier démesuré, créant dès le début de la manifestation une tension culminant avec le traitement réservé à la tête de cortège de la CGT et son secrétaire général au prétexte de les protéger. Par des tirs de lacrymogènes ? Après la manifestation, c'est l'agression supposée contre la Salpêtrière – démentie jeudi par de nombreux témoignages – qui était mise en avant... Nous ne sommes plus dans le maintien de l'ordre », estime le journaliste.

De nombreux médias semblent s'accorder sur le fait que Christophe Castaner a largement participé à ce que l'affaire prenne une réelle ampleur. Et certains s'interrogent sur les capacités mêmes du ministre et sur la guerre de l'image qui oppose les Gilets jaunes et le gouvernement. « La morale de cette histoire, c'est que soit Christophe Castaner est mal informé, ce qui n'est pas très glorieux pour un ministre de l'Intérieur, soit il est un menteur patenté, auquel cas sa parole est durablement discréditée. Et, dans tous les cas, si la loi anti-fake news qu'il appelle de ses vœux avait cours, il serait déjà à Fleury-Mérogis. Vouloir faire passer les Gilets jaunes pour des vandales, non mais... ! » s'indigne Sébastien Lacroix de L'Union.

C'est une véritable guerre de l'image qui s'est engagée au lendemain des manifestations du 1er Mai », estime pour sa part Michel Klekowicki du Républicain lorrain. « Si les défilés se sont pour la plupart déroulés dans un calme relatif, un épisode a polarisé l'attention : l'intrusion d'un groupe à la Pitié-Salpêtrière. Présenté comme l'attaque délibérée d'un hôpital, cet événement n'est pas aussi dramatique que pouvaient le penser les autorités à chaud. (...) Mais dans la guerre de l'image à laquelle se livrent Gilets jaunes et gouvernement, l'incident a pris des proportions peu en rapport avec les faits réels. Plus qu'une anecdote, cette double lecture est le symptôme de l'immense fossé séparant désormais la rue et l'État. »

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#61 19-06-2019 16:21:14

Analis
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Re: False flag operations, un petit résumé

Si ces événements et la controverse qui les entoure ont déjà été évoqués ailleurs, ils sont plus à leur place ici, car il y a réellement une très forte suspicion d'attaques sous faux drapeau, qui paraissent l'explication la plus logique ; à noter que cette attaque fait suite à plusieurs contre des tankers depuis quelques semaines, attribuées à demi-mot à l'Iran par certains politiques occidentaux et arabes* :
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/a … nos-215915

Attaques en mer d’Oman : nos journalistes ont-ils de la mémoire ?
par bluerider
lundi 17 juin 2019

Lorsque nous assistons, citoyens impuissants, à la déferlante d'accusations en forme de simples transcriptions de déclarations diplomatiques sans la moindre tentative de prise de recul historique pourtant à portée de 2 ou 3 clics, à propos des attaques supposément iraniennes contre 2 pétroliers, il y a de quoi fulminer, non ? Craig Murray donne déjà une bonne idée du cui bono : L'Iran aurait attaqué un pétrolier japonais au moment de la visite de son premier ministre Shinjo Abe à Téheran ? Absurde ! L'Iran aurait attaqué un autre pétrolier dont l'équipage est en partie russe, et dont l'armateur continue de commercer avec l'Iran malgré les sanctions ? Absurde ! Tout le monde oublie que l'Iran a porté secours à 40 marins ? Toujours mieux ! L'Iran avec cette attaque, avait tout à gagner sur la scène diplomatique internationale, voire simplemeent vis-à-vis du monde arabe ou du monde chiite ? Là ce n'est même plus absurde, c'est sordide.

Le propos de cet article est de conforter cette l'absurdité là, celle de la version américaine, à l'aune de l'Histoire récente des relations entre ces 2 pays, et des pratiques militaires des USA dans cette partie du monde.

Jugez plutôt :

1/ Tout d'abord un peu d'histoire récente pour rafraichir la mémoire de nos journalistes et les inciter à beaucoup beaucoup de prudence quant aux auteurs présumés des faits :

https://www.youtube.com/watch?v=P3n5gfZtmkc 

Le mardi 8 juillet 2008 à Washington se tenait la 4ème "Campus Progress National Conference qui donne la parole, devant des étudiants journalistes américains, à des sommités de la presse américaine. Seymour Hersh (NYTIMES, THE NEW YORKER, LONDON REVIEW OF BOOKS) y était invité, et s'est exprimé devant ces étudiants le mercredi 9 juillet. Voilà ce qu'il a -entre autre- révélé ce jour-là, parlant de Dick Cheney, alors vice-président des Etats-Unis, qui avait convoqué début janvier 2008 une réunion dans son bureau à la suite d'un de ces nombreux incidents navals dans le golfe Persique :

« L'idée a été rejetée. C'est la raison pour laquelle le NEW YORKER ne l'a pas publiée [dans son article de juillet 2008]. Il y a eu une 12aine d'idées avancées, sur la façon de provoquer une guerre. Celle qui m’a le plus intéressé était : " Pourquoi ne pas construire, nous, dans nos chantiers navals, quatre ou cinq bateaux qui ressembleraient à des vedettes lance-torpilles iraniennes ? Mettons dessus des soldats des NAVY SEALS puissamment armés. Et la prochaine fois qu’un de nos bateaux passe par le détroit d’Ormuz, qu'elles ouvrent le feu... Cela pourrait coûter quelques vies." Et la proposition a été rejetée parce qu’on ne peut pas faire tuer des américains par des américains. Mais c’est le genre de truc qui était en discussion... de la provocation. (....) stupide... peut-être... mais potentiellement très meurtrier, parce qu'une fois que vous êtes embarqué [là dedans] (...) si vous trouvez le bon incident, le public américain va le soutenir à fond... "bang bang... kiss kiss", et là vous savez, vous êtes en plein dedans...(...) et c'était début janvier, le président allait se rendre au Moyen Orient... alors là vous vous dites "mais on est au lycée ou quoi ?" Ouais... est-ce qu'on est en train de jouer dans la cour du lycée avec 5000 têtes nucléaires dans nos arsenaux ? Oui, c'est ça ... on joue à qui va être le premier à sortir de l'autoroute lors d'un face à face.... »

2/ Ensuite souvenons-nous d'autres opérations militaires navales et observons les comportements :

Qui a attaqué le USS MADDOX le 4 août 1964 ?

Longtemps la vérité officielle fut "au moins 2 vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes". On sait aujourd'hui qu'il ne se passa rien du tout, mais qu'à bord tout l'équipage se précipita pour faire feu de tous ses canons suite à des identifications sonar et visuelle douteuses au milieu d'une mer agitée. L'avant veille, le USS MADDOX avait arraisonné 5 vedettes qui avaient répliqué "à des tirs de l'USS MADDOX contre des bateaux de pêcheurs". 3 vedettes nord vietnamiennes avaient été détruites. Bien que ces incidents aient été sans conséquences du côté américain, le prétexte était désormais tout trouvé pour engager les USA dans une guerre qui allait devenir totale et qui allait durer 11 années de plus. Après les tergiversations de Kennedy, Johnson était enfin autorisé par le Congrès à « prendre toutes mesures nécessaires pour faire échec au communisme ».

Qui a attaqué le USS LIBERTY le 8 juin 1967 ?

Il est aujourd'hui prouvé à 100% que c'était Israël. Ce bateau-espion américain faisait route vers Israël en pleine guerre de 6 jours. Cette guerre fut déclenchée contre l'Egypte à titre "préventif", rien n'indiquant que Nasser allait attaquer Israël. Selon Nicky Hager, la présence de l'USS LIBERTY fut jugée trop dérangeante devant les massacres en cours à El-Arish. D'autres chercheurs avancent que cette attaque fut utilisée comme levier de négociation pour forcer les USA à se ranger aux côtés d'Israël. Les 2 attaques successives causèrent la mort de 34 marins et firent 174 blessés. Israël plaida la méprise avec un navire égyptien, excuse ridicule au vu de la silhouette, de l'immatriculation et des équipements radio du navire qui de plus battait pavillon US de la proue à la poupe. Et les USA se rangèrent enfin du côté d'Israël.

Qui a attaqué le USS COLE le 12 octobre 2000 ?

Nous ne savons toujours pas 19 ans et des 100aines de waterboardings plus tard ! Sont soupçonnés des membres d'Al-Qaïda, organisation financée par des donateurs privés échappant soi-disant au contrôle de l'administration népotiste de l'Arabie saoudite, pays par ailleurs dans l'orbite directe du Renseignement US qui n'aurait pas vu une embarcation de martyrs venir se coller à la coque de son destroyer. Abd al-Rahim al-Nashiri saoudien arrêté aux EAU, croupit toujours à Guantanamo avec 2 acolytes eux aussi inculpés sans preuves dans ce dossier : Khalid Cheikh Mohammed (le "mastermind" du 11/9 toujours pas jugé) et Abu Zubayda (autre "mastermind" du 11/9 dans la même situation).

Que se passait-il en 2008 entre les USA et l'Iran ?

La tension est à son apogée. Le 3 décembre 2007, les 14 agences de Renseignement US publient leur NIE (National Intelligence Estimate, Expertise annuelle émise par le Renseignement National), qui à la grande déception du tandem Bush-Cheney et des néo-conservateurs, exonère l'Iran de tout soupçon d'enrichissement d'uranium à des fins militaires. Ce quasi "putsch des généraux" contre son administration fait suite à une montée de tension sans précédent avec l'Iran, orchestrée par le tandem Bush-Cheney, qui en France culminera avec la déclaration incroyable de Kouchner au micro de LCI-RTL-LE FIGARO le 16 septembre 2007 "Le pire, Monsieur, c'est la guerre." J'étais au volant ce jour là et j'écoutais RTL (nobody's perfect)... j'ai failli avaler ma langue et je m'en souviens encore.

Pour les puristes, je rappelle ici au passage un événement gravissime qui se passa 15 jours avant la déclaration de notre ministre des affaires étrangères : l'affaire fin août 2007 du B52 qui vola de Minot AFB à Barksdale AFB avec sous ses ailes des missiles nucléaires de type AGM129 Cruise Missiles, dont 6 étaient équipés de têtes actives, ce qui est interdit par la Constitution nord-américaine et qui est sans doute à l'origine de 7 morts suspectes dans les rangs de l'US AIR FORCE. Barksdale AFB est le hub de l'US AIR FORCE pour toutes ses opérations logistiques de projection vers le Moyen-Orient. Et nous ne savons toujours pas, 10 ans après, ce qui s'est passé ce jour là, entre l'administration du pays le plus puissant du monde, et son Pentagone.

Souvenons-nous aussi qu'en 2008, tandis que Sarkozy ouvrait une base à Abu Dhabi pour préparer (déjà) "sa" guerre contre l'Iran, les attaques de bateaux de tous types dans la mer d'Oman se multiplient. La Somalie est pointée du doigt. Un sous-conflit, sans doute dû au pillage halieutique de sa côte par des chalutiers français et espagnols à l'origine de la paupérisation des populations riveraines, qui entraina le développement d'une piraterie censée les protéger, qui en retour exigeait des renforts des marines militaires de ces 2 pays dans un enchainement de causes à effet profitable à nos marines nationales qui pouvaient ainsi se positionner face à l'Iran "au cas où" sans éveiller "plus que ça" l'attention des médias (à supposer qu'ils soient vraiment attentifs). Depuis 2012, selon notre MAE, cette piraterie a cessé, mais nous sommes toujours là-bas. Que sont-ils devenus ? Ont-ils désormais rejoint le Yémen, pourquoi pas, ou bien sont-ils de retour mieux armés et par qui ? Simple hypothèse parmi d'autres au passage.

Alors que se passe-t-il en 2019 ?

Nous savons donc a/ qu'une attaque de vedettes rapides iraniennes est un scénario nord-américain bien rodé déjà évoqué en 2008, et dont les USA ont su tirer parti en 1964 sans même qu'il ne se soit rien passé. La version des attaques de 2019 donnée par Trump est très proche de celle de 2008. b/ qu'Israél ou les USA ne reculent devant aucune audace, même la plus absurde, la plus contrevenante à la réalité des faits, pour protéger leurs intérêts stratégiques. c/ que les USA, même victimes, ne s'embarrassent pas avec la Justice lorsqu'ils capturent ensuite des suspects, autre indice tendant à faire penser que leurs motifs et intérêts réels se situent bien ailleurs que dans une enquête judiciaire, par exemple obtenir par leur posture agressive des "unes" dans le monde entier, même au prix de pertes humaines. Car, bien que refusée par l'entourage de Cheney en 2008, l'opération des PT Boats parmi les 12 évoquées, fut néanmoins envisagée. d/ que ces phases militaires de confrontation géopolitique font toujours partie d'un ensemble d'opérations économiques (sanctions), médiatiques (rallier l'opinion publique des pays OTAN) et diplomatiques (la face médiatisée) destiné à diaboliser le "pays voyou" ciblé (les "rogue states" si chers à Bush Jr.), et à mettre en garde au passage tous les autres pays alliés potentiels de ce pays, par exemple ici le Japon dont le premier Ministre Shinzo Abe, est justement en visite à Teheran alors que l'un des tankers attaqué est japonais.

Dans le cas de l'attaque du 13 juin 2019, absolument tous ces ingrédients géopolitiques sont bel et bien réunis, et cerise sur le gâteau, aucun marin n'a été tué. Ces attaques renforcent la méfiance voire la haine des peuples des pays OTAN à l'encontre du gouvernement iranien, et renforcent les effectifs militaires dans cette zone sans trop éveiller la suspicion des opinions publiques et des médias des pays OTAN, tous ralliés à la diplomatie "morale" de Washington. La pression ainsi mise sur le gouvernement iranien servira de levier de négociation pour obtenir la réouverture de l'Accord de Vienne puis l'effacement les sanctions afin d'inonder le pays de dollars-dette.

Je signale que d'autres analyses inversent la prémisse des causes des tensions actuelles et les imputent à un durcissement dangereux de la diplomatie iranienne. Reste que les sanctions ont sans cesse été renforcées depuis 1979, et ne concernaient pas le nucléaire au départ, mais la prise d'otage à l'Ambassade US de Téhéran consécutive au refus des USA de livrer le Shah responsable d'atrocités contre son peuple, à la justice iranienne des Ayatollahs, pour le soigner aux USA (cela rappelle l'asile et les soins donnés à Pinochet par Londres).


Et la France en 2019 ?

Comme par hasard, notre Porte-avions PA1 Charles de Gaulle à la tête de notre Groupe AéroNaval, de retour d'Indonésie, se trouve en ce moment même sur zone, à proximité de la mer d'Oman, avant de remonter vers la Méditerranée par le Canal de Suez (où il croisera sans doute l'ex-navire de classe MISTRAL vendu aux Russes par Sarkozy, puis repris par Hollande qui l'a finalement revendu aux égyptiens sans doute comme "cadeau de bienvenue" pour signer le contrat des Rafales qui s'en suivi, et ça tombait bien... les égyptiens ont des hélicoptères russes).

On se souviendra aussi qu'en octobre 2010 furent décidés à Londres des exercices militaires conjoints avec la ROYAL AIR FORCE (4 Tornados GR4) et la ROYAL NAVY, qui projetaient depuis St-Dizier pour "des frappes conventionnelles à très longue distance", plusieurs Mirages 2000 au dessus du "Southland", un pays imaginaire dont le dictateur menaçait son peuple. Ce pays, simulé au sud de la Garonne, fut finalement "transféré" exactement au même endroit que... la Libye, au dessus de laquelle les exercices se poursuivirent la semaine du jeudi 17 mars 2011, jour où fut votée la terrible résolution 1973, avec une flotte franco-britannico-américaine rassemblée devant ses côtes, qui avait eu le temps de faire le voyage.

Nous nous trouvons donc en ce moment même, à nouveau dans une configuration géopolitique proche de celle de fin 2007 voire de début 2011, où la tension internationale face à l'Iran, provoquée par les USA, était à son apogée. Les attaques des 2 pétroliers norvégien et japonais s'inscrivent pleinement dans cette stratégie de la tension qui nous renvoie à une longue tradition anglosaxonne post-45 dont nous avons rappelé quelques étapes-clés. L'équipage du tanker japonais a décrit des objets volants venus frapper la coque au dessus de sa ligne de flottaison... en 1964, Lindon Johnson aurait dit à ses conseillers parlant des attaques confuses de l'USS Maddox par des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes dans la baie du Tonkin les 2 et 4 août 1964 « Nom de d… , ces idiots, ces stupides marins [vietnamiens] ne faisaient que tirer sur des poissons volants !  » C'étaient peut-être des poissons volants jeudi dernier aussi ?

* https://www.humanite.fr/golfe-persique- … ues-672170
https://lemarin.ouest-france.fr/secteur … o-persique

Dernière modification par Analis (19-06-2019 16:26:52)

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#62 19-06-2019 19:03:21

kidkodak
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Re: False flag operations, un petit résumé

Un vidéo en anglais publié le 18-06-2019 sur le site de James Corbett qui nous prévient d'une opération imminente sous faux drapeau visant à attaquer l'Iran.
4 Times the US Threatened to Stage an Attack and Blame it on Iran
https://www.corbettreport.com/iranfalseflag/
Et aujourd'hui,la sortie de Donald Trump disant connaître les auteurs des attentats du 11 septembre 2001, en prenant soin de dire que ce n'était pas l'Irak, tout en ne livrant pas le fond de sa pensée...
Et jamais je ne croirai que Trump fera allusion à Israel. Qui reste-il alors à attaquer dans l'ordre des chose du plan du Project for a New Americam Century(P.N.A.C.) ?
Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré avoir une idée concernant les vrais commanditaires des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Et ce n’est pas l’Irak à ses yeux. http://www.wikistrike.com/2019/06/false … -2001.html  À moins d'une surprise de dernière minute,mais cela m'étonnerait beaucoup de la manière dont il gère la politique extérieure des E.U.

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#63 19-06-2019 22:32:18

nanard
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Re: False flag operations, un petit résumé

Le message de Trump est clair, ou il sous-entend que c'est un inside-job et il y a d'ores et déjà un candidat de moins pour la prochaine présidentielle, avec une place au cimetière d'Arlington, ou il désigne l'Iran (ce n'est pas la première fois) entre autres pour trouver une bonne raison d'attaquer, mais il va falloir avoir des couilles parce que ça ne va pas être gratuit !
Révisez vos vélos camarades, parce que si ça arrive les livraisons de pitrole...

Dernière modification par nanard (20-06-2019 00:00:47)

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#64 20-06-2019 00:40:01

kidkodak
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Re: False flag operations, un petit résumé

Donc tu sous-entends que Trump va désigner l'Iran comme prochain pays à attaquer et ainsi se soumettre à l'État profond pour sauver sa peau. Nous sommes loin des règles d'éthique du capitaine de bateau devant quitter le navire en dernier lors d'un naufrage.

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#65 20-06-2019 14:05:47

nanard
Membre du forum
Date d'inscription: 05-02-2014
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Re: False flag operations, un petit résumé

Mon bon Kidkodak, le simple mot d'éthique dans la politique intérieure ou étrangère des Etats-Unis est un contre sens parfait !

Trump a réussi à sauver son cul du Russiagate que les Démocrates ont fomenté pour arriver à sa destitution, ce n'est sans doute pas pour leur apporter sa tête sur un plateau en dénonçant la réalité sur le 11/9.
Donc, effectivement, la seule solution restante est d'attribuer ça aux Iraniens, ce qui est aussi nul que la bande à Bush avec l'Irak. Seulement (et j'espère avoir raison) pour se faire l'Iran, il n'y a pas de certitude de victoire, ils viennent de plomber un drone US qui traînait ou trop près ou à l'intérieur de leur espace aérien.

Pépère il a intérêt à réfléchir à 2 fois parce que le contexte international est loin de lui être aussi favorable que lors de l'attaque de l'Irak en 2003... et le contexte intérieur, avec la proximité des présidentielles pas plus réjouissante.

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