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#1 13-02-2016 06:02:02

Noisse
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La théorie Ni-Baz

Ni comme NIST, Baz comme BAZANT, bien sûr.

La théorie officielle

Le fil Les faits au WTC a été créé dans l'optique de servir à tous ceux qui voudraient travailler à une explication complète et solide de la destruction du World Trade Center à partir des impacts des Tours jumelles par les aéronefs. Évidemment il est fait aussi pour servir à mettre, ou remettre, à l'épreuve les théories déjà formulées, à commencer par celle qui est considérée comme la théorie de référence, sinon officielle [30.01.17 : Le fil Théories pour le WTC a été créé depuis pour accueillir de tels travaux critiques].

9-11 Research présente un tableau des théories des effondrement spontanés ; entendant par là : s'étant produits du fait des seuls impacts d'avions et de leurs conséquences physico-chimiques.

La théorie de référence est considérée usuellement comme étant constituée de l'analyse que le NIST a fournie pour expliquer le déclenchement de chacun des deux effondrements à quoi s'ajoute ce que Zdenĕk Bažant a développé pour expliquer leur continuation jusqu'à complète destruction.

Pour prendre un peu de recul, rappelons-nous que la FEMA a proposé une explication de l'effondrement des Tours, dans FEMA 2 (le chapitre 2 de son rapport World Trade Center Performance Study, mai 2002). D'après elle les désordres structuraux causés par les incendies auraient affecté les colonnes externes. Il s'en serait suivi des ruptures dans les soutiens des planchers, conduisant ces derniers à tomber les uns sur les autres. La poursuite de l'effondrement reçoit alors l'explication suivante, sans plus de justification : une partie de l'énergie potentielle de l'immeuble s'étant mue en énergie cinétique le processus progressif de destruction des planchers se serait poursuivi de manière accélérée. Les colonnes internes, pour leur part, bien que présentes sur plusieurs schémas, avaient été évoquées superficiellement dans la description préalable des immeubles. Elles sont un peu présentes dans la description du déclenchement de l'effondrement, étant même estimé possible que leur affaiblissement ait pu y prendre une part décisive.

Connaître la part Ni de Ni-Baz demande de lire NIST 6, partie 6 du rapport NCSTAR (septembre 2005), qui expose le « déroulement probable de l'effondrement » des Tours. Les résumés s'en trouvent en NIST 6 même, dans les 'Figures' 9-8 (p.299), et 9-14 (p.306). Synthétisons comme suit la cause alléguée du déclenchement : pour chacune des Tours l'impact avait induit des désordres structuraux et les incendies avaient affaibli l'acier ; la conjonction de ces effets produisit la chute en bloc de ce qui se trouvait au-dessus de la zone de l'impact. La différence d'avec FEMA 2 est que l'importance des colonnes centrales est pleinement reconnue et précisée.Pour la poursuite de l'effondrement, les deux résumés déclarent, in fine et à l'identique, que « La variation de l'énergie potentielle due au mouvement vers le bas de la masse du bâtiment située au-dessus des colonnes déformées excéda l'énergie de tension qui pouvait être absorbée par la structure. L'effondrement global s'ensuivit. » (aux pages 300 et 308). Cette double affirmation,  plusieurs fois assénée par ailleurs (notamment aux pages lxiii, lxviii,lxxiii, 250, 273, 300, 304, 309, 319) ne fait l'objet d'aucune démonstration, du moins dans NIST 6.

Bien que Bazant ait commencé d'exposer sa propre conception des effondrements dès le 13 septembre 2001, il est permis de dire que c'est dans ses travaux que l'on trouve un prolongement à ce qui précède, c'est-à-dire les explications de la poursuite des effondrements qui manquent de manière si flagrante, tant  dans NIST 6 que dans FEMA 2. Le propos du présent fil est de prendre une vision d'ensemble des travaux de Bazant sur le sujet, d'évoquer les discussions et prolongements auxquelles ils ont déjà donné lieu, et de favoriser ainsi la confrontation de la théorie de référence avec les faits. La pdf-ographie qui vient devrait faciliter la navigation.

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 06:55:22)

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#2 16-02-2016 07:38:38

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Les publications de Zdenek Bazant sur la chute des Tours jumelles

On trouve, dans le Journal of 9-11 Studies, publiée en avril 2013 par Thimothy Eastman et Jonathan Cole, une revue des publications techniques relatives à la destruction du WTC. Dans le tableau synoptique (aux pages 9 à 13), il apparaît que Zdenek Bazant a co-signé une dizaine de publications, presque toutes dans le JEM, le Journal of Engineering Mechanics édité par l'ASCE (American Society of Civil Engeneers).

Le premier article (avec Zhou, en décembre 2001) fait exception et peut être oublié puisqu'il est devenu celui de janvier 2002 dans le JEM. Pour le reste il faut savoir que la publication d'un article dans cette revue est suivie – du moins pour ceux qui concernent notre affaire – d'articles de discussion, écrits par d'autres, et d'un article de clôture signé de Bazant et du même co-auteur (quoique pas systématiquement). On trouve ces Discussions and Closure sur un même pdf. On voit dans le tableau d'Eastman et Cole, par exemple, que l'article de janvier 2002 qui vient d'être évoqué a suscité une 'Discussion' de Sivakumar, publiée en juillet 2003, avec 'Clôture' par Bazant et Zhou à la même date. Des Objections, si l'on veut, avec Réponses aux Objections.

On se retrouve ainsi avec quatre publications principales, chacune suivie des ses 'Discussions et Clôture'. Les quatre principales sont cotées ci-dessous Baz-1,..., Baz-4. Les Discussions and Closure qui leur correspondent respectivement sont cotées Baz-1bis, etc. ; les noms des auteurs des Discussions sont ici suivies (après le  ♦ ) de ceux des signataires de la Clôture.

► Baz-1  —  Zdenek BAZANT - Yong ZHOU  —  janvier 2002  PDF
« Why Did the World Trade Center Collapse ? — Simple Analysis »

•  Baz-1bis  —  Sivakumar  ♦  Zdenek BAZANT - Yong ZHOU  —  juillet 2003  PDF

► Baz-2  —  Zdenek BAZANT - Mathieu VERDURE  —   mars 2007  PDF
« Mechanics of Progressive Collapse : Learning from World Trade Center and Building Demolitions »

•  Baz-2bis  —  Gregory SZULADZINSKI, James GOURLEY  ♦  Zdenek BAZANT - Jia-Liang LE  —  octobre 2008  PDF

► Baz-3  —  Zdenek BAZANT - Jia-Liang LE - Frank GREENING - David BENSON  —  octobre 2008  PDF
« What Did and Did not Cause Collapse of WTC Twin Towers in New York ».

•  Baz-3bis  —  Anders BJÖRKMAN  ♦  Jia-Liang LE - Zdenek BAZANT  —  juillet 2010  PDF

► Baz-4  —  Jia-Liang LE - Zdenek BAZANT   —  janvier 2011  PDF
« Why the Observed Motion History of World Trade Center Towers Is Smooth ».

•  Baz-4bis   — Crockett GRABBE  ♦  Zdenek BAZANT - Jia-Liang LE —  octobre 2012 PDF


Ces publications ont bien sûr suscité nombre de réactions et de discussions, parmi lesquelles celles que voici.

Articles du Journal of 9/11 Studies
•  Gordon Ross, sur Baz-1 : Momentum Transfer Analysis of the Collapse of the Upper Storeys of WTC 1 (juin 2006)
•  Gordon Ross, sur Baz-1 : NIST and Dr. Bazant - Simultaneous Failure (mai 2007).
•  Graeme MacQueen, Tony Szamboti, sur Baz-1 et Baz-2 : The Missing Jolt: A Simple Refutation of the NIST-Bazant Collapse Hypothesis (janvier 2009).

Autres critiques
•  Présentation de Baz-1 sur 9-11 Research
•  Analyse sur '9-11-01 History Archive' : Bazant's 4 Papers Reviewed ; les quatre articles examinés sont Baz-1, Baz-2, Baz-2bis, Baz-3.
•  Charles Beck, sur Baz-2 : Role of Compaction Ratio in the Mathematical Model of Progressive Collapse

Sur le Forum
•  FFI : Requiem pour la théorie de l'effondrement progressif?
•  Un nouvel article de Bazant et Cie
•  Bjorkman, ingénieur suédois : le feu n'a pas fait s'effondrer le WTC
•  Bazant une critique tres tres tres tres, ...tres modeste
•  http://www.bastison.net/
•  BAZANT/NIST/Mooréa... Pulvérisation d'un mythe physiquement incorrect.


Reste à prendre connaissance du contenu de chaque Baz-, ou du moins de sa quintessence, et à y repérer ce qui mériterait encore approfondissement ou critique.

Dernière modification par Noisse (24-02-2016 18:27:53)

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#3 16-02-2016 11:33:49

inam56
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Re: La théorie Ni-Baz

Noisse a écrit:

les deux résumés déclarent, in fine et à l'identique, que « La variation de l'énergie potentielle due au mouvement vers le bas de la masse du bâtiment située au-dessus des colonnes déformées excéda l'énergie de tension qui pouvait être absorbée par la structure. L'effondrement global s'ensuivit. »

Bonjour Noisse

Sur ce point, un calcul théorique en une dimension comme celui de Bazant, est bien trop simplifié pour une structure comme celle des twins. Lâcher une plaque d'acier de 1 tonne sur une structure type cage à poule n'aura pas le même effet que lâcher une tonne de sable. La granularité de "ce qui tombe" doit être pris en compte.

Et il est visible sur les vidéos que la structure supérieure se décompose avant de tomber sur la partie basse des tours et qu'aussi beaucoup de "matière" tombe à l'extérieur de l'empreinte au sol des tours.

http://img6.leboncoin.fr/images/d81/d81536b11ed10d9468967ca0e6339c9e8de0fbf6.jpg

Pour ce qui est du WTC7, j'ai bien potassé les plans et je suis volontaire pour décortiquer les incohérences et simplifications dans le rapport du NIST ou les "explications" de Quirant sur bastison.net.

Dernière modification par inam56 (16-02-2016 11:35:35)


Seuls les petits secrets ont besoin d’être protégés, les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique. Marshall Mc Luhan.

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#4 16-02-2016 18:24:17

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

– Le rapport aux faits bien établis est certainement le grand problème pour Nist-Baz, qui n'est jamais qu'une théorie parmi d'autres ; nous allons y venir ; la priorité est d'en prendre une connaissance exacte.

– L'idée du sable est bonne. J'avais envisagé une tonne d'œufs de poule, mais dans cette affaire la granularité est sans doute plus intéressante que la fragilité.

– WTC 7 : mille fois oui. Bon travail, inam !

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#5 17-02-2016 15:31:43

inam56
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Re: La théorie Ni-Baz

Noisse a écrit:

– L'idée du sable est bonne.

L'idéal serait d'utiliser une pluie de "gravats" wink

Pour le wtc7, je ferai une synthèse des problèmes que (me ?) pose la théorie de l'effondrement interne.


Seuls les petits secrets ont besoin d’être protégés, les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique. Marshall Mc Luhan.

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#6 18-02-2016 09:06:12

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Baz-1  —  BAZANT, ZHOU  —  2002
« Pourquoi le World Trade Center s'est-il effondré ?  —  Analyse simplifiée »

À noter que Baz-1 n'est pas cité dans les références de FEMA 2 mais l'est dans celles de NIST 6 (p. 327), dans lequel la théorie de Bazant est sommairement présentée avec le sous-titre 'Northwestern University' (p. 323).

Résumé : « Cet article présente une analyse approximative simplifiée de l'effondrement complet des tours du World Trade Center à New York le 11 septembre 2001. L'analyse montre que si l'échauffement prolongé a conduit la majorité des colonnes d'un unique étage à perdre leur capacité à supporter leur charge, la tour en a été entièrement détruite. »

Le scénario retenu est voisin des précédents (FEMA et NIST) : les températures étant montées à plus de 800°C dans un étage, celui-ci s'est affaibli au point de lâcher. Ce qui était au-dessus (partie C selon les notations de Baz-2) tomba, pratiquement en chute libre, sur la partie inférieure A de la Tour, ce qui produisit la destruction d'un groupe d'étages dans le haut de A. La masse de la partie détruite B s'ajoutant à celle de C, une nouvelle chute produisit une nouvelle destruction en-dessous et ainsi de suite jusqu'au bout.

L'analyse quantitative, déclarée très simplificatrice mais prudente, prend des voies surtout énergétiques. La partie A est d'abord modélisée par un ressort que C comprime par sa chute. Sur cette base la confrontation des énergies potentielle et élastique de A sert à établir que les colonnes de l'étage impacté étaient très loin de pouvoir absorber le supplément de charge dû à l'impact. Toutefois rien n'est dit, à ce stade, de la suite de la désagrégation de la Tour (mettant à part des hypothèses sur les modes de fracturage, p.3).
Une analyse complémentaire montre alors que l'énergie cinétique acquise par C dépassait de loin la capacité des colonnes à l'absorber sous forme d'énergie plastique (déformation et fracturation) ; d'où la destruction de l'étage impacté. Cette disproportion se reproduisant en-dessous, et même de manière accentuée, l'effondrement de proche en proche de tout le bâtiment était inévitable, à une vitesse de l'ordre de celle de la chute libre.

Eu égard à l'objet de Baz-1, qui n'était pas d'expliquer par le menu l'effondrement des Tours mais seulement d'établir qu'une fois commencé celui-ci devait se poursuivre jusqu'au bout et être complet, on est en droit de  s'interroger sur deux aspects de l'achèvement de l'écroulement. D'une part le devenir du « corps rigide » C n'est pas traité. Que penser, d'autre part, du maintien momentané de la partie basse des cœurs dans chacune des Tours ?
On remarque par ailleurs que dans le bilan énergétique, ni la pulvérisation du béton, ni son éloignement en nuage ne sont pris en compte.

Trois Annexes suivent les analyses. La deuxième montre pourquoi l'inclinaison de C ne devait pas donner lieu à un basculement complet.

Un Addendum de mars 2002, placé à la fin du pdf, aborde diverses questions soulevées par des lecteurs de l'article.

Dans Baz-1bis K. Sivakumar émet des réserves sur quelques unes des hypothèses retenues pour la constitution du modèle et il y est fait réponse.

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 06:57:52)

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#7 20-02-2016 11:15:30

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Baz-2   —  BAZANT, VERDURE  —   2007
«  Mécanique de l'effondrement progressif : leçons du World Trade Center et des démolitions de bâtiments »

Résumé : « L'effondrement progressif est un mode de défaillance qui concerne grandement les bâtiments élevés, et c'est typique aussi des démolitions de bâtiments. L'exemple le plus tristement célèbre est l'effondrement des tours du World Trade Center. Après avoir revu la mécanique de leur effondrement, on analyse le mouvement durant l'écrasement d'un étage ou d'un groupe d'étages ainsi que son énergétique, et l'on développe un modèle dynamique continu à une dimension de l'effondrement progressif. Plutôt que d'user d'une classique homogénéisation, il est trouvé plus efficace de caractériser le continuum par un équivalent énergétique discrétisé. L'effondrement, dans lequel il faut distinguer deux phases – un écrasement descendant (crush-down) suivi d'un écrasement ascendant (crush-up) – est décrit dans chacune de ses phases par une équation différentielle du second ordre non-linéaire pour la propagation du front d'écrasement d'un bloc compact de masse allant s'accumulant. Des expressions sont formulées pour des potentiels d'énergie cohérents et une solution analytique exacte est donnée dans un cas particulier. Il est montré que l'effondrement progressif sera enclanché si la perte totale d'énergie (interne) lors de l'écrasement et la compactification d'un seul étage (égale à l'énergie dissipée diminuée de la perte du potentiel gravitationnel lors de l'écrasement de cet étage) excède l'énergie cinétique impactée à cet étage. Quelle que soit la capacité de charge des colonnes, il n'y a pas moyen de nier l'inévitabilité de l'effondrement progressif produit par la seule gravité si le critère est satisfait (pour le World Trade Center il est satisfait avec une marge d'un ordre de grandeur). Les paramètres sont le ratio de compactification de l'étage écrasé, la fracture de la masse  éjectée hors du périmètre de la tour, et la dissipation d'énergie par unité de hauteur. Le dernier est le plus important, mais le plus difficile à prédire par la théorie. On discute de ce que, en utilisant l'analyse inverse, on pourrait déterminer les paramètres à partir d'un enregistrement précis du mouvement des étages d'un immeuble en effondrement. Du fait d'un voile de poussière et de fumée, les vidéos du World Trade Center ne sont que d'une utilité limitée. Il est proposé d'obtenir de tels enregistrements en surveillant  (avec une précision d'une milliseconde) le déroulement précis des déplacements dans les différents modes de démolition des bâtiments  L'enregistrement pourrait être effectué avec une télémétrie en temps réel par des accéléromètres sacrifiés, ou par une caméra optique à haute vitesse. L'information qui en résulterait sur la capacité d'absorption de l'énergie serait précieuse pour le classement de divers systèmes structurels et pour inférer leur mode d'effondrement lors d'incendies extrêmes, d'explosion interne ou externe, d'impacts d'autres genres d'attaque terroriste, aussi bien que de tremblement de terre et de mouvement des fondations. »

Baz-1 est réaffirmé valide, si ce n'est qu'il est admis que la température était 600°C et non plus de 800°C. Le propos de Baz-2 est de préciser la théorie des modalités de l'effondrement afin d'en tirer des leçons utiles. Sont pris en compte des déformations des colonnes, des éjections de matière, la compactification des matériaux écrasés, de phases de décélération et d'accélération de la descente. Un critère de déclenchement est établi par des considérations énergétiques. La méthode de constitution d'un modèle est précisée. Quatre « hypothèses simplificatrices » sont formulées (p. 312, col. 2). Deux phases sont distinguées : (I) la destruction descendante de la partie inférieure A, écrasée par la chute de la partie supérieure C ; (II) la destruction ascendante de C qui s'écrase enfin sur les décombres. L'idée de deux  destructions simultanées est envisagée sous une forme stochastique : des phases descendantes et ascendantes pourraient se succéder de manière aléatoire et rapidement ; « l'analyse stochastique, cependant, ne produirait au total que peu de différence et sort du champ de l'article. » (p. 313, col. 1). Le modèle est ensuite développé sous la formes d'équations différentielles.

Pour ce qui est du rapport aux faits, il apparaît que le devenir de C est abordé théoriquement, mais cependant  pas celui des cœurs des Tours. Ni la pulvérisation du béton, ni le développement des nuages ne le sont, ce qui pourrait se défendre par l'objectif donné à cette étude, à savoir tirer des leçons applicables à la stabilité d'autres gratte-ciels. La théorie N-Baz, à ce stade, n'en est pas moins incomplète (abstraction faite de la valeur explicative de ce qui a déjà été fait).

On peut considérer que la partie fondamentale de l'analyse est la section « Motion of Crushing Columns of One Story and Energy Dissipation (Mouvement d'écrasement des colonnes d'un seul étage et dissipation de l'énergie) » et tout particulièrement le passage allant de la page 310 au bas de la page 311. Concepts et méthodes y sont précisés à l'occasion de l'établissement du critère de déclenchement. Sans l'analyser en détail à ce stade, relevons quelques points sur lesquels la lecture peut accrocher.
1 • Il importe tout d'abord de bien distinguer les deux étages à propos desquels il est question d'impact :
a) L'étage détruit par les incendies, à la suite de l'impact de l'avion sur la Tour, et que l'on pourrait noter D. La partie C, n'y trouvant plus de résistance, le traverse (ou plutôt l'écrase) en chute quasi libre. D n'est pas toujours clairement distingué de C dans le texte.
b) L'étage heurté par C (elle-même augmentée en principe de D), est appelé B sur les figures une fois compacté.  Rien n'empêche qu'il soit désigné par cette lettre dès avant la collision ; ainsi peut-on dire que C, étant tombée à travers D, impacte B, l'écrase et le compactifie.
2 • Les auteurs ne manient pas de grandeurs vectorielles (forces, accélérations, vitesses) ; toutes les leurs sont numériques. Pour chaque  grandeur qui apparait, il y a donc lieu de se demander si elle est algébrique (c'est-à-dire susceptible d'être négative aussi bien que positive) ou arithmétique (c'est-à-dire nécessairement positive).
3 • Écrire v0=u*(u0) – l'étoile remplace ici le point supérieur de la dérivation par rapport au temps – semble attribuer la variable u à la fonction u*. Bien entendu il n'en est rien ; la notation est à prendre comme un raccourci pour 'vitesse à l'instant où u vaut u0'.
4 • La formule v = m / (m + mF) fait de v une grandeur sans dimension (sans unité) ; il y manque donc quelque chose. Considérons le système constitué de C (en négligeant l'étage détruit D) de masse impactante m, et du plafond F de B, impacté par C et de masse mF. Sa quantité de mouvement totale avant la collision est m.vi + mF.0 ; après elle est (m + mF).v car C et F descendent ensemble. La conservation de la quantité de mouvement conduit ainsi à v = vi × (m / m + mF).
5 • Le texte évoque des états d'équilibre, en u0 et en uc principalement, positions où l'accélération de C est nulle, mais où sa vitesse ne l'est pas. Il ne s'agit donc pas de la notion d'équilibre usuelle en mécanique.
6 • Il est question d'une énergie dissipée (par les colonnes) W(u) et d'une énergie perdue (des colonnes) F(u), différentes l'une de l'autre. Ces expressions étant souvent interchangeables en physique, il y a matière à s'interroger sur le sens qu'elles reçoivent ici.

Baz-2bis
Gregory Szuladzinski conteste, calculs numériques à l'appui, la possibilité d'une chute ininterrompue.
James Gourley conteste la séparation des deux phases et attire l'attention sur divers points, comme la variation d'épaisseur des colonnes et les températures.
Le et Bazant répondent scrupuleusement à chacun.

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 07:01:08)

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#8 22-02-2016 09:25:51

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Baz-3   —   BAZANT,  LE,  GREENING, BENSON  —  2008
« Ce qui causa et ce qui ne causa pas l'effondrement des Tours jumelles à New York »

Résumé : « Des analyses antérieures de l'effondrement progressif ont montré que la seule gravité suffit pour expliquer l'effondrement complet des tours du World Trade Center (WTC). Il reste cependant à vérifier si les récentes allégations de démolition planifiée ont une valeur scientifique. La présente analyse prouve que ce n'est pas le cas. Il a été montré que l'enregistrement vidéo disponible pour quelques premières secondes d'effondrement est en accord avec le pas-à-pas du mouvement calculé à partir de l'équation différentielle de l'effondrement progressif, mais, en dépit de la valeur incertaine de certains paramètres, il est totalement en désaccord avec l'hypothèse de la chute libre, sur laquelle ces allégations reposent. Il est montré  que l'intervalle des tailles observées pour les particules de poussières de béton pulvérisé (0,001 mm – 0,1 mm) est cohérent avec la théorie du broyage causé par impact, et que moins de 10 % de l'énergie gravitationnelle totale, convertie en énergie cinétique, suffisait à produire cette poussière (tandis qu'il aurait fallu installer plus de 150 tonnes de TNT par tour, dans de nombreux petits trous forés dans le béton, pour produire la même pulvérisation). L'air éjecté du bâtiment par l'effondrement gravitationnel doit avoir atteint, près du sol, la vitesse de presque 500 mph (ou 223 m/s, ou 803 km/h) en moyenne, et les fluctuations doivent avoir atteint la vitesse du son. Ceci explique les boums forts et le large étalement de béton pulvérisé et d'autres fragments, et montre que la limite inférieure du nuage de poussière ne pouvait pas avoir coïncidé avec le front de destruction. Les forces de résistance dirigées vers le haut dues à la pulvérisation et à l'éjection d'air, de poussière et de fragments solides, négligées dans les études précédentes, sont trouvées être négligeables pendant les toutes premières secondes de l'effondrement mais pas insignifiantes près de la fin de l'écrasement descendant. La durée calculée de l'écrasement descendant est trouvée s'accorder avec une interprétation logique des enregistrements sismiques, tandis que la durée de la chute libre est en désaccord complet avec cet enregistrement. »

Il est expliqué préalablement pourquoi discuter des températures est inutile. Après quoi une analyse plus fine que dans Baz-2 (détaillée dans l'Annexe) démontre que les écrasements descendant et ascendant ont lieu simultanément, mais que leur dissymétrie rend imperceptible cette simultanéité et, en conséquence, la distinction des phases I et II est « presque exacte » (page 3). Les auteurs procèdent ensuite à d'autres affinements de la théorie, tenant mieux compte notamment de la diversité des formes de dissipation de l'énergie. Ils analysent quantitativement les éjections air, causes selon eux non seulement d'expulsions de matériaux, mais aussi de bruits d'explosions. Puis une étude de la désagrégation du béton établit que l'énergie potentielle disponible suffisait largement pour justifier la pulvérisation observée, le besoin étant de 865 J / kg. Une réfutation de l'hypothèse thermitique est avancée. En conclusion Bazant, Le, Greening et Benson constatent l'accord de leur modèle avec les observations, elles-mêmes évoquées sous huit chefs, parmi lesquels l'apparition du nuage de poussière (à noter cependant l'absence d'une véritable  théorie de son expansion).

Baz-3bis
Anders Björkman conteste le modèle, chiffres à l'appui, en prenant le relais de MacQueene et Szamboti (2009). Les auteurs contestent ses différentes objections.

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 07:02:42)

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#9 23-02-2016 07:08:11

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Baz-4  —  LE - BAZANT  —  2011
« Pourquoi le déroulement du mouvement observé au World Trade Center est sans à-coups »

Résumé : « L'effondrement des tours du World Trade Center fut initié par l'impact de la partie supérieure tombant sur l'étage intact en dessous. Au moment de l'impact, la vitesse de la partie supérieure devait avoir diminué. Le fait qu'on ne puisse pas discerner de diminution de la vitesse sur les vidéos du tout début mouvement du haut de la tour a été exploité récemment pour proclamer que l'explication des effondrements généralement acceptée dans la communauté de la mécanique structurale était invalide. Il est montré ici que la proclamation en est sans fondement. Les calculs montrent que la chute de la vitesse est trop faible pour être perceptible sur les enregistrements vidéo d'amateur et beaucoup plus petit que l'erreur inévitable avec de tels enregistrements vidéo. »

MacQueene et Szamboti avaient publié en janvier 2009, dans le Journal of 9/11 Studies, leur article « The missing Jolt: A Simple Refutation of the NIST-Bazant Collapse Hypothesis (Le saut manquant : une réfutation simple de l'hypothèse NIST-Bazant sur l'effondrement) ». Baz-4 semble leur répondre, sans toutefois les nommer : les références se limitent à cinq articles cosignés par Z. Bazant. Deux pages de calculs sont censés prouver l'insuffisante précision des moyens d'enregistrement pour déceler les faibles discontinuité de la vitesse de chute de C.

Baz-4bis
Grabbe discute la pertinence du modèle sur plusieurs points, dont son caractère unidimensionnel.
Bazant et Le répliquent point par point.

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#10 23-02-2016 12:37:51

nanard
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Re: La théorie Ni-Baz

Ah ! Il est bien ce Bazant, pourquoi n'avons nous jamais su qu'il y avait une telle hauteur entre deux étages ?

C'est vrai qu'avec moins de 3 mètres entre plancher, l'accélération à le temps d'être fulgurante ! Des étages Porsche sans doute roll

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#11 24-02-2016 09:24:42

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

La trajectoire de la théorie Ni-Baz

En jetant un coup d'œil synthétiseur, il apparaît que la théorie Ni-Baz est allée se perfectionnant, entre autres pour répondre à la pression des rivales. Baz-1 était un essai léger, promptement élaboré, qui délaissait le détail du déclenchement de l'effondrement pour ne théoriser, à travers les variations d'énergie, que la perpétuation. Le NIST à l'inverse, ayant développé un scénario détaillé de la phase initiale, laissa la suite en plan. Après raccord entre Ni et Baz sur les températures admissibles, Bazant reprit ses conceptions de manière poussée. On peut dire que Baz-2 présente le cœur de sa théorie, faite de critères et de la modélisation des deux phases d'écrasement. Baz-3 est venu développer et préciser Baz-2 sur plusieurs points, afin de mieux contrer les hypothèses de démolition par explosifs et Baz-4 a tenté une réponse subtile sur l'absence de discontinuité dans le mouvement observé.

La confrontation de cette théorie avec les observations reste à pousser plus avant sur plusieurs aspects : les projections de poussière et de matériaux, le maintien provisoire des cœurs, la pulvérisation du béton et autres matière, l'expansion des nuages, le métal fondu.

Tout en y revenant, peut-être ne serait-il pas inutile de se frotter un petit peu plus au mode d'argumentation physique qui se déploie dans ces articles, par exemple en lisant attentivement ce qui est désigné en # 7 comme ''partie fondamentale''. On y est introduit, mieux que par Baz-1, aux premières notions dynamiques, aux notations, aux calculs et aux modes de raisonnement de la partie Baz de la théorie.

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#12 24-02-2016 10:34:57

charmord
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Re: La théorie Ni-Baz

Cher Noisse, merci pour ton travail acharné.

Voici un lien qui renvoie à l'essentiel de la littérature scientifique à propos des attentats :
http://aneta.org/911Experiments_com/index.htm

J'insiste spécialement sur les articles de C. Grabbe mais Korol et Greening, ce dernier, ayant visiblement viré de bord à la lumière de ses derniers articles critiquant le modèle et les calculs de Bazant, sans qu'il n'y ait eu de réponse de sa part.


La manière la plus sûre de corrompre une jeunesse est de l'instruire a tenir en plus haute estime ceux qui pensent de même que ceux qui pensent différemment."

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#13 24-02-2016 18:24:24

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Voilà une plate-forme précieuse, en effet. Pour ce qui est de représenter NiBaz, Bazant y est tout de même bien seul (dans les bas-fonds, avec triste mine et indication de l'unique Baz-3).

Quant à Greening, charmord, tu penses certainement à F. R. Greening (connaît-on ses prénoms ?) et non à Franck Greening. F. R. avait pris ses distances avec le NIST à l'occasion de la sortie du rapport NIST 9, relatif au WTC 7 et c'est ce qui apparaît sur ANETA. Aurait-on des liens permettant d'étudier son évolution par rapport aux position de Bazant ?

Merci, en tout cas, pour ces pistes.
________________________________

P. S.
1. Erreur de ma part : F. R. n'est autre que Frank.
2. Dès 2006, donc avant la sortie de Baz-2 et a fortiori de Baz-3, Greening rejetait la stricte séparation des écrasements ascendant et descendant.

Dernière modification par Noisse (24-02-2016 19:59:42)

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#14 24-02-2016 19:08:44

charmord
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Re: La théorie Ni-Baz

Il y a deux articles de Bazant dans le listing qui n'est clairement pas pro-VO.

Je pensais surtout à ces articles-ci de Korol, dont l'un écrit avec Greening, celui-ci :

http://aneta.org/911Experiments_com/art … -libre.pdf

Je t'en conseille la lecture, toi qui y comprendras quelque chose ;-)


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#15 25-02-2016 00:29:23

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

La partie fondamentale de Baz-2

Le but de la ''partie fondamentale'' est l'établissement d'un critère de déclenchement de l'effondrement complet.

Le présent commentaire, qui n'est pas une lecture intégrale ligne à ligne, espère apporter quelques éclairages sur les éléments du texte qui font difficulté. Les interprétations proposées ne se prétendent pas vérités définitives.

Ce qui suit demande de posséder les rudiments de la mécanique newtonienne (accélération, force, travail, énergie). Ce qu'est la force d'inertie sera expliqué le moment venu.

1. Mise en place

a. Scénario

Quatre ou cinq systèmes, ou de sous-systèmes, sont à prendre en compte : l'étage D (unique, pour schématiser) affaibli par l'incendie ; la partie C de la Tour située au-dessus de D, vue comme un bloc rigide, de masse m(z), qui en vient à choir à travers D ; l'étage B (unique également ici) que C vient percuter ; A est la partie de la Tour en-dessous de B ; 'F', enfin, est la désignation par l'article du plafond de B (ou plancher de D). Ce F est évoqué en # 7 (observation n° 4) ; mais la lettre F servira désormais à autre chose. De haut en bas, on a donc C, D, B, A. Les limites ne sont pas toujours nettement tracées : on ne sait pas bien si D est intégré à C lors de la chute de celle-ci, ni si A inclut B avant percussion de ce dernier par C. Ces subtilités ne jouent toutefois pas dans la partie fondamentale.

Les étapes du scénario, après l'impact de l'avion et les incendies, sont l'affaiblissement de D, la chute de C que cela amène, la percussion de B par C, l'écrasement de B qui s'ensuit ; puis la réitération de la séquence chute-percussion-écrasement. Se pose la question de savoir si, compte tenu de la résistance rencontrée, la partie C, augmentée des restes de B (si ce n'est de ceux de D), a la capacité de descendre heurter le nouvel étage supérieur B' de A et de lui faire subir le même sort qu'à B ? Le critère annoncé est une condition nécessaire et suffisante pour qu'il en aille ainsi.

b. Notation des grandeurs

Conventions d'écriture : toute grandeur vectorielle (force, vitesse, etc.) est désignée par un symbole gras : X. La valeur (ou norme, module, intensité, etc.) de X est notée X (c'est une grandeur arithmétique). En particulier : 0 est le vecteur nul, de norme 0. Un axe étant choisi, la mesure algébrique de X est notée X. On a donc : X = | X |. Notation du produit scalaire : X·Y (point · par Alt + 0183).

La variation d'une grandeur Y (quelle que soit sa nature) est la différence (Y finale) – (Y initiale). La notation traditionnelle ΔY ( Δ en tant qu'initiale de « différence ») est utilisée ici pour autre chose que des variations.
Les notations de l'article sont respectées, sauf Y* pour dY/dt ainsi que quelques allègements estimés raisonnables, tels que m pour m(z).

c. Forces réelles

Trois forces principales agissent effectivement sur les corps considérés : F, R, P.
F est l'action résultant de la charge imposée à B (en ses colonnes) durant l'écrasement. Son intensité F est notée F(u) dans le texte, où u est la distance (variable) parcourue par C vers le bas. La courbe de la Fig. 3 montre l'évolution envisagée pour F : vive croissance dans la phase de la réponse élastique des colonnes de B, puis diminution de F lors du passage à la phase plastique (déformations définitives et ruptures) et enfin réaugmentation brutale une fois B compacté.
R = – F est la réaction sur C ; c'est la résistance que B oppose à l'écrasement.
P, enfin, est le poids de C, avec P = m.g.

Le bloc C est ainsi soumis à P et à R donc, au total, à PF. Désignons son vecteur-vitesse par v et son vecteur-accélération par a.
Avec un axe orienté vers le bas, on a, compte tenu de ce que C ne fait que descendre, v = v = u* (c'est le v du texte), ainsi que a = u** = v* (pas nécessairement positive).

L'application du principe fondamental de la dynamique donne : m.a = P + R = PF, ce qui se traduit, comme prouvé en mathématiques, par une relation analogue pour les mesures algébriques : ma = PF. D'où mu** = P – F. On obtient bien m.u** = m.g – F.

d. Force d'inertie

Pour comprendre l'invocation par le texte de la force d'inertie, introduisons un référentiel mobile R défini par le solide C: des axes liés à C descendent en restant parallèles à eux-mêmes. C est au repos, évidemment, par rapport à R . Son accélération a relativement à R est donc nulle. La force d'inertie d'entraînement est, par définition, f = – m.a ; d'où f = – mu**.
Les forces d'inertie sont des forces fictives. La plus populaire – grâce à la météorologie – est sans doute la force de Coriolis. Ici il s'agit d'une autre, la force d'inertie d'entraînement, liée à la translation de R. La force d'inertie f est censée « expliquer » l'immobilité de C par rapport à R, qui n'est qu'apparente, en s'opposant à la résultante des forces qui agissent réellement sur C, à savoir P et R. L'application du principe fondamental prend, dans R, qui n'est pas galiléen, une forme adaptée : la force d'inertie intervient comme si elle était une force réelle parmi d'autres : m.a = P + R + f[/b]. Puisque ici a = 0, on obtient : m.0P + R + f, d'où f = – RP = FP (Principe de d'Alembert).
Ceci se traduit, sur l'axe vertical, par f = FP, ce qui donne f = | F – P | (l'intensité f est positive par nature) ;  on ne peut pas écrire pour autant f = F – P.  On n'a  f = F – P  que lorsque F > P, ce qui n'est exact que sur [u0, uc]. L'article n'est pas bien clair sur ce point : F – P y semble appelé à tort force d'inertie ; la « différence entre courbes » demanderait une définition précise pour que l'on puisse en juger.

Le texte et le figure 3 introduisent les écritures ΔFa et ΔFd. Dans ces symboles, Δ indique une différence qui n'est pas une variation : ΔF désigne la différence F – P (c'est donc une grandeur algébrique). Les indices a et d n'ont pas la fonction de différencier les appellations de deux objets distincts, à la manière des prénoms dans une fratrie ; ce seraient plutôt des épithètes : ils indiquent la qualité, accélératrice ou décélératrice, de la force ΔF = FP pour une descente u considérée. En effet, à partir de cette définition on obtient ΔF = FP = F – P. Ce que le texte désigne par le symbole ΔF est donc très exactement la mesure algébrique de cette force ΔF, laquelle n'est autre, d'ailleurs, que la force d'inertie f.

On ne gagne rien à ces contorsions autour de la force d'inertie, parce que la relation mu** = P – F suffit à tout dire des accélérations (u** > 0) et des décélérations (u** < 0) de C et ; le repère mobile R notamment ne facilite en rien sa démonstration.

2. Le critère

a. Pertes d'énergie

Deux grandeurs sont introduites : W(u) = ∫ F (u') du'  et Φ(u) = ∫ [F(u') – mg] du'  (la ''variable muette'' u' sert à éviter une équivocité : u est ici la borne supérieure des intégrales).
W(u) est présentée comme étant l'énergie dissipée par (les colonnes de) B et Φ(u) = W(u) – mgu serait la perte d'énergie (des colonnes) de B. Ne convient-il pas plutôt de comprendre : énergie dissipée dans B pour W(u) et énergie nette perdue par C. Afin de tenter de démêler, introduisons les travaux des forces.

Toujours avec des intégrations sur [u0, u], on a que :
• Le travail (moteur) du poids de C est W(P) = ∫ P·du = ∫ P.du = P.(u – u0) ≈ P.u (u0 est négligeable. C'est la contribution (positive) à la variation d'énergie cinétique de C ; ce que le texte désigne comme ''incrément''.
• Le travail (résistant) de la réaction de B sur C est W (R) = ∫ R·du = – ∫ F·du = – ∫ F.du. On y reconnaît – W(u), ce qui permet d'interpréter W(u) comme contribution (négative) de la résistance de B à la variation d'énergie cinétique de C.
• La somme des deux est W(P) + W(R) = P.u – W (u). On y reconnaît – Φ(u), de sorte que Φ(u) s'interprète comme opposé de la variation entière d'énergie cinétique de C entre u0 et u, laquelle variation est négative tant que u < uc.

Si l'on postule que toute l'énergie mécanique perdue par C est transmise à B (par – via ? – ses colonnes), on obtient que l'énergie reçue par B, ou encore dissipée dans B, est égale à W(u). Φ(u) pour sa part peut être vu comme perte nette d'énergie cinétique de C. Or la caractérisation de W(u), et celle de Φ(u) plus encore, sont formulées par les auteurs de façon surprenante en termes de pertes par B.

b. Le critère de déclenchement

Lorsque le bloc C arrive au contact de l'étage B, il dispose d'une énergie cinétique K. Il a besoin d'assez d'élan pour échapper ensuite à une décélération complète, due à la résistance rencontrée, qui aboutirait à l'arrêt de sa chute. Il faut, pour que celle-ci continue, que l'énergie cinétique disponible pour atteindre uc soit supérieure à l'énergie dissipée dans (les colonnes de) B, ce qui se traduit par K + P.uc > W(uc), soit encore K > W(uc) – P.uc = Φ(uc). La perte de potentiel gravitationnel – P.uc induit l' ''incrément'' d'énergie cinétique évoqué, égal à P.uc.

Cette condition nécessaire K > Φ(uc) est-elle suffisante ? Cela ne va pas de soi, parce qu'il n'est nullement établi à ce stade que C, après avoir écrasé B entièrement, abordera l'étage inférieur B' avec suffisamment d'énergie cinétique pour le détruire à son tour et recommencer ensuite. Or, au lieu de finir de démontrer ce qui avait été annoncé, à savoir que la condition nécessaire est également suffisante, les auteurs rajoutent un critère,  reconnaissant par là qu'il ne suffit pas d'avoir K  >  Φ(uc) pour que l'effondrement se perpétue. Le critère de déclenchement, en tant que condition nécessaire et suffisante, s'en trouve renié.

c. Le critère d'accélération

Il est  établi, en effet, immédiatement après, une condition nécessaire et suffisante pour que, une fois B compacté, C dispose d'encore plus d'énergie cinétique lorsqu'il percute l'étage B' du dessous que lors de la percussion de B. Le « critère de l'effondrement accéléré » qui traduit cela est : Wg > Wp, soit P.uf  > W(uf), inégalité qui dit que le travail du poids sur [0, uf] l'emporte, en valeur absolue, sur le travail de la réaction R. Ceci équivaut incontestablement à une augmentation globale de l'énergie cinétique de C.

d. Incohérences

La conclusion n°1 (p. 318), se désaccorde à deux égards avec ce qui vient d'être vu. D'abord en ce que l' ''équation'' (5) qu'elle cite porte sur uc et non sur uf (« perte totale d'énergie ») ; il pourrait y avoir là une confusion avec le critère d'accélération. Ensuite parce que, quoi qu'il en soit, elle inverse le critère ; on y  lit en effet que Φ(uf) devrait être supérieur à  K.
Le Résumé initial reprend cette double incohérence.
En revanche le critère d'accélération, sauf erreur, n'est réévoqué nulle part.

N.B. paragraphe final 2.d retouché le 25/02/16 à 7h25

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 07:08:07)

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#16 28-02-2016 19:33:09

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

L'examen du reste de Baz-2 imposerait un commentaire mot à mot qui n'en vaudrait sans doute pas la peine. Un coup d'œil à sa théorie de l'écrasement va permettre de repérer des faiblesses qui suffisent à s'en détourner sans regret.

Les remarques qui suivent concernent le texte de la page 313 (colonne 2 principalement), dans lequel les auteurs mettent en équations la dynamique de l'écroulement. Les notations y suivent les règles arrêtées en # 15 ; en particulier X* = dX / dt.

Qu'il soit descendant ou ascendant, l'écrasement de B progresse selon un front ; z(t) donne sa position ''absolue'', c'est-à-dire mesurée, comme toute coordonnée ζ, à partir du haut de la Tour pris dans son état initial, tandis que y(t) donne sa position relativement au référentiel R défini par C, comme toute coordonnée η (on part en effet du haut « courant » de la Tour ; voir p. 312). Abrégeons en z et y.
Le front a ainsi pour vitesse absolue z* et pour vitesse relative y* ; son accélération absolue est z** et son accélération relative est y**. Les axes sont orientés vers la bas, comme l'indiqué sur la figure 2.

Certaines masses étant désormais variables, le principe fondamental de la dynamique doit prendre la forme : p* = somme des forces appliquées au corps, où p est la quantité de mouvement absolue (masse × z* pour le front). Cela apparaît clairement à propos de l'écrasement descendant  : prenant M comme désignation abrégée de la masse  m(z).[1 –λ(z)], on lit en (12) :  (M.z*)* – P = – F . Soit, en posant p = M.z* : p* = P – F.

Des forces d'inertie sont mises à contribution. Dans le cas de l'écrasement ascendant, le corps C est déclaré en équilibre (donc, implicitement, relativement à R) par la vertu d'une force d'inertie « dirigée vers le haut » ici notée fC avec  fC = – p*  (14), équation dans laquelle la quantité de mouvement p est N.y*, N étant ici l'écriture abrégée de m(y).[1 –λ(y)].
Observons que :
(a)  Le signe moins dans (14) fait de fC une grandeur algébrique. Il faut donc y voir en fait la mesure algébrique fC de la force d'inertie fC. Cela ne fait jamais qu'ajouter un peu de confusion dans le système des grandeurs mises en jeu.[30.01.17 : C'est même plus tordu que ça en fait, mais tenter de débrouiller n'en vaudrait pas la peine, comme le montrent (b) et (c).]
(b)  La caractérisation d'une force d'inertie en termes de quantité de mouvement (f = – p*), et non pas en termes d'accélération d'entrainement (f = – m.a), n'est légitime qu'avec une masse constante, ce qui n'est pas le cas dans cette partie de l'étude. À ce titre déjà la formule (14) n'est pas valable.
(c)  En outre p est une quantité de mouvement relative, de sorte que (14) renverrait, dans le cas d'une masse constante, à une accélération relative. Or la force d'inertie d'entraînement se définit à partir de l'accélération du référentiel, autrement dit à partir de l'accélération absolue a de C.
Si la lecture qui en vient d'en être faite est retenue, les points (b) et (c) sont dirimants pour la démonstration.

Après cela, B est déclaré être soumis lui aussi à une force d'inertie, mais « vers le bas » (fB, fB, fB en 16), sans doute pour le même référentiel R. Or, avec un référentiel mobile donné, l'accélération d'entraînement est la même pour tous les corps. Ils sont soumis (fictivement) à une force d'inertie d'entraînement qui ne dépend que de leur masse. Il n'est donc pas normal que fB et fC n'aient pas la même orientation. En outre il est intriguant d'apprendre que cette pseudo-force fB agirait sur C « en tant que réaction » (formulation qui pourrait bien vouloir dire qu'à l'action fB correspond une réaction – fB de même intensité fB) d'où sortirait une deuxième condition d'équilibre relatif de C, à savoir  fB – fC – P + F = 0  (entre 16 et 17). Cette démarche a pourtant contre elle que le Principe d'Action et Réaction (alias troisième Loi de Newton) ne s'applique pas aux forces d'inertie, mais aux seules forces réelles. Les auteurs donnent l'impression de ne pas vouloir tenir compte du caractère fictif de ces prétendues forces, pourtant de grande notoriété.

Ce qui précède conduirait, pour le front d'écrasement, à l'équation (17), dont les auteurs entendent montrer qu'elle recèle un cas particulier bien connu. Il est supposé pour cela, entre autres hypothèses, que F = 0, c'est-à-dire une absence de résistance, laquelle a pour conséquence une chute libre. L'équation (17) se réduit alors à  y** = – g,  en quoi les auteurs pensent reconnaître l'équation différentielle de la chute libre. Cette interprétation ne peut pourtant pas être retenue parce que y** est une accélération relative au référentiel R lequel n'est pas galiléen. C'est plutôt à z** = – g qu'il aurait fallu arriver ; et même en fait à z** = g pour des axes toujours orientés vers le bas. Il paraît raisonnable d'en conclure que le raisonnement a déraillé quelque part.

N'y a-t-il pas lieu de déplorer de multiples et graves faiblesses dans cette étude ?

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 19:20:14)

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#17 29-02-2016 07:54:09

Larez
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Re: La théorie Ni-Baz

auteur a écrit:

N'y a-t-il pas lieu de déplorer de multiples et graves faiblesses dans cette étude ?

A la vue de ce décryptage, on peut répondre par l'affirmatif.
Et bravo pour ne serait-ce déjà que de tenter de telles explications et formulations dans des posts dont la forme ne s'y prête guère.

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#18 03-03-2016 03:30:36

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Ni-Baz et la pulvérisation du béton

La théorie Ni-Baz s'est attaquée à la question de la pulvérisation du béton des Tours jumelles, mais trop timidement pour obtenir un résultat. Voyons sur quel chemin elle s'est engagée pour cela.

Baz-3  (pages 7 à 11) aborde le problème de la « comminution » (la réduction de la taille par fragmentation puis pulvérisation) sur le versant de l'énergie. Combien en faut-il pour réduire telle masse de béton à des grains de telle taille ? Des recherches antérieures permettent d'effectuer des calculs dans le cas des Tours. D'autres calculs montrent alors que ces dernières disposaient d'une énergie plus que suffisante (sous forme potentielle au départ, devenant cinétique ensuite) pour produire la comminution dont les résultats ont pu être observés dans la poussière. Est ajoutée, pour comparaison, une estimation du TNT nécessaire pour obtenir les mêmes effets. La conclusion est que « Par comparaison avec ces calculs, déclarer que la finesse, l'extension et l'étalement de la poussière de béton n'auraient pu être expliqués que par des explosifs installés est apparu absurde. Seul un impact conduit par la gravitation pouvait avoir produit la poussière de béton telle qu'elle a été trouvée au sol. » (p. 11).

Ce qui mérite d'être relevé est que, si les auteurs estiment avoir réfuté la thèse des explosifs comme invraisemblable, eux-mêmes n'ont pas vraiment démontré leur conclusion finale. Tout ce qui a précédé, en admettant que la démarche et les calculs soient justes, a conduit à la conclusion qu'il y avait suffisamment d'énergie pour produire la pulvérisation à travers le double écrasement (descendant puis ascendant). Or cette capacité ne sert à rien si l'énergie n'est pas canalisée, mise au service d'un mécanisme efficace. Fournir l'énergie nécessaire sous forme thermique, par exemple, ne conviendrait pas : le béton résiste longuement à l'échauffement et, s'il s'observe l'apparition d'écailles en surface, le procédé n'est pas connu pour produire ne serait-ce qu'une fracturation massive. Les procédés pratiqués, hormis l'usage d'explosifs, relèvent usuellement du choc : un marteau – en acier plutôt qu'en caoutchouc – heurte le béton de façon répétée pour le casser et jusqu'à obtenir la finesse désirée. La partie haute de la Tour, avec sa grande quantité de pièces d'acier, pourrait avoir joué ce rôle. Cette hypothèse demanderait néanmoins un développement difficile à concevoir, car encore faut-il que les coups du marteau bénéficient d'une certaine résistance en contrepartie. Lors d'essais, on place les éprouvettes de béton sur un support solide et fixe. Rien n'en tient lieu lors de l'écrasement des étages. En se contentant d'établir qu'il y avait suffisamment d'énergie – ce qui est une condition nécessaire, certes, mais pas suffisante pour autant – et tout à la réfutation de thèses concurrentes, les auteurs ont négligé de fournir une véritable explication de la pulvérisation.

Greening, un des quatre coauteurs, avait publié deux ans auparavant, « The Pulverization of Concrete in WTC 1 during the Collapse Events of 9-11 (La pulvérisation du béton au WTC 1 durant les événements d'effondrement du 11-Septembre) » — PDF. On y trouve une étude voisine, dont la conclusion était un peu plus prudente ; à savoir que, même dans l'hypothèse d'explosifs, la contribution de l'énergie gravitationnelle aurait  été indispensable (p. 21). Mais l'article n'avait rien envisagé non plus comme mécanisme de comminution.

Le sujet est abordé en plusieurs endroits du site Bastison
Le fait qu'en accueil un menu s'intitule ''Effondrements WTC1&2 / Le mécanisme de ruine'' ouvre l'espoir de trouver également un mécanisme de pulvérisation du béton. Las, Il faut se contenter presque exclusivement, en plusieurs endroits, de la conclusion que l'énergie disponible suffisait largement ; suffisance qui, encore une fois, est une condition nécessaire, pas une condition suffisante pour expliquer les faits.

Cette conclusion ressort notamment dans le menu ''La désinformation / Approximations '', à la section  ''Le dynamitage du béton'', mais également à la section ''Quelques considérations énergétiques...'', paragraphe ''Bilan énergétique''. On remarque que, dans le paragraphe  ''La pulvérisation du béton'' qui précède ce dernier, il est envisagé une « surface faite d’un matériau infiniment rigide et résistant » sur laquelle des éprouvettes pourraient être projetées.

La FAQ du même site (menu placé en principe sous ''Zéro pointé !'') livre une analyse qui s'autorise de celle de Greening à la section ''L'énergie de fracturation du béton'', paragraphe ''La taille des particules''. La conclusion y est la même, mais au moins y est-il fait référence à un outil de concassage réel, afin d'évaluer l'énergie nécessaire pour une finesse de 0,1 mm.
Un équivalent dans la désagrégation du WTC n'est cependant pas envisagé.

Malgré ces renforts, et indépendamment de la valeur des critiques portées à ses rivales, la théorie Ni-Baz, faute de l'hypothèse d'un mécanisme approprié, n'a pas rendu compte des faits pour ce qui est à la quantité et à la finesse de la pulvérisation du béton des Tours jumelles.

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#19 03-03-2016 08:27:05

kikujitoh
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Re: La théorie Ni-Baz

Merci Noisse !


"Les versions officielles des évenements historiques devraient systématiquement être remises en question." Howard Zinn

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#20 03-03-2016 11:08:41

Mariflo
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Re: La théorie Ni-Baz

Moisse  à écrit:

Le sujet est abordé en plusieurs endroits du site Bastison

Il serait sûrement intéressant de soumettre tes analyses à Quirant.


A mon tour je fus effondré à la suite de ces révélations explosives !

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#21 03-03-2016 17:09:12

one-line
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Re: La théorie Ni-Baz

j'avais fait un calcul de coin de table sur ce topic : http://forum.reopen911.info/viewtopic.p … 30&p=1
Il y a 7,36 Mégajoule disponible pour pulvériser 1 tonne de béton, je doute que cela soit suffisant pour ce qui a été observé ce jour la.

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#22 04-03-2016 10:03:52

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Mariflo a écrit:

Il serait sûrement intéressant de soumettre tes analyses à Quirant.

Toute intervention, sur le champ ou par la suite, visant à discuter des interprétations et des argumentations proposées est bienvenue. Ce serait évidemment le cas de celles de Jérôme Quirant ; et tout autant, s'il se pouvait, de celles de Mathieu Verdure.

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#23 04-03-2016 11:47:21

Mariflo
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Re: La théorie Ni-Baz

Noisse a écrit:

Mariflo a écrit:

Il serait sûrement intéressant de soumettre tes analyses à Quirant.

Toute intervention, sur le champ ou par la suite, visant à discuter des interprétations et des argumentations proposées est bienvenue. Ce serait évidemment le cas de celles de Jérôme Quirant ; et tout autant, s'il se pouvait, de celles de Mathieu Verdure.

Noisse, si tu penses une intervention de Quirant possible ici, il y a très peu de chance que cela se produise ! Ce Monsieur nous snobe depuis longtemps. Si Quirant ne vient pas à toi, va à Quirant, ce sera plus rapide !
Et tu auras de la contradiction ! wink

Dernière modification par Mariflo (04-03-2016 11:57:31)


A mon tour je fus effondré à la suite de ces révélations explosives !

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#24 05-03-2016 13:23:37

inam56
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Re: La théorie Ni-Baz

Jonathan Cole a posté une nouvelle vidéo sur l'effondrement des tours par gravité



Pour moi, c'est beaucoup de boulot pour ne pas démontrer grand chose si il ne donne pas les masses et la résistance de ses structures porteuses, non ?


Seuls les petits secrets ont besoin d’être protégés, les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique. Marshall Mc Luhan.

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#25 05-03-2016 18:55:19

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Cette vidéo s'attaque tout particulièrement aux phases d'écrasement descendant puis ascendant, aspects bien sûr très douteux de la théorie de Bazant. Les maquettes montrent, si j'ai bien compris, que les expériences ne font pas apparaître ces phases. Mais qu'est-ce qui permet de comparer avec les Tours jumelles ? L'exposé est, en effet, tout qualitatif. Même avec des données quantitatives, comment procéder à une transposition ?

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#26 06-03-2016 17:24:40

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Ni-Baz et les projections

Parmi les éjections de poussière, de fumée et de pièces qui s'observent lors des effondrements, il en est qui évoquent nettement des projections : un panache paraît se former en tant que traîne d'une pièce d'acier projetée à bonne distance. Ces panaches, qui ne sont qu'une partie des éjections, se manifestent de manière relativement groupée.
Le phénomène est facile à observer pour la Tour nord : vers 300 m d'altitude (très grossièrement) il se forme une gerbe de tels panaches, dans toutes les directions, bien distincte de ce qui précède immédiatement (un autre mot que « gerbe » conviendrait-il mieux ?). Ses éléments continuent ensuite leur chute de façon plus verticale, sans que l'on puisse décrire avec  précision ce qui se produit par ailleurs tant les apparences sont confuses ; si ce n'est qu'une nouvelle gerbe apparaît (vers 150 m, tout aussi grossièrement), bien moins fournie que la première mais assez vigoureuse pour se distinguer du reste, comme une petite salve secondaire.
Avec la Tour sud le phénomène de la gerbe n'apparaît bien qu'une seule fois (vers 200 m ?).
Comment expliquer ces expulsions remarquables et ces groupements en gerbes ?

Baz-3 en prend la direction sur la base d'une théorie de l'expulsion de l'air (page 6). L'idée en est qu'un plafond qui tombe, avant d'écraser l'étage du dessous, comprime l'air intermédiaire et l'expulse avec vigueur par les béances de la surface périphérique. Le cœur n'est pas du tout évoqué dans ce scénario. Cette expulsion d'air provoquerait projections de pièces et éjections de poussière. La théorie se développe sous la forme de calculs algébriques conduisant à exprimer la vitesse Va d'expulsion de l'air en fonction de la vitesse z* de descente du front de désagrégation. Après des estimations numériques précises montrant que vers la fin de la chute Va pouvait se situer entre 700 à 1000 km/h, selon les possibilités de sortie, les auteurs recensent les incertitudes qui pourraient ôter leur signification à leurs calculs ; puis, ayant souscrit à quelques hypothèses qualitatives complémentaires, il déclarent « clair » que la Va fut de l'ordre de 800 km/h. Ceci explique à leurs yeux les éjections et même des bangs supersoniques pris pour des explosions.

L'idée d'une expulsion par une compression de l'air est évidemment une hypothèse qui mérite développement. Constatons que ne sont pas du tout expliqués, en l'occurrence : les distances de projection des pièces d'acier (certaines « à plusieurs centaines de mètres »), l'apparition des panaches et leur aspect, leur simultanéité produisant les formations en gerbe.

Ces faits ont-ils  été traités ailleurs par des partisans de la version officielle, que ce soit sur les mêmes bases mais plus en profondeur, ou sur des bases meilleures ?

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#27 09-03-2016 06:15:06

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Ni-Baz et les nuages

Le déploiement spectaculaire des nuages de poussière sur les environs fait problème. Beaucoup ont déjà attiré l'attention dessus, Frédéric Henri-Couannier, entre autres. Comment comprendre cet envol d'une partie des Tours, s'il n'est pas comparable au déploiement de poussière des démolitions de grandes constructions ? Par son caractère apparemment exceptionnel, il mériterait que des chercheurs se penchent mieux sur ses caractéristiques : volume, constitution, température, densité, masse, mais aussi déplacement et devenir. Quelle part lui accorder dans la désagrégation du bâtiment, à côté de son effondrement ?
Un petit problème pour se distraire : déterminer la position du centre de masse de chaque Tour à chaque instant de cette journée-là.

La théorie Ni-Baz débouche sur quelques estimations chiffrées, concernant par exemple la durée des écroulements. Sous ce rapport, la masse de matière expulsée lui importe, comme il se voit dans Baz-3 (pages13-14). Le coefficient κ (kappa-out) introduit dans Baz-2, page 310, pour exprimer la  proportion de matière perdue, était immédiatement disparu au profit du coefficient λ exprimant la perte de hauteur de B. Faute d'une connaissance empirique satisfaisante de κ, à quoi l'étude des nuages aurait pu contribuer, les auteurs se sont contentés de le faire varier en tant que paramètre.
On ne rencontre ainsi ni estimations sur la base des observations, ni théorie susceptible d'expliquer le phénomène des nuages « pyroclastiques » en ses particularités, pas même à grands traits.

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 07:14:22)

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#28 09-03-2016 10:10:02

tournesol01
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Re: La théorie Ni-Baz

smile Et si les projections des poutres n'étaient que des catapultages ?

https://www.youtube.com/watch?v=xlliVFBOh2A

Après tout, je ne me rappelle pas avoir vu, dans de vraies démolitions contrôlées, des faits identiques.
Il faudrait de sérieuses malfaçons pour rater un cisaillement de poutre avec des explosifs !


Retraité, intéressé, motivé, estomaqué, écoeuré....

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#29 10-03-2016 10:40:17

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Ni-Baz et les cœurs des Tours

Une fois disparus façades et planchers, les cœurs des deux Tours restèrent debout quelques secondes, sur une bonne fraction de leur hauteur, avant de disparaître eux aussi. Une partie de la structure est visible sur certains enregistrements, pour la Tour nord surtout (l'aiguille, Fait´421a). Le cas de la Tour sud (Fait´412f) donne lieu, en outre, à une vision quasi massive : sur cette vidéo il semble bien qu'un rectangle opaque se tienne debout vers la fin, derrière les  nuages de poussière légers restés à mi-hauteur. La vision est cependant trop floue pour qu'il y ait lieu de s'avancer quant à l'état de la chose entrevue.
Ce phénomène des maintiens n'est en rien pris en compte par la théorie Ni-Baz : elle l'ignore sur le versant des observations et ne lui ménage aucune place dans le modèle. Or il constitue une contrariété pour ce dernier qui affirme que la descente de C + B produit l'écrasement complet de A avant que l'écrasement ascendant ne détruise C à son tout. Hormis la fraction κ de matière expulsée en cours de route, c'est l'intégralité des étages qui est censée subir écrasement et compactification. Le maintien des cœurs met donc à mal l'hypothèse d'une résistance insuffisante des étages heutés. Il va aussi contre le calcul des durées de descente, et cela en deux sens. D'une part la définition même de ce que l'on appelle écroulement, pour ce qui est d'en évaluer la durée (faut-il ou pas y intégrer le maintien des cœurs et comment procéder ? Et quel rapport envisager entre la connaissance de ces maintiens et la lecture sommaire, mais se voulant précise elle aussi, des enregistrements sismiques proposée par Baz-3 (page 12) ?

Plus fondamentalement encore le maintien des cœurs remet en cause la surprenante solidité attribuée au bloc C. Car même si une mauvaise compactification peut expliquer une moindre efficacité de B pour détruire un certain niveau, le bloc C au moins est censé l'emporter sur la résistance de ce dernier. Il en est ainsi dès les tout premiers étages rencontrés, sur lesquels C agit directement, et a fortiori plus bas puisque son énergie cinétique est censée croître (Baz-2, fin de la p.312).

Cette absence des cœurs est acceptable dans l'étude globale et simplifiée que constitue Baz-1. Elle l'est nettement moins dans Baz-3, où diverses sortes d'énergies sont prises en compte et où diverses vitesses sont fournies avec précision en dépit des incertitudes recensées (p.10 et p. 16), comme il en est pour les durées dans Baz-2 (p. 315). Le maintien des cœurs des Tours n'aurait-il pas dû inciter les auteurs à remanier sérieusement leur modèle ?

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#30 10-03-2016 19:59:21

inam56
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Re: La théorie Ni-Baz

Noisse a écrit:

Le maintien des cœurs des Tours n'aurait-il pas dû inciter les auteurs à remanier sérieusement leur modèle ?

Exact, et bravo, c'est un point qui n'a jamais vraiment été analysé et qui effectivement devrait poser un problème à Bazant.

Dernière modification par inam56 (10-03-2016 20:24:38)


Seuls les petits secrets ont besoin d’être protégés, les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique. Marshall Mc Luhan.

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#31 10-03-2016 22:54:14

nanard
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Re: La théorie Ni-Baz

Juste à titre de rappel, si nos rigolos patentés espèrent entendre des bangs supersonique avec de l'air à 800 km/h, on frise l'escroquerie intellectuelle. Le mur du son, au niveau de la mer, c'est plus de 1200 km/h !

Si on rajoute la force nécessaire, qui me parait difficilement pouvoir être de l'air, pour projeter une pièce métallique de plusieurs tonnes qui éventrera la façade d'un immeuble du World Financial Center, de l'autre côté de la rue, entre le WTC et Hudson River, sans compter toutes celles qui ont explosé l'immense verrière qu'il y avait au même endroit, ils ont un problème autre que l'air comprimé ! cool

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#32 11-03-2016 00:02:41

kikujitoh
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Re: La théorie Ni-Baz

Intéressantes analyses Noisse. Comme à chaque fois.


"Les versions officielles des évenements historiques devraient systématiquement être remises en question." Howard Zinn

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#33 11-03-2016 00:32:53

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

nanard a écrit:

Juste à titre de rappel, si nos rigolos patentés espèrent entendre des bangs supersonique avec de l'air à 800 km/h, on frise l'escroquerie intellectuelle. Le mur du son, au niveau de la mer, c'est plus de 1200 km/h !

Leur raisonnement est qu'autour d'une moyenne de 800 km/h, il se produit des variations. Voilà pourquoi ça bangue de temps en temps...

Si on rajoute la force nécessaire, qui me parait difficilement pouvoir être de l'air, pour projeter une pièce métallique de plusieurs tonnes qui éventrera la façade d'un immeuble du World Financial Center, de l'autre côté de la rue, entre le WTC et Hudson River, sans compter toutes celles qui ont explosé l'immense verrière qu'il y avait au même endroit, ils ont un problème autre que l'air comprimé ! cool

On est bien d'accord. Dommage que Bazant et alii n'aient pas proposé un calcul à ce sujet.

Dernière modification par Noisse (11-03-2016 00:40:13)

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#34 11-03-2016 00:35:47

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

kikujitoh a écrit:

Intéressantes analyses Noisse. Comme à chaque fois.

Tant mieux, kikujitoh, inam et d'autres peut-être, si elles apportent quelque chose. Mais la fin approche !

Dernière modification par Noisse (11-03-2016 00:39:13)

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#35 11-03-2016 00:37:01

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Ni-Baz et le métal fondu

Les témoignages relatifs à la présence de métal fondu dans les décombres, acier ou autre, ne sont malheureusement pas appuyés par des enregistrements visuels. Il ne paraît pas sérieux de les rejeter en bloc pour autant, même s'il est permis de douter de tel ou tel. Pour échapper à l'embarras qu'ils induisent certains tentent des stratégies audacieuses ; ainsi de Judy Wood, qui s'est contentée de l'idée d'une opération de manipulation mentale...
La position du NIST est dans la réponse à la Question n° 23 : « Pourquoi l'enquête du NIST n'a-t-elle pas pris en considération les rapports d'acier fondu dans les décombres des tours du WTC ?  —  Les enquêteurs et les experts de l'American Society of Civil Engineeres (ASCE) et de la Structural Engineers Association of New York (SEONY) – qui ont inspecté l'acier du WTC sur le site du WTC et sur les terrains de récupération – n'ont trouvé aucune preuve en faveur d'une fusion de l'acier dans un incendie déclenché par du carburant d'avion dans les tours avant l'effondrement. L'état de l'acier dans les décombres des tours du WTC (à savoir, s'il était fondu ou pas) n'était pas pertinent pour l'enquête sur l'effondrement, puisqu'il ne fournit aucune information concluante sur l'état de l'acier lorsque les tours étaient debout.
Il est concevable qu'en de certaines circonstances de l'acier ait fondu dans les décombres après l'effondrement des immeubles. De l'acier fondu dans les décombres était probablement dû aux températures élevées résultant d'une longue exposition à la combustion à l'intérieur du tas plutôt qu'à une brève exposition à des incendies ou à des explosions alors que les immeubles étaient debout. »

Bazant s'est limité pour sa part à une brève allusion dans Baz-3 (page 12) pour dire que le rapport du NIST a « réfuté ces faits ». Rien d'autre dans les huit publications répertoriées.

Il est certain que des doutes sont permis sur l'ampleur de cet intriguant phénomène, plus que pour d'autres faits. Cela n'aurait tout de même pas dû conduire à esquiver la question avec autant de désinvolture.

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#36 11-03-2016 01:04:33

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

inam56 a écrit:

Noisse a écrit:

Le maintien des cœurs des Tours n'aurait-il pas dû inciter les auteurs à remanier sérieusement leur modèle ?

Exact, et bravo, c'est un point qui n'a jamais vraiment été analysé et qui effectivement devrait poser un problème à Bazant.

Il faut féliciter aussi Jérôme Quirant qui conseille, quelque part sur Bastison, d'accorder plus d'attention au maintien du cœur de la Tour sud.

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#37 11-03-2016 09:44:10

tournesol01
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Re: La théorie Ni-Baz

tournesol01 a écrit:

smile Et si les projections des poutres n'étaient que des catapultages ?

https://www.youtube.com/watch?v=xlliVFBOh2A

Après tout, je ne me rappelle pas avoir vu, dans de vraies démolitions contrôlées, des faits identiques.
Il faudrait de sérieuses malfaçons pour rater un cisaillement de poutre avec des explosifs !

Alors, vous en pensez quoi ?


Retraité, intéressé, motivé, estomaqué, écoeuré....

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#38 11-03-2016 10:04:32

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

tournesol01 a écrit:

Alors, vous en pensez quoi ?

Que c'était plus amusant avec du petit-suisse dans une cuillère.
Plus sérieusement : pourquoi pas, en effet ?

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#39 11-03-2016 19:35:57

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

La séparation des deux phases

La théorie avancée par Bazant affirme avant tout que l'effondrement de chacune des Tours connut deux phases, l'écrasement descendant d'abord, l'écrasement ascendant ensuite. Il est légitime de se demander ce qui fonde l'affirmation de cette séparation dans le temps, alors que l'observation des enregistrements ne révèle rien. Elle ne se présente pas non plus comme une pure et simple hypothèse : Bazant et Verdure prétendent démontrer cette séparation dans Baz-2 et, même si Baz-3 relativise légèrement la conclusion du fait de l'introduction des forces variables, la séparation des deux phases est tenue pour acquise. Comment Bazant et Verdure ont-ils justifié cette séparation radicale et que vaut leur argumentation du seul point de vue théorique, c'est-à-dire quoi qu'il en soit de la réalité ?

La ''théorie de l'écrasement'' examinée partiellement en #16 consiste à mettre en équation les deux phénomènes que sont, dans cette théorie Baz, l'écrasement descendant et l'écrasement descendant. En préalable, une dizaine de lignes, à la fin de la page 312, ont pour objet de prouver que l'écrasement descendant doit se dérouler jusqu'au bout (phase 1) avant que ne commence l'écrasement ascendant (phase 2), sauf à envisager une alternance aléatoire.

Texte — « First it needs to be decided whether crushed Zone B will propagate down or up through the tower. The equation of motion of Zone B requires that  F1 − F2 = λs0[ μg − (µv)']   (10)  where F1 and F2 are the normal forces (positive for compression) acting on the top and bottom of the compacted Zone B [Fig. 2(c)].This expression is positive if Zone B is falling slower than a free fall, which is reasonable to expect and is confirmed by the solution to be given. Therefore F2 < F1 always. So, neither upward, nor two-sided simultaneous, propagation of crushing front is possible. »

Traduction — « Tout d'abord il faut décider si la Zone B écrasée se propagera vers le bas ou vers le haut à travers la tour. L'équation du mouvement de la Zone B requiert que  F1 − F2 = λ.s0.[ μ.g − (µ.v)* ]   (10) où F1 et F2 sont les forces normales (positives pour la compression) agissant sur le haut et le bas de la Zone compactée B [Fig. 2(c)]. Cette expression est positive si la Zone B tombe plus lentement qu'en chute libre, ce à quoi il est raisonnable de s'attendre et se trouve confirmé par la solution qui va être donnée. Donc on a toujours F2 < F1. Ainsi la propagation du front d'écrasement n'est possible ni vers le haut, ni des deux côtés simultanément. »

Le front de désagrégation — Un groupe d'étages, écrasé et compacté, et alors appelé B, poussé par C, écrase des étages situés dessous, dans le haut de A. Ces derniers, détruits et compactés à leur tour sont considérés comme s'intégrant à B, dont la masse s'en trouve accrue. Le front est le bas de B ; il descend plus vite que le reste de B du fait de l'accumulation des nouveaux matériaux.
La position absolue du front (c'est-à-dire dans le référentiel fixe) est z ; sa vitesse absolue est donc z*. Celle de C, qui est celle du haut de B, un peu différente, est notée v, ou v(t), dans le texte. C'est en principe la mesure algébrique v de la vitesse vectorielle v de B, mais comme ce dernier descend, v > 0, de sorte qu'il n'y a pas d'inconvénient à identifier v au module v.

Débroussaillage — Afin de lire aisément l'équation (10) développons son membre de droite :
λ.s0.[ μ.g − (µ.v)* ]  =  λ.s0.μ.g − λ.s0.(µ.v)*.
Pour comprendre de quoi il s'agit il suffit d'interpréter le produit λ.s0.μ comme masse de la zone B à un certain instant t, et qui sera ici notée m (λ est le coefficient sans dimension qui traduit le raccourcissement de la zone B dû à l'écrasement ; s0 est la hauteur initiale de B ; μ est la densité linéaire massique de B.)
Dans  λ.s0.μ.g − λ.s0.(µ.v)*  le premier terme est donc m.g, c'est-à-dire le poids P de B ; par ailleurs, le facteur λ.s0 étant constant, le second terme peut s'écrire (λ.s0.µ.v)* ; on y reconnaît (m.v)*, soit p* ou p*, p étant la quantité de mouvement m.v de B (tout comme v = v, p = p). L'équation (10) se ramène finalement à F1 – F2 = P – p*. Comment comprendre qu'elle exprime le mouvement de B ? Le mieux est de tenter de la retrouver selon la méthode classique.

Les forces — Le corps B est soumis à trois forces verticales : son poids P ainsi que deux forces pressantes, F1 et F2, de sens contraires. Le texte semble dire que F1 presse sur le haut, donc vers le bas, et que F2 presse sur le fond, donc vers le haut. Sur la figure 2(f), on serait ainsi en droit de les identifier respectivement à F'c (= F1) et Fc (= F2) ; l'indice c signale une force moyenne qui remplace F(u). Cependant, au vu de la mention F'c < Fc qui accompagne le schéma, qui équivaudrait ainsi à F1 < F2, il y aurait désaccord avec l'inégalité F2 < F1 à quoi conduit la démonstration. Peut-être conviendrait-il d'inverser les identifications. Il y a donc deux interprétations à envisager pour ces données :
{1}  F1 presse vers le bas et F2 vers le haut (suggéré par le texte).
{2}  F1 presse vers le haut et F2 vers le bas (respectivement Fc et F'c sur la figure).

Voyons ce que donne l'adoption de {1}. Appliquons le principe fondamental de la dynamique afin de voir s'il conduit ou pas à l'équation (10), à savoir à p* = P – F1 + F2. On a p* = P + F1 + F2 ; d'où, avec un  axe vertical p* = P + F1 + F2 ; et, en tenant compte des sens, p* = P + F1 – F2. Il n'est même pas utile de s'assurer de l'identité des membres de gauche pour constater que, déjà à ce stade, on ne peut obtenir (10) : les signes devant P, F1 et F2 sont irréconciliables.

Le passage coloré peut être survolé en première lecture.  —  Laissons de côté l'interprétation {1} et passons à {2}. Dans ce cas, p* = P + F1 + F2 donne p* = P – F1 + F2, ce qui est  effectivement l'équation (10) de l'article, sous réserve de pouvoir identifier les membres de gauche, p* ici et p* dans (10). Il suffit pour cela de considérer que, de façon générale, la dérivée de la mesure algébrique est égale à la mesure algébrique de la dérivée, d'où découle p* = p*. Démonstration, valable pour toute grandeur vectorielle X colinéaire à un axe de vecteur unitaire constant I : la mesure algébrique est le réel X tel que X = X.I ; en dérivant ceci :  X* = (X.I)* = X*.I, où se lit que la mesure algébrique de X* est X* ; en d'autres termes X* = X*.  —  En résumé, dans le cadre de l'interprétation {2}, l'équation (10) découle bien du principe fondamental de la dynamique.

Les auteurs ont-ils vu les choses ainsi? Deux passages extérieurs à Baz-2 éclairent leur propre démarche.
(i) – Baz-3 comporte une évocation  de l'équation (10) (page 10, deuxième paragraphe), où il est dit qu'elle traduit la condition d'équilibre de B et où est évoquée une force d'inertie. (Sur ces notions, on peut se reporter à  #15 (1.d).)
(ii) – Dans Baz-2 bis, en réponse à Gourley (page 917, point 2), on lit à propos des deux forces : « Leur différence est égale au poids de la couche intermédiaire compactée B plus la force d'inertie attribuable à l'accélération de la couche B. » Il est ainsi parfaitement clair que Bazant voit le – p* de l'équation (10) comme force d'inertie ''agissant'' sur B. Nous savons qu'il commet là une faute, puisque la masse est variable (voir en #16 l'observation (b)) ; nous savons aussi que cette faute ne porte pas à conséquence puisque l'application du principe fondamental de la dynamique conduit au même résultat sans avoir à évoquer quelque mystérieux équilibre.

Après ce numéro réussi d'équilibrisme – si l'on ose dire – les auteurs de Baz-2 raisonnent comme suit : du fait que B tombe à une vitesse moindre que celle de la chute libre, on a λ.s0.[ μ.g − (µ.v)* ] > 0. L'équation (10) permet d'en inférer que F1 – F2 > 0, d'où F2 < F1 « toujours ». Il en est enfin déduit que la propagation du front d'écrasement n'est possible que vers le bas.
Malheureusement pour cette apparente déduction, il n'y a pas l'ombre d'une évidence ni d'une preuve en faveur de l'affirmation selon laquelle, B tombant plus lentement qu'en chute libre on a P > p*. Cette dernière inégalité se détaille en m.g > (m.v)* ; étant variable m ne doit pas sortir des parenthèses, de sorte qu'on ne peut pas donner une justification telle que v* < g, comme il semble être fait. Et quand bien même l'inégalité   p* < P serait-elle exacte, rien dans le texte ne permettrait de conclure, à partir de F1 > F2, que le front d'écrasement ne pourrait progresser que vers le bas. Le lecteur est laissé dans une entière ignorance des rapports qu'il peut y avoir entre ces deux forces et les écrasements d'étages. En comprenant que B presse A et C, respectivement par les réactions –F1 et –F2, on serait en droit de conclure que le haut de A subit une force pressante plus intense (F1) que le bas de C (F2) ; mais rien n'autorise à en déduire que le bas de C n'en sera pas affecté du tout pour autant. À vrai dire, les auteurs n'ont en rien donné une conception des écrasements qui permettrait d'admettre une dissymétrie aussi poussée entre les comportements de A et de C.
À noter qu'en outre la démonstration qui vient d'être examinée est muette sur le passage de la phase 1 à la phase 2.

Conclusion  —  Les auteurs ont établi, pour le mouvement de B, une équation (10) ; partant de l'affirmation d'une descente ''assez lente'' de B, ils auraient abouti, comme annoncé, à la nécessité d'une descente du front de désagrégation : l'écrasement descendant doit se poursuivre. Leur démarche n'est toutefois qu'une pseudo-démonstration, faute d'une relation claire et précise entre action des forces pressantes et désagrégation des parties pressées. À l'intérieur même de son modèle la théorie Ni-Baz n'a donc pas prouvé la séparation des deux phases.

Dernière modification par Noisse (30-01-2017 07:17:18)

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#40 13-03-2016 10:03:39

Noisse
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Re: La théorie Ni-Baz

Point

Baz-4 portant sur les incertitudes attachées aux enregistrements, j'en laisse l'étude à de plus compétents, au cas où elle en vaudrait la peine.

Avant même de récapituler ce qui ressort déjà de l'examen de la théorie Ni-Baz, quelques remarques sur la notion de modèle pourraient aider certains lecteurs pas assez familiarisés à se repérer dans les propos relatifs aux effondrements.
Un modèle c'est n'importe quelle représentation, quelle qu'en soit la nature, d'un objet ou de phénomènes, servant à penser l'état ou le devenir. Par rapport à la réalité, elle comporte une part plus ou moins grande de simplification, ce pourquoi d'aucuns se plaisent à dire, non sans raison, que tous sont faux mais certains sont utiles.
Ainsi imaginer des parallélépipèdes pour les Tours et leurs parties A, B, C et les imaginer chuter et se heurter, c'est déjà un modèle, mental de nature et de dimension 3, susceptible d'être enrichi de nombres. Se limiter à des rectangles, comme dans la figure de Baz-2, c'est en constituer un autre, graphique et de dimension 2 ; les mouvements doivent y être ajoutés par l'imagination. Lorsque ces formes, ces mouvements et d'autres caractéristiques sont mis en formules on obtient encore un modèle, analytique celui-là, ou numérique. Pour l'effondrement des Tours Bazant et ses coauteurs travaillent avec un tel modèle de dimension 1, comme il se voit au fait qu'une seule coordonnée z suffit (y, relative au repère mobile, lui est liée et n'est pas indispensable). Moyennant quoi l'expulsion des matériaux ne peut s'y manifester que par la présence du coefficient κ . Pour l'expulsion de l'air, en revanche, les auteurs constituent un modèle annexe tridimensionnel, mental et algebrisé (Baz-3).
Bazant écrit à plusieurs reprises que son modèle unidimensionnel ne peut pas décrire intégralement les effondrements, ce qui est juste. Il appelle à l'élaboration d'un modèle tridimensionnel, analytico-informatique faut-il comprendre ; à défaut de s'y lancer lui-même, il se met au moins à l'abri de bien des attaques : puisqu'il n'a pas les moyens d'approcher suffisamment la réalité en élaborant un modèle moins faux, sa théorie ne devrait pas être accusée de rater certains résultats un peu fins. On ne peut effectivement pas lui reprocher de ne pas avoir fourni une explication détaillée de tous les événements connus. Cela n'interdit tout de même pas de relever les insuffisances de sa théorie eu égard aux principaux faits et de la juger là-dessus.

Le modèle adopté pour les écroulements présente quelques inadaptations criantes (cœurs pas assez différenciés des planchers) et même une insuffisance radicale (l'action des forces pressantes). Que la rédaction présente des maladresses, peccadilles pour les unes (catégories de grandeurs), plus sérieuses pour d'autres (obscurités sur l'énergie dissipée, incohérences sur les critères), et que certaines démonstrations soient faibles (usage des forces d'inertie), voire inconsistantes (séparation des deux phases, conditions nécessaires et suffisantes), n'est pas ce qui importe le plus. On ne peut pas passer, à mon avis, sur la mauvaise prise en compte par la théorie de certains faits patents majeurs tels que les projections de pièces d'acier, la pulvérisation du béton ou encore les particularités des nuages de poussière. Seules les durées, à la rigueur, paraissent avoir été reconstituées convenablement (encore que les calculs manquent). Au total, et au vu de ce que nous en savons, la théorie Ni-Baz n'explique pratiquement rien des effondrements des deux Tours, en tout cas de leur poursuite après l'enclenchement.

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