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#1 15-08-2007 11:31:26

jose
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Lieu: orange
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Messages: 433

La Russie regonflée à bloc face à Washington

Moscou espère tirer profit des revers des Etats-Unis pour retrouver son influence perdue.
Par Lorraine MILLOT
QUOTIDIEN : mercredi 15 août 2007

«Les Etats-Unis se comportent comme un hooligan bourré. Nous, nous attendons qu’ils dessaoulent.» Comme beaucoup d’autres experts russes, Sergueï Markov, politologue proche du Kremlin, se permet maintenant un rien d’irrévérence à l’égard de la première puissance mondiale. Ces derniers temps, Vladimir Poutine a donné le ton en Russie, en traitant les Etats-Unis de «camarade loup» prêt à dévorer les plus petits pays, ou en comparant la politique américaine à celle d’Adolf Hitler.
A la suite du président russe, journalistes et proches du Kremlin célèbrent à qui mieux mieux la fin du «gendarme du monde». Si le discours russe est tellement outré, c’est qu’il est à la mesure de la grande peur ­provoquée par les avancées américaines dans l’espace post-soviétique ces dernières années. La révolution orange de décembre 2004 en Ukraine, que le Kremlin considère comme téléguidée par Washington, a été un traumatisme grave à Moscou, de même que l’élection en Géorgie de Mikhaïl Saakachvili, président qui rêve d’Amérique et d’Otan. L’affaiblissement américain est avant tout perçu comme une occasion de voir cette pression occidentale s’estomper aux frontières de la Russie.
Empire romain.  «Moins les Etats-Unis ont de succès dans leur folle politique d’isolement de la Russie, mieux c’est pour nous», résume Sergueï Markov, qui - comme beaucoup de proches du Kremlin - met volontiers sur le dos des Américains les difficultés de la Russie avec ses voisins. «L’échec des Etats-Unis en Irak a eu pour conséquence de discréditer toute leur politique de démocratisation du monde», observe aussi Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue, ­Russia in Global Affairs. «Aujourd’hui, personne dans le monde n’est prêt à prendre aux Américains le rôle de leader mondial, et certainement pas la Russie», avoue cet analyste.
Mais le Kremlin peut profiter de la situation pour essayer de rattraper tout ce qu’il a perdu ces quinze dernières années. Tandis que l’ordre mondial vacille, le pays brûle d’envie de s’approprier quelques morceaux. Pour les nationalistes russes, très populaires, c’est l’occasion en tout cas de trompeter. «Le déclin de l’Empire romain a commencé lorsqu’au lieu de l’armée de paysans, César et Pompée ont créé une armée de soldats professionnels qui ne voulaient pas mourir», explique Anatoli Outkine, historien à l’Institut des Etats-Unis et du ­Canada de l’Académie russe des sciences. «Or, aujourd’hui, les Américains ne veulent pas ­mourir», poursuit cet ­expert : «Les Américains n’aiment pas travailler sur ordinateur. Ils ont peuplé leur Silicon Valley d’Indiens et d’Iraniens… San Francisco est la capitale des homosexuels…»
Ce déclin américain n’est d’ailleurs qu’un élément du crépuscule de tout l’Occident, prévient Anatoli Outkine. «Les cinq cents ans de domination de l’Occident sur le monde sont en train de s’achever et, in extremis, la Russie a réussi à prendre le train des nouveaux pays qui montent, aux côtés de la Chine, de l’Inde et du Brésil.»
Pour preuve, l’historien rappelle comment la Russie renforce son armée, développe ses nouveaux missiles Boulava, livre des armes à la Chine ou à l’Iran, et reprend pied au Proche-Orient. «L’Europe aurait pu être le centre du monde si seulement la Russie avait été acceptée dans l’Otan et l’Union européenne», affirme Anatoli Outkine. «En 2025, c’est Shanghai qui sera le centre du monde, et la Russie sera dans le camp de l’Orient. Aujourd’hui, nous n’attendons plus rien de l’Occident». Les têtes plus ­froides, qui ont encore le contrôle du pays, ­reconnaissent pourtant que la Russie n’est non seulement pas prête à prendre la place des Etats-Unis, mais qu’elle n’a même pas ­forcément intérêt à son effondrement.
«Le crash des néoconservateurs américains et de leur politique de folie est bon pour la Russie, mais pas le crash des Etats-Unis», nuance ­Sergueï Markov. «Nous sommes contents de chacun des échecs des Etats-Unis en Ukraine, où l’Etat russe est né. Mais nous ne sommes pas heureux des problèmes des Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, ou même au Japon, si les nationalistes japonais venaient à les chasser du ­Japon.»
Mouvement de plaques.  Le décrochage américain entraîne Moscou à repenser le monde, ajoute Fiodor Loukianov, de Russia in Global Affairs . «Jusqu’à récemment encore, la Russie était partisane du statu quo. Son intérêt était de préserver l’ordre du monde tel qu’il était, tandis que l’Occident se voulait plus réformateur. Aujourd’hui, c’est l’Occident qui veut garder son titre de vainqueur de la guerre froide, tandis que la Russie demande à changer l’ordre des choses.» Un grand mouvement de plaques géostratégiques s’annonce à nouveau, ­observe-t-on à Moscou, semblable peut-être à celui de 1989. Mais cette fois-ci, la Russie voudrait bien être acteur, et plus seulement victime. 
(Dem a in : le Moyen-Orient doute de l’Amérique)


http://www.liberation.fr/actualite/monde/272376.FR.php

une analyse de la situation géopolitique pertinante

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#2 16-08-2007 00:50:26

Schumi75
Membre Actif
Lieu: Paris 75
Date d'inscription: 26-02-2007
Messages: 4009

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Ils sont chaud les mecs ! EXCELLENT smile

«Le crash des néoconservateurs américains et de leur politique de folie est bon pour la Russie, mais pas le crash des Etats-Unis», nuance ­Sergueï Markov. «Nous sommes contents de chacun des échecs des Etats-Unis en Ukraine, où l’Etat russe est né. Mais nous ne sommes pas heureux des problèmes des Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, ou même au Japon, si les nationalistes japonais venaient à les chasser du ­Japon.»

hmm On retourne dans le politiquement correct...


Introduction au nouvel ordre mondial : Le jeu de l'argent

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#3 08-12-2011 16:56:38

Supedro
Invité

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Bon je relance aussi un post sur la Russie

Le pouvoir russe doit annuler les résultats des législatives

MOSCOU - L'ancien président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev a réclamé mercredi l'annulation des législatives remportées par le parti de Vladimir Poutine et a demandé la tenue d'un nouveau scrutin, face à la contestation grandissante en Russie, selon l'agence Interfax.

Je considère que les autorités ne peuvent prendre qu'une seule décision: annuler les résultats des élections et en organiser de nouvelles, a-t-il déclaré.

(©AFP / 07 décembre 2011 12h29)


http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE_ … 111212.asp

 

#4 08-12-2011 17:00:36

Supedro
Invité

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

La Russie menace de bloquer les routes de ravitaillement de l’OTAN

Press TV, Le 29 Nobembre 2011

Url de l’article original: http://www.presstv.ir/detail/212755.html

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

La Russie a menacé de bloquer les routes de ravitaillement de l’OTAN vers l’Afghanistan, si l’alliance militaire occidentale continue d’ignorer  les préoccupations de Moscou envers le bouclier défensif en Europe mené par les Etats-Unis, signale un rapport récent.

L’ambassadeur de la Russie auprès de l’OTAN Rogozin Dimitri a prévenu que Moscou réviserait sa coopération avec l’alliance occidentale sur l’Afghanistan si l’OTAN ne répond pas aux objections de la Russie sur le bouclier, a rapporté el Wall Street Journal ce Lundi.

Jeudi dernier, le président russe Dimitri Medvedev avait déjà prévenu que des actions directes seraient prises si les préoccupations de son pays n’étaient par prises en considération.

Medvedev a envisagé de possibles attaques par missiles sur la Pologne, la Roumanie, l’Espagne et la Turquie, comme moyens de mettre hors d’état les batteries anti-missiles si les Etats-Unis ne reconnaissent pas les préoccupations des officiels de la défense russe.

Il a aussi prévenu que le pays déploierait des armes nucléaires à ses frontierères avec l’Europe en réponse à la situation.

Les menaces de la Russie de suspendre les lignes de ravitaillement de l’OTAN vers l’Afghanistan coïncident avec une mesure punitive similaire prise par le Pakistan Samedi en représaille du raid aérien récent de l’alliance menée par les Etats-Unis sur les forcers militaires pakistanaises et qui a tué 24 militaires pakistanais.

L’OTAN a commencé a utilisé des routes de ravitaillement à travers la Russie pour suppléer ses forces depuis que Washington et Moscou ont rétabli de meilleures relations diplomatiques en 2009.

Le gouvernement russe s’est longuement opposé au plan controversif de l’OTAN de déployer un bouclier anti-missiles en Europe, argumentant que ce système en devenir dans sa “cour” n’a pas pour intention de sécuriser Washington et ses alliés, mais qu’il prend effectivement pour cible la Russie.

L’OTAN elle proclame que le bouclier anti-missile est planifié pour déjouer des attaques “d’états voyous” et qu’elle continuera son plan malgré les préoccupations de la Russie.


http://resistance71.wordpress.com/2011/ … /#comments

 

#5 08-12-2011 17:15:42

Supedro
Invité

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Le ton monte

Publié le 08 décembre 2011 à 09h37

Extraits

Poutine accuse Washington de semer le «chaos»

Le premier ministre russe Vladimir Poutine a accusé jeudi les États-Unis d'avoir fomenté la contestation contre les législatives, un scénario du «chaos» selon lui, et mis en garde l'opposition contre tout débordement, qui sera réprimé «par tous les moyens légitimes».

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, qui a sévèrement critiqué lundi le déroulement des législatives russes, «a donné le signal pour certains activistes à l'intérieur du pays», a déclaré M. Poutine.


http://www.cyberpresse.ca/international … cueil_POS2

 

#6 08-12-2011 21:11:49

Pole
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Messages: 4084

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington


Après CNN et Tripoli…

Dernière modification par Pole (08-12-2011 21:12:25)


Les propos tenus sur ce forum n'engagent que leurs auteurs n’impliquent en aucun cas leur approbation par l’ensemble du mouvement.
Les tours jumelles ne sont pas tombées en chute libre. Le WTC 7 oui, sur un peu plus de 30 m.

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#7 08-12-2011 21:58:09

Redford
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Pfff....


"Croire l’histoire officielle consiste à croire des meurtriers sur parole"  Simone Weil

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#8 03-06-2012 05:41:31

Supedro
Invité

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

La Russie et les USA achèvent leurs toutes premières manœuvres militaires conjointes 01/06/12

Les toutes premières manœuvres conjointes anti-terroristes menées par des troupes spéciales russes et américaines au Colorado se sont achevées avec succès, a annoncé jeudi le ministère russe de la Défense.

"A la base militaire de Fort Carson, les principaux exercices ont été menés pendant les manœuvres anti-terroristes Russies-Etats-Unis avec la participation des forces spéciales américaines et l'unité de reconnaissance russe des troupes aéroportées. La mission fixée a été accomplie avec succès", a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Alexander Koucherenko, aux journalistes.

D'après le scénario des manœuvres, les unités de parachutisme anti-terroristes devaient fouiller le terrain pour repérer et capturer le faux leader d'un groupe extrémiste radical.

Vingt parachutistes russes ont participé au jeu de guerre.

"Les exercices ont montré l'aptitude des troupes russes et américaines et la possibilité de planifier ensemble des opérations de combat afin de contrer le terrorisme international", a souligné M. Kucherenko.

Les unités aéroportées russes sont arrivées le 15 mai au Colorado. Il s'agissait de la première fois que les troupes d'opérations spéciales américaines et russes s'associaient pour des manœuvres militaires.

Source: xinhua


http://french.people.com.cn/International/7833678.html

cool

 

#9 05-06-2014 23:44:39

kikujitoh
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Messages: 4834

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

La transcription de l’interview de Vladimir Poutine en version intégrale : le scandale des coupes de TF1 : http://www.les-crises.fr/interview-pout … es-coupes/

[Note OB : TF1 traduit par "Il est préférable de ne pas débattre avec un femme", la presse à repris "préférable de ne pas discuter avec une femme". Le principe premier d'un traducteur est normalement de ne pas manipuler la pensée originale. Poutine emploie le terme “спорить” (sporit) qui a les sens différents de "discuter", "débattre", "contester", "contredire", "chicaner", "se disputer", "se chamailler". Il faut donc bien comprendre ce qu'il disait... Dans la version anglaise du Kremlin, il est retenu "argue", qui de même signifie "argumenter" et "se disputer". Il faut savoir qu'il y a un proverbe russe qui dit : "Il ne faut jamais contredire une femme, l’homme est la tête pensante, mais la femme est son cou, elle vous tournera là où elle le veut". Il fait allusion à ceci. Je rappelle qu'en France on a le dicton "ce que femme veut, Dieu le veut"
Donc Mme Clinton, ancienne chef de la Diplomatie américaine et candidate à la succession d'Obama, a la débilité crasse de comparer à Hitler le chef d'État du pays qui a battu Hitler, au prix de 25 millions de morts (ce qu'elle ne ferait pas du Premier Ministre israélien, j'imagine). Poutine aurait dû protester avec véhémence à ce stade (le terme "grosse conne" aurait été approprié à mon sens, mais il a dû hésiter...), mais il a choisi une pirouette d'humour russe.

Comme il semble assez logique (si, si, réfléchissez) de penser qu'il ne pense pas vraiment qu'il ne faut pas discuter avec les femmes (je rappelle que le Sénat Russe est présidé par une femme - Valentina Matvienko - prévoir un délai pour la France...), il est clair qu'il fait une boutade, et que "chamailler" est le bon terme... Que le traducteur se trompe sur le moment, cela se comprend, mais comme l'interview était enregistrée, cette erreur aurait du être corrigé, car il est évident que cette petite phrase ferait réagir... Ce qui n'a pas manqué, les médias s'étant jeté dessus comme la vérole sur le bas-clergé... Mission accomplie, on n'a presque pas parlé de ses propos - cf Libération ou ci-après... Notons que France Télévision emploie "se disputer", ce qui est bien plus correct...]

[Passage coupé]

Question – Monsieur le Président, est-ce qu’on peut s’opposer à vous en Russie sans risque ? 

Vladimir Poutine – Si vous écoutez certaines de nos stations de radio ou regardez certaines de nos émissions de télévision, je vous assure que vous avez peu de chance de trouver quelque chose de semblable à ce genre d’opposition en France.

Dernière modification par kikujitoh (06-06-2014 00:04:11)


"Les versions officielles des évenements historiques devraient systématiquement être remises en question." Howard Zinn

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#10 06-06-2014 01:11:38

Larez
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Lieu: Bourgogne
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Messages: 6668

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Très intéressant. Merci pour le lien.

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#11 19-12-2014 18:26:30

Armageddon
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Pravda RU

US elite has gone far beyond Hitler's impudence and cruelty

19.12.2014
http://english.pravda.ru/hotspots/crime … _hitler-0/

La "la drôle de guerre" qui oppose désormais ouvertement la Russie au USA + l'occident a au moins un mérite : le lavage de linge sale se fait désormais en public.

dans cet article titré : "L'élite US va bien au-delà d'Hitler dans son impudence et cruauté."

Il est question des révélations sur la torture, mais pas seulement, l'article passe en revu quelques attentats sous fausse bannière organisés par les US (contre l'Espagne, le Mexique et même le Canada...)

Les deux derniers paragraphes accusent directement le gouvernement US et en particulier le FBI d'avoir organisés les attentats du 11 septembre.

Il y avait déjà eu des sous-entendus dans la presse russe, mais je ne me souviens pas 
qu'elle ait laissé passer des articles accusant directement l’État US d'avoir organisé lui-même le 11/9.

C'est fait.

...The worst of them was the attack on the American people - the destruction of the Twin Towers on September 11. It is obvious that the FBI was directly involved in the attacks on the World Trade Center.
"Suffice it to say that even in the official American documentary about the events, which was shown on television, the then head of the CIA openly said that a month before the attacks, FBI agents had received copies of passports of those people, who would commit the terrorist acts. With those passports, they quietly boarded the aircraft a month later. It was all prepared by US intelligence agencies. Arabs became the technical executives of the attacks. Today's elite of the United States has gone far beyond Hitler's meanness, cruelty and impudence.

traduction :

Le pire d'entre eux a été l'attaque sur le peuple américain :la destruction des tours jumelles le 11 Septembre. Il est évident que le FBI a été directement impliqué dans les attentats contre le World Trade Center .

" Il suffit pour cela de dire que, même dans le documentaire officiel américain sur les événements, clui qui a été montré à la télévision, celui qui était à la tête de la CIA alors a dit ouvertement que, un mois avant les attaques, des agents du FBI avaient reçu des copies des passeports de ces personnes, (les pseudo terroristes) qui seraient ceux qui ont commis les actes terroristes. Avec ces passeports, un mois plus tard, ils sont montés tranquillement à bord de l'avion. Ça a été entièrement préparé par les services de renseignement américains. Les Arabes sont devenus les exécutants techniques des attaques. L'élite des États-Unis d'aujourd'hui a largement dépassé la bassesse d'Hitler en  cruauté et impudence

Dernière modification par Armageddon (24-11-2016 15:36:44)


"Oculos habent et non videbunt, aures habent et non audient"

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#12 31-08-2016 15:03:23

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Les perspectives ne sont pas rassurantes pour les relations USA-Russie à venir :
https://francais.rt.com/opinions/25677- … les-russie

De mal en pis : Hillary Clinton se prépare à des relations plus hostiles avec la Russie

30 août 2016

Hillary Clinton fait tout son possible pour que ses relations avec Vladimir Poutine se détériorent davantage, ce qui pourrait un jour lui coûter cher, assure la journaliste Danielle Ryan.

Danielle Ryan est une journaliste irlandaise freelance et analyste des médias. Elle a vécu aux Etats-Unis et en Allemagne, avant d'être basée aujourd'hui à Moscou. Elle a précédemment travaillé en tant que journaliste du bureau numérique pour le compte du Sunday Business Post à Dublin.

Soyons honnêtes : Hillary Clinton et Vladimir Poutine ne sont pas exactement les meilleurs amis du monde. Mais Hillary Clinton semble vouloir rendre la situation encore plus compliquée et marquer des points politiques.

La candidate démocrate à la présidence des Etats-Unis devrait prendre au sérieux les relations avec la Russie. Si elle remporte l'élection au mois de novembre, les relations entre Washington et Moscou resteront la priorité de la politique étrangère. Elles ont déjà atteint leur niveau le plus bas depuis 25 ans. Cela va donc sans dire, que quand il s'agit de la Russie, Hillary Clinton ne mâche pas ses mots.

Celle qui a passé quatre ans à la tête de la diplomatie américaine aurait dû faire mieux qu'insulter en public le président du pays avec lequel elle risque de devoir travailler étroitement. Pourtant, on dirait que cela lui a complètement échappé. Au lieu de cela, elle a préféré renforcer la paranoïa anti-Moscou à un point tel qu'il ne serait pas surprenant qu'elle publie, dans le cadre de sa campagne, une nouvelle version de Red Channels, un pamphlet des années 1950 qui nommait et critiquait les personnalités publiques soupçonnées de sympathiser le Kremlin.
Lire aussi

Grand parrain du nationalisme suprématiste et blanc ?

L'insulte la plus marquante qu'Hillary Poutine a adressé à Vladimir Poutine en 2014 avant de devenir candidate à la présidentielle, c'est de l'avoir comparé à Adolf Hitler. Vous pouvez imaginer que cela n'a pas été très bien accueilli dans un pays qui célèbre chaque année, le 9 mai, la victoire sur le nazisme. Hillary Clinton a continué depuis à produire un flot de commentaires sur «les Russes» et la façon de les traiter. Interviewée par Christian Amanpour, elle s'est moquée des mouvements et de la voix du président russe. Un comportement qu'on peut à peine qualifier de digne pour le chef de la diplomatie d'un pays.

Mais les choses ont pris récemment une tournure bizarre, quand Hillary Clinton a appelé Vladimir Poutine le «grand parrain» du mouvement global de nationalisme suprématiste blanc. Vous avez raté quelque chose ? Je résume. C'est pour la raison suivante : Donald Trump a dit quelques bonnes choses à propos de Vladimir Poutine. Donald Trump veut améliorer les relations avec Moscou. En Russie, il y a des nationalistes d'extrême droite. Du coup, Donald Trump fait partie de la cohorte globale des suprémacistes blancs dirigée par Poutine. C'est simple.

Le fait qu'Hillary Clinton s'attende à ce que ses partisans exécuteront cette gymnastique mentale pour soutenir cette idée est surprenant. Ironie du sort, en attisant la peur des Russes, Hillary Clinton se livre à une forme d'alarmisme qu'elle trouve détestable chez Donald Trump. Bien sûr, ce n'est peut-être pas aussi mauvais que de traiter les immigrés mexicains de violeurs, comme Donald Trump l'a fait, mais les racines de tout cela –l'utilisation de la peur et de préjugés en vue de manipuler les électeurs et de les distraire – sont les mêmes.

Pour être juste, Vladimir Poutine fait également de temps en temps des commentaires pas vraiment flatteurs sur Hillary Clinton. Par exemple, en réponse à sa comparaison avec Adolf Hitler, le président russe avait dit qu'Hillary Cinton n'était pas connue pour être «gracieuse dans ses déclarations» et qu'il valait mieux «ne pas discuter avec les femmes», un commentaire indéniablement sexiste pour les oreilles occidentales. Il a ajouté que quand les gens «poussent les limites trop loin», c'était un signe de faiblesse, pas de force. La différence principale est que ces commentaires-là, quoi que l'on en pense, ont toujours été fait en réponse ou en riposte, à des propos prononcés précédemment contre sa personne.

Vladimir Poutine n'a pas encore appris à insulter le peuple américain comme le font les dirigeants politiques américains. En effet, il a plusieurs fois fait des compliments aux Américains, admirant leur créativité, leur ouverture d'esprit qui a donné des «résultats aussi remarquable» pour le développement de leur pays.

Par ailleurs, nous avons Barack Obama qui dit des choses comme «la Russie ne fait pas n’importe quoi» et «personne ne se précipite à Moscou». Il y aussi John McCain, ancien candidat à la présidentielle, qui indique que la Russie est une «station de gaz se faisant passer pour un pays». Le manuel américain de diplomatie doit sûrement expliciter le terme «respect» de la manière suivante : Vous nous respecterez et vénérerez, mais n'attendez pas la même chose de nous.

Tous les chemins mènent à Moscou

Mais revenons à Hillary Clinton. Dans son esprit, il semble qu'actuellement, tout soit lié aux Russes. Fuites de courriels du Comité national démocrate qui mettent en lumière la corruption au sein du parti ? Les Russes. Son adversaire ? Agent russe. WikiLeaks ? Le front russe. Le mouvement global des suprémacistes blancs de la droite ? Dirigé par la Russie. Qu'est-ce qui va suivre ? Je suis déçue par la corruption au sein de la Fondation Clinton et du département d'Etat, c'est les Russes qui m'ont forcée ?

La campagne d'Hillary Clinton a maintenant pour base deux choses qui ne la concernent aucunement : 1. Convaincre les électeurs que son adversaire est pire qu'elle. 2. Accuser la Russie de toutes les révélations embarrassantes. Depuis plusieurs semaines cela a été au cœur de sa stratégie de campagne. Pourquoi ? Parce que sa campagne a traversé autant de scandales qu'il est raisonnable de passer moins de temps à régler ces problèmes réels et se focaliser plutôt sur les distractions.

Quand le 8 novembre viendra et qu'Hillary Clinton remportera, si l'on en croit les sondages, l'élection présidentielle, comment prendra-t-elle son téléphone pour appeler Moscou ? Ne pense-t-elle pas que sa longue campagne s'appuyant sur la russophobie aura endommagé des relations qui sont indispensables ? Au lieu de sortir un pansement, Hillary Clinton prendra-t-elle une hache ? C'est stupide, irréfléchi et dangereux. Imaginez si aux moments les plus critiques de la guerre froide, les présidents américaines avaient dénigré les dirigeants soviétiques et estimé que le recours à la diplomatie avec ces Russes déplorables ne valait pas vraiment la peine. Imaginez ce qui aurait pu se passer s'ils avaient décidé de se désengager et de se moquer d'eux en public. La guerre froide aurait pu se terminer sur une note résolument différente.

Il est peu probable que le peuple américain veuille une sorte de confrontation sérieuse avec la Russie qui possède des armes nucléaires, mais les points politiques qu'Hillary Clinton marque aujourd'hui à peu de frais, en jouant la carte russe pourraient en fin de compte lui coûter bien plus cher.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Dernière modification par Analis (31-08-2016 15:03:51)

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#13 24-11-2016 15:02:07

Analis
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Messages: 1313

Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Maintenant que Trump a été élu, la tension devrait se relâcher quelque peu, d'autant que de nouveaux présidents pro-russes ont été élus dans des endroits-clés ce mois (Bulgarie, Moldavie). Et maintenant, c'est en France qu'un nouveau domino anti-russe risque de tomber, avec la probable victoire aux primaires de François Fillon. La réaction des élites anti-russes, sans doute excédées par cette suite d'échecs, est sans surprise : on importe les recettes de propagande hystérique qui ont jusqu'à présent échoué (le cas de Marie Peltier est impayable) :

https://francais.rt.com/international/2 … ls-poutine

Après le Brexit et Trump, François Fillon aidé par les «trolls de Poutine»

22 nov. 2016, 20:04
Défini comme «pro-russe» par une partie de la classe politico-médiatique, le vainqueur de la primaire de la droite et du centre aurait bénéficié de l’appui du Kremlin. Ou plutôt de son armée de «trolls» dont l’existence n’a jamais été prouvée.

A chaque élection dans un pays occidental son lot de polémiques autour des «trolls russes» ? A peine élu candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle que déjà François Fillon est la cible de certains observateurs médiatiques et politiques. En cause ? Sa soi-disant «russophilie» que laisserait deviner son programme en matière de politique étrangère.

Pour rappel, l’ancien Premier ministre plaide pour un rééquilibrage des relations avec Moscou et n’envisage pas forcément une sortie de crise en Syrie qui passerait par un départ de Bachar el-Assad. Il n’en fallait pas plus pour que certains accusent François Fillon d’avoir bénéficié de l’appui sur les réseaux sociaux d’une armée de trolls à la solde du Kremlin. Les mêmes attaques ont frappé Donald Trump ou le camp des pro-Brexit.

Pour une partie des médias, l’existence des «trolls de Poutine» est acquise

Le journaliste de L’Obs Jean-Baptiste Naudet ne s’embarrasse pas de conditionnel au moment d’écrire sur cette polémique : «Et de deux ? Après avoir donné un coup de main au très russophile Donald Trump pour s'installer à la Maison Blanche, le Kremlin va-t-il réussir un coup double en aidant un autre pro-russe, François Fillon, à conquérir l'Elysée ?», peut-on lire en attaque de son papier.

Dans ce même article, on peut lire l’analyse de l’enseignante et historienne Marie Peltier, auteur de l'Ere du complotisme (Editions Les Petits Matins).

Et elle est affirmative : «Les réseaux d'extrême droite française, liés et financés par la Russie, ont lancé, quelques jours avant le premier tour de la primaire de droite, une violente campagne sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter, pour soutenir Fillon et casser Juppé, en l'attaquant particulièrement sur le thème de l'islam.»

S’il y en a un que l’on ne peut pas taxer de russophilie, c’est bien Nicolas Hénin. Le journaliste et auteur des Réseaux russes en France insiste, lui aussi dans L’Obs, sur l’«amitié» qu’entretiendrait François Fillon et le président russe. «Il a noué une authentique amitié avec Poutine. Il n'est pas russophile mais poutinophile», affirme-t-il.

Très bien. Cela suffit-il à François Fillon pour bénéficier de la terrible force de frappe numérique du Kremlin ? Pour répondre à cette question faudrait-il encore qu’elle existe.

Le précédent américain

Lors de la campagne pour la présidence des Etats-Unis, un des angles d’attaque préférés d’Hillary Clinton contre Donald Trump était sa soi-disant proximité avec le Kremlin et son locataire. De quoi faire dire aux représentants politico-médiatiques en faveur de l’ex-candidate démocrate que le milliardaire avait bénéficié du travail des «trolls» de Poutine et autres hackers russes tout au long de la campagne.

Si Trump n’a jamais caché son respect pour son (bientôt) homologue, aucune preuve de quelconques liens plus profonds n’a été mise à jour. Comme le rappelait le pourtant très pro-Clinton New-York Times le 31 octobre 2016, l’enquête menée par le FBI durant l’été précédant n’a montré aucun lien entre Donald Trump et les hautes sphères russes.

De même que Julian Assange a toujours formellement démenti travailler pour la Russie. Le lanceur d’alerte et fondateur du site Wikileaks a joué un rôle majeur dans la campagne américaine en rendant public plusieurs milliers de courriels interne à l’équipe d’Hillary Clinton. Celui qui pourrait bien se voir nommé «Personnalité de l’année» par le Time Magazine a toujours rejeté les accusations qui voulaient qu’il avantage délibérément Donald Trump pour le compte de Moscou.

Le 4 octobre, alors qu’il tenait une vidéo-conférence pour les 10 ans de Wikileaks, il avait déclaré ceci : «Toutes les déclarations sur les liens qui auraient existé entre WikiLeaks et la Russie sont absurdes.»

Quand des farceurs russes se paient la tête de journalistes américains

Parfois cette chasse aux sorcières, ou plutôt aux «trolls», célèbres ou pas, prend une tournure drolatique. L’humoriste Samantha Bee, qui n’a jamais caché son soutien à Hillary Clinton, voulait tellement trouver les fameux «trolls russes» qu’elle s’est rendue à Moscou afin d’en rencontrer pour le compte de son émission Full Frontal.

Le jeune homme et la jeune femme qu’elle a pu interviewer affirmaient avoir été engagés pour «faire changer d’avis des gens simples sur le vote et la Russie». Le troll présumé soulignait même avoir «environ une centaine de comptes sur Twitter et 15 ou 20 sur Facebook» pour prêcher la bonne parole de Vladimir Poutine et Donald Trump.

Problème : les deux protagonistes participaient en fait à un canular visant à «se payer la tête» des journalistes américains. Nos confrères de RT à l’international n’ont eu aucun mal à retrouver les farceurs. Selon ces derniers, ils ont touché 10 000 dollars pour participer au show de Samantha Bee.

Voir aussi : Juppé le grand démocrate qui veut interdire les suites qui ne lui plaisent pas (par exemple parce qu'ils révèlent son rôle de criminel en Syrie) se discrédite un peu plus en jouant sur la corde anti-russe :
https://francais.rt.com/france/29468-ju … ine-russie

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#14 24-11-2016 15:15:20

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Ce qui est sûr, c'est que du côté de l'ensemble des pays européens, on perd le contrôle de ses nerfs :
https://francais.rt.com/international/2 … s-critique

Résolution contre les médias «russes» : l'Union européenne ne supporte plus qu'on la critique

23 nov. 2016, 22:29
Le rapport du parlement européen lance de graves accusations contre des médias «russes», mais ce qu'il préconise pour lutter contre la «propagande du Kremlin» devrait bien plus inquiéter les citoyens. Voici les points essentiels de ce texte à charge.

La prose du parlement européen a de quoi décontenancer. Mais la question traitée est en définitive assez simple et pourrait même paraître à usage interne, fournissant des éléments de langage prêt à l'emploi : comment priver de liberté ceux que l'on accuse d'être les ennemis de la liberté, quand on se dit soi-même démocrate ?

Tel est le premier paragraphe du «rapport sur la communication stratégique de l’Union visant à contrer la propagande dirigée contre elle par des tiers», votée par le parlement européen ce 23 novembre 2016 et qui vise à contrer le «soft power» médiatique de la Russie :

«Considérant que l’Union européenne s’est engagée à ce que son action sur la scène internationale repose sur des principes tels que la démocratie, l’état de droit et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que la liberté des médias, l’accès à l’information, la liberté d’expression et le pluralisme des médias, ce dernier principe pouvant cependant être limité dans une certaine mesure, comme le précise le droit international, notamment la convention européenne des droits de l’homme; que les acteurs tiers visant à discréditer l’Union ne partagent pas les mêmes valeurs».

Ceci n'est pas une pipe

Le premier attendu de la résolution votée par le parlement européen annonce déjà la couleur et les contorsions rhétoriques que le lecteur devra décortiquer ensuite pour s'y retrouver. Et il lui faudra relire plusieurs fois certains paragraphes afin de discerner les cas où tel principe universel s'applique et dans quels cas son universalité se trouverait restreinte. Une universalité non-universelle, en quelque sorte, si l'on suit le texte.

Ainsi, dès les premières lignes, le citoyen européen assidu et à l'écoute de son parlement apprend que la liberté d'expression et le pluralisme des médias ne sont un luxe accordés qu'à ceux qui s'en montrent dignes et en font un usage raisonné, usage évalué, normé, soupesé et soumis au contrôle de ceux-là mêmes qui décident de qui est démocrate et de qui ne l'est pas.

En résumé : pas de démocratie pour les non-démocrates, pas de liberté pour les ennemis de la liberté : «les acteurs tiers» – traduire la Russie – qui ne «partagent pas les mêmes valeurs, ne sont donc pas autorisés à «discréditer l'Union». Embêtant lorsque l'on croit deviner qu'au nombre des valeurs requises figure apparemment la non-critique de l'Union européenne. De quoi avoir la migraine.

Syllogismes hasardeux

La prose de la résolution du parlement européen est un bijou de haute voltige rhétorique. Il y est question de droit international, de droits de l'homme. Pêle-mêle. Des grands principes – absolument respectables – qui ne sont utilisés qu'à sens unique, avec des accents qui parfois font penser à ceux d'un pervers narcissique, figure bien connue de la presse féminine, lequel est connu pour faire porter à sa victime la responsabilité de la violence qu'il lui fait subir. Et, bien qu'il soit difficile de ne pas passer pour l'agresseur en répliquant à l'agresseur, il est des formulations dans cette résolution qui sont des cas d'écoles d'inversion accusatoire.

Et ceux des eurodéputés qui ont voté le rapport incriminant sans ambages la Russie d'accuser cette dernière de vouloir entraîner un «découplage stratégique entre l’Union européenne et ses partenaires d’Amérique du Nord, de paralyser le processus décisionnel, de discréditer les institutions de l’Union et les partenariats transatlantiques – dont le rôle dans l’architecture de sécurité et économique européenne est reconnu – aux yeux et dans l’esprit des citoyens de l’Union et des pays voisins».

Pour le parlement européen, qui vit apparemment dans un autre monde, et s'autocongratule quitte à verser dans le déni de réalité, les traités commerciaux transnationaux ne souffre aucune controverse. Pas plus que le rôle de l'organisation militaire et poltique de l'Alliance atlantique, sous l'égide des Etats-Unis, qui a procédé à une militarisation sans précédent depuis le dernier conflit mondial, de l'Europe de l'Est, ne saurait être questionné. Leur rôle est donc «reconnu». Et les «citoyens de l'Union» seraient donc unanimes.

Inversions accusatoires

Mais le léviathan-pervers-narcissique se posant tout de même en victime : «Le Kremlin a intensifié sa confrontation avec l’Union; [...] le Kremlin a intensifié sa guerre de propagande, la Russie jouant un rôle plus actif dans l’environnement médiatique européen, afin de créer dans l’opinion publique européenne un soutien politique en faveur de l’action russe et de nuire à la cohérence de la politique étrangère de l’Union».

Alors qu'une partie significative des opinions publiques s'érigent contre les traités libre-échangistes tels que le TAFTA ou le CETA que l'opposition de la Wallonie a manqué de compromettre, que dès qu'un référendum est octroyé à la population, le résultat se révèle un camouflet pour l'Union européenne, à l'instar du Brexit, le parlement européen ne veut pas voir le phénomène lui-même mais ceux qui le relayerait. Le mécontentement des agriculteurs européens, frappés par les sanctions contre la Russie n'existent que parce que rapportés par des médias «de propagande» pour le parlement européen.

Ce dernier se déclarant, logiquement, «gravement préoccupé par le développement rapide de l’activité inspirée par le Kremlin en Europe, y compris la désinformation et la propagande visant à maintenir ou à accroître l’influence de la Russie et à affaiblir et à diviser l’Union européenne».

Se félicitant de ses «réussites»,  la résolution conseille à l’Union européenne de «mettre en avant un message positif axé sur ses succès, ses valeurs et ses principes, obtenus avec détermination et courage, et doit tenir un discours offensif et non défensif». Quitte même à recourir au système éducatif et universitaire.

Critiquer l'Union européenne, c'est être négationniste

Dénonçant une supposée «falsification de l'Histoire», mélangeant les négationnistes de tout poil, Daesh et les médias d'information – pardon de «désinformation», le parlement européen propose même de se mêler d'éducation, quitte à tout mélanger là aussi et à ressusciter la lutte contre le communisme (l'URSS a disparu en 1991) : «Il est nécessaire de sensibiliser aux crimes commis par les régimes communistes au moyen de campagnes publiques et dans les systèmes d'éducation [...] pour contrer le discours du Kremlin», estiment ainsi ceux des eurodéputés qui ont voté pour la résolution. L'Union européenne se chargerait donc de dicter l'Histoire officielle et contester celle-ci serait du négationnisme.

La résolution, soit dit en passant, qui n'a pas force de loi, puisque, comme on le sait, le parlement européen n'a pas l'initiative des lois européennes, il n'est qu'une chambre d'enregistrement. Ils leur est permis d'interpeller la Commission, là où se trouve le vrai pouvoir, comme naguère, les parlements pouvaient, avec le tact dû, en appeler à tel ou tel despote éclairé. Le vrai pouvoir revenant à la commission européenne, cet aréopage d'inconnus, lesquels sont nommés et non pas élus. Le divorce entre les citoyens européens et l'Union européenne ainsi que le «déficit démocratique» des institutions, des problèmes reconnus par l'Union européenne elle-même, mais qui sont des sujets interdits pour les autres, restent toujours sur la table.

https://francais.rt.com/international/2 … resolution

«Résolution contre les médias russes» : pour la rédactrice en chef de RT, l’UE trahit ses principes

24 nov. 2016, 08:58
L’UE prétend apprendre la démocratie à la Russie et évoque la liberté d’expression comme principe fondamental mais le trahit elle-même, estime la rédactrice en chef de RT Margarita Simonyan, commentant la résolution de l’UE contre les médias russes.

«Je suis sans mot», a déclaré Margarita Simonyan face à la résolution de l’UE contre la prétendue propagande russe. «Je ne sais pour qui cela est le plus terrible, pour nous ou pour l’establishment européen qui trahit ses propres principes de liberté d’expression dont nous entendons parler depuis des décennies… Bien sûr, cela relève du deux poids deux mesures. C’est d'une effarante hypocrisie. Vous apprenez à tout le monde à vivre d’une certaine façon, et que vous vivez vous-même d'une autre, ayant peur d’entendre un autre point de vue», a déclaré la rédactrice en chef de RT.

La liberté d’expression serait donc devenue «un luxe superflu» dans l’Union européenne, alors que des voix différentes telles que la chaîne de télévision RT et l’agence de presse Sputnik ont gagné en popularité, a déploré Margarita Simonyan, ajoutant : «Ils ne comprennent pas qu’en prenant de telles petites mesures, conséquence du refus d’écouter une autre opinion, les Etats se transforment en dictatures aveugles et commencent des guerres dont personne n’a besoin», a-t-elle ajouté.
https://www.youtube.com/watch?v=9ah0YrV1ZPw
La rédactrice en chef de RT a également dénoncé l’ONG Reporters sans frontières (RSF), en disant que l’organisation sélectionnait des journalistes à protéger. «Reporters Sans Frontières ne fait plus semblant de protéger les journalistes du monde entier et a enfin reconnu protéger des reporters de son propre petit monde», a indiqué Margarita Simonyan en évoquant le refus de RSF de communiquer avec les médias appartenant à l’agence d’information Rossiya Segodnya.

La résolution votée par le Parlement européen le 23 novembre est intitulée «Communication stratégique de l’Union visant à contrer la propagande dirigée contre elle par des tiers». Ce document affirme que les médias russes «déforment la vérité, suscitent des doutes, divisent l’UE et ses partenaires d’Amérique du Nord, paralysent le processus décisionnel, discréditent les institutions de l’Union et les partenariats transatlantiques, provoquent la crainte et l’incertitude parmi les citoyen de l’UE». Le rapport qualifie la chaîne de télévision RT, l’agence de presse Sputnik, l’agence fédérale Rossotrudnichestvo et la fondation Russkiy Mir de purs outils de propagande.

L’agence de presse Sputnik a déjà déposé une plainte devant un certain nombre d’organisations, telles que l’ONU, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (l’OSCE), plusieurs organisations internationales de journalistes et des ONG pour faire face à cette limitation de la liberté d’expression.

Le président russe Vladimir Poutine a commenté cette résolution en la qualifiant de «dégradation politique de l'idée de démocratie» en Occident. «Tout le monde fait la leçon» à la Russie, a-t-il noté, faisant remarquer que, en matière de démocratie, les législateurs européens avaient eux-mêmes recours à des politiques de restrictions.

Avec en perspective de réels risques de représailles.

Dernière modification par Analis (24-11-2016 15:16:08)

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#15 04-12-2016 19:56:12

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Au fur et à mesure que l'influence russe gagnera en importance, entraînant la panique chez nos élites, on nous resservira de plus en plus la menace russe à toutes les sauces :
https://francais.rt.com/international/2 … ers-russes

L’Occident en pleine hystérie face aux «hackers russes»

30 nov. 2016, 07:24

Popularisé par le camp démocrate et une partie des médias durant la campagne pour la présidence des Etats-Unis, la théorie selon laquelle de dangereux hackers pilotés par le Kremlin attaquent les pays occidentaux prend de l'ampleur.

Décidément, ils sont doués ces hackers russes. Ils seraient capables de faire tomber le réseau de télécommunication allemand, faire élire un président des Etats-Unis et, même, provoquer le crash d’internet. En tout cas, c’est ce que semble croire une partie des médias et des politiques occidentaux. Le 28 novembre, les routeurs principaux du géant allemand Deutsche Telekom ont été piratés. Près d’un millions de foyers ont vu leur connexion internet perturbée.

Il n’existe aucune preuve que la Russie soit derrière cette attaque mais cela n’a pas empêché la chancelière Angela Merkel de la citer dans un discours le 29 novembre. A moins d’un an des législatives, elle a parlé de «doctrine russe», incitant aux «conflits hybrides» qui font désormais parti «du quotidien». Selon le chef du gouvernement allemand, son pays «doit apprendre à y répondre».

Pourtant, au moment de lui demander si Moscou était impliqué, elle s’est contenté de répondre que l’enquête suivait son cours pour «déterminer d'où ces attaques provenaient, ce qui n'est pas facile».

Une évidence qui manque de preuves

Souvent montré du doigt, le Kremlin n’a pas vu de preuves concrètes le mêlant à de telles activités lui être opposées.

Certes, le journal berlinois Tagesspiegel a rapporté que des sources du secteur de la sécurité attribuaient l’attaque au logiciel Mirai. Si ce dernier est réputé avoir été créé par le groupe de hackers russes Sofacy, également connu sous les noms APT28 ou Pawn Storm, rien n’indique qu’il n’aurait pas pu être utilisé par un autre collectif.

Quoi qu’il en soit, les autorités allemandes sont inquiètes. Selon les experts cités par le Tagesspiegel, l'attaque contre Deutsche Telekom poursuit «un double objectif» : mettre à nu la faiblesse d'une grande entreprise et préparer une offensive «de plus grande ampleur». Par exemple lors du sommet du G20 organisé en juin 2017 à Hambourg (nord).

Au delà du cas Deutsche Telekom, il existe des «indications selon lesquelles des cyberattaques se produisent dans le seul but de créer de l'incertitude politique», a estimé le 29 novembre Bruno Kahl, le patron des renseignements extérieurs allemands, dans le quotidien Süddeutsche Zeitung.

«L'Europe est au centre de ces tentatives de déstabilisation, et l'Allemagne tout particulièrement» a-t-il poursuivi, précisant que des «éléments» pointaient en direction de la Russie. Quant à savoir lesquels…

Angela Merkel se voit déjà potentiellement victime des supposées attaques vécues par le clan d’Hillary Clinton durant la campagne américaine. La chancelière, qui briguera un quatrième mandat lors des élections législatives l’année prochaine, craint des «attaques en ligne» ou des tentatives de désinformation qui «pourraient jouer un rôle pendant la campagne».

Le ministère de la Défense allemand a d'ailleurs annoncé début octobre la création d'un cyber-département destiné à organiser la riposte, comprenant 130 fonctionnaires répartis entre Bonn et Berlin. De quoi rassurer la chancelière ?

Le précédent américain

Si on parle de plus en plus de cette menace des «hackers russes» en Occident, c’est en grande partie à cause des événement qui se sont déroulés durant la campagne pour la présidence des Etats-Unis. Avec, là encore, des accusations insistantes et des preuves tangibles qui se font cruellement désirées.

Du côté de l’équipe d’Hillary Clinton et de l’ex-candidate elle-même, on a cessé de rendre Moscou responsable des attaques informatiques dont les Démocrates ont été victimes durant la campagne. En août 2016, l’ancienne chef de la diplomatie américaine déclarait à Fox News : «Nous savons que les services de renseignement russes ont piraté le Comité national démocrate (DNC) et nous savons qu'ils ont fait en sorte que soient publiés de nombreux courriels.»

Le 7 octobre, c’est le département de la Sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement américain (ODNI) qui accusait la Russie : «Ces vols et ces piratages ont pour but d'interférer dans le processus électoral américain.»

Pourtant, ils n’ont jamais été en mesure de prouver que le Kremlin était impliqué. Julian Assange, fondateur du site Wikileaks, sur lequel une grande partie des courriels interne à l’équipe de campagne d’Hillary Clinton ont été publiés, a toujours démenti avoir le moindre lien avec le pouvoir russe.

«Toutes les déclarations sur les liens qui auraient existé entre WikiLeaks et la Russie sont absurdes», avait-il affirmé lors d’une visio-conférence tenue le 4 octobre pour les dix ans de son site.

Le FBI lui-même, qui a enquêté durant l’été 2016 sur les possibles liens existant entre Donald Trump et les hautes sphères russes, a non seulement reconnu qu’il n’avait rien trouvé mais que les attaques de hackers contre les serveurs du Parti démocrate avaient davantage pour but de nuire au processus électoral même qu’à Hillary Clinton.

Si, de leurs aveux, les autorités de Washington n’ont pas de quoi incriminer la Russie, elles soulignent cependant que «dans la plupart des cas», les attaques contre les systèmes électoraux américains ont pour origine des serveurs russes. A l’instar du logiciel Mirai, le fait que les attaques aient été lancées depuis ces serveurs ne constitue en rien une preuve. Un grand nombre d’étrangers utilisent ces derniers pour des raisons multiples et variées.

La Russie, souvent dépeinte comme un Etat quasi totalitaire en Occident, a été plusieurs fois critiquée par ces mêmes pays pour le laxisme dont elle ferait preuve quant à la surveillance d’internet. En 2006, l’International Intellectual Property Alliance (IIPA), s’en prenait à un gouvernement russe qui ferait preuve de laisser-aller concernant le piratage informatique.

La Russie et la Chine veulent-elles «casser» internet ?

D’autres vont encore plus loin. Le 13 septembre 2016, Bruce Schneier, ingénieur spécialiste de la cryptographie, lançait une bombe. Sur son blog, il publiait un article intitulé «Quelqu’un est en train d’apprendre comment faire tomber internet».

D’après son analyse, un ou plusieurs Etats testeraient les limites du web dans des buts de cyber-guerre. «Depuis un an ou deux, quelqu’un sonde les défenses des sociétés clés qui s’occupent de faire tourner internet», analyse-t-il.

Mais qui se cacherait donc derrière ces manipulations d’envergures ? Pas des hackers isolés pour le cryptographiste. Ils ne sont pas assez puissants. Des Etats alors. Mais lesquels ? La Russie et la Chine bien sûr ! En tout cas ce sont ses suspects principaux - même s'il avoue... ne pas avoir de preuves.

Dernière modification par Analis (05-12-2016 11:40:26)

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#16 27-11-2018 18:09:18

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Il n'y a pas que Washington à qui l'expansion de l'influence russe déplaît...
https://francais.rt.com/international/5 … -de-regard

Coopération russo-centrafricaine : quand la France s’arroge un droit de regard
20 nov. 2018, 21:55 
Au cours de la dernière décennie, la Russie s’est attelée à renforcer son partenariat avec l’Afrique. Son récent rapprochement avec la République centrafricaine n’est pas sans provoquer les réactions épidermiques de Paris. 

«Je ne suis pas venu ici vous dire quelle est la politique africaine de la France. Il n’y a plus de politique africaine de la France […] Il y a un continent que nous devons regarder en face» : le 28 novembre, Emmanuel Macron, alors en déplacement officiel au Burkina Faso, enterrait, du moins verbalement, la Françafrique. Mais dans les faits, Paris a bien du mal à se débarrasser de ses vieux réflexes.
En témoigne ses récentes attaques contre le regain d’activité en Afrique de la Russie, qui, à la faveur d’une santé retrouvée, renforce ses partenariats avec les pays africains. Soutien historique de nombreux pays africains dans leur lutte pour l’indépendance, Moscou s’était temporairement éclipsée de la scène africaine durant la décennie 1990 en raison de l'effondrement de l'Union soviétique et des difficultés économiques qui en ont résulté. Elle effectue désormais un re20 nov. 2018, 21:55
Au cours de la dernière décennie, la Russie s’est attelée à renforcer son partenariat avec l’Afrique. Son récent rapprochement avec la République centrafricaine n’est pas sans provoquertour logique dans un continent en pleine mutation. Mais les autorités françaises ne l'entendent pas de cette oreille.

Rapprochement Moscou-Bangui : une obsession russe bien française

Dans le sillage de son rapprochement avec le continent africain, la Russie a scellé un accord de coopération dans le domaine militaire en août 2018 avec la République centrafricaine. Ce pays de quatre millions et demi d’habitants a basculé dans la guerre civile en 2013 avec le renversement de l’ancien président François Bozizé par des groupes armés islamistes de la coalition Séléka. Un coup d'Etat qui a poussé les milices majoritairement chrétiennes et animistes, appelées anti-Balaka, à mener une contre-offensive. Depuis, ni les militaires français engagés entre décembre 2013 et octobre 2016 dans le cadre l’opération Sanghari, ni les casques bleus de la force onusienne de la Minusca présents depuis 2014, ne sont parvenus à mettre un terme aux violences.
Dépassées par les exactions des groupes armés, les autorités centrafricaines ont appelé leurs homologues russes à les soutenir militairement dans leur entreprise de sécurisation du territoire. A la faveur de la levée partielle par l’ONU de l’embargo sur les armes décidée en décembre 2017, la Russie a livré fin janvier à la République centrafricaine des armes d'infanterie et des munitions, et déployé 170 instructeurs civils et cinq instructeurs militaires chargés de former les militaires centrafricains et de soutenir leur déploiement à travers le territoire.
En parallèle, Moscou s’est activé sur le terrain diplomatique en parrainant le 28 août, à Khartoum, la capitale du Soudan, une rencontre pour faciliter le processus de réconciliation. Les principaux chefs des groupes armés y étaient présents et ont convenu d’adopter «une déclaration d’entente» qui repose sur trois points principaux : préserver l’intégrité territoriale centrafricaine, assurer la sécurité de la population civile et relancer le processus de paix.
Mais voilà, l’initiative déplaît à Paris qui lui préfère celle portée par l’Union africaine. Signe de cette défiance française vis-à-vis de l’activité diplomatique russe en République centrafricaine : les récentes prises de position sans ambages des responsables français. Le 14 novembre, la France a ainsi présenté à l’ONU un texte pointant du doigt les initiatives portées par Moscou pour négocier des accords de paix en Républicaine centrafricaine. «Il doit n'y avoir aucune ambiguïté sur la centralité de cette initiative de l'Union africaine, et c'est bien ce que réaffirme notre projet de résolution», a déclaré devant le Conseil François Delattre, ambassadeur de la France à l'ONU. Une mise à l'écart arbitraire, comme l’a rappelé l’ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU, Dmitri Polianski. «Nous aidons activement la Centrafrique en bénéficiant du soutien du peuple et nous aimerions que nos efforts soient dûment mentionnés dans le texte français […]. En Centrafrique, il y aura du travail pour tous afin d'aider réellement le pays à se remettre sur pied», a-t-il ajouté, estimant qu'il était temps de «mettre de côté les complexes historiques, l'égoïsme et les intérêts nationaux paroissiaux».
Une joute verbale qui intervient quelques jours après une énième charge française contre le rôle de la Russie en Centrafrique. Le 5 novembre, dans une interview parue dans l'hebdomadaire Jeune Afrique, Florence Parly, ministre française de la Défense, avait accusé Moscou d’entraver une sortie de crise. «Je ne suis pas certaine que cette présence [russe en République centrafricaine] et les actions déployées par Moscou, comme les accords négociés à Khartoum à la fin août, contribuent à stabiliser le pays.» Plus tôt, dans une interview diffusée le 3 novembre sur France 24, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait accusé la Russied’avoir les mêmes funestes desseins : «Le seul sujet qui doit préoccuper ceux qui veulent s’occuper de la Centrafrique, c'est [...] la sécurité de ce pays et son développement, et non pas utiliser potentiellement les difficultés de ce peuple et de ce pays pour s'implanter dans un continent où il y aurait des ambitions voilées.»
Une vision que ne partagent pas de nombreux observateurs et spécialistes, à l'instar d'Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE). «La situation centrafricaine est très complexe. Plus il y a d’acteurs qui proposent des médiations, plus il y a de diversité dans les approches pour favoriser la démobilisation, la démilitarisation et la réintégration [des groupes armés], pour permettre une  réduction des violences intercommunautaires, plus il y a des initiatives pour soutenir la légitimité du président centrafricain Faustin-Archange Touadera, mieux c’est pour stabiliser le pays. Le processus de l’Union africaine ne peut fonctionner sans la mise en place en amont d'initiatives permettant d'étayer un accord de paix le plus global possible. Comparaison n'est pas raison, mais le processus de réconciliation en Syrie n'aurait pu avancer s'il n'y avait pas eu de réunions à Sotchi, Astana et Istanbul, il y a quelques semaines. Pour la République centrafricaine, c'est à peu près pareil», analyse-t-il pour RT France.
Si Paris demeure focalisé sur la très récente présence russe en République centrafricaine, Moscou ne s'est pas pour autant uniquement contenté de renforcer sa présence dans ce pays. En effet, le retour en force de la Russie sur le continent africain a débuté il y a près d'une décennie, et Moscou entend bel et bien rattraper son retard sur ses concurrents chinois ou encore français.

La Russie à la recherche de partenariats tous azimuts

Bien que l'attention médiatique se soit focalisée ces derniers mois sur la présence russe en Centrafrique, Moscou est engagé, depuis plus d'une décennie, dans un renforcement de ses relations avec le continent africain. L’explosion des échanges commerciaux entre l'Afrique et la Russie en est un bel exemple. Selon le Centre de recherches sur les relations russo-africaines de Moscou, ils sont évalués à 17 milliards de dollars en 2017. Un montant 15 fois supérieur à celui enregistré en 2000.
Une dynamique rendue possible grâce aux multiples accords de partenariats scellés dans de nombreux domaines. Au-delà de l'armement, secteur dans lequel elle est un important fournisseur de ses alliés historiques, comme l'Algérie, la Russie est notamment présente dans le secteur de l'énergie et des mines. Les entreprises russes Alrosa (mines), Rosatom (nucléaire) ou encore Gazprom, sont désormais actives dans une dizaine de pays africains à l'instar de l'Angola, du Ghana, de l'Egypte, du Nigéria ou encore du Soudan. Le secteur agricole n'est pas en reste : la Russie, à travers les fabricants d'engrais Uralchem et Uralkali, entend bien renforcer sa présence en Zambie et au Zimbabwe.
De plus, la décision de Vladimir Poutine, le 28 septembre 2017, d'effacer une partie de la dette des pays «les plus pauvres» d’Afrique après des négociations menées à Moscou avec son homologue guinéen, Alpha Condé, traduit la volonté des autorités russes de développer un partenariat équilibré.
L’organisation, le 22 octobre à Moscou, du premier Forum sur la coopération russo-africaine, témoigne de cette volonté politique de la Russie de poser durablement les jalons d’un partenariat diversifié. «Aujourd'hui, pour la Russie, l'Afrique est un partenaire important qui participe à la formation d'un ordre mondial polycentrique et durable», a déclaré, dans son allocution d’ouverture, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie russe a en outre appelé à «une coordination étroite en politique étrangère avec les partenaires africains à l'ONU et sur d'autres plateformes multilatérales».
En attendant, cette vision du multilatéralisme prônée par la Russie est loin d’être partagée par la France qui, au cours des dernières semaines, n’a pas dissimulé son agacement de voir d’autres formes de partenariats exister au sein de son pré carré africain...

Bien sûr, les ambitions de Moscou en Afrique sont intéressées, mais l'opposition de la France, notamment lorsqu'elle s'oppose à la conclusion d'accords de paix, relève principalement de la volonté de défendre son pré-carré et sa domination clientéliste. Elle a raison d'avoir peur à ce sujet, car les pays anciennement colonisés, toujours sous la férule d'un néo-colonialisme agressif, cherchent à s'en dégager, et accueillent favorablement un pays perçu comme un protecteur potentiel face à de très possibles manœuvres de déstabilisation en guise de mesures punitives contre ceux qui seraient tentés de trop s'éloigner du pouvoir néo-colonial (comme cela s'était passé au Mali). "Il est temps de mettre de côté les complexes historiques, l'égoïsme et les intérêts nationaux paroissiaux", tout le monde n'y est manifestement pas prêt.

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#17 27-11-2018 18:29:50

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Pendant ce temps, de nouveaux bruits de botte se font entendre. Certes, comme le reconnaît le saker, ce n'est pas la première fois ces dernières années, mais à force de jouer avec le feu...
http://lesakerfrancophone.fr/un-diploma … uun-ecoute

Un diplomate russe de haut rang le confirme : « La Russie se prépare à la guerre » – Quelqu’un écoute ?

2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 2 novembre 2018 – Source The Saker

Andrei Belousov, directeur adjoint du département du contrôle de la non-prolifération et des armes au ministère russe des Affaires étrangères, a fait récemment une déclaration importante que je citerai en entier avant d’en donner la traduction.

Texte russe original : « Тут недавно на заседании Соединенные Штаты заявили, что Россия готовится к войне. Да, Россия готовится к войне, я это подтверждаю. Да, мы готовимся защищать нашу родину, нашу территориальную целостность, наши принципы, наших людей. Мы готовимся к такой войне. Но у нас есть серьезные отличия от Соединенных Штатов Америки. И в лингвистическом плане это отличие заключается всего в одном слове, что в русском языке, что в английском языке: Российская Федерация готовится к войне, а Соединенные Штаты Америки готовят войну ».

Traduction : « Récemment, lors d’une réunion, les États-Unis ont déclaré que la Russie se préparait à la guerre. Oui, la Russie se prépare pour la guerre, je peux le confirmer. Oui, nous nous préparons à défendre notre patrie, notre intégrité territoriale, nos principes, nos valeurs, notre peuple. Nous nous préparons pour une telle guerre. Mais il y a une différence majeure entre nous et les États-Unis. Sur le plan linguistique, cette différence réside dans un seul mot, tant en russe qu’en anglais : la Russie se prépare à la guerre alors que les États-Unis préparent une guerre » (c’est moi qui souligne).

Nous sommes tellement habitués à ce que les diplomates et les politiciens disent plus ou moins tout et n’importe quoi (comme dit la plaisanterie : « Quand savez-vous qu’un politicien ment ? Quand ses lèvres bougent ») que beaucoup d’entre nous ont cessé d’accorder la moindre attention à ce qui est dit. Si demain Trump ou un « congressiste » quelconque va à la télévision nationale et déclare : « Lisez sur mes lèvres, le haut est en bas, le sec est mouillé et oui signifie non », la plupart d’entre nous l’ignorera. La vérité est qu’être exposé à ce flot constant de déclarations vides, ampoulées et toujours malhonnêtes immunise la plupart d’entre nous aux avertissements verbaux, même lorsqu’ils viennent de personnalités politiques non occidentales.

Il est donc crucial de réaliser pleinement que les responsables et les diplomates russes mesurent soigneusement chaque mot qu’ils prononcent et que lorsqu’ils répètent encore et encore que la Russie est prête à la guerre, ils le pensent effectivement et vraiment !

Bien entendu, il y a eu ceux en Occident qui ont pleinement compris ce danger et ont lancé des mises en garde à ce sujet depuis des années, et ici je pense en particulier au professeur Stephen Cohen et à Paul Craig Roberts. J’ai mis en garde à ce sujet depuis des années, d’abord avec l’article « Obama just made things much, much worse in the Ukraine – now Russia is ready for war », (« Obama n’a fait qu’aggraver les choses en Ukraine – maintenant la Russie est prête à la guerre ») publié le 1er mars 2014, suivi par de nombreux articles avec le même avertissement (voir « The Russian response to a double declaration of war », (« La réponse russe à une double déclaration de guerre ») le 27 septembre 2015 ; « La Russie a-t-elle furtivement menacé les États-Unis ? » le 12 novembre 2015 ; « Déconstruire les clichés populaires sur la guerre moderne » le 19 mai 2016 ; « Comment la Russie se prépare à la Troisième Guerre mondiale » le 26 mai 2016 ; « Un avertissement russe » le 1er juin 2016 ; « Analyser l’armée russe comme instrument de pouvoir » le 25 août 2016 ; « Rapport sur l’avancement de la guerre entre les États-Unis et la Russie » le 1er décembre 2017 ; « Quel prix l’humanité devra-t-elle payer pour l’effondrement de l’Empire ? » le 13 avril 2018 ; « Chaque ‘clic’ nous rapproche d’un pas du ‘bang’ ! » le 20 avril 2018. Malgré tous nos efforts, nous avons été « des voix criant dans le désert », ce qui est peu surprenant puisque même l’avertissement brutal de Poutine dans son discours du 1er mars à l’Assemblée fédérale russe a rapidement été écarté comme étant une « posture » et rapidement oublié. C’est pourquoi, deux semaines après ce discours historique, j’ai comparé la Russie à un serpent à sonnette pacifique (oui, il y a des créatures pacifiques !) tentant désespérément d’avertir un idiot ivre de reculer, mais en vain : l’idiot ivre déclare avec véhémence « Tiens ma bière et regarde ça ! » et essaie de saisir le serpent. Je concluais en disant :

« Ils s’y sont tous mis maintenant. May, Trump, Macron et Merkel, bien sûr,
mais aussi leur presse sycophante prostituée et leur troupeau de disciples
zombifiés. Ils croient tous en leur invulnérable supériorité.

La vérité terrifiante est que ces gens n’ont aucune idée de la personne avec
qui ils traitent et ne comprennent pas les conséquences de pousser la
Russie trop loin. Oh, en théorie ils le font – oui, oui, Napoléon, Hitler, on
connait ! Mais dans leurs tripes, ils se sentent en sécurité, supérieurs et ne
peuvent tout simplement pas concevoir qu’ils peuvent mourir et que
l’ensemble de leurs sociétés disparaîtra, tout simplement. »


Malheureusement, les choses n’ont fait qu’empirer depuis. C’est la raison pour laquelle un Poutine clairement dégoûté et frustré a récemment déclaré :

« Tout agresseur doit savoir que le châtiment sera inévitable et qu’il sera
détruit. Et puisque nous serons les victimes de son agression, nous irons au
ciel en martyrs. Eux mourront simplement et n’auront même pas le temps de
se repentir. »


Inutile de dire que les siomédias occidentaux ont interprété cet avertissement comme un signe de « l’agression russe » et non comme une tentative désespérée de réveiller un Empire délirant et infiniment arrogant.

Soit dit en passant, quelque chose de très similaire s’est produit entre les États-Unis et la Chine, un nombre croissant de responsables chinois déclarant publiquement que les forces armées chinoises doivent se préparer à la guerre (ici le dernier avertissement de ce genre).

Malheureusement, les avertissements chinois sont tout aussi ignorés et rejetés que les avertissements russes. C’est vraiment effrayant.

Au moins pendant la crise des missiles à Cuba, la presse du monde entier rapportait l’affrontement minute par minute et tout le monde savait que le risque de guerre était très réel. En revanche, aujourd’hui, presque personne ne réfléchit à la possibilité d’une guerre. En fait, les dirigeants de l’Empire anglosioniste semblent résolus à multiplier leurs provocations contre la Russie, qu’il s’agisse d’organiser des exercices militaires majeurs à la frontière russe ou de décerner le prix le plus prestigieux de l’UE pour les droits humains à un terroriste condamné (les Polonais, toujours tellement serviables, ont même suggéré que Sentsov devrait recevoir le Nobel !). L’UE n’a pas non plus remarqué les actes de piraterie des Ukronazis dans la mer d’Azov mais a plutôt condamné la Russie pour renforcer strictement son droit légal de riposter aux actions ukronazies.
…...

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#18 28-09-2020 14:45:19

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Retour sur les événements qui ont affecté la Biélorussie et son voisin ces deux derniers mois. Il est clair qu'une révolution de couleur échouée a été tentée à Minsk afin d'affaiblir stratégiquement la Russie, préparée par un curieux faux coup d'État russe, mais vraie attaque sous faux drapeau ukrainienne/occidentale afin de faire accuser la Russie et de monter Loukachenko contre elle, avec pour résultat que ce dernier se retrouve sans s'en rendre compte affaibli et démuni devant la révolution planifiée pour les élections.

    Quoi qu'il en soit, cette campagne montre que les faucons occidentaux n'ont pas renoncé à tenter d'isoler et d'affaiblir la Russie :

https://lesakerfrancophone.fr/bieloruss … feuilleton

Biélorussie : un mauvais roman feuilleton

Le complot du « coup d’État russe » en Biélorussie a été ourdi par l’Ukraine

Par Moon of Alabama − Le 7 août 2020

À la mi-juin, nous avons signalé que les États-Unis préparaient une « révolution de couleur » en Biélorussie. Un des motifs de cette opération a été révélé aujourd’hui. Il visait à dénigrer la Russie aux yeux de la population biélorusse et de son président.

Au cours des dernières années, le président Aleksandr G. Lukashenko a tenté de se distancier de la Russie et de tirer certains avantages de l’Occident :

Mais se rapprocher de «l'ouest» a aussi un prix. Un
ambassadeur américain en ville signifie que les
complots pour un changement de régime ne sont
jamais loin. L'attention soudaine que la Biélorussie
reçoit désormais des organisations alignées sur les
États-Unis est un signe certain qu'une "révolution
de couleur" est en préparation.

Le 9 août, la Biélorussie organisera des élections
présidentielles. Loukachenko fera de son mieux
pour gagner à nouveau.

Les révolutions de couleur sont généralement lancées
lors d'élections controversées. Les résultats sont
publiquement mis en doute avant même le début des
élections. Lorsque les résultats arriveront enfin, les
médias occidentaux affirmeront qu'ils s'écartent de
l'attente qu'ils ont créée et qu'ils ont donc été truqués.
Les gens seront poussés dans les rues pour protester.
Pour aggraver le chaos, certains tireurs d'élite peuvent
être mis à contribution pour tirer indifféremment sur la
police et sur les manifestants, comme cela a été le cas
en Ukraine. La révolte prendra fin lorsqu'elle sera
maîtrisée ou lorsque le candidat préféré des États-Unis
sera mis en place.

L'année dernière, le National Endowment for Democracy,
ONG des États-Unis, a financé au moins 34 projets et
organisations en Biélorussie. Les États-Unis ne font pas
cela par charité, mais pour peser dans la balance.

Les États-Unis semblent avoir au moins deux candidats
dans la course. ...

Les deux candidats ont depuis été destitués par Loukachenko. Mais Svetlana G. Tikhanovskaya, l’épouse de l’un des candidats arrêtés, est désormais présentée dans le New York Times comme le grand nouvel espoir :

Dans le passé, M. Loukachenko, qui commande un
appareil de sécurité important et souvent brutal, n’a
jamais hésité à démontrer qu’il pouvait écraser toute
dissidence. Mais cette fois, il semble acculé, avec des
rassemblements de l'opposition à Minsk et dans les
petites villes attirant jusqu'à des dizaines de milliers de
personnes.

Jeudi, des milliers de personnes se sont rendues au jardin
public Kiev à Minsk pour soutenir Svetlana G.
Tikhanovskaya, une candidate dont la plate-forme se
résume à un point : se débarrasser de M. Lukashenko.
Les gens ont ovationné, applaudi et ont crié au président :
«Va-t'en !»

«Les gens ont tout simplement perdu patience», a déclaré
Nikita, 27 ans, qui a refusé de donner son nom de famille,
invoquant la peur des répercussions sur son travail dans
une entreprise d'État.

Dans le cadre du schéma des « révolutions de couleur », les États-Unis ont également introduit un élément anti-russe dans le jeu. Le 29 juillet, le gouvernement de Loukachenko a annoncé qu’il avait contrarié une curieuse opération « russe » :

Intensifiant une querelle qui couve avec la Russie, son
voisin et allié de longue date, la Biélorussie a affirmé
mercredi que plus de 200 mercenaires russes,
déguisés en touristes, s'étaient infiltrés en
Biélorussie dans le but de perturber son élection
présidentielle.


Les rapports faisant état d'une force mercenaire russe en
Biélorussie, qui n'ont pas pu être confirmés de manière
indépendante, font suite à des mois d'échanges de plus
en plus houleux entre Minsk et Moscou, des alliés
proches, mais rugueux, qui étaient autrefois liés par leur
méfiance partagée envers l'Occident, mais qui maintenant
se méfient intensément l'un de l'autre. ...

M. Loukachenko a une longue habitude de blâmer les
étrangers pour ses problèmes, mais n'a que récemment
tourné sa machine de propagande contre la Russie,
plutôt que contre les puissances occidentales comme les
États-Unis, auparavant sa cible préférée.

Belta, l’agence de presse officielle du Bélarus, a publié
les noms et les dates de naissance de 32 combattants
russes détenus qu’elle décrit comme des employés du
groupe Wagner, une société de recrutement de
mercenaires liée à Yevgeny Prigozhin, un associé de
longue date du président russe Vladimir V. Poutine. ...

Mercredi, le gouvernement a publié une séquence vidéo
d'un raid nocturne, qui a eu lieu cette semaine dans un
sanatorium près de Minsk, où 32 combattants russes ont
été arrêtés ; un autre a été arrêté dans une autre partie du
pays. La vidéo présentait des officiers lourdement armés
du service de sécurité bélarusses - toujours appelés,
comme à l'époque soviétique, le K.G.B. - prenant d'assaut
les chambres d'hôtel occupées par les mercenaires
présumés.

La vidéo  montrait un certain nombre de Russes costauds,
menottés, l'un d'eux allongé sur le sol en caleçon, des
passeports russes et une pile de billets de 100 dollars.

L’histoire m’est apparue bizarre sur le moment. On n’embauche pas des mercenaires étrangers pour provoquer des émeutes post-électorales, mais des voyous locaux [pour une question de langue, NdT]. Une telle opération ne correspond pas non plus au mode opératoire habituel du gouvernement russe. L’escouade qui a coincé les hommes venait des services secrets ukrainiens, le SBU.

Aujourd’hui, nous apprenons ce qui s’est réellement passé.

Les mercenaires attrapés ne travaillaient pas pour Wagner. Ils avaient été embauchés directement par quelqu’un qu’ils croyaient être un homme travaillant pour le conglomérat pétrolier russe Rosneft. Ils n’étaient pas en Biélorussie pour intervenir dans l’élection. Ils étaient
censés être les gardiens des champs pétrolifères de Rosneft en Syrie et au Venezuela. Ils attendaient un vol vers la Turquie, d’où ils seraient transportés vers leur destination finale. C’est du moins ce que croyaient les hommes.

Mais, en réalité, l’embauche a été faite par des hommes des services secrets ukrainiens et l’histoire qui leur avait été racontée était un mensonge.

Cette version de leur aventure a été révélée aujourd’hui par le tabloïd russe kp.ru – traduction automatique légèrement remaniée :

Le 29 juillet, 33 Russes ont été arrêtés et détenus à
Minsk. Tous ont été désignés comme appartenant à un
détachement d'une société militaire privée [SMP],
«Wagner», accusé de «se préparer à participer à des
émeutes de masse» et d'être affilié aux candidats de
l'opposition locale Sergueï Tikhanovsky et Nikolai
Statkevich, détenus plus tôt. La plupart des hommes de
ce groupe a combattu dans le Donbass aux côtés de la
milice, et Kiev a déjà demandé leur extradition. Pendant
ce temps, un audit complet des forces de l'ordre russes
montre que ceux qui ont décidé de gagner de l'argent
supplémentaire comme gardiens à l'étranger ... ont
simplement été employés au noir.

Selon notre source dans les services spéciaux russes, le
recrutement du groupe a commencé par un appel en
provenance de Syrie. Un certain Sergueï Petrovitch a
appelé les anciens combattants - c'est important - du
soi-disant SMP Wagner, avec une offre alléchante de
travailler à la protection des installations pétrolières en
Syrie.

Dans le même temps, les téléphones portables affichent
le code de la République arabe (+ 963-931-42-562),
cependant, comme cela s'est avéré plus tard, le numéro
était virtuel. Il n'est pas enregistré dans les réseaux
cellulaires, son emplacement est impossible à déterminer,
seuls les appels sortants sont disponibles à partir de
celui-ci.

L’histoire est assez longue, mais bien documentée. Des personnes qui avaient prétendu travailler pour le conglomérat pétrolier russe Rosneft, mais qui utilisaient un faux domaine internet Rosneft pour leurs e-mails, avaient embauché des vétérans ukrainiens / russes qui avaient combattu du côté pro-russe dans la guerre civile en Ukraine.

Les hommes ont été informés qu’ils garderaient les champs pétrolifères en Syrie et au Venezuela. Ils ont reçu de l’argent et des billets d’avions pour un vol de Minsk vers la Turquie. Ces billets ont été réservés par une agence de voyage ukrainienne à Kiev qui semble avoir été fondée uniquement à cette fin. Mais lorsque les mercenaires sont arrivés en Biélorussie, on leur a dit que le vol avait été annulé. Ils ont été logés dans un hôtel local et on leur a dit d’attendre quelques jours pour un autre vol.

Les services secrets ukrainiens ont alors informé Loukachenko qu’un groupe de mercenaires russes se trouvait dans son pays pour lancer un coup d’État lors des prochaines élections. Loukachenko a reconnu publiquement que les informations sur le groupe provenaient d’Ukraine. La Biélorussie a arrêté les hommes et l’Ukraine a demandé immédiatement leur extradition.

Le compte-rendu de kp.ru a été confirmé par le bureau de Turkish Airlines à Moscou. Plusieurs autres détails ont également été vérifiés par le journal et semblent être corrects. L’histoire se tient. L’article conclut – traduction automatique :

En conséquence, on peut affirmer que les services
spéciaux ukrainiens ont réussi à créer une fausse
opération, dans laquelle ils ont impliqué 180 citoyens
russes dont certains faisant partie d'un groupe d'anciens
combattants du Donbass. En même temps, il est tout à
fait possible d'admettre que toute cette histoire fascinante
et instructive a été racontée aux biélorusses, par les
ukrainiens, sous une forme très tronquée - sans les
détails sur les billets d'avion. Pendant toute cette
opération, le SBU ukrainien semble avoir eu l'intention de
faire d'une pierre deux coups - le coup contre
l'omniprésent, cauchemardesque et terrible SMP Wagner
était censé ricocher sur Rosneft - l'une des plus grandes
entreprises russes, mais le coup principal, sans aucun
doute, était dirigé sur les relations entre Russes et
Biélorusses.

Sans parler de la possible extradition de citoyens russes
vers l'Ukraine, dont Kiev serait extraordinairement
heureuse - une belle occasion de venger ses marins, que
Porochenko a envoyés «à l'abattoir» dans le détroit de
Kerch.

Selon nos informations, les éléments relatifs à toute cette
opération spéciale ont déjà été transférés au Comité
d’enquête qui, comme l’a dit notre interlocuteur, procédera
à une évaluation procédurale de cette «déclaration».

Nous espérons seulement que Minsk les examinera
également de près.

L’enquête  de kp.ru a fait de grandes vagues dans les médias de langue russe. Elle aura certainement un écho en Biélorussie et en Ukraine.

Loukachenko devrait se méfier de tout ce qui vient d’Ukraine. S’il y a une tentative d’utiliser l’élection du 9 août pour créer le chaos ou un coup d’État, le danger ne viendra certainement pas de Moscou mais de Kiev. Depuis le coup d’État du Maïdan en 2014, la CIA est intégrée aux services secrets ukrainiens. Elle sait comment se réalisent de tels coups d’État.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

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#19 02-10-2020 11:03:23

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Maintenant, on voit que la révolution de couleur en Biélorussie a échoué, même si Loukachenko était tombé assez bêtement dans le piège tendu par le SBU, ce qui aurait pu lui coûter cher. Mais il a du se rendre à l'évidence lorsqu'il a été obligé de réaliser que ce n'étaient pas les russes qui essayaient de le renverser. Maintenant, il a certainement bourré les urnes, son score de 80 % est trop grand, mais il est probable qu'il demeure majoritaire, les manifestations contre lui qui ont suivi les élections ont été comme à l'habitude gonflées grossièrement par les médias occidentaux. Il reste que sa popularité est en baisse (les protestations apparaissent tout de même plus grosses que par le passé), et si les russes ont accepté de l'aider (par manque de choix), ils préféreraient sans aucun doute le voir partir. En arrachant à Loukachenko un accord sur une révision constitutionnelle, Poutine a manifestement commencé à préparer le terrain pour son remplacement. Mais il doit y aller prudemment. Car s'il a ravivé l'accord entre les deux pays dit "État de l'Union" (son rêve étant probablement de finir par une unification), les occidentaux feront cependant tout pour la saboter, et il semble que le complot des mercenaires ait révélé que les pro-occidentaux avaient une influence jusqu'au sein des services secrets biélorusses (qui s'appellent toujours le KGB !).

https://lesakerfrancophone.fr/bielorussie-fin-de-partie

Biélorussie – Fin de partie …
Cette « révolution de couleur » est déjà morte. « L’État de l’Union » l’a tuée.

Par Moon of Alabama − Le 15 août 2020

La tentative de révolution de couleur en Biélorussie, que nous avions prédite en juin, a évolué au cours de la semaine dernière. Mais les événements d’aujourd’hui nous disent que ce sera bientôt fini.

Alors que le président Alexander Lukashenko affirmait avoir remporté 80% des voix lors des élections de dimanche dernier, la candidate «occidentale» Svetlana Tikhanovskaya a affirmé qu’elle avait gagné. Bien que les 80% soient certainement trop élevés, il est fort probable que Loukachenko ait été le véritable gagnant. Des manifestations et des émeutes ont suivi. Mardi, Tikhanovskaya a reçu, sans ambiguïté, l’ordre de quitter le pays. Elle s’est retrouvée en Lituanie.

Au cours de la semaine, plusieurs émeutes nocturnes ont été stoppées par la police. Plusieurs manifestants ont été «malmenés». Les vidéos de ces incidents ont été utilisées par les «journalistes occidentaux» habituels comme exemple de brutalité policière exceptionnelles. C’est comme si aucun de ces journaleux au service de l’empire n’avait jamais observé la réaction de la police «occidentale» lorsque des cocktail molotov et des feux d’artifice étaient lancés contre eux. [cf les Gilets jaunes, NdT]

Dans une interview avec Strana.ua, deux employés du ministère des Affaires intérieures du Biélorussie ont expliqué leur point de vue sur la situation – traduction automatique révisée :

"Le commandement a informé à plusieurs reprises
le personnel que des provocateurs étrangers
préparaient des émeutes. Il s'agit de l'Amérique,
de la Pologne, des pays baltes et de l'Ukraine. La
Russie n'a pas non plus besoin d'un président fort
en Biélorussie; ils veulent mettre leur propre
homme au lieu de Loukachenko. Il se trouve  que
la Biélorussie, pour tous ses voisins, est devenue
comme une arête dans la gorge. Ils n'aiment pas
Loukachenko parce qu'il ne permet pas aux
oligarques occidentaux ou russes d'entrer dans le
pays. Oui, et les citoyens ne sont pas autorisés à
relever la tête. Pour cela, tout le monde ne l'aime
pas et cela brouille le paysage" ...

"Avez-vous vu qui est venu pour nous affronter
pendant la phase chaude des émeutes de lundi ?
Ce sont des enfants riches de la ville, les enfants
de parents riches qui en ont assez de la vie aisée.
Ce sont les garçons, des jeunes qui ont perdu
leurs repères, qui ne comprennent pas du tout ce
qu'ils veulent. La plupart de mes collègues sont
des gars de la campagne. Et ils se souviennent de
la façon dont leurs parents ont souffert dans les
années 90, jusqu'à ce que Luka vienne et arrête le
désordre. Maintenant nous ne vivons pas
richement, mais nous ne sommes pas pauvres.
Beaucoup n’apprécient pas cela."

Quoi qu’il en soit, on a dit à la police de se calmer. Elle n’a pas aimé ça
[......]

Il ne semble pas y avoir beaucoup d’enfants riches dans la ville de Minsk. Tout au long de la semaine, les groupes de protestation en Biélorussie étaient plutôt restreints. Les médias «occidentaux» ont exagéré les nombres, et ont parlé de manifestations dans tout le pays lorsque vingt femmes se regroupaient sur un trottoir à Minsk. Les photos peuvent raconter la véritable histoire dans de telles situations. Certains observateurs ont été très enthousiastes lorsque quelque 200 membres du personnel de MTZ Minsk Tractor Works ont organisé un bref cortège. Mais MTZ Minsk Tractor Works compte 17 000 employés.

La photo ci-dessous a été prise et publiée aujourd’hui vers midi, heure locale. Ce devait être la manifestation centrale à Minsk. Un samedi matin, par beau temps, seulement 2 000 personnes sont sorties. Minsk compte environ 2 millions d’habitants. Les «enfants riches de la ville» sont venus. Et peu en plus d’eux.
https://www.moonofalabama.org/images10/belarus1.jpg
[......]

Ni l’UE, ni les États-Unis n’ont reconnu la victoire électorale de Loukachenko. Les deux veulent clairement qu’il parte. On parle de sanctions.

Même les médias russes se sont prononcés contre lui :

Steve Rosenberg @BBCSteveR - 6:47 UTC · 15 août 2020

À en juger par les médias russes ce matin, cela ne
semble pas bon pour Alexander Lukashenko :
• «La question n'est plus de savoir s'il partira, mais
quand»
• «Le cauchemar de Loukachenko devient réalité»
• "Difficile de voir comment il peut retourner les
événements en sa faveur"

Cela ne va pas bien pour Loukachenko. Il pourrait arrêter les manifestations mais il sait qu’alors le jeu s’intensifierait, et qu’il se terminerait mal. Il a clairement besoin d’aide. Alors que le président russe Poutine et le président chinois Xi  l’avaient tous deux félicité [pour son éléction], aucun n’a vraiment intérêt à le maintenir en fonction.

Que pourrait-il offrir ?

L’opération ukrainienne visant à simuler une menace de «coup d’État russe» en Biélorussie en faisant entrer 32 anciens combattants du groupe de mercenaires Wagner dans le pays a échoué. Mais les hommes étaient toujours emprisonnés en Biélorussie.

Hier, ils sont rentrés chez eux à bord d’un vol spécial de l’armée de l’air biélorusse. Cela a allégé l’atmosphère des discussions avec la Russie.

Tôt ce matin, Loukachenko est passé à l’étape suivante. Il a averti publiquement qu’un danger pour la Biélorussie serait également un danger pour la Russie :
[......]

En 1999, la Russie et la Biélorussie ont signé un traité pour former un État de l’Union à partir de la Russie et de la Biélorussie. Il concernerait la libre circulation, une défense commune et une intégration économique ainsi qu’un parlement uni. Mais depuis lors, Loukachenko a traîné les pieds sur la question. À la fin de l’année dernière, Poutine l’a de nouveau pressé d’exécuter enfin l’accord. Lorsque Loukachenko a rejeté la demande, Poutine a enlevé la bouée de sauvetage économique du pays par la Russie. La Biélorussie ne recevait plus de pétrole russe subventionné qu’elle pouvait raffiner et vendre aux prix du marché à «l’ouest». Loukachenko a alors essayé d’amadouer «l’ouest». Il a acheté du pétrole de schiste de fracturation aux américains. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est venu à Minsk. En mars, les États-Unis ont rouvert leur ambassade en Biélorussie.

Mais maintenant, l ‘«ouest», que Loukachenko avait voulu dorloter, essaie de se débarrasser de lui. Chaque ambassade américaine est également une base de départ pour fomenter un changement de régime. Loukachenko aurait été mieux sans elle.

Comme il était la cible d’une opération de changement de régime dirigée par les États-Unis et avec la pression économique en vue, Loukachenko avait manifestement besoin d’aide. Aujourd’hui, il s’en est finalement rendu compte et a capitulé devant Moscou sur la question de l’État de l’Union.
[......]

Dans un an, lorsque l’État de l’Union sera enfin installé, Loukachenko pourra démissionner pour des problèmes de santé et prendre sa retraite. De nouvelles élections compétitives pourront alors être organisées.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/poutine-e … ielorussie

Poutine et la Russie font face à une crise très grave en Biélorussie

Par The Saker − Le 10 août 2020 − Source Unz Review via thesaker.is

Certains de mes lecteurs de longue date ont peut-être remarqué que j’écrivais rarement – voire jamais ! – sur la Biélorussie ou le président Loukachenko. Comme toujours avec ce blog, il y a toujours une raison pour laquelle je mentionne quelque chose, et également une raison pour laquelle je ne mentionne pas quelque chose.

Dans le cas de la Biélorussie ou de Loukachenko, la raison pour laquelle je n’ai pas écrit à leur sujet était exactement la même que le fait de ne jamais avoir écrit sur l’Ukraine avant 2013 : j’étais à la fois sans inspiration, et surtout dégoûté par ce que j’ai vu s’y dérouler. Et je ne me sentais pas assez concerné pour écrire à ce sujet. Cela a changé pour l’Ukraine avec l’Euromaidan.

À présent, les événements en Biélorussie m’obligent à aborder ce sujet très déplaisant : la Biélorussie est confrontée à une crise complexe et dangereuse qui pourrait bien entraîner une crise majeure à l’intérieur du pays et même une perte de souveraineté. Mais d’abord, avant d’examiner ce qui vient de se passer, permettez-moi de commencer par une brève introduction sur la Biélorussie.

Voici ce que je pense, et que tout le monde devrait savoir sur ce pays :

    La Biélorussie est une création complètement artificielle, encore plus artificielle que l’Ukraine. Au moins en Ukraine, il y avait des «occidentaux» – les Galiciens – qui n’étaient vraiment pas du tout des Russes – vous pouvez les considérer comme les «vrais Ukrainiens» si vous voulez – et dont la haine pour tout ce qui est russe était tout aussi enragée que celle des Interahamwe du Rwanda. En Biélorussie, il n’y a pas d’équivalent significatif aux Banderites.
    Loukachenko n’était pas plus pro-russe que Ianoukovitch. C’est crucial. Il a toujours été pro-Loukachenko, pas pro-Russie. L’Occident et lui aiment dire que la Biélorussie est le seul véritable allié de la Russie. C’est faux. Techniquement, la Russie et la Biélorussie sont des États d’une union supranationale. Cependant, il est vrai que Loukachenko a essayé d’utiliser l’identité historique entre les peuples russe et biélorusse pour exiger que la Russie l’aide encore et encore. Et jusqu’à récemment, la Russie l’a fait.
    En tant que pays, la Biélorussie est un État policier quasi parfait avec un KGB extrêmement compétent et redouté – oui, en Biélorussie, ils ont gardé le nom –  qui contrôle tout et tout le monde. Ceci est également crucial pour les raisons que je vais expliquer ci-dessous.
    Quant au Kremlin, il a toujours voulu favoriser une réunification avec la Biélorussie mais ce processus n’a jamais été totalement achevé en raison de problèmes réguliers, voire de crises, entre Moscou et Minsk. La Russie a versé d’immenses sommes d’argent pour empêcher la société biélorusse de s’effondrer.
    Enfin, la Biélorussie est vraiment un pays pauvre aux ressources très limitées. Pour la Russie, cependant, la Biélorussie est un allié militaire crucial, qui joue un rôle central dans ses plans de défense. Si les États-Unis et l’OTAN réussissent à prendre le contrôle du pays, ce sera une menace stratégique majeure pour la sécurité russe.

Ce ne sont là que quelques indications pour comparer et opposer la Biélorussie à l’Ukraine.

Maintenant, permettez-moi de résumer ce qui vient de se passer.

Les autorités biélorusses ont déclaré que des «centaines» d’hommes – soi-disant russes – ont été envoyés en Biélorussie avec des intentions néfastes. Loukachenko a depuis confirmé officiellement qu’il avait obtenu cette information du SBU ukrainien. Les hommes eux-mêmes ont été décrits comme des terroristes, des insurgés, des membres du groupe «Wagner» – une armée de mercenaires russes – des subversifs, etc. et leur objectif a été présenté comme étant le meurtre de Loukachenko, le déclenchement d’un nouveau «Maidan» en Biélorussie, la création du chaos, etc.

Franchement, les autorités biélorusses n’ont jamais vraiment bien compris cette histoire et, franchement encore, cela ne fait vraiment aucune différence.

Voici deux choses que je considère comme incontestables :

    La Russie n’envisagerait jamais de recourir à la force ou à des opérations secrètes illégales contre Loukachenko et / ou la Biélorussie
    Le KGB biélorusse sait tout sur ce qui est important en Biélorussie

Je dirais même que l’argument n° 2 soutient tout à fait l’argument n° 1.

Quoi qu’il en soit, il est apparu qu’un groupe de gardes de sécurité russes avait été recruté par une entreprise biélorusse pour assurer la sécurité dans divers pays – le Soudan et le Venezuela sont souvent nommés. Ils se sont rendus en Biélorussie et ont prévu de quitter Minsk pour leur destination finale. Ils ont été retardés, apparemment délibérément, puis ils ont manqué leur vol et on leur a dit d’aller se reposer dans un hôtel qui se trouvait non loin de la résidence de Loukachenko. Au milieu de la nuit, une équipe de raid du KGB est entrée avec des grenades flash-bang et des fusils et a brutalement arrêté tout le monde malgré le fait qu’aucun des Russes endormis n’offrait une quelconque résistance. Aucune arme d’aucune sorte n’a été trouvée, aucune preuve de plans secrets non plus, mais les autorités ont déclaré que puisque ces hommes ne buvaient pas ou ne harcelaient pas les serveuses et qu’ils savaient se tenir, c’était une preuve évidente qu’ils étaient en mission secrète – Je ne rigole pas !

Tout ce qui précède est un non-sens total et absolu, et nous ne devons pas nous laisser distraire par la minutie de ce prétexte clairement fabriqué.

Voici ce qui s’est réellement passé.

Il apparaît maintenant que les services secrets ukrainiens SBU – qui ne font rien sans l’approbation de l’Oncle Sam – ont monté une opération secrète complexe pour tenter de faire entrer la Biélorussie et la Russie dans une confrontation. Toute l’opération, y compris le recrutement, l’achat de billets d’avion, etc., était en fait dirigée depuis l’Ukraine. C’était aussi la plus grosse erreur des Ukies : ils n’ont pas assez bien caché leurs actions et il a fallu moins de 24 heures aux services spéciaux russes pour comprendre le plan complet et le divulguer aux médias – en russe. Les petits détails sont encore en cours de vérification, mais l’essentiel est ceci : les Ukrainiens se font passer pour une entreprise de sécurité à la recherche d’hommes ayant une expérience avérée du combat, en particulier ceux qui ont combattu dans le Donbass contre les forces ukronazies. Une fois recrutés pour des fonctions de garde assez typiques, ces hommes ont été  transportés par avion à Minsk, où ils ont manqué le vol vers leur destination finale, et attendaient la prochaine occasion de quitter la Biélorussie. À ce stade, le SBU semble avoir contacté le KGB biélorusse et l’a «averti» de la présence de «mercenaires» russes envoyés par la Russie pour tuer Loukachenko ou, du moins, le renverser.

Il est également évident maintenant que le SBU voulait surtout des Russes qui avaient une expérience du combat dans le Donbass pour demander ensuite à la Biélorussie de les remettre à Kiev. Une telle demande a été faite presque immédiatement pour la plupart des hommes de ce groupe.

Jusqu’ici tout va «bien» – enfin pas vraiment, mais vous voyez ce que je veux dire – mais c’est là que les Biélorusses et Loukachenko lui-même ont commencé à agir de manière vraiment étrange.

La première étape logique pour les autorités biélorusses aurait dû être que Loukachenko appelle Poutine et lui demande une explication. Alternativement, le chef du KGB biélorusse aurait pu appeler le chef du FSB russe et lui demander des éclaircissements. Mais, au lieu de faire cela, le KGB biélorusse a organisé cette ridicule «saisie» des «mercenaires» russes alors que ces derniers dormaient dans leur hôtel et n’avaient aucune idée de ce qui se passait.

Ensuite, au lieu de travailler avec les Russes, Loukachenko a donné une longue interview à l’un des journalistes ukrainiens les plus talentueux et les plus moralement répugnants, Dmitrii Gordon – qui proclame fièrement qu’il est un agent du SBU.

Mais cela n’a fait qu’empirer.

Loukachenko a sauté sur l’occasion de, encore une fois, s’engager dans ses longues diatribes typiques contre la Russie. Il est même allé jusqu’à suggérer que la Biélorussie pourrait extrader certains de ces russes vers l’Ukraine – qui, comme nous le savons maintenant, avait fourni au KGB biélorusse une liste des hommes recherchés. À partir de ces actions, il est immédiatement devenu clair pour les Russes que Loukachenko jouait une sorte de sale jeu dans les derniers jours avant l’élection présidentielle qui a eu lieu dimanche.

Alors, qu’est-ce qui pourrait expliquer le comportement tout à fait bizarre des Biélorusses ?

Première raison : en termes simples, la popularité de Loukachenko diminue aussi vite que le revenu disponible des Biélorusses.

Deuxième raison : les États-Unis sont clairement engagés dans une PSYOP stratégique majeure pour prendre le contrôle de la Biélorussie.

Troisième raison : l’État biélorusse actuel n’est tout simplement pas viable et ne l’a jamais été.

Prenons-les raisons une par une.

Bien que personne ne doute du résultat d’une élection, quelle qu’elle soit, en Biélorussie, il est également assez incontestable que la plupart des Biélorusses soutiennent Loukachenko. Le point n’est pas de savoir si celui-ci gagnerait, mais seulement avec quelle marge ? Les élections d’hier ont donné le résultat le plus bas possible, mais acceptable, pour Loukachenko : 80%. Ce chiffre n’a vraiment aucun sens, tout ce qu’il montre, c’est à quel point ce régime est bon pour remporter des élections. Cette fois, cependant, il semble y avoir plus de manifestations que par le passé et, contrairement à ce qui s’est passé auparavant, les manifestations ne se limitent pas à Minsk et se sont maintenant propagées à d’autres villes. Ainsi, alors que Loukachenko n’a jamais risqué de perdre officiellement les élections, une manifestation de type Maidan reste une préoccupation claire pour lui.
Pompeo en Biélorussie, seulement une coïncidence, bien sûr

Mais il y a beaucoup plus dans cette histoire.

Suite à une rencontre entre Loukachenko et Pompeo, les États-Unis vont désormais ouvrir une très grande ambassade à Minsk. Pendant des années, l’Occident a qualifié Loukachenko de toutes sortes de noms, et maintenant il est soudainement «tout sourire».

Est-ce vraiment une coïncidence ?

J’en doute beaucoup.

Mais cela devient bien pire : les États-Unis envoient l’un de leurs responsables les plus capables et les plus dangereux pour subvertir la Biélorussie : je fais référence à Jeffrey Giauque, un responsable du renseignement du département d’État avec une longue série de missions de déstabilisation à son actif.

Écoutez-le se présenter au peuple biélorusse :
https://www.youtube.com/watch?v=NyqfWDD … e=emb_logo

En fait, il est maintenant assez évident que toute cette provocation avec les «terroristes» russes a été soigneusement conçue et mise en œuvre par un effort conjoint américano-ukrainien. Si le SBU Ukie n’avait pas été aussi nul dans son opération – il a fallu moins de 24 heures au FSB pour obtenir une image complète et précise de ce qui s’était passé – ce plan aurait pu réussir. En fait, cela pourrait encore.

Mais rejeter la faute sur les États-Unis, le SBU et Loukachenko ne raconte vraiment pas toute l’histoire.

La vérité est que la Biélorussie est un État complètement artificiel, beaucoup plus artificiel même que l’Ukraine, et c’est un État qui ne peut tout simplement pas survivre par lui-même. Il ne peut pas non plus espérer survivre éternellement grâce à l’aide russe. Et s’il est important et intéressant d’examiner les racines du nationalisme ukrainien, un tel exercice est inutile dans le cas de la Biélorussie car le nationalisme biélorusse est quelque chose de véritablement an-historique et artificiel et qui n’a vraiment aucun fondement en dehors des dogmes idéologiques occidentaux.

Alors que l’idéologie marxiste, et généralement russophobe [à l’encontre du peuple russe enraciné, NdT] de l’Union soviétique, a toujours favorisé l’émergence de nationalismes locaux – et a même créé des «nationalités» auparavant inexistantes –  le nationalisme biélorusse n’a jamais eu beaucoup de succès, ce qui n’est guère surprenant car la différence entre un Russe et un Biélorusse est beaucoup plus petite que celle entre les Russes eux-mêmes, qui vivent maintenant dans une société très diversifiée et véritablement multiethnique. Pourtant, du point de vue du Parti de la Nomenklatura et de ses soutiens occidentaux, ne pas séparer la Biélorussie de la Russie, alors que des pays comme l’Ukraine ou le Kazakhstan déclaraient leur indépendance, était impensable, donc une sorte de compromis étrange a été trouvé qui était censé rassurer les deux, le peuple russe et celui de Biélorussie. Certains accords ont été conclus, d’autres ont été négociés à l’infini  – en particulier les accords énergétiques ! – et ce qui en est finalement résulté est ce mini-État étrange et artificiel de seulement 10 millions de personnes. Quant à son chef, il a déclaré que la Biélorussie suivrait une politique étrangère «multi-vectorielle» que je résumerais comme suit : pomper autant d’argent que possible à la Russie, tout en recherchant le soutien de l’Empire anglo-sioniste.

Aparté

Oui, je sais, Loukachenko est appelé le «dernier
dictateur de l'Europe» et il n'est pas populaire en
Occident. Ce que je veux dire, c'est que son
manque de popularité doit être crédité à l'Occident
et non à lui. Maintes et maintes fois, Loukachenko
a tenté d'obtenir le soutien - lire «argent» - de
l'Occident et maintenant Pompeo & Co. ont
apparemment décidé de faire du fils de pute des
Russes, «notre» fils de pute. Ce que je veux dire
par là, c'est que Loukachenko était le cas
classique du phénomène «notre fils de pute», mais
pas pour l'Occident - pour la Russie. Je crois en
outre que, comme tous les «fils de pute» - y
compris «les leurs» et «les nôtres» - Loukachenko
est maintenant devenu un boulet pour la Russie.

Il y a un autre développement très inquiétant en cours : dans toute cette affaire, le KGB biélorusse a été soit désespérément incompétent – ce qui n’est pas le cas ! – soit pénétré par des agents occidentaux. Je trouve la deuxième explication beaucoup plus probable.

Si nous supposons maintenant que le KGB biélorusse a été pénétré et compromis, alors c’est une très mauvaise nouvelle pour Loukachenko qui pourrait se retrouver dans la même situation que, par exemple, Nicolae Ceaușescu, qui a été trahi par ses propres services secrets – nous pouvons aussi nous souvenir des nombreux agents US / israéliens, en position élevée autour de Bashar el Assad, jusqu’à ce que la guerre en Syrie les oblige à choisir un camp.

Franchement, alors que la CIA et les autres ne sont pas très doués dans certains domaines, ils sont vraiment des maîtres de classe mondiale dans l’art de corrompre les fonctionnaires et cela s’est peut-être déjà produit en Biélorussie.

En ce moment, il y a des émeutes à Minsk et dans d’autres villes et alors que dans la capitale, la police anti-émeute a, la plupart du temps, le contrôle, il y a déjà eu des cas de flics anti-émeute qui fuyaient pour sauver leur peau et éviter d’être lynchés par la foule. Au moment d’écrire ces lignes (lundi 21h50 UTC), le KGB biélorusse a déclaré qu’il traquait les agitateurs et émeutiers les plus dangereux, mais considérant à quel point il a été facile pour le SBU ukrainien de tromper – ou, pire, d’infiltrer – le KGB biélorusse, je ne me sens pas très rassuré par ce verbiage : les services spéciaux sont là pour s’occuper des problèmes dangereux, pas pour faire de grandes déclarations.

À l’heure actuelle, la dernière nouvelle que nous apprend le KGB biélorusse c’est qu’il a empêché l’assassinat de la principale figure de l’opposition Svetlana Tikhanovskaya. Fichtre ! Cela pourrait même être vrai, étant donné que la Tikhanovskaya – innocente – ferait un parfait «agneau sacrificiel» – et une effrayante politicienne, si jamais elle était élue. Mais il semble aussi que certains intérêts au sein du KGB biélorusse courtisent Tikhanovskaya. Les deux versions sont tout aussi mauvaises l’une que l’autre, je pense.

Tout cela est-il grave ?

Très !

Il y a déjà de – fausses – rumeurs diffusées par les médias polonais sur le fait que Loukachenko a fui la Biélorussie dans son avion. Cette rumeur est clairement conçue pour créer la – fausse – impression que ce dernier est le prochain Ianoukovitch : bien que je n’aime aucun de ces deux hommes, Loukachenko est un homme beaucoup plus dur que Ianukovich ne l’a jamais été.

En outre, le type de campagne médiatique menée actuellement par les médias occidentaux, polonais et ukrainiens est sans précédent dans son ampleur et il sera très difficile pour le régime de reprendre le contrôle du pays.

Quant à Loukachenko, il semble maintenant avoir inversé son discours : après avoir accusé la Russie de traiter la Biélorussie non pas comme un frère, mais comme un partenaire, maintenant il dit qu’il a parlé à Poutine et a obtenu un document de cinq pages expliquant tout cela, et maintenant il dit que la Russie et la Biélorussie seront, après tout, des frères.

Pas très convaincant, c’est le moins qu’on puisse dire.

Le cul entre deux chaises : voici à quoi ressemble la politique «multivectorielle» de Loukachenko …

Très logiquement, la popularité de Loukachenko en Russie, qui n’avait jamais été aussi élevée au départ, se dégrade rapidement et de nombreux analystes qui, dans le passé, ont félicité celui-ci pour sa politique supposée «ferme» envers l’Occident expriment maintenant ouvertement leur dégoût. Un nombre croissant de Russes s’interrogent désormais ouvertement sur ce concept d’«État union supranational». Quant aux «politiques multi-vecteurs» tant vantées de Loukachenko, elles ressemblent à un cas banal de chantage

Il semble maintenant assez évident que les dirigeants de l’Empire n’ont cessé de haïr Loukachenko que pour donner une apparence de bienveillance éphémère et semi-crédible. Maintenant, ils parlent déjà de réintroduire des sanctions contre la Biélorussie et contre Loukachenko personnellement.

Tout cela est extrêmement dangereux pour la Russie pour les raisons suivantes :

    Loukachenko est «notre fils de pute» absolument intenable – ils le sont toujours ! – à  soutenir et ses dernières singeries ont montré au Kremlin que Loukachenko fait vraiment partie du problème, pas de la solution.
    S’il reste au pouvoir, ce ne sera que grâce à son appareil répressif  très efficace qui pourrait suffire à faire taire l’opposition, mais pas assez pour le rendre vraiment populaire.
    Loukachenko lui-même est clairement à la fois malhonnête et sans principes. Il ne se soucie pas du tout de la Russie, ni de la Biélorussie d’ailleurs, il ne se soucie que de lui-même. En d’autres termes, tant qu’il restera au pouvoir, la Biélorussie sera une préoccupation majeure pour la Russie.
    S’il est renversé, que ce soit par un complot du KGB ou une insurrection violente de type Maidan, nous pouvons être à peu près sûrs que quiconque arrivera au pouvoir sera, d’abord approuvé par les États-Unis et ensuite farouchement anti-russe.
    La Biélorussie n’a pas beaucoup d’importance économique pour la Russie, mais pour des raisons de sécurité et, plus encore, militaires, elle est absolument vitale pour la sécurité russe

Ce dernier point doit être clarifié davantage. Non seulement la Biélorussie est située dans un endroit stratégiquement crucial, mais les forces armées biélorusses sont très bien formées et équipées – sans comparaison avec les forces ukrainiennes – et elles représentent un atout militaire majeur pour le Kremlin. Des forces russes sont également déployées en Biélorussie. Enfin, les contacts entre les militaires biélorusse et russe sont très amicaux et très profonds. Faire prendre le contrôle de la Biélorussie par l’OTAN serait vraiment un problème majeur pour la Russie, un problème auquel elle peut faire face, mais il faudrait repenser en profondeur la menace de l’Occident.

Alors, où allons-nous à partir d’ici ?

Il me semble que si Poutine fait «plus de la même chose», la Russie risque sérieusement de perdre la Biélorussie, ce qui, à un moment où le Banderastan ukrainien s’effondre, serait vraiment une honte. À l’heure actuelle, la Russie doit contenir «l’infection ukrainienne» tout en préparant un après-Loukachenko avant qu’il ne soit trop tard. De toute évidence, Loukachenko ne démissionnera pas de lui-même, la Russie doit donc trouver un outil dans sa boîte pour le forcer à le faire.

Personnellement, j’ai toujours pensé que la réintégration complète de la Biélorussie dans la Russie résoudrait non seulement le «problème biélorusse», mais aussi le «problème Loukachenko». Je suis convaincu que la Russie a une influence et des ressources plus que suffisantes en Biélorussie pour imposer un changement. Oui, ce serait à la fois difficile et dangereux, mais ne pas le faire pourrait entraîner un résultat bien pire. La Russie doit agir. Rapidement et résolument.

The Saker

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

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#20 02-10-2020 15:28:41

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

L'article suivant date déjà du 12 août, quand l'alerte colorée était déjà passée, mais son analyse reste entièrement actuelle. L'Occident ayant échoué, et étant désormais dans l'incapacité de se faire passer pour un ami de Loukachenko, il pourrait très bien décider de passer à une étape suivante, avec tireurs embusqués commettant des attaques sous fausse bannière afin de faire dégénérer la situation, comme en Syrie, en Libye, en Ukraine et au Vénézuéla. Il reste maintenant à espérer que ce soit Poutine qui finisse par régler le problème Loukachenko :

https://lesakerfrancophone.fr/bieloruss … our-rapide

    En attendant, maintenant que l'opération sous faux pavillon visant à monter Loukachenko contre la Russie a été démontée et son mécanisme révélée, les médias mainstreams occidentaux jouent au concours d'ouverture de parapluie en essayant de sauver la mise : faire semblant d'informer le public, en donnant une fausse présentation du scandale afin de détourner l'attention de ce qui s'est vraiment passé, un complot anti-russe visant à séparer Biélorussie et Russie :
https://lesakerfrancophone.fr/danse-des … as-systeme

Danse des canards dans le navire amiral des médias système

Le complot entre l’Ukraine et la CIA visant à inciter le Belarus à s’opposer à la Russie est dévoilé. Donc, l’article du « New York Times » tente de le dissimuler.

Par Moon of Alabama – Le 21 septembre 2020

Hier, nous dénoncions les articles faux et trompeurs sur le vaccin russe contre la Covid-19 publiés par le New York Times. Aujourd’hui, un autre article du New York Times, rédigé par Ivan Nechepurenko, qui a également un bureau à Moscou, s’avère de qualité tout aussi médiocre « En Biélorussie, les mercenaires russes sont passés du statut de saboteurs à celui d’amis. »

Le président Alexandre G. Loukachenko a accusé
la Russie d'avoir envoyé un groupe de mercenaires
pour perturber sa réélection. A cause des
manifestations massives ayant touché le pays après
le vote, il a brusquement changé de ton.

Les lecteurs assidus de Moon of Alabama se souviendront de l’histoire. Le 7 août, nous avions expliqué comment le service de renseignement ukrainien, le SBU, sous couvert d’une société de sécurité privée, a engagé d’anciens soldats russes et ukrainiens pour de prétendus boulots au Venezuela. Tous les hommes engagés avaient auparavant combattu du « côté russe » dans la guerre civile ukrainienne, dans la région du Donbass. On leur a dit de se rendre à Minsk, la capitale de la Biélorussie, d’où ils étaient censés être ensuite transportés par avion au Venezuela pour garder des installations pétrolières.

Le SBU ukrainien a ensuite informé le service de sécurité biélorusse, le KGB, que des mercenaires russes, ceux-là même qui attendaient dans un hôtel près de Minsk, étaient en Biélorussie pour renverser son président, Loukachenko. Les hommes ont été arrêtés et Loukachenko a fait publiquement toute une histoire au sujet du prétendu coup d’État russe contre lui. L’Ukraine a alors demandé l’extradition des mercenaires russes. Elle avait l’intention de les inculper pour leur implication dans la guerre du Donbass.

Mais quelques jours seulement après l’arrestation des hommes, le plan a tourné au vinaigre. Les médias russes ont prouvé, sans l’ombre d’un doute, que les hommes avaient été trompés avant d’être envoyés en Biélorussie et qu’ils n’avaient aucun plan pour renverser Loukachenko. Le président biélorusse s’est excusé et les hommes ont été renvoyés en Russie. Comme l’a résumé le journal russe kp.ru (traduction automatique) :

On peut affirmer que les services spéciaux
ukrainiens ont réussi à créer un faux projet, dans
lequel ils ont impliqué 180 citoyens russes, tout en
incluant dans le premier groupe des vétérans de la
guerre du Donbass. En même temps, il est tout à
fait possible d'admettre que toute cette fascinante
et instructive histoire a été expliquée au côté
biélorusse sous une forme très tronquée - sans
détails sur les billets d'avion.

Tout au long de cette opération, le SBU semble
avoir voulu faire d'une pierre plusieurs coups -
l'omniprésent, cauchemardesque et terrible PMC
Wagner [société de mercenaires] était censé
ricocher sur Rosneft - l'une des plus grandes
compagnies russes, mais le coup principal, sans
aucun doute, visait les relations russo-biélorusses.
Sans parler de l'éventuelle extradition de citoyens
russes vers l'Ukraine, dont Kiev serait
incroyablement heureuse - une belle occasion de
venger ses marins, que Porochenko a envoyés "se
faire massacrer" dans le détroit de Kertch.

Cette version a depuis été confirmée par la partie ukrainienne (voir ci-dessous).

Mais un article du New York Times d’aujourd’hui ne raconte pas du tout cette histoire. Il donne l’impression que Loukachenko a changé d’avis sur le « coup d’État russe », non pas parce qu’il a pris connaissance du véritable complot, mais parce qu’il était sous la pression des manifestations qui ont suivi l’élection :

Le président biélorusse Alexandre G. Loukachenko,
qui devait se présenter à l'élection présidentielle
dans moins de deux semaines, a convoqué une
réunion d'urgence de ses hauts responsables de la
sécurité, en déclarant que les Russes arrêtés
étaient des mercenaires avec des "objectifs sales".

S'exprimant lors de la réunion, Valery Vakulchik, à
l'époque chef du KGB, a confirmé que les Russes
appartenaient au groupe Wagner
...
Puis, 10 jours avant le vote du 9 août, les
enquêteurs biélorusses ont accusé les Russes de
comploter pour perturber l'élection.

"La Russie a peur de nous perdre", a déclaré M.
Loukachenko, accusant le Kremlin de tenter
d'"étouffer" le Belarus.

Jusque-là, le NYT a bien compris l’histoire. Mais cela dégénère lorsqu’il explique le déroulement de l’intrigue :

Selon cette nouvelle version des faits, les hommes
avaient été attirés en Biélorussie par des espions
ukrainiens, qui avaient prévu de saisir leur avion
alors qu'il survolait l'Ukraine et de faire arrêter les
hommes en raison de leur rôle dans les combats
dans l'est de l'Ukraine.

Le fait que la Biélorussie ait changé son histoire
de façon aussi spectaculaire montre à quel
point le dirigeant du pays, M. Loukachenko, a
rapidement réévalué ses intérêts politiques. ...


Le 14 août, après avoir échoué à contenir une
première série de manifestations de rue malgré une
frénésie de violence policière, il a ordonné la
libération des mercenaires de Wagner et les a
autorisés à retourner en Russie. Toutes les
accusations portées contre eux ont été
abandonnées.
...
À leur retour en Russie, plusieurs mercenaires sont
apparus à la télévision russe, affirmant qu'ils
n'avaient aucun lien avec le groupe Wagner et
qu'ils s'étaient simplement arrêtés en Biélorussie
en route pour le Venezuela, où ils devaient garder
une installation russe dont le nom n’a pas été
divulgué.

Le NYT tente de faire croire que les services de renseignement ukrainiens et la CIA ne sont pas du tout impliqués et que le complot ukrainien révélé n’est pas réel. Le changement dans l’histoire du « coup d’État russe » est attribué uniquement à l’évolution des besoins de Loukachenko.

C’est bien sûr des conneries. Le complot ukrainien était réel. Nous le savons parce que les fonctionnaires du Bureau national ukrainien de lutte contre la corruption, qui est soutenu par le Département d’État américain, l’ont officiellement admis et parce que les médias ukrainiens ont fait tout un plat de cette histoire.

Comme le politologue canadien Ivan Katchanovski l’a relayé :

Ivan Katchanovski @I_Katchanovski - 0:35 UTC – 18 Aout 2020

Un agent du Bureau national anti-corruption
ukrainien déclare que des mercenaires russes, qui
ont combattu dans la guerre de Donbass, ont été
attirés en Biélorussie par le Service de sécurité
ukrainien en utilisant de fausses offres d’emploi au
Venezuela et des billets d'avion pour s'y rendre via
la Turquie.
>>> Агент НАБУ заявил о "госизмене Ермака с
задержанными вагнеровцами"

Un agent du Bureau national anti-corruption
ukrainien déclare que le SBU prévoyait de capturer
les #mercenaires russes qui ont combattu dans la
guerre de Donbass, en forçant leur avion de ligne
en provenance de #Biélorussie et à destination de
la Turquie à atterrir en #Ukraine.

Ses déclarations concordent assez bien avec les
déclarations précédentes des officiels & médias
russes, la libération et le renvoi en #Russie des
mercenaires russes arrêtés par le #Belarus & les
déclarations, dans les médias russes, des
mercenaires libérés selon lesquelles ils ont été
attirés par de telles offres d’emploi. ...
#Les médias ukrainiens rapportent que des
agents des services de renseignement
américains ont également été impliqués dans
cette opération sous #fausse bannière et que des
enregistrements vidéos et audios de mercenaires
russes attirés au Belarus concernant leur implication
dans la guerre du Donbass seront bientôt publiés en
Ukraine.
>>> "Вагнеровцы", Ермак и измена Родине

Des sources du service de sécurité #ukrainien
confirment aux médias ukrainiens l'opération sous
#fausse bannière concernant le piège de
mercenaires russes envoyés de #Russie vers la
#Biélorussie. La plupart des mercenaires étaient
également citoyens ukrainiens et ont combattu pour
les séparatistes dans la guerre civile du Donbass.
>>> Затримання "вагнерівців" мало бути
українською операцією, яка зірвалась після
доповіді в ОП

Il ne fait aucun doute que le complot ukrainien, qui a été planifié et exécuté en collaboration avec la CIA, était réel. Il n’y avait pas du tout de mercenaires travaillant pour Wagner, juste d’anciens soldats russes et ukrainiens qui ont été attirés dans un piège. Le complot a échoué parce que les Ukrainiens ont fait des erreurs avec les billets d’avion, ce qui a permis aux Russes de découvrir facilement toute l’affaire.

C’est la découverte du complot ukrainien qui a fait changer d’avis Lukashenko, et non la pression de la révolution de couleurs, déjà morte, financée par le NED [une ONG américaine].

L’article du NYT, qui est publié près de six semaines après que Moon of Alabama a expliqué la véritable histoire, dissimule le complot raté de la CIA/SBU. Il attribue aux manifestations post-électorales contre Loukachenko l’échec du complot entre la fin juillet et la mi-août et le changement de ton de Loukachenko qui en a résulté.

Ce n’est pas qu’il y ait eu trop peu de place dans le NYT pour rapporter l’histoire complète. Sur les 26 paragraphes du rapport, 11 concernent l’hôtel datant de l’époque soviétique où les mercenaires russes se reposaient. Ces 11 paragraphes peuvent aider à justifier les frais de voyage du reporter et du photographe du NYT mais n’ont aucune valeur pour le lecteur.

La véritable histoire est celle du fiasco de l’opération organisée par la CIA/SBU. La rédaction du NYT et son bureau de Moscou semblent croire que les échecs de la CIA ne font pas partie de « toutes les nouvelles qui sont bonnes à imprimer ». Au lieu de rapporter ce qui s’est réellement passé, comme l’ont fait les médias ukrainiens, ils couvrent l’affaire en prétendant que c’est juste un fantasme de Loukachenko.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

Dernière modification par Analis (02-10-2020 15:30:54)

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#21 02-10-2020 16:10:35

Analis
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Re: La Russie regonflée à bloc face à Washington

Attention, ça c'est énorme ! À faire circuler :

https://lesakerfrancophone.fr/une-lettr … russiagate

Une lettre du Directeur du Renseignement National confirme qu’Hillary Clinton a manigancé le « Russiagate »

Par Moon of Alabama – Le 30 septembre 2020

Les accusations d’intervention russe dans les élections présidentielles de 2016 ont-elles été inventées par le bureau de campagne de Clinton ?

Une lettre envoyée par le Directeur du Renseignement National, John Ratcliffe, semble le suggérer :


Mardi, Ratcliffe, un loyaliste que Trump a placé à la
tête du renseignement américain au printemps, a
envoyé au sénateur Lindsey Graham (R-S.C.) une
lettre affirmant que, fin juillet 2016, le
renseignement américain a pu avoir accès à une
analyse du renseignement russe. Cette analyse,
résumée par Ratcliffe dans sa lettre, affirmait que
Clinton avait un plan pour attaquer Trump en le liant
au piratage du Comité national démocrate, exécuté
en 2016. ...
Ratcliffe a déclaré que la communauté du
renseignement "ne connaît pas l'exactitude de cette
allégation et la mesure dans laquelle cette analyse
du renseignement russe pourrait être une
exagération ou un montage."

https://www.moonofalabama.org/11i/ratcliffe.jpg

La lettre indique que le directeur de la CIA de l’époque, John Brennan, avait informé le président Obama de ces renseignements. Il l’a informé que les Russes pensaient que Clinton avait approuvé, le 26 juillet 2016, le plan de son bureau de campagne.

Ainsi, l’espionnage des analyses russes par les renseignements américains a révélé que les Russes pensaient que Clinton avait lancé une campagne « Trump est aidé par le piratage russe du DNC [Democratic National Comittee] ». Les Russes avaient sûrement de bonnes raisons de penser cela.

Les courriels du Comité national démocrate ont été publiés par Wikileaks le 22 juillet 2016, peu avant la Convention nationale démocrate. Ceux-ci prouvaient que pendant les primaires présidentielles, le DNC avait activement travaillé contre le candidat Bernie Sanders.

Le 24 juillet, le directeur du bureau de campagne de Clinton, Robby Mook, est allé sur CNN et a lancé, à ma connaissance, les toutes premières allégations (vidéo) disant que la Russie avait « piraté » le DNC pour soutenir Donald Trump.

Il est probable que les analystes russes ont vu cette émission.

L’apparition de Mook à la télévision était probablement un ballon d’essai lancé pour voir si de telles affirmations allaient tenir la route.

Deux jours plus tard, Clinton aurait approuvé les plans de son bureau de campagne visant à mettre l’accent sur de telles affirmations.

Dans le tristement célèbre dossier Steele, préparé pour la campagne de Clinton par un « ancien » espion britannique, la première donnée qui lie la campagne Trump au « piratage russe de la DNC » aurait été écrite le 28 juillet 2016.

Le président de Crowdstrike, la société de cybersécurité qui a enquêté sur la fuite du DNC, a déclaré plus tard que sa société n’avait jamais trouvé de preuve que la Russie avait piraté le DNC.

On soupçonne Seth Rich, une personne s’occupant du système informatique du DNC et partisan de Bernie Sanders, d’avoir divulgué les e-mails du DNC à Wikileaks. Seth Rich a été assassiné le 10 juillet 2016 à Washington DC lors d’un prétendu « vol » au cours duquel rien n’a été volé.

Les affirmations faites dans la lettre de Ratcliffe correspondent à la chronologie du scandale tel qu’il s’est déroulé. Elles confirment les soupçons selon lesquelles le bureau de campagne de Clinton a manigancé le « Russiagate », une affaire qui repose sur du vent. Elle a été soutenue par une myriade de médias et par des douzaines de militants anti-Trump occupant de hautes positions au sein du FBI et de la CIA.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

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