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#1 01-01-2017 07:19:37

Noisse
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Théories pour le WTC

Il est proposé ici de s'attarder sur les explications données à la destruction du WTC, au moins dans sa dimension matérielle ; de les repérer sur le forum, de mieux les éprouver, d'en tirer des leçons, mais aussi de chercher à les améliorer, et – pourquoi pas ? – à en élaborer de meilleures.

    Pour ce qui est de la confrontation des théories aux faits qui attendent explication, il peut être commode de considérer ces derniers à travers leur regroupement en une quinzaine de faisceaux.

    Dans l'immédiat livrons-nous à une évocation organisée des théories en question qui se rencontrent sur le forum. Les connaisseurs ne manqueront pas, j'espère, de corriger et de compléter ce tableau s'il en a besoin.

    Les explications donnéees aux événements du WTC se laissent répartir en théories naturelles et théories artificielles, ces épithètes ne qualifiant pas les théories à proprement parler, mais les causes qu'elles invoquent. Les théories naturelles soutiennent qu'une fois les immeubles affaiblis par les incendies et, dans le cas des Tours jumelles, par les désordres structuraux dûs à la percussion des avions, la destruction de ces immeubles fut l'effet de la seule gravité. Les théories artificielles sont celles qui prétendent que, pour produire ces destructions, la nature reçut le renfort de l'art. Ces dernières sont aussi celles que d'aucuns qualifient de complotistes, au risque de déraper vers de fort douteux amalgames.
    L'association ReOpen911 (dont je ne suis pas membre) ne prise guère les théories naturelles, mais elle entend limiter ses travaux – si j'ai bien compris – à dénoncer leur faiblesse. La libéralité avec laquelle elle accueille néanmoins l'exposition de théories artificielles n'en mérite que plus notre gratitude.

Théories naturelles

    La capacité d'action de la gravité se formule souvent en disant que l'énergie potentielle de chacun des trois immeubles (WTC 1, WTC 2, WTC 7) aurait servi à le désagréger, à en faire tomber une partie et, éventuellement, à pulvériser l'autre.
    C'est le cas dans les explications données par la FEMA, même si celle-ci a négligé d'en faire bénéficier le WTC 7 et n'a pas abordé la question du béton.Voir dans l'introduction à ''La théorie Ni-Baz''.
    C'est aussi le cas avec le NIST, qui s'est appuyé pour cela sur les travaux de Zdenek Bazant. Consulter ''La théorie Ni-Baz'', ainsi que  ''BAZANT/NIST/Mooréa... Pulvérisation d'un mythe physiquement incorrect.'', ''basculement de la tour sud Bazant et Mooréa'', ou encore ''Bazant une critique très très très très modeste''.

    Sur ces théories purement physiques une composante chimique a tenté de se greffer sous la forme d'une réaction explosive de l'eau avec l'aluminium, théorie soutenue d'abord par  Christian Simensen à la suite de Franck Greening.
    Une autre explication chimique « naturelle » est celle que Jérôme Quirant a avancé pour les températures sous les débris.

    De facture naturelle, mais prêt à se combiner avec les théories artificielles : le  ROOSD (Runaway Open Office Space Destruction).

Théories artificielles

    L'artifice mis en œuvre par des conspirateurs pourrait avoir relevé de techniques encore secrètes. Telles sont l'orientation de Frédéric Henry-Couanier, qui privilégie la physique des basses énergies (fusion froide), ainsi que la « non-théorie » de Judy Wood, qui mise sur des interférences de rayonnements énergétiques.

    Hormis ces hypothèses aventureuses, auprès desquelles peut être rangée l'idée d'une démolition par vérinage, les théories artificielles postulent l'usage d'explosifs ou de réactifs voisins.

    L'usage d'explosifs conventionnels a été envisagé de différentes façons.
    Pour le WTC 7, dans une démolition assistée (ou « contrôlée ») classique. Voir ''Jowenko expert en DC : détruire une structure porteuse acier''.
    Pour les Tours jumelles, il a été envisagé des explosifs placés
–  en hauteur ; voir ''structure centrale du WTC1?''
– à la base dans ''La théorie d'André sur l'effondrement des tours''.
–  de façon plus complexe selon Gordon Ross : ''Comment les Tours ont été démolies''.
    À ces variantes il convient d'ajouter l'affirmation, par Steven Jones et Kelvin Ryan notamment, de l'emploi de « matériaux énergétiques nano-composites », autrement dit de matériaux thermitiques, éventuellement en combinaison avec l'emploi d'explosifs conventionnels. À étudier dans les Dossiers de ReOpen911 (donc hors forum*).

    Les explosifs nucléaires également ont donné lieu à plusieurs théories :
●  Fission lors de l'explosion
–  d'un petit réacteur pour William Tahill. Voir ''Explosion nucléaire souterraine au WTC, hoax à confirmer''
ainsi que dans ''Les attentats du 11.9: une attaque nucléaire ?''.
–  d'une bombe A enfouie, selon Dmitri Khalezov.
–  de plusieurs bombes A réparties, d'après spooked, (l'Anonymous Physicist).
●  Ou bien fusion dite de quatrième génération envisagée par le non moins anonyme expert militaire finlandais
et défendue par notre ami Jacques Dumont.
●  L'hypothèse de bombes à radiations renforcées, alias bombes à neutron, pour sa part, a été mise en vedette par les Vet'(les gens de Veterans Today) et creusée tardivement dans le fil ''Les attentats du 11.9: une attaque nucléaire ?''.

    Steven Jones ayant marqué sa désapprobation des hypothèses nucléaires, un débat a opposé le courant nucléariste au courant thermatiste. Une dissymétrie doit être notée à ce propos : alors que les nucléaristes ébauchent presque tous une théorie des destructions, les thermatistes s'en abstiennent, se limitant à soutenir que de la thermate a été utilisée ; * de là l'absence d'une référence dominante dans le forum.
    Sur ces questions voir ''Open Letter To Prof. Steven Jones, 23 Reasons 4 Fusion traduit fr'' ainsi que ''Steven Jones et la thèse nucléaire''.

Hors ligne

 

#2 01-02-2017 05:09:01

Noisse
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Re: Théories pour le WTC

La théorie de la FEMA

    Connaître le premier état de la version officielle ne demande que de lire son exposé à la source. La Federal Emergency Management Agency a proposé une explication de l'effondrement des Tours, dans FEMA 2 (le chapitre 2 de son rapport World Trade Center Performance Study de 2002). La prudence s'impose à l'égard de tout résumé non autorisé, y compris celui-ci, qui figure en tête (#1) de La Théorie Ni-Baz :
Les désordres structuraux causés par les incendies auraient affecté les colonnes externes. Il s'en serait suivi des ruptures dans les soutiens des planchers, conduisant ces derniers à tomber les uns sur les autres. La poursuite de l'effondrement reçoit alors l'explication suivante, sans plus de justification : une partie de l'énergie potentielle de l'immeuble s'étant mue en énergie cinétique le processus progressif de destruction des planchers se serait poursuivi de manière accélérée. Les colonnes internes, pour leur part, bien que présentes sur plusieurs schémas, avaient été évoquées superficiellement dans la description préalable des immeubles. Elles sont un peu présentes dans la description du déclenchement de l'effondrement, étant même estimé possible que leur affaiblissement ait pu y prendre une part décisive.
    Ce résumé est synthétique à l'excès. Destiné à une simple mise en perspective, il se contente d'évoquer les ingrédients principaux de l'explication de la FEMA, comme s'ils prenaient place dans une théorie unique. En réalité le rapport de la FEMA traite les deux Tours en partie ensemble, en partie séparément.

    Pour une lecture plus fidèle, suivons maintenant FEMA 2.2 (pages 15 à 36).
► En rouge : la traduction des titres. Le préfixe 2.2 est désormais omis dans toute la numérotation (par exemple : 2.2.1.1 réduit à .1.1).
► En noir : les points principaux constitutifs du résumé, sans commentaire aucun. Le troisième chiffre, introduit pour le repérage, n'existe pas dans le texte (par exemple : dans la section .1, la sous-section .1.2 comporte quatre points, numérotés de .1.2.1 à .1.2.4).
► La région médiane de chaque Tour est la partie comprise entre le cœur et la périphérie (désignation introduite dans structure centrale de WTC 1? (#16).
________________________________________

Comportement de l'immeuble

    Pour les deux Tours s'est déroulée une même séquence de trois événements :
(a) L'impact de l'avion produisit quelques dommages stucturels. Un nuage de kérosène s'embrasa, produisant la boule de feu à l'extérieur et déclenchant un incendie à l'intérieur. Ainsi mise sous tension (stressed), la structure subit les premiers affaiblissements.
(b) L'incendie se développa, provoquant des affaiblissements supplémentaires, parfois au-delà de la limite de résistance ; des défaillances s'ensuivirent.
(c) Les défaillances s'enchaînant, le bâtiment s'effondra complètement.

.1 – WTC 1
.1.1 – Dommages initiaux causés par l'impact de l'avion
.1.1.1 – Dommages structurels : fracturation de la façade ; effondrement de planchers à proximité.
.1.1.2 – Des témoignages (91ème niveau) ont suggéré un possible effondrement partiel de la charpente du cœur.
.1.1.3 – Explication des dégâts au centre par des débris ayant traversé violemment les étages à hauteur de l'impact.
.1.1.4 – Reports de charge entre colonnes de façade et vers le cœur, expliquant la survie provisoire de l'immeuble.
.1.1.5 – Structure néanmoins à la limite de ses capacité de résistance.
.1.2 – Développement de l'incendie
.1.2.1 – Embrasement d'un nuage de kérosène ; surpression, expansion interne et externe (non explosive) ; boule de feu.
.1.2.2 – Dégâts dans l'atrium et les cages d'ascenseurs, par surpression dans ces dernières.
.1.2.3 – Départs de feu internes (bureaux) et dispersion de l'incendie ; système d'arrosage hors d'état.
.1.2.4 – Jusqu'à 1000°C par endroits ; durée : moins de cinq minutes.
.1.3 – Évacuation
.1.3.1 – Sous la zone d'impact, escaliers en état.
.1.4 – Réaction de la structure à la charge d'incendie
.1.4.1 – La chaleur, en progressant dans les colonnes, induisit des désordres : dilatations, déformations des dalles, désagrégations des fixations de planchers médians ; flambage de colonnes, centrales et périphériques, du fait des charges.
.1.4.2 – Effondrements de planchers en conséquence, parfois déjà surchargés de débris.
.1.5 – Progression de l'effondrement
.1.5.1 – Les 8 GJ d'énergie potentielle du haut ayant pris rapidement forme cinétique, sa chute s'accéléra, en bloc, déclenchant un enchaînement accéléré de destructions et de chutes des étages inférieurs à leur tour.
.1.5.2 – L'enchaînement de la chute des planchers se produisit en avance sur le reste (façades ; colonnes centrales, peut-être épargnées pour une part).
.1.5.3 – L'effondrement se produisit au centre d'abord, comme suggéré par les mouvements de l'antenne ;  explicable par une moindre capacité de résistance des colonnes centrales.

.2 – WTC 2
.2.1 – Dommages initiaux causés par l'impact de l'avion
.2.1.1 – Le choc fut plus violent, situé et orienté un peu autrement.
.2.1.2 – Dégâts semblables à ceux du WTC 1, la région sud-est étant plus particulièrement touchée, y compris en ce qui concerne les colonnes centrales.
.2.2 – Analyse structurelle préliminaire
.2.2.1 – Une modélisation de la structure a permis d'analyser le déplacement de charges vers et dans le cœur. Cette étude a cependant sous-estimé l'effet du supplément de charge au centre.
.2.3 – Développement de l'incendie
.2.3.1 – Semblablement à WTC 1.
.2.3.2 – Flux métallique au 80ème étage (aluminium de l'avion peut-être).
.2.4 – Évacuation
.2.4.1 – Utilisation des ascenseurs.
.2.5 – Initiation de l'effondrement
.2.5.1 – Semblablement à WTC 1 : déformations et désagrégations.
.2.5.2 – Affaissement au coin sud-est, vers le 80ème niveau ; démarrage par la défaillance des colonnes centrales proches.
.2.5.3 – Rotation du sommet.
2.6 – Progression de l'effondrement
.2.6.1 – Semblablement à WTC 1 : chute du haut, avec choc et écrasement des planchers ; puis répétition rapide.
.2.6.2 – Lors de chaque destruction, supplément d' « énegie destructrice » du haut chutant, par agrégation de ce qui venait d'être écrasé.
.2.6.3 – Des débris du haut tombèrent, à l'extérieur, vers le sud et l'est, ceux du bas vers le nord et l'ouest.

.3 – Substructure
.3.-.1 – En tout chute de 600'000 t de débris
.3.-.2 – Destructions aux proches alentours.
.3.-.3 – Destruction et remplissage des sous-sols.
______________________________

L'essentiel
La section 2.2 propose une explication structurelle de l'initiation et du déroulement des effondrements : des affaiblissements, d'origine mécanique (percussions) ou thermiques (incendies), conduisirent à des défaillances de la structure, lesquelles provoquèrent alors des effondrements en cascade.

Premières observations
– L'ambiguïté du mot floor (plus de quatre-vingt-dix occurrences dans 2.2) complique parfois l'interprétation concernant les effondrements, du fait qu'il peut signifier étage aussi bien que plancher. Lorsqu'on estime devoir adopter cette traduction-ci, au vu du contexte, il reste souvent à déterminer si les auteurs parlent, à propos d'un étage, de ses planchers globalement, ou de ses seuls planchers médians, ou de ses planchers centraux. [Les usages, en leur diversité, imposent de traduire floor par niveau, plutôt que par étage, dans le cadre d'une numérotation : le second floor est le deuxième niveau, celui que nous désignons comme premier étage.]
– Dans les explications proposées par le rapport, et contrairement à ce que ce résumé pourrait laisser croire, tout n'est pas donné pour certain, loin de là. La rédaction fait sans cesse usage de tournures exprimant la retenue : emploi du conditionnel ; faits donnés comme probables (sans justification ni évaluation), ou simplement présentés comme possibles ; etc.  Deux exemples pris dans.1.4 : – a) Affirmation que le supplément de charge reçu par des colonnes se traduisit probablement par un excès de charge (p.24). – b) Une tension excessive sur des éléments des connexions a pu provoquer une série de défaillances (p.25). Si évoquer la probabilité peut relever d'une saine prudence, l'appel à de la simple possibilité retire de sa force à l'explication, au détriment de tout le scénario.
– La défaillance de colonnes centrales se serait tôt produite dans le processus de l'effondrement ; voir .1.5.3 et .2.5.2.
– Sur l'effondrement précoce dans le cœur du WTC1, rapprocher .1.1.2 du fil Témoignage de Jim Gartenberg.
– Un maintien partiel du cœur est envisagé pour WTC 1 (.1.5.2).

Faiblesses de l'explication
– Rien n'est dit des étages mécaniques et de leurs attaches aux colonnes ; le système de poutres soutenant leurs planchers n'est pas évoqué dans le chapitre 2.
– L'énergétique qui intervient dans le déroulement du scénario est fruste. L'énergie potentielle du haut de chaque Tour est censée se convertir amplement (much) en énergie cinétique, cela sans justification. L'accélération initiale alléguée est incontestable, mais celle de l'enchaînement n'est pas prouvée (.1.5.1). Une « énergie destructrice » est bien évoquée en .2.6.2, mais comme en passant.
– Pour le WTC 1 le scénario pâtit apparemment d'une incohérence : l'initiation de l'effondrement se produit au centre d'après .1.5.3, et pour des raisons d'ordre mécanique ; elle se produit dans la zone médiane d'après .1.4.1,  principalement du fait de désordres d'origine thermique.
– Semblable incertitude dans le cas du  WTC 2 : déclenchement de l'effondrement par les colonnes centrales proches du coin sud-est (.2.5.1) ou bien par les planchers médians (.2.6.1) ?
– L'effondrement des cœurs, s'il est bien évoqué, ne donne pas lieu à description de son mécanisme. Quid[i] des colonnes, [i]quid des planchers ?

Lacunes de la théorie
– L'envahissement des alentours par des nuages pyroclasticoïdaux est négligé, contrairement à ce qu'il en est des panaches de fumée : il est raconté en  .1.2  que ces derniers ont été observés et interprétés, à l'aide d'un modèle, afin d'évaluer la puissance des incendies.
– La pulvérisation du béton n'est pas du tout prise en compte, sans parler des autres effets environnementaux.
– L'éventuelle destruction des hauts des Tours au fur et à mesure de leur descente (ou à la fin) n'est pas théorisée.
– Si la localisation des débris des immeubles est bien abordée, rien n'est dit des projections donnant des apparences d'explosion.
– Métal fondu et maintien de températures élevées ne sont pas pris en compte.
– Le WTC 7 reste ignoré de cette « Étude ».

Conclusion
    La théorie proposée par la FEMA est trop partielle, insuffisante dans ses explications, confuse sur l'initiation et sur la poursuite des effondrements ; et, à bien lire le rapport, elle est même donnée pour assez peu certaine.
    Trop faible, au total, pour ce qui est d'expliquer l'ensemble des faits connus, elle a valeur de coup d'essai d'ambition limitée.

Dernière modification par Noisse (01-02-2017 05:15:14)

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#3 06-02-2017 05:25:28

Noisse
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Re: Théories pour le WTC

La théorie du NIST pour la destruction des trois tours, exposée fondamentalement dans le rapport NIST NCSTAR 1, traite séparément le cas des Tours jumelles (septembre 2005) et celui du WTC 7 (novembre 2008).

► Le symbolisme [X] désigne ici la page n°X telle que l'indique un lecteur de pdf.

A — WTC 1 et WTC 2

    À strictement parler, la théorie du NIST pour la destruction des Tours jumelles est celle que l'on trouve dans NIST-6 (abréviation de NIST NCSTAR 1-6). Ses insuffisances ont provoqué des travaux complémentaires ; ceux de Zdenĕk Bažant, notamment, en constituent un important prolongement. Sur le fil La théorie Ni-Baz, qui aborde l'ensemble le temps d'une mise en perspective, c'est l'ardue partie ''-Baz'' qui est étudiée. Ici il s'agit de rééquilibrer, de bien voir quel « déroulement probable d'effondrement » (probable collapse sequence) le NIST a privilégié après avoir « combiné » observations, témoignages, résultats de tests et, surtout, simulations informatiques. Ensuite un regard plus léger sur les travaux de Bazant permettra de s'en faire une idée sans avoir à se plonger dans leur analyse.

A1 — L'explication avancée par le NIST

Les textes
L'explication des effondrements des Tours se trouve dans deux parties du rapport NIST NCSTCAR 1 :
●  NIST-6 = abréviation pour NIST NCSTAR 1-6 (septembre 2005)
●  NIST-FR =abréviation pour NIST NCSTAR 1 Final Report (septembre 2005)
L'enchaînement ayant conduit des percussions aux effondrements y est exposé en plusieurs endroits, généralement dédoublé : un pour chacune des deux Tours (au prix de répétitions). Les textes sont parfois présentés sous forme d'encadrés (classés parmi les Figures). Les diverses rédactions sont très voisines, parfois même identiques.
Cinq groupes se dégagent :
●  NIST-6
    –  (A) : dans le Résumé (Executive Summary), [67] (E.3), avec deux encadrés [69], [70].
    –  (B) : au chapitre 9, [378] (9.3), [379] (9.3.1), [388] (9.3.2), [401] (9.3.3), avec deux encadrés [381], [389].
●  NIST-FR
    –  (C) : au chapitre 6, [194] (6.14.2), [195] (6.14.3), [196] (6.14.4).
    –  (D) : au chapitre 6, [200] (6.14.6), [201] (6.14.7).
    –  (E) : au chapitre 8, [229] (8.3.1)
En couleur, deux sous-sections intitulées « Événements consécutifs au début de l'effondrement » ; leurs textes aussi sont rigoureusement identiques.

L'essentiel peut faire l'objet d'un exposé unifié. Les particularités propres à chacun des bâtiments, ici omises, concernent principalement les lieux (étages, façades, etc.), ainsi que les différents aspects quantitatifs (charges pondérales, inclinaisons, etc.).
a) Dégâts immédiats
La percussion par l'avion engendra des dégâts matériels sur la façade, dans la zone médiane et dans le cœur ; les revêtements de protection de l'acier contre le feu furent arrachés. Des transferts de charge assurèrent l'équilibre.
b) Effets des incendies
La chauffage des colonnes centrales, en affaiblissant l'acier, en provoqua le raccourcissement, ce qui engendra un report de charge vers la périphérie. Des planchers à treillis s'affaissèrent ; la traction que cela imposa aux façades y produisit un cintrage vers l'intérieur ; l'instabilité des colonnes externes qui s'ensuivit fit qu'elles ne pouvaient plus résister au poids de la partie supérieure.
c) Initiation de l'effondrement
L'instabilité des colonnes externes progressa horizontalement en façade. Le haut s'inclina en bloc et commença de descendre ; ce premier mouvement de chute fut suivi d'un complet effondrement.

L'effondrement
    L'explication fournie à la poursuite de l'effondrement, après la chute initiale, est brève, presque partout la même avec quelques variantes.
–  En (A) et en (B) : « La variation de l'énergie potentielle due au mouvement vers le bas de la masse du bâtiment située au-dessus des colonnes déformées excéda l'énergie de tension qui pouvait être absorbée par la structure. L'effondrement global s'ensuivit. ».
–  En (C) : « Une fois que la partie supérieure du bâtiment eut commencé de descendre, la structure affaiblie de la zone d'impact et d'incendie ne fut pas en mesure d'absorber l'énorme énergie de la section en chute et l'effondrement s'ensuivit. ».
–  Dans les sous-sections signalées en couleur: « L'énergie potentielle dégagée par la descente de la grande masse du bâtiment excéda de beaucoup la capacité de la structure intacte en dessous à l'absorber sous forme d'énergie de déformation. »
–  En (D) : « Le mouvement vers le bas de ce bloc structurel fut plus que ce que ce à quoi la structure endommagée pouvait résister, et l'effondrement complet s'ensuivit. »
–  Rien en (E).

Compléments
–  Les deux sous-sections signalées en couleur sont les seuls passages dans lesquels est abordée la descente du haut. Outre l'évocation de l'énergie de déformation, on y lit que la chute ne rencontra pas de résistance, qu'un effet de piston de produisit et que le surcroît de matière poussée vers le bas valut une contrainte encore plus grande à l'étage situé en dessous.
– Le maintien du cœur est constaté dans le cas du WTC1 (NIST-6 [380]) ; pas dans celui du WTC 2.

Observations
–  L' « instabilité » des colonnes externes est évoquée avec insistance sans que cette notion soit précisée ; le mot est sans doute utilisé comme synonyme de « défaillance ».  Pliure ou rupture, la question n'est pas abordée. Seule est évoquée leur incapacité à soutenir le poids de la partie supérieure.
– Une comparaison sommaire avec la théorie de la FEMA révèle une composition d'ensemble voisine, avec une phase centrale devenue plus complexe. Le devenir du cœur est plus élaboré ; les diverses redistributions de la charge sont plus articulées ; le cintrage interne des colonnes extérieures joue un rôle décisif. Ce sont ces dernières qui lâchent et non plus les colonnes centrales ou les planchers médians.

Faiblesses
–  La justesse de l'explication « probable » proposée par le NIST est invérifiable, mis à part les éléments qui relèvent de l'observation, comme la mesure des inclinaisons et le maintien des cœurs, ou encore telle déformation d'une façade. Les mécanismes inobservables, pour leur part (évolutions thermiques, reports de charge, etc.), ont été fournis par des simulations numériques qu'il est exclu de vérifier.
–  L'assertion énergétique — présente une bonne dizaine de fois dans NIST-6, mais une seule fois dans NIST-FR — ne fait l'objet d'aucune démonstration, ni d'aucun commentaire. Le propos en est évidemment trop global et trop vague pour avoir valeur explicative de la poursuite de l'effondrement et de son achèvement.
– Les sous-sections signalées (*) justifient vaguement la poursuite de l'effondrement par un surcroît de masse, comme si cela valait d'office surcroît d'énergie. Il manque là, au moins, une prise en considération de la vitesse.

Lacunes
–  Les étages mécaniques ne semblent pas avoir été pris en compte, par les simulations informatiques, alors que celles-ci ont analysé le comportement de chaque sorte de sous-système (planchers médians, façades, etc.) avant leur intégration d'ensemble.
–  Le devenir du haut, après inclinaison et commencement de chute, est amplement négligé.
–  Les phénomènes de projections sont ignorés.
–  Le maintien des cœurs, à moitié reconnu, ne reçoit aucune explication.
–  La pulvérisation du béton et  le développement des nuages sont ignorés.
–  La persistance des températures élevées et le métal fondu sont passés sous silence.

A2 — Les apports de Bazant

Les # font référence au fil ''La théorie Ni-Baz''.

Objectifs
    Tôt lancé dans une étude théorique minimale des effondrements, Bazant a cherché à combler les lacunes de la théorie du NIST, en visant avant tout à expliquer l'effondrement dans son ensemble par des considérations dynamiques et énergétiques (Trajectoire en #11).

Démarche
    Bazant raisonne et calcule sur un modèle à trois parties et à deux phases, jugé applicable aux Tours jumelles comme à d'autres gratte-ciel placés dans de semblables conditions.
    Les Tours sont schématisées par trois parallélépipèdes superposés : en bas  A représente la partie inférieure de l'immeuble, initialement indemne ; juste au-dessus se situe au départ D, étage endommagé au point de ne pouvoir offrir de résistance à la chute de C, qui est la partie supérieure. Chacune de ces sections a une masse et différentes propriétés mécaniques précisées par des hypothèses.
    Une fois C tombée verticalement à travers D, elle percute B, l'étage le plus élevé de A. Le premier problème est de savoir si cela se traduit par l'écrasement de ce dernier et si le phénomène va se perpétuer.
Dès son premier article, Bazant établit que l'énergie acquise par C lors de son début de descente l'emporte sur la capacité de résistance des colonnes ; d'où l'écrasement de B, puis sa réitération.
    Deux phases sont précisées à l'occasion du deuxième article. Lors de la première, A est détruit progressivement par une descente de C durant laquelle cette dernière conserve son intégrité ; l'écrasement se produit selon un front qui descend, du point de vue de A ou de celui de n'importe quel observateur au sol. Une fois arrivé en bas, avec l'élan acquis, C s'écrase au sol ; lors de cette deuxième phase l'écrasement se produit au niveau du sol ; relativement à C (point de vue d'un observateur perché sur le toit), le nouveau front progresse vers le haut. Cette distinction radicale des phases – connues comme écrasement descendant et écrasement ascendant – est affirmée équivaloir à une destruction simultanée de A et de C.
    Les auteurs établissent que, pendant la première phase, la gravité suffisait à produire l'effondrement progressif et complet des Tours, parce que celles-ci satisfaisaient à un certain critère général, établi en cette occasion.
    Dans un troisième article Bazant traite, dans le cadre de son modèle, de la pulvérisation du béton et des projections.

Faiblesses et lacunes
–  L'analyse des démonstrations révèle des insuffisances de différentes natures ainsi que de multiples  erreurs (#6, #7, #8, #15, #16, #18, #26, #39). Ce ne sont pas des démonstrations réussies.
–  Quant à l'effort de prise en compte des [url=http://forum.reopen911.info/p327524-16-12-2016-11-29-51.html#p327524]]faits|/url], s'il y a progrès par rapport à la théorie du NIST,  d'importantes lacunes subsistent : nuages, cœurs, métal, températures (Point en #40).

Conclusion
    La tentative par Bazant de consolider la théorie du NIST aurait demandé des moyens autrement plus puissants – lui-même le reconnaît – que son modèle fruste et discutable. À ce titre, la théorie qu'il a exposée peut être vue comme un brouillon. Plus de rigueur, toutefois, serait nécessaire pour convaincre
    Mal renforcée, en fin de compte, la théorie du NIST pour les Tours jumelles explique possiblement le démarrage des effondrements, mais ni leur déroulement au-delà, ni les phénomènes majeurs qui les accompagnèrent.


B — WTC 7

De meilleurs connaisseurs de cette autre partie du sujet voudront peut-être prendre le relais.

Hors ligne

 

#4 18-03-2017 07:20:07

Noisse
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Re: Théories pour le WTC

À l'exception de William Tahil, qui a misé sur des réacteurs, les auteurs qui ont avancé une thèse nucléaire ont privilégié la mise en œuvre d'une ou de plusieurs bombes. Plusieurs catégories d'armes ont été évoquées à ce titre sur le Forum : atomiques, thermonucléaires, à neutrons, voire « de quatrième génération ». Les hyperliens en #1 permettent de prendre connaissance assez directement des principales propositions.
    Jusqu'ici aucune de ces théories ne s'est imposée. Il est vrai qu'elles ne sont pas toutes suffisamment élaborées ; mais il est surtout difficile de porter des jugements en toute connaissance de cause en ces matières complexes. Pour qui voudrait poursuivre la quête, malgré tout, aussi loin qu'il se peut, il sera présenté prochainement un panorama des armes nucléaires permettant de situer les hypothèses rencontrées.
    Préalablement je remets un autre panorama, celui des fils du Forum où ces questions ont été abordées. Mis jadis sur ''nouvelles armes'' (en #199) il sera plus à sa place ici. Les fils y sont listés par ordre chronologique d'ouverture.
________________________________________________________

►  Open Letter To Prof. Steven Jones, 23 Reasons 4 Fusion traduit fr (World Trade Center)
http://forum.reopen911.info/t312-open-l … it-fr.html
Ouvert le 30 juillet 2006 par RajOr.
Lettre à Jones de David Shaw (911 Eyewitness) qui s'appuie sur l'EMF (l'expert militaire finlandais).
Suspension le 17 juin 2007.
►  nouvelles armes (Espaces membres / Ground Zero)
http://forum.reopen911.info/t1599-nouvelles-armes.html
Ouvert le 5 octobre 2006 par jeffduth.
Analyses diverses. Critiques de la thèse thermitique.
Le 28 juillet 2014, GTO rente de réanimer avec un article de VT.
►  9 / 11 vu par un militaire (Sources US et Traductions)
http://forum.reopen911.info/t1655-9-11- … taire.html
Ouvert le 7 octobre 2006 par david75cool.
Signale l'EMF dans http://www.saunalahti.fi/wtc2001/soldier5.htm, lien désormais mort.
Fin le 11 octobre, sayan invite à continuer sur nouvelles armes.
►  L'hypothèse d'une bombe à hydrogène miniature (Sources US et Traductions)
http://forum.reopen911.info/t1708-l-hyp … ature.html
Ouvert le 9 octobre 2006 par vigilant.
Reprend l'EMF et signale Ed Ward par son site The Price of Liberty.
Fin le 13 octobre, intégré à nouvelles armes.
►  Mort par radioactivité ou toxicité des poussières?  (World Trade Center)
http://forum.reopen911.info/t1748-mort- … ieres.html
Ouvert le 11 octobre 2006 par Shawford.
Cancers, amiante et radioactivité.
Suspension le 11 octobre 2006.
►  911 – L'IGNOBLE VÉRITÉ... (L'actualité du 11 / 09)
http://forum.reopen911.info/t4433-911-l … erite.html
Ouvert le 17 mars 2007 par poip.
Article de Jacques Dumont sur l'EMF.
Suspension le 20 mars 2007.
►  Explosion nucléaire souterraine au WTC, hoax à confirmer (World Trade Center)
http://forum.reopen911.info/t11186-expl … irmer.html
Ouvert le 12 septembre 2008 par charmord.
Sur Tahill, Khalezov et d'autres.
►  Utilisation de mini bombe nucléaires pour faire exploser les tours (World Trade Center)
http://forum.reopen911.info/t15743-util … tours.html
Ouvert le 11 mai 2014 par milouone.
Sur un article de VT.
Suspension le 16 mai 2014.
►  Les attentats du 11.9: une attaque nucléaire ? (L'actualité du 11/09)
http://forum.reopen911.info/t16033-les- … eaire.html
Ouvert le 15 septembre 2014 par mariflo.
Sur l'article VT du 11 septembre 2014. Confrontation des thèses.
►  Veterans Today (Le 11/9 en général)
http://forum.reopen911.info/t16042-veterans-today.html
Ouvert le 10 octobre 2014 par Noisse.
Articles et Auditions.
►  Steven Jones et la thèse nucléaire (World Trade Center)
http://forum.reopen911.info/t16070-stev … eaire.html
Ouvert le 26 novembre 2014 par Noisse.
Traduction de l'article sur les mini-nuc'
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Ce qui précède a été recopié sans modification aucune.
Rappel : le fil ''Les attentats du 11.9: une attaque nucléaire ?'' a été muni récemment d'une table.
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Ajout du 03-04-2017

Ce fil m'avait échappé à l'époque :
►  Ground Zero : le scandale (World Trade Center)
http://forum.reopen911.info/viewtopic.php?id=7255
Ouvert le 27 septembre 2007 par vigilant.
Une entrée en scène de l'hypothèse nucléaire
Suspension le 2 octobre 2017.

Dernière modification par Noisse (03-04-2017 07:53:03)

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#5 19-03-2017 00:02:21

nanard
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Re: Théories pour le WTC

Bravo pour l'abnégation que ce genre de travail demande !

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#6 20-03-2017 17:05:03

Noisse
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Messages: 549

Re: Théories pour le WTC

nanard a écrit:

Bravo pour l'abnégation que ce genre de travail demande !

Pas du tout ; c'est un plaisir.

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#7 23-03-2017 05:44:28

Noisse
Membre du forum
Date d'inscription: 06-10-2014
Messages: 549

Re: Théories pour le WTC

Les catégories d'armes nucléaires


► Sources
L'évolution des armes nucléaires est couramment structurée en quatre générations (rien à voir avec celles des réacteurs). Dans le but de prendre une vue d'ensemble modérément technique, on peut s'appuyer, en plus des articles de Wikipedia, sur quelques textes tels que :
[1] Un extrait de la fiche ACROnique du nucléaire n°46 « Trois générations d'armes nucléaires ».
http://www.acro.eu.org/Archives/fiche46.html
[2]  André Gsponer « From the Lab to Battlefield? Nanotechnology and Fourth-Generation Nuclear Weapons ».
http://www.paricenter.com/library/papers/gsponer.php
[3] André Gsponer « Fourth Generation Nuclear Weapons : Military effectiveness and collateral effects.
https://arxiv.org/pdf/physics/0510071.pdf
[4] Pour quelques développements scientiques et techniques, se reporter à : André Gsponer et Jean-Pierre Hurni « The physical principles of thermonuclear explosives, inertial confinement fusion, and the quest for fourth generation nuclear weapons ».
https://cryptome.org/2014/06/wmd-4th-gen-quest.pdf
    Des variations s'observent d'un auteur à l'autre. Le vadémecum qui suit reflète principalement le point de vue d'André Gsponer, physicien suisse(1948-2009), évoqué sur le fil ''Les attentats du 11.9: une attaque nucléaire ?'' (en #454) où ses écrits ont aidé à explorer le cas de la bombe à neutrons. Le texte de référence, ici, est l'article de synthèse [3].

► Énergie
    Toutes ces armes ont en commun que de l'énergie est délivrée de façon brutale, comme lors des explosions conventionnelles. Mais alors que, dans ces dernières, elle l'est essentiellement sous la forme de chaleur et de pression (onde de choc), l'énergie des explosions nucléaires est délivrée sous des formes plus diverses, et variables selon les genres d'armes. Sans chercher l'exhaustivité, notons surtout qu'aux effets mécaniques et thermodynamiques (boule de feu, chaleur, onde de choc) s'ajoutent généralement des effets de nature électromagnétique (rayons X, rayons gamma), à quoi s'ajoutent des flux de neutrons.
    La « puissance » d'une telle arme est l'énergie qu'elle délivre (ce n'est donc pas une puissance au sens de la physique). On la mesure par la masse de TNT qui produit l'équivalent. L'unité de base est ainsi la tonne de TNT, ici notée t*. Les multiples courants sont le millier (kt*) et le million (Mt*) de tonnes de TNT.

►  Panorama
Première génération : bombe A (bombe atomique).
La fission de noyaux lourds (uranium, plutonium) percutés par un neutron produit deux (plus rarement trois) nucléides. Elle libère aussi deux ou trois nouveaux neutrons, susceptibles de faire de même à leur tour.
L'initiation se produit spontanément dans une masse suffisante (sur-critique). La réaction en chaîne ne s'entretient que si le < combustible» ne s'éparpille pas. Pour éviter cela on le comprime, le bref temps nécessaire, à l'aide d'explosifs conventionnels (chimiques).
La fraction de la masse transformée en énergie est de l'ordre de 1 % ou un peu plus.
Au rang des effets principaux figure la radioactivité. Puissance courantes : 1 kt* à 100 kt* (Hiroshima : 15 kt*). La miniaturisation est limitée (10 t*) par la nécessité d'une masse minimale de combustible.
Deuxième génération : armes thermonucléaires, principalement la bombe H.
Une arme thermonucléaire fait intervenir, peu ou prou, la fusion de noyaux légers (isotopes de l'hydrogène). Une telle réaction, initiée par une chaleur extrême, dégage de l'énergie et des protons. En soi elle ne cause pas de radioactivité.
    a)  Bombe A dopée
Dans une bombe A renforcée par la fusion d'éléments légers, la fission se trouve suractivée. La puissance en est démultipliée (1 Mt*).
    b)  Bombe H (bombe à hydrogène)
L'opération comporte deux « étages », voire trois.
–  Premier étage : l'explosion d'une bombe A (souvent dopée) comprime le combustible et y déclenche la fusion.
–  Deuxième étage : cette fusion se développe, délivrant l'énergie sous forme de rayons X, lesquels engendrent chaleur et souffle.
–  Troisième étage : les neutrons issus de la fusion provoquent une fission supplémentaire dans les matériaux fissiles environnants.
Au total c'est la fission qui est responsable aux trois quarts du dégagement d'énergie de la bombe H (100 kt* - 100 Mt*) ainsi que de toute la radioactivité.
Troisième génération : on modifie des armes de deuxième génération de manière à accentuer un effet recherché, autre que la puissance. Mises au point dans les années 60-80, elles n'ont guère été déployées. On cite entre autres :
– La bombe à neutrons (ou bombe N)
– Les armes à radiation résiduelle réduite
– Les armes à énergie dirigée
– Les armes à impulsion électromagnétique renforcées
– Les engins de pénétration
Quatrième génération : bombes H à fusion pure, théorisées mais n'existant pas en 2008 et pas attendues avant dix ou vingt ans.
Des recherches, permises par les traités, visent à savoir déclencher une fusion autrement que par l'explosion d'une bombe A. Faire l'économie de la fission permettrait de réduire la puissance à loisir et d'éviter la radioactivité, avantages appréciables sur un champ de bataille. Différentes techniques sont explorées en vue d'obtenir à cet effet une haute densité d'énergie aussi bien pour la compression que pour l'ignition du combustible.
Orientations principales :
– Usage d'un super-laser tel que Mégajoule.
– Compression magnétique.
– Emploi d'isomères nucléaires, dont la désexcitation produit un rayonnement gamma.
– Emploi de l'antimatière, idéal en théorie, mais difficile en pratique. Développements en rapport avec les micro- et nanotechnologies.
Pour de telles armes, dont la puissance pourrait aller de 1 t* à 100 t*, le transfert de l'énergie à une cible (le couplage) serait dix fois supérieur à celui des autres, parce que plus direct (rayonnement neutronique et non onde de choc).

► Remarques
1 – La plupart des chiffres indiqués ci-dessus sont à prendre comme de ordres de grandeur grossiers.
2 – Plus généralement nos connaissances pâtissent de nombreuses incertitudes (réalisation et déploiement des armes, chronologie, etc.).
3 – Les sources utilisées laissent envisager, plus ou moins explicitement, de multiples autres réalisations et conceptions.
4 – Sur les effets des explosions nucléaires, un bon dossier est disponible sur Astrosurf / Luxorion. Parmi ces effets il convient de ne pas négliger l'Impulsion Électromagnétique.

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#8 17-04-2017 15:53:32

Noisse
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Date d'inscription: 06-10-2014
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Re: Théories pour le WTC

Bref prolongement aux théories nucléaires, afin de
–  permettre que la bombe N, tout juste abordée sur le Forum, prenne mieux sa place dans le tableau ;
–  réévoquer des points faisant débat, le tritium notamment ;
–  proposerer un point d'ensemble.

Accès aux connaissances de base

    Wikipédia comporte de multiples articles concernant le sujet : « Armes nucléaires », « Bombe à hydrogène », « Explosion atomique », « Radioactivité », « Retombées radioactives », « Activation neutronique », et cætera.
    Les quelques pages de Luxorion sur les explosions nucléaires donnent une vision d'ensemble appréciable.
    Deux articles de solide vulgarisation d'André Gsponer sont accessibles en copie :
[5] « Bombe : un effet peut en cacher un autre », tiré de Sciences et Vie. Une initiation à la troisième génération.
[6] « La bombe à neutrons », tiré de La Recherche (déjà signalé).

Regard complémentaire sur les bombes A, H, N

    La miniaturisation des bombes A, se heurte à une limite due à la nécessité de rassembler une masse de matière fissile suffisante pour que la réaction en chaîne démarre et se poursuive. Un minimum de 0,5 kt* est souvent évoqué.
    Cette contrainte se répercute sur la miniaturisation des bombes à hydrogène, du fait que l'on ne sait provoquer la fusion que grâce aux cent millions de degrés d'une bombe A. Le combustible des bombes H est en principe un mélange D-T (deutérium et tritium de l'hydrogène ; seul le second est radioactif).
    La bombe à neutrons est une petite bombe H constituée de manière à produire un puissant flux de neutrons avec, en contrepartie, une moindre radioactivité et une moindre puissance (1kt*).
    Les bombes A et H entrent dans les arsenaux stratégiques : leur puissance les rend aptes à détruire les cités et leurs habitants. La bombe N est dite tactique en ce qu'elle est destinée à l'armée ennemie ; c'est une arme antipersonnelle : elle tue plus qu'elle ne détruit.

Effets ultimes des explosions nucléaires

    Connaître la constitution des bombes nucléaires et le déroulement de leur explosion est accessoire ici. L'explosion a pour effet immédiat l'expulsion de matière et d'énergie sous des formes diverses, ce dont les détails ne nous importent pas nécessairement non plus. Plusieurs des articles cités décrivent ces aspects.
    Pour la fission comme pour la fusion, les effets ultimes – sur les humains et leur environnement – se classent en électromagnétiques, mécaniques, thermiques et radioactifs. Tenir compte, dans leur appréciation, du type de bombe et de sa puissance, mais également de la distance au lieu de l'explosion. À titre d'exemple, une idée de la température pour une bombe A de quelques kt* : 100 millions de degrés au cœur de l'explosion ; 100'000°C quelques mètres plus loin ; quelques milliers de degrés à 100 m.
►  L'impulsion électromagnétique engendre des perturbations dans le fonctionnement des systèmes électriques et électroniques, voire leur destruction.
►  On doit à l'onde de choc, due à la pression, les éventuels effets sismiques ainsi que l'effet de souffle au-dessus du sol (1000 km/h) ; une explosion souterraine génère autour d'elle fracturation, liquéfaction, vaporisation.
►  C'est la puissance du rayonnement thermique qui conduit à voir A et H comme des bombes incendiaires avant tout. Les conséquences en sont : pyrolyse, ablation, pulvérisation, vaporisation. La matière ainsi détruite aux alentours, ainsi que celle de la bombe – matériaux fissiles, produits de la fission, tritium – initialement à l'état de plasma, montent dans le nuage, lequel évolue au bon vouloir du dieu Éole. Une condensation s'opère ensuite, produisant des retombées (sub)millimétriques.
►  Trois sources de radioactivité doivent être envisagées.
–  Des rayonnements issu directement de la fission, plus ou moins rapidement mortels.
–  Des retombées venues de l'atmosphère. C'est le cas du tritium, gaz léger qui redescend en pluie sous la forme d'eau tritiée (HTO) ; c'est aussi le cas des produits issus de la fission.
–  L'activation de la matière environnante par les neutrons : le flux de ces derniers rend radioactifs certains des atomes.

Matières à débats

►  Les corrélations mises en évidence par Tahil invitent à envisager une fission nucléaire. Mais, à s'en tenir aux rares mesures connues effectuées au WTC, le surcroît de radioactivité fut négligeable, ce qui pousse à restreindre les hypothèses au cas d'une explosion souterraine.
►  Sur l'activation neutronique les informations portent surtout sur la technique d'analyse chimique qui en dérive. G. Meyer, spécialiste du nucléaire civil, signale sans plus de précision que « Les matériaux usuels s'activent très peu » (p. 2). Avec les bombes N, l'activation affecterait surtout le lieu de l'explosion et cette radioactivité induite diminuerait rapidement ([6], p.11, col.1). Il est donc loin d'être sûr que le phénomène puisse servir à faire objection. Seuls des résultats d'essais militaires, en fait, constitueraient des références solides.
►  Steven Jones a aussi rejeté l'idée d'une bombe thermonucléaire par la considération des taux de tritium, en conflit avec les Vet' sur ce point tout particulièrement, les uns comme les autres prenant pour base les mesures réalisées par le LLNL.
    La critique de Jones sur ce point a été traduite et commentée. Le cœur est est l'affirmation que la  tritium prélevé dans le WTC 6 ne présentait pas une concentration suffisante pour établir une origine thermonucléaire.
    La contre-critique lancée par Prager et Fox sur Veterans Today et disponible sur maint site, a fait valoir que l'importante dilution attribuable aux pluies, à l'arrosage et à l'envahissement de la Baignoire, imposait de réévaluer le résultat de plusieurs ordres de grandeur.
    Une réplique de Jones (dans le commentaire ''In response to Don Fox / tritium'') a fait valoir deux contre-arguments : le manque de preuve sur la dilution et une possibilité de variation locale.
    Sans plus chercher à suivre ces argumentations, on doit déjà reconnaître que le traitement de la question de la dilution est rendu difficile, sinon impossible, par le manque d'informations sur les écoulements de l'eau, sur le site en général et au fond du WTC 6 en particulier. Toutes les interprétations des résultats de mesure reposent ainsi sur des hypothèses sujettes à caution. Il paraît donc prudent de voir dans les « niveaux élevés de tritium » des indices, sans doute intrigants, mais ne suffisant pas à faire preuve.


Conclusions du moment

    Les thèses nucléaires proposent de bonnes pistes pour l'explication de ce qui concerne les températures ainsi qu'une partie des destructions et disparitions. Sur la base du savoir rassemblé, il me paraît permis de conclure qu'il y a là des thèses défendables, mais tout de même pas de certitudes en faveur de l'une ou de l'autre. Si l'on jugeait que les faits parlent suffisamment en faveur d'une hypothèse nucléaire, ou du moins que rien ne l'interdit radicalement, il resterait d'ailleurs à élaborer des scénarios recevables.

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