ReOpen911.info : Site d'information sur les attentats du 11 septembre 2001

Attentats du 11 Septembre

Association loi 1901 pour la réouverture de l'enquête sur le 11 Septembre. Site d'information sur les attentats du 11 Septembre.

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#1 25-03-2008 21:01:09

Thibaut
Membre Actif Asso
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Messages: 4609
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Le procès de Robert Ménard (RSF)

Le procès de Robert Ménard

http://www.leplanb.org/le-proces/le-pro … ard-3.html
sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-me … nformation


Le président : Faites entrer le condamné [Il se reprend.]… l’accusé. Ménard, Robert, vous êtes accusé d’être l’un des principaux porte-parole en Occident du Parti de la presse et de l’argent (PPA). Sous couvert de défendre des journalistes persécutés à l’étranger, vous servez la politique américaine et les patrons de médias en France.


L’accusé : Ce procès est imbécile. Dans la revue Médias, que j’ai lancée avec Reporters sans frontières (RSF) — qui n’existe que par moi et pour moi —, j’ai rédigé l’éditorial non signé suivant : « La loi de la gravitation existe, chers amis. Et la loi de l’argent aussi. À moins d’être abonné aux mannes de l’État. » Tout était dit, non ? Pour la presse, le capital, c’est la liberté ; l’État, c’est la servitude… sauf quand il est au service du capital !


Le président : [À voix basse.] On dirait du Laurent Joffrin. [À voix haute.] Voilà qui situe vos rapports avec les plus grosses fortunes de France. Car, je vous cite : « Un jour, nous avons eu un problème d’argent. J’ai appelé l’industriel François Pinault pour qu’il nous apporte son aide. […] Il a répondu aussitôt à ma demande. Et c’est cela seul qui compte. »


L’avocat : RSF ne se soucie pas de savoir qui l’aide. L’argent n’a pas d’autre odeur que sa couleur, or mon client n’apprécie ni le gris (5 euros) ni le rouge (10 euros). Mais il raffole du vert, du jaune et du violet (100, 200 et 500 euros…)
Le président : N’estimez-vous pas que la concentration des médias entre les mains de Pinault, Lagardère, Bouygues, Arnault, et le poids de la publicité menacent le pluralisme ?


L’accusé : J’ai déjà répondu en 2005 à la revue Notre Temps : « À RSF, ce n’est pas notre priorité. » Comprenez-moi : j’ai besoin des médias pour faire la promo de RSF et de ses albums, je vais pas leur cracher dessus ! Poutine et Castro en revanche ne me donnent pas un centime. Alors, sur eux, c’est feu à volonté !


Le procureur : Je résume : la Fnac (Pinault), partenaire de RSF depuis 1993, paie l’impression de l’album photo vendu par l’association ; Air France offre des voyages à l’accusé, la Fondation Vivendi du matériel, la Fondation Hachette, des campagnes d’affichage ; le groupe pharmaceutique Sanofi-Synthélabo achète des pages de publicité dans Médias, une revue que personne ne lit en dehors du Plan B… Et je n’oublie pas les cadeaux de l’agence publicitaire Saatchi & Saatchi, de Pathé, de Suez, d’Areva – car même le nucléaire verse son obole à RSF. En somme, les bienfaiteurs de l’accusé sont aussi les annonceurs d’une presse vendue aux publicitaires.


L’avocat : Saatchi & Saatchi a quand même créé la très belle campagne de RSF affichant Christine Ockrent avec une balle dans le crâne, Emmanuel Chain égorgé et Guillaume Durand mitraillé à mort, afin de « montrer aux Français ce que serait, en France, le manque d’information ».


Le procureur : Mais enfin, notre « manque d’information », tient au fait que nous sommes gavés de propagande par la femme d’un ministre, par Chain et par Durand ! Pas étonnant que votre campagne de terreur n’ait effrayé qu’Elkabbach et Sarkozy… [Gloussements dans la salle.]


L’accusé : RSF adore les publicitaire. Selon nous, « l’ado qui s’achète dix paires de Nike se fait plaisir. Il rentre dans l’imaginaire développé par la marque, mais il le détourne à son profit. C’est un acte créatif ». Nous avons donc conclu que « la publicité doit être considérée comme une nécessité économique. Le siècle qui s’est éteint fut suffisamment furieux pour que l’on se rende à l’évidence que les idées alternatives conduisaient directement au goulag ». [Soudain, il s’interrompt, salue et sourit, croyant que CNN le filme.]


Le président : Parlez-nous un peu des journalistes que vous défendez.


L’accusé : S’ils sont proaméricains, persécutés dans un pays non-membre de l’Otan et travaillent dans un journal libéral, ils peuvent compter sur nous. Un appel sur mon portable, et je bondis dans un avion. Sitôt arrivé, je fais le 20 heures de PPDA, mais sans Castro…


Le président : Donc TF1 vous convient ?


L’accusé : Oui, ils aident RSF. Chez nous, dans le monde libre, le seul problème, c’est que « la presse française est corsetée d’interdits législatifs, qui n’existent pas ailleurs, sur le racisme, l’homophobie, la mémoire, etc. Ces barrières doivent sauter. Elles sauteront, comme toutes les autres, avec les groupes de presse étrangers, comme cela s’est passé avec le people. » Toutefois, en France, on peut être pour le « oui » au référendum, taper sur les syndicats, adorer BHL sans risquer un seul jour de prison.


Le procureur : Tout va d’autant mieux chez nous que les subventions européennes gonflent les poches de Reporters sans frontières. Même du temps de Berlusconi, l’accusé estimait à la radio qu’il y avait « un vrai pluralisme » en Italie…


L’accusé : Si vous réécoutez toute ma déclaration de France Inter [Il fait signe à Nicolas Demorand, qui, de la salle, lui envoie des baisers.], j’opposais surtout l’Italie à Cuba, où « on ne joue pas dans la même catégorie. Aux États-Unis, à côté de Fox News, on peut toujours lire un Washington Post opposé à la guerre en Irak ».


Le président : Mais le Washington Post était pour la guerre !


L’accusé : Et je les comprends, puisque j’ai estimé que « les grandes manifestations contre la guerre du début 2003 avaient quelque chose de pathétique et même de pitoyable, tant la bêtise régnait en maître dans les rues de Paris avec ces gamins, keffieh autour du cou et banderoles pacifistes à l’épaule, qui dénonçaient d’une même voix George Bush et Saddam Hussein. Avoir vingt ans n’excuse pas tout… » [Il sourit, ayant croisé le regard énamouré d’Arlette Chabot.]


Le procureur : En vérité, l’accusé défend quiconque subventionne RSF. Et, puisqu’il reçoit l’argent du gouvernement américain*…


L’avocat : Mon client pense qu’un système qui permet aux journalistes de servir les patrons de presse et les publicitaires est excellent puisqu’il est privé. Un point c’est tout. Au moment de la libération de l’Irak, il a estimé qu’« on voit mieux que pendant la guerre du Kosovo, d’Afghanistan. Embedded : nous, à Reporters sans frontières, on n’a pas critiqué ce système. Il fonctionne ».


Le président : Mais, au Kosovo, c’est Ménard qui s’était bouché les yeux. Au point que, quand l’armée américaine a bombardé le siège de la télévision serbe, RSF refusa de comptabiliser les journalistes assassinés dans son décompte annuel des reporters tués pendant les douze mois écoulés.


L’accusé : Bien sûr ! [Il ricane.] Sinon, le principal assassin de journalistes en 1999 aurait été… [Il s’interrompt.]


Le procureur [triomphant] : … L’Otan ! Or, comme Bush, l’accusé justifie la violation des droits de l’homme par l’armée américaine. En août 2007, se posant « la question de savoir si, en règle générale, la torture et la liquidation de membres des familles de preneurs d’otages est, ou non, légitime », il répond : « Je vous le dis, il n’y aurait aucune limite pour la torture. » [Cris d’horreur dans la salle.]


L’accusé : Parlons plutôt de Cuba ! C’est moi qui ai dénoncé ce « goulag tropical » dans le Wall Street Journal. C’est encore moi qui ai mis en cause Chávez, « ce caudillo d’opérette qui ruine son pays ».


Le procureur : Mais comme ce caudillo a remporté les élections, RSF a soutenu les putschistes en 2002. Sa correspondante à Caracas a alors écrit : « Mon cœur vibre à la vue des militaires insurgés, de ces hommes vertueux qui défilent sous nos couleurs nationales ». En vérité, Ménard est jaloux de Fidel Castro. Car Ménard est un dictateur sans barbe et sans cheveux. Il l’a admis, d’ailleurs : « Je ne sais pas discuter et j’aime décider seul. Je suis autoritaire, et ma personnalité ne facilite pas l’exercice de la démocratie en milieu associatif. Le fait est que RSF s’est construite autour de moi. »


L’accusé : Vous faites de moi un égocentrique un peu veule. Je sais pourtant m’effacer et prendre des risques. Un jour j’ai même admis : « J’aimerais faire dans ma vie le quart de ce que Kouchner a réussi dans la sienne. » J’ai aussi présidé un jury qui a remis un prix à BHL, j’ai offert une tribune à Le Pen dans Médias, j’ai écrit un article avec PPDA dans Le Monde, j’ai reçu un prix des mains de Cavada, symbole du journalisme indépendant. Surtout, j’ai écrit : « Ras le bol des bons sentiments dégoulinants – ces jeunes des banlieues forcément victimes des forces de l’ordre, ces “ sans-papiers ” qu’on devrait accueillir sans jamais fixer de limite, ces antimondialisation tellement plus sympathiques que l’affreux FMI — nouvelle incarnation de l’ogre dévoreur d’enfants du tiers-monde -, de tout ce bric-à-brac à la mode qui nous empêche de réfléchir. » Je suis comme Zol…


Le président, excédé, sort alors un revolver de sa poche et, froidement, abat l’accusé.


Le Plan B n°11 (décembre2007-janvier 2008)


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in girum imus nocte et consumimur igni

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#2 25-03-2008 21:52:55

josew
Membre du forum
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Messages: 3898

Re: Le procès de Robert Ménard (RSF)

Cela ne l'a pas empêché en tout cas de recevoir la légion d'honneur au grade de Chevalier (et pourquoi pas Templier) dans le tout dernier cru...

http://www.google.fr/url?q=http://www.2 … deW1dNXGMA


"Qui ne dit mot, consent"
Infos sur le Nouvel Ordre Mondial : www.911nwo.info

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#3 30-03-2008 00:47:28

psycho-lvlantis
Banni
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Re: Le procès de Robert Ménard (RSF)

c'est drole

dans 'on n'est pas pas couché' il y a Zémour qui taille un costard à Ménard en lui disant en gros que c'est un utopiste qui ne sert à rien agissant comme un ado en crise d'adolescence et Naulleau qui en rajoute une couche en disant que "l'homme" le dérange pcq il se place toujours dans le sens du vent médiatique.

ça fait plaisir :p


sponsorisent les fanatiques aux 4 coins du monde, les entraînent aux combats et manipuler les bombes. Le collier casse, ces cons échappent à tous contrôles et quand ils mordent la main du maître alors on crie aux monstres.    Akhenathon, la fin de leur monde

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#4 21-04-2008 23:41:23

Sylvio
Membre du C.A.
Lieu: Avignon
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Re: Le procès de Robert Ménard (RSF)

En ce moment sur France 2 : enquête sur RSF et Ménard


Secrétaire de l'association ReOpen911 et Responsable technique
En cas de problème technique sur le forum, contactez moi par MP.

"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire." Albert Einstein

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#5 21-04-2008 23:51:40

Sylvio
Membre du C.A.
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Re: Le procès de Robert Ménard (RSF)

Ils parlent du lien RSF - NED

Edit: ça a été rapide wink


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#6 27-04-2008 03:54:24

Dr Gonzooo
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Re: Le procès de Robert Ménard (RSF)


© Forces Françaises Libres

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#7 28-04-2008 14:58:35

L'Oracle
Membre du forum
Lieu: Hoerdt (67)
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Messages: 206

Re: Le procès de Robert Ménard (RSF)

excellent extrait gonzo , je l'avais vu wink!!! Heureusement qu'on a des gars comme zemmour pour oser défier le politiquement correct des médias télévisuels !!!


7 euros en bon d'achat sur priceminister => http://www.priceminister.com/sponsorshi … n=resist67

5 euros en bon d'achat sur 2xmoinscher.com en entrant comme parrain ce pseudo : thelonegunman25

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#8 29-06-2009 01:22:50

Thibaut
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Re: Le procès de Robert Ménard (RSF)

26 juin 2009
Comment RSF et Ménard nous enfument avec le Qatar

Maxime VIVAS
http://www.legrandsoir.info/Comment-RSF … Qatar.html
Avec Ménard, la vérité est toujours ailleurs. Comme souvent, il nous enfume. Comptons sur les médias pour l’y aider. Grâce à eux, pour qui l’information est de donner toujours la parole à Ménard et jamais à ses détracteurs qui percent à vif ses mensonges, l’opinion sera bientôt persuadée qu’un Chevalier Blanc a claqué la porte d’une dictature, mais elle ne s’étonnera jamais qu’il y soit entré. Et nul journaliste ne lui demandera ce qu’il était allé faire dans cette galère, combien il était payé et pourquoi il lui a fallu plus d’un an et demi pour découvrir sur le Qatar ce qu’il aurait appris par la simple consultation de Wikipédia ou du Guide du Routard, ce support publicitaire de RSF.
Robert Ménard n’est plus patron de RSF depuis septembre 2008. Officiellement, il a démissionné. Son successeur, Jean-François Julliard, a chaussé ses pantoufles après quelques ajustements nécessaires pour la diversion.

De quels ajustements s’agit-il ? D’abord, RSF ne s’interdit plus de dire un mot sur l’état des médias en France. Un mot prudent qui n’est cependant pas suivi d’effet : aucun combat d’envergure n’est prévu pour dénoncer la mainmise des puissances d’argent sur les médias et sur la mise sous tutelle des télés par le président Sarkozy.

Ensuite, RSF s’autorise de petites impertinences envers son grand ami états-unien. Par exemple, elle vient enfin de demander la libération du journaliste Mumia Abu-Jamal.

Relisons ce dialogue de Robert Ménard avec un internaute lors du forum en ligne organisé par le Nouvel Observateur le 22 octobre 2004 :

« Internaute : « Un journaliste noir Américain, Mumia Abu-Jamal est en prison au USA depuis plus de 20 ans pour un crime dont il est innocent. Pouvez-vous préciser l’action que RSF a menée pour sa libération ? »

Robert Ménard : « Nous n’avons rien fait et nous ne ferons rien. Il ne s’agit pas d’une affaire de liberté de la presse. »

Aujourd’hui, RSF s’intéresse à ce journaliste encagé aux USA. Mais avec 20 ans de retard ! Le sort de ce prisonnier a ému l’opinion internationale qui a su empêcher par deux fois son exécution, en 1995 et en 1999 quand RSF se taisait ! On peut s’attendre à voir cette fausse ONG s’agiter à présent sur cette affaire, en taisant son silence coupable quand la mort rôdait autour de la cellule d’un innocent. Attendons-nous aussi à ne pas entendre les journalistes reprocher à RSF sa longue désertion d’un combat planétaire.

Pour le reste, les têtes de Turc de RSF restent les mêmes, en premier lieu Cuba et le Venezuela.

Qu’est devenu Robert Ménard ?

D’abord, il a été décoré de la Légion d’Honneur sur proposition de Bernard Kouchner, un ponte du PS passé chez Nicolas Sarkozy et époux de Christine Ockrent, membre du conseil d’Administration de RSF. Puis, il a été promu au rang de président d’honneur de RSF.

L’homme serait donc doublement « honorable » ? Voyons cela.

Après son départ de RSF, il a caressé un moment l’espoir de se lancer en politique (européennes ou mairie de Béziers). Mais, sur intervention de la plus influente des épouses de l’émir du Qatar, il est parti travailler pour ce dernier avec mission, grassement payée, de diriger un centre d’accueil pour journalistes à Doha.

L’aventure ne durera que quelques mois. En juin 2009, la fébrilité s’abat dans les salles de rédaction avec une pluie de communiqués : Robert Ménard quitte le Qatar à cause de la censure.

« Le 1er mai, le Centre de Doha avait déclaré que les médias au Qatar et dans la région étaient censurés et soumis à des lois restrictives".

Ménard ne le savait pas avant ? Moi, je l’avais écrit dès qu’il a annoncé qu’il allait être salarié de cette dictature. Il ignorait que la loi qatarie (découlant de la charia) interdit, entre autres, de critiquer le monarque ?

Et qui croira qu’il a eu des ennuis pour être passé outre cet oukase.

Quand a-t-il critiqué sa dictature d’accueil ? Quelle est la teneur exacte de ses supposées critiques ? Ménard a-t-il dit ou écrit que le Qatar est une monarchie polygame, misogyne, où se pratiquent la torture, la flagellation, la peine de mort, un quasi-esclavagisme des travailleurs immigrés ? Que nenni !

La muselière d’argent.

D’ailleurs, par quel miracle Ménard aurait-il fait là-bas ce qu’un principe intangible l’a toujours empêché de faire ici ? Relisons son livre « Ces journalistes que l’on veut faire taire » (Albin Michel, mars 2001) : « Nous avons décidé de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse en Bosnie et au Gabon et les ambiguïtés des médias algériens ou tunisiens…mais de ne pas nous occuper des dérives françaises ».

Et aussi : «  Pour défendre les journalistes dans le monde, nous avons besoin du soutien consensuel de la profession, tandis que la réflexion critique sur le métier de journaliste prête par définition à polémique. Comment, par exemple, organiser un débat sur la concentration de la presse et demander ensuite à Havas ou à Hachette de sponsoriser un événement ? »

Toujours Ménard, le 10 avril 2008, lors de l’émission « Arrêt sur Images » de Daniel Schneidermann sur France 2 : «  Comme patron de RSF, je m’abstiendrai d’écrire ce que je pense des médias français ».

Il n’est pas difficile de traduire le credo taillé dans le granit : Ménard veut bien défendre les journalistes, mais uniquement hors du pays qui le sponsorise. C’est cette doctrine qu’il a appliquée au Qatar, jusqu’à ce que son échec dans l’obtention du pouvoir personnel sur le Centre le pousse à partir en invoquant (les démocrates ont failli attendre) la liberté.

Le prétexte est consternant en ce qu’il contredit tout ce que répète depuis 23 ans RSF sur son rôle ou plutôt son absence de rôle en France (voir plus haut) :

La défaite de Ménard Iznogoud.

«  Mais certains responsables qataris n’ont jamais voulu d’un Centre […] libre de critiquer le Qatar lui-même : or, comment être crédible si l’on passe sous silence les problèmes dans le pays qui vous accueille ? »

Et le nouveau chef de RSF, digne émule de Ménard qui l’a mis en place, de surenchérir :« Robert Ménard et son équipe ont été pris à partie dès lors qu’ils ont dénoncé les manquements à la liberté de la presse au Qatar. C’était pourtant le préalable à la crédibilité de ce centre. »

N’existe-t-il pas le même « préalable à la crédibilité » de RSF en France ?

La vérité sur la fuite du Qatar est dans le fiasco de la tentative ménardienne de devenir calife à la place du calife, c’est-à-dire dictateur dans ce Centre de Doha comme il le fut à RSF (selon le qualificatif que lui décerna Rony Brauman). L’obstacle, difficile à phagocyter, fut le patron d’Al Jazeera, parent de l’émir et membre du C.A. du Centre. L’autre vérité est qu’il y a eu des problèmes de gros sous, le budget annoncé n’était pas entièrement versé et Ménard n’était pas libre de son usage. Lisons ce qu’il dit : « J’étais prêt à des compromis tant que l’essentiel -les aides distribuées, nos prises de position- était sauf. Ce n’est plus le cas ». « L’essentiel » : l’argent d’abord, puis les coudées franches.

Le Centre de Doha (où les hommes sont séparés des femmes) a été créé en décembre 2007. Sans attendre que Ménard y prenne ses fonctions en avril 2008, l’Emirat a aussitôt commencé à subventionner RSF à hauteur de dix mille dollars par mois. Entre la date de la création officielle de ce Centre et le jour où il est apparu que le représentant de l’Emir lui disputait son autorité tandis que l’arrivée des dollars se faisait attendre et que leur utilisation était contrôlée, Ménard s’accommodait de l’absence de démocratie dans ce pays. Mieux, il tenait des propos flatteurs sur le « seul pays arabe où l’on peut créer un tel Centre pour la liberté ».

Il a commencé à protester quand il a compris qu’il ne serait jamais le seul maître à bord, à la tête d’un budget annuel de 3 millions de dollars.

Ce ne sont donc ni les intérêts des journalistes, ni leur liberté qui motivent ce coup d’éclat, mais l’ambition contrariée de Ménard. L’homme ne tolère ni contestation, ni partage du pouvoir, ni transparence financière ainsi qu’il nous le montra à la tête de RSF en dissimulant aussi longtemps que possible des ressources financières provenant de paravents de la CIA et en organisant l’opacité dans ses comptes publics.

(Une partie des informations de cet article sont puisées dans mon livre-enquête : « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone ». Ed Aden).


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